La Russie et le Pakistan se rapprochent dans les nouvelles conditions de la guerre froide


Les États-Unis veulent une présence militaire à durée indéterminée dans la région pour tenter d’éloigner les « stans » d’Asie centrale de la Russie. Moscou contrecarre en engageant le Pakistan



2015-03-19_14h09_03Par M. K. Bhadrakumar – Le 26 février 2018 – Source Russia Insider

C’est sans doute l’Afghanistan qui a amené le ministre des Affaires étrangères pakistanais, Khawaja Asif  à Moscou pour une « visite de travail » le 20 février dernier. C’était la seconde rencontre avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov au cours des cinq derniers mois. Ils s’étaient rencontré à New York en marge de la session de l’assemblée générale des nations unies en septembre.

Continuer la lecture →

Hassan Nasrallah : comme la Syrie, le Liban doit riposter aux violations israéliennes


Par Sayed – Le 23 février 2018 – Source sayed7asan

Discours du Secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, le 16 février 2018, à l’occasion de la commémoration des dirigeants martyrs du Hezbollah (Cheikh Ragheb Harb, Sayed Abbas Mousawi, Hajj Imad Moghniyeh)

Traduit et sous-titré par Sayed

http://www.dailymotion.com/video/x6f90fw

Transcription :

[..] En ce qui concerne les violations quotidiennes de l’espace aérien libanais (par Israël), n’est-ce pas à l’État libanais (d’y faire face) ? Il n’est pas convenable, comme je l’ai remarqué durant les deux ou trois dernières semaines, que les déclarations libanaises officielles ne parlent que (des violations israéliennes) sur le territoire et la mer. En tant qu’État libanais, n’avons-nous pas un espace aérien ? Nous n’avons pas d’espace aérien ? Avons-nous renoncé à notre espace aérien et signé une reddition complète sur notre souveraineté là-haut, notre souveraineté aérienne, pour ne pas dire notre souveraineté céleste ? Eh bien, qu’en est-il de cette question ?

Notre espace aérien est continuellement violé, sans aucune gêne, chaque jour, chaque heure, et des attaques sont menées contre la Syrie et d’autres pays voisins depuis notre espace aérien. Que doit-on faire face à cela ? Nous ne disons pas là qu’il faut… Pour que personne ne dise que le Sayed [Nasrallah] veut nous embourber dans la guerre en Syrie. Vous voyez bien que la Syrie se défend, elle.

Je vais dire deux mots sur ce qui s’est passé la semaine dernière. La Syrie est capable de se défendre (toute seule). Ce qui s’est passé la semaine dernière est bien sûr un très grand exploit militaire (presque) inédit. Et en toute certitude, l’après ne sera pas comme l’avant (l’équation a changé radicalement). Et en toute certitude, à tout le moins, si on considère l’importance de cet événement de la manière la plus modeste, en ce qui concerne Israël, il ne peut plus tout se permettre sans inquiétude, exactement comme pour ce qui s’est passé (pour sa flotte) le jour où nous avons frappé (la corvette israélienne) durant la (guerre de) juillet (2006). Depuis ce jour, Israël fait très attention, et calcule au mètre près où ses navires peuvent s’approcher, où ils doivent s’éloigner, par où ils doivent passer dans leurs allées et venues, etc.

En ce qui concerne les mouvements aériens, en toute certitude, cela aura une influence très importante sur les déplacements de la force aérienne israélienne. Les Israéliens eux-mêmes le reconnaissent. Ce n’est pas là mon propos. Je ne vais pas m’étendre sur les causes de cet événement, ses conséquences pour la Résistance et l’Axe de la Résistance, pour les luttes dans la région, etc. Non. Dans le sillage de mon propos initial, je veux dire que les dirigeants syriens, et ce depuis longtemps, depuis qu’ils sont largement rassurés quant à la situation interne, ils ont pris une décision : tout avion de guerre israélien qui pénètre dans l’espace aérien syrien doit être (systématiquement) pris pour cible par les défenses anti-aériennes. Il n’y a (lieu à) aucune discussion. Et même si des missiles sont lancés sur le territoire syrien (depuis Israël ou le Liban), les défenses anti-aériennes doivent riposter. Et cette décision est appliquée depuis plusieurs mois, mais ce qui s’est passé la semaine dernière, c’est que la confrontation était (particulièrement) âpre, et que Dieu le Très-Haut et l’Exalté a affermi et accordé le succès aux tirs (anti-aériens). « Lorsque tu as lancé [une poignée de sable en direction de tes ennemis, ô Prophète, ce n’était pas toi mais Dieu qui lançait. » [Coran, 8, 17]

Eh bien, ce que je veux dire ici, après les falsifications qu’on a pu entendre depuis une semaine – car vous savez que depuis des années, il y a un processus de dénigrement visant à rabaisser tout ce qui est syrien – (falsifications selon lesquelles) la cause de cet affrontement et de cette escalade ayant mené à abattre l’avion israélien serait une décision iranienne, (ou) une décision russe : mais ce sont des propos vides de sens. La décision de riposter aux avions et aux missiles israéliens dans le ciel syrien est une décision syrienne, une décision des dirigeants syriens, une décision de Son Éminence le Président Bachar al-Assad, et personne d’autre. Les alliés de la Syrie (Iran, Russie, Hezbollah) ont seulement été informés de cette décision générale (sur tout le territoire syrien). Eh bien, (voilà pour) cette décision.

