Par Alastair Crooke − Le 3 août 2019 − Source Strategic Culture
Quelque chose se trame. Lorsque deux chroniqueurs du Financial Times – piliers de l’establishment occidental – brandissent un drapeau rouge, nous devons en prendre note : Martin Wolf est entré le premier en scène, avec un article dramatiquement intitulé : Les cent ans à venir, un conflit entre les États-Unis et la Chine. Il n’imagine pas «une simple» guerre commerciale, mais une lutte tous azimuts. Ensuite, son collègue au FT, Edward Luce, a souligné que «l’argument de Wolf est plus nuancé que le titre. Après avoir passé une partie de cette semaine parmi les principaux décideurs et penseurs au Forum annuel sur la sécurité d’Aspen dans le Colorado », écrit Luce, « je suis enclin à penser que Martin n’exagérait pas. La rapidité avec laquelle les dirigeants politiques américains de tous les partis se sont unis derrière l’idée d’une ‘nouvelle guerre froide’ me laisse pantois. Il y a dix-huit mois, cette phrase aurait été rejetée comme un propos alarmiste. Aujourd’hui, c’est un consensus.


Avec le radical 

Au fil du temps, on nous a répété et insinué que les aventures, les anxiétés et les austérités du demi-siècle écoulé avaient amené notre pays, en 1940, à son heure de gloire ; et peut-être que tel est bien le cas, mais alors il faut bien insister sur le fait qu’il ne s’agit pas de l’heure de gloire des hommes politiques qui, pour dire la vérité, ont fait preuve d’incompétence crasse, et ont de par leurs imbécillités amené la Grande Bretagne au bord de la catastrophe. Non, il faut bien préciser alors que l’on parle de l’heure de gloire des soldats.
Depuis quelque temps, je dis que l’économie est «dans l’œil du cyclone», et quand il émergera, le climat sera beaucoup plus rude qu’en 2008. Les milliers de milliards d’unités monétaires créées depuis 2007, combinées à une suppression artificielle des taux d’intérêt, ont tempéré la situation. Mais seulement temporairement. Lorsque l’économie se retrouvera à la lisière du cyclone, la tempête sera bien différente, bien pire et plus durable que ce que nous avons connu en 2008 et 2009.

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