Quant à sa mise en œuvre, du fait de la campagne de discrédit lancée contre l’armée syrienne, les armées arabes, les Arabes eux-mêmes, et que sais-je encore, qui aurait abattu l’avion (à en croire ces propagandistes) ? Qui se serait tenu aux commandes des défenses anti-aériennes et aurait abattu l’avion ? Les Iraniens ! Non, les Russes ! Puis (ces falsifications) se sont amoindries, et (on a prétendu que) c’est le Hezbollah. Non, mes chers. Ceux qui ont abattu l’avion et qui se tenaient aux commandes des défenses anti-aériennes en Syrie sont des officiers et des soldats de l’Armée arabe syrienne héroïque.

Et durant ces sept dernières années, nous nous sommes mêlés à eux bien plus que lorsqu’ils étaient au Liban (1976-2005). Lorsqu’ils étaient au Liban, nous n’étions pas très amis… Nous nous sommes mêlés davantage à eux, et nous avons trouvé chez les officiers et les soldats de l’Armée arabe syrienne un niveau de connaissance, de savoir-faire, d’expertise, d’intelligence, de courage et de précision qui les place à un très haut niveau. Pourquoi ce dénigrement, pourquoi ces calomnies dans la description d’une vérité dont nous devons tous être fiers, qu’on soit en accord ou en désaccord avec le régime syrien ? Partout dans le monde arabe et musulman, tous doivent être fiers de cet acte héroïque accompli par l’Armée arabe syrienne et ses défenses anti-aériennes après une décision de ses (propres) dirigeants. Cela doit être un objet de fierté. Bien sûr, nous adressons nos félicitations (à la Syrie) et nous exprimons notre fierté et notre joie face à cette intelligence, cet exploit et cet acte héroïque.

Revenons à nous (le Liban) : ces violations (israéliennes) permanentes, jusqu’à quand vont-elles durer ? Lorsque (le Secrétaire d’État américain Rex) Tillerson est venu il y a quelques jours, ou plutôt hier, et avant lui (son adjoint David) Satterfield, peut-être que certains – pas nous évidemment, jamais de la vie – s’attendaient ou supposaient que les Américains venaient dire aux responsables libanais qu’ils étaient avec eux et à leurs côtés, qu’ils empêcheraient Israël de mettre à feu et à sang la situation sécuritaire au Liban, et ne permettraient pas à Israël de violer notre souveraineté, qu’ils accorderaient au Liban ses droits sur les eaux (territoriales libanaises), etc. Mais voyez donc ce que fait réellement le Pentagone. Combien a-t-il (récemment) demandé pour Israël ? Je ne sais pas si cela a été octroyé ou pas encore. Ils ont demandé une aide – militaire, car il s’agit du Pentagone – de 3,3 milliards de dollars pour Israël. Je peux me tromper sur les 300 millions de dollars (3 milliards 300 millions), disons donc seulement 3 milliards de dollars, sans les 300 millions, en aide militaire pour Israël.

Quant à l’armée libanaise, les États-Unis l’aident, la soutiennent et la soutiendront (censément) à hauteur de combien ? 40 millions de dollars. 50 millions de dollars. O mon frère, disons même 100 millions de dollars. 150 millions de dollars. De qui se moque-ton ? Les États-Unis donnent à Israël leur plus important avion militaire stratégique (le F-35), et quant au Liban, ce n’est pas qu’on ne lui donne pas d’avions, on ne lui donne même pas de défense anti-aérienne pour se défendre et protéger sa souveraineté.

Quoi qu’il en soit, ce que je dis ici est qu’à ce stade, en ce qui concerne Israël, je ne pense pas que quiconque au Liban se dispute (encore). En 1982, entre le Hezbollah, le mouvement Amal, les mouvements politiques, les partis nationalistes et islamistes, beaucoup de voix s’élevaient et se disputaient sur la question de savoir si Israël était un ennemi ou non, avait des ambitions (territoriales) au Liban ou non. Mais aujourd’hui, c’est terminé. Aujourd’hui, après ce qui s’est passé et se passe encore (Israël prétend s’accaparer des gisements de pétrole et de gaz dans les eaux territoriales libanaises), y a-t-il un Libanais qui dispute les ambitions israéliennes au Liban ? Non. Je ne pense pas que quiconque remette cela en cause. Y a-t-il quelqu’un qui dispute le fait que sur la base de ces ambitions, il y a des menaces israéliennes contre le Liban ? Je considère que personne ne le remet en cause. Par Dieu, cela n’a rien à voir avec les armes du Hezbollah (dénoncées par l’alliance libanaise du 14 mars, opposée à l’alliance du 8 mars dont fait partie le Hezbollah). Au lieu de remédier aux causes, les États-Unis prétendent remédier aux conséquences. Eh bien, pour faire face à ces ambitions et à ces menaces, nous avons un point de force (le Hezbollah), et ils s’efforcent d’en priver le Liban.

Quoi qu’il en soit, sur cette question, de manière générale, nous devons rester vigilants et attentifs. Je ne dis pas que nous nous dirigeons vers une guerre comme le prétendent certains médias, analystes et déclarations. Pour ce qui est de (la possibilité d’une) guerre, je répète ce que j’ai toujours dit dans mes précédents discours : elle dépend de facteurs multiples. Bien sûr, cela ne veut pas dire que si Israël affirme ne pas vouloir la guerre, il faille nécessairement le croire sur parole. Peut-être qu’il veut la guerre, peut-être qu’il ne la veut pas. La seule chose qui empêche Israël d’entrer en guerre est son absence de certitude de la gagner. Et c’est là l’équation que nous ont léguée nos dirigeants martyrs.(commémorés aujourd’hui). […]

   Envoyer l'article en PDF   

Le grand marchandage de Poutine avec Israël : Israël peut-il l’accepter ?

Putin’s Grand Bargain to Israel: Can Israel Digest It?

« ...C’est le Grand Marchandage de Poutine : la Russie assumera une certaine responsabilité définie pour la sécurité d’Israël, mais pas si Israël entreprend des guerres de choix contre l’Iran et le Hezbollah, ou s’il perturbe délibérément la stabilité dans le nord – y compris en Irak. Et plus jamais de bombardements gratuits dans le nord, destinés à perturber la stabilité. Mais si Israël veut une guerre avec l’Iran, alors la Russie se tiendra à l’écart.... »

s253Par Alastair Crooke – Le 17 février 2018 – Source Strategic Culture

« Israël enfourche un grand cheval » écrit Alex Fishman (le correspondant vétéran de la défense israélien) dans le quotidien hébraïque Yedioth Ahronoth le mois dernier, « et s’approche à pas de géant d’une ‘guerre de choix’. Sans mâcher ses mots, c’est une guerre commencée au Liban. » Dans son article, Fishman note : « La dissuasion classique consiste à menacer un ennemi de ne pas vous nuire sur votre territoire, mais ici, Israël exige que l’ennemi s’abstienne de faire quelque chose sur son propre territoire, sinon Israël va lui nuire. Du point de vue historique et de la perspective de la légitimité internationale, les chances que cette menace soit reconnue comme valide, conduisant à la cessation des activités ennemies sur leur propre territoire, sont minces. »

Continuer la lecture →

Les accusations de Mueller sont surtout embarrassantes pour le parti démocrate


Par Eric Zuesse – Le 20 février 2018 – Source Strategic Culture

Associated Press informait, ce samedi 17 février, que le conseiller spécial, Robert Mueller, a finalisé, vendredi, les actes d’accusation envers des organisations affiliées au gouvernement russe qui auraient utilisé des moyens trompeurs en envoyant, par les réseaux sociaux, aux Noirs et aux musulmans étasuniens des messages pour les persuader de ne pas voter. CBS News en a donné, vendredi dernier, les exemples suivants.

En octobre 2016, un mois avant les élections, l’opération aurait utilisé un de leurs comptes Instagram, « Woke Blacks » [Les Noirs éveillés, NdT], pour y afficher ce message : « Un battage médiatique et une haine particulière contre Trump induit le peuple en erreur et force les Noirs à voter Killary. On ne peut se fier à aucun de ces deux démons. Alors nous ferions sûrement mieux de ne pas voter DU TOUT. »

Continuer la lecture →

2018 – La diplomatie russe au Moyen-Orient prend un départ sur les chapeaux de roue

2018 – Russia’s Middle East Policy Gets Off to a Strong Start

« Les événements récents témoignent du fait que les jours de la domination incontestée des États-Unis au Moyen-Orient sont terminés. Le retour de la Russie dans la région en tant que nouveau courtier en puissance a été un succès retentissant et reflète la primauté croissante de la Russie sur la scène mondiale.» – Peter Korzun

Par Peter Korzun – Le 20 janvier 2018 – Source Strategic Culture

Qu’on le veuille ou non, l’influence de la Russie au Moyen-Orient se développe à pas de géant. Une fois que vous avez rassemblé les faits, l’image devient claire : le poids de la Russie est en hausse, ce qui en fait la nation de référence pour les pays de la région.

Continuer la lecture →

Un ministre hollandais admet avoir menti au sujet d’une rencontre avec Poutine.


Les « infos bidons » sont-elles utilisées par la Russie ou contre la Russie ?


Par Glenn Greenwald – Le 12 février 2018 – Source The Intercept

Poutine a ordonné une campagne d’influence pour aider Trump à gagner, selon un rapport déclassifié des services de renseignements

Tous les empires ont besoin d’une menace extérieure, effrayante si possible et dirigée par un méchant très menaçant, ceci afin de justifier leurs  dépenses militaires massives, la consolidation de leur puissance autoritaire et des guerres sans fin. Pendant les cinq décennies qui ont suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale, Moscou a parfaitement joué ce rôle. Mais la chute de l’Union soviétique a signifié, du moins pendant un certain temps, que le Kremlin ne pouvait plus provoquer des niveaux de peur suffisants. Après quelques auditions brèves et en grande partie infructueuses pour des remplacements possibles, des pays asiatiques comme la Chine et un Japon en effervescence ont effectivement été envisagés, l’ère post 11 septembre a élevé un casting de doublures musulmanes au rang de vedette : al-Qaïda et Oussama ben Laden, ISIS et Abu Bakr al-Baghdadi, et le « djihadisme » en général sont parvenus à maintenir cette peur bien vivante.

Continuer la lecture →

La réalité du conflit post-syrien : qui contient qui ?

The Post-Syria Conflict Reality: Who’s Containing Who?


thPar Alastair Crooke – Le 23 janvier 2018 – Source Strategic Culture

Les négociations de la Maison Blanche au Moyen-Orient, avec Mohammad bin Salman (MbS), Mohammad bin Zayed (MbZ) et Bibi Netanyahou pour un « deal du siècle » ont abouti, non seulement à « pas d’accord » mais ont plutôt exacerbé les tensions du Golfe en une crise quasi-existentielle. Les États du Golfe sont maintenant très vulnérables. L’ambition a incité certains dirigeants à ignorer les limites inhérentes aux petits émirats marchands tribaux et à prétendre participer à des jeux de pouvoir hors de leur portée, en tant qu’architectes, à la tête d’un nouvel ordre du Moyen-Orient.

Continuer la lecture →

La Chine enverra-t-elle des troupes en Syrie…


… pour protéger l’initiative des Routes de la soie contre le terrorisme mené par les États-Unis ?


Protecting the Belt and Road Initiative From US-Led Terrorism: Will China Send Troops to Syria?


Federico PieracciniPar Federico Pieraccini – Le 9 janvier 2018 – Source Strategic Culture

Un thème intéressant concernant la Syrie est l’implication de la République populaire de Chine dans le conflit. Alors que l’assistance diplomatique et économique de la Chine a été constante, sa contribution militaire à la Syrie est moins connue. Il est important pour la Chine et la Russie de contenir et de vaincre le phénomène terroriste au Moyen-Orient, ainsi que de déjouer les stratèges de l’État profond américain qui ne cessent d’employer le djihadisme comme arme pour déstabiliser les projets d’intégration en Eurasie.

Continuer la lecture →

La Russie a acquis une immense expérience militaire en Syrie…


… et testé de nombreuses armes. Il est certain qu’après deux années en Syrie à son actif, son armée est une machine beaucoup plus capable qu’il y a deux ans


Résultat d’images pour akulov andreiPar Andrei Akulov – Le 22 décembre 2017 – Source Russia Insider

La phase active de la campagne militaire russe en Syrie est terminée. Le président russe Vladimir Poutine a déclaré à son homologue syrien, Bachar al-Assad, le 21 novembre, que l’opération contre les terroristes en Syrie touche à sa fin, l’accent étant mis sur un processus politique. Le président russe a ordonné un retrait partiel des forces russes de la Syrie lors d’une visite, le 11 décembre, dans le pays déchiré par la guerre. Maintenant, le temps est venu de laisser parler les diplomates, pas les canons.

Continuer la lecture →

Un commentaire sur l’expulsion de la Russie des Jeux olympiques


Saker US

Saker US

Par le Saker – Le 5 décembre 2017 – Source The Saker

Enfin, c’est la fin du suspense : le Comité international olympique (CIO) a suspendu le Comité olympique russe (COR) des Jeux de 2018, décrétant que les athlètes russes « propres » ne pourront participer aux compétitions que sous un drapeau neutre en Corée du Sud, en février prochain.

Continuer la lecture →