Il faut dissoudre l’AIPAC et supprimer l’influence d’Israël sur la politique américaine

Par Philip Giraldi – Le 11 mars 2015 – Source ICH

[Ce qui suit est une version légèrement révisée d’une conférence que j’ai donnée le 1er mars 2015 à Washington, pendant les manifestations contre l’AIPAC et la visite de Netanyahou. Deux jours plus tard, le producteur de Hollywood Arnon Milchan, que je cite ci-dessous, était assis au balcon de la maison des VIP, rayonnant, comme s’il assistait à la lune de miel de Netanyahou avec le Congrès. Ce pourrait être la première fois qu’un agent clandestin au service d’un pays étranger qui a espionné les États-Unis, a été ainsi honoré. Mais je ferais observer que l’événement a été doublement significatif, du fait que l’orateur, le Premier ministre Netanyahou, a aussi été impliqué dans le même vol de la technologie nucléaire américaine.]

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Encore une volte-face de Netanyahou que les États-Unis ignoreront

Le 9 mars 2015 – Source Moon of Alabama

Le Premier ministre israélien Netanyahou doit faire face à deux publics différents. Un public étranger qui parraine et protège sa colonie raciste d’Européens de l’Est [connue sous le nom d’Israël, NdT] en Asie de l’Ouest [en Palestine pour être précis, NdT], et les colons eux-mêmes [les Israéliens donc, NdT] qui votent pour lui. Cela exige une rhétorique assez tortueuse et engendre des couacs intellectuels.

Pour attirer les électeurs, Netanyahou doit affirmer que les terres occupées ne seront jamais rendues à leurs propriétaires légitimes. Pour recevoir le soutien des États-Unis, il doit promettre que la terre volée sera restituée. Ces positions sont d’autant plus difficiles à unifier que Netanyahou les soutient toutes les deux en même temps.

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L’armée israélienne soutient les rebelles de l’opposition syrienne

Par Richard Silverstein – Le 3 mars 2015 – Source globalresearch.ca

L’armée israélienne soutient les rebelles de l’opposition syrienne: le Shin Bet arrête secrètement un Druze du Golan, l’accusant de révéler la collaboration des rebelles avec Tsahal

Sedki al-Maket a été de nouveau secrètement arrêté par le service de contre-espionnage israélien Shin Bet pour avoir révélé la collaboration entre les rebelles syriens et l’armée israélienne

Les services de contre-espionnage israéliens Shin Bet ont de nouveau arrêté le Druze du Golan Sedki al-Maket, âgé de 48 ans. Jusqu’à sa libération en 2012, il avait été le plus ancien prisonnier des services de sécurité israéliens, puisqu’il a passé 27 ans en détention. La nouvelle de son arrestation est gardée secrète par les médias israéliens. Ce bâillon est ridicule puisque cette arrestation a été rapportée non seulement par des médias syriens, mais dans un post en hébreu sur Facebook.

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L’Irak arrête à Mossoul des conseillers militaires de l’État Islamique américains et israéliens

Le 7 mars 2015 – Source thesaker.is 

Téhéran (FNA) –Les Forces spéciales irakiennes ont dit qu’elles avaient arrêté plusieurs conseillers militaires étrangers de l’EI, y compris des ressortissants américains, israéliens et arabes lors d’une opération à Mossoul, au nord du pays.

Les Forces irakiennes ont dit qu’elles ont récupéré quatre passeports étrangers de conseillers militaires de l’EI, qui appartenaient à des ressortissants américains et israéliens, et un autre appartenant à un ressortissant d’un État membre du Conseil de coopération du golfe Persique (PGCC).

Les conseillers étrangers ont été arrêtés dans une opération militaire dans le désert de Tal Abta, près de la ville de Mossoul.

L’année dernière, un haut conseiller du président russe Vladimir Poutine a accusé le Mossad d’entraîner des terroristes de l’EI opérant en Irak et en Syrie.

Alexander Prokhanov a dit que le Mossad est également susceptible d’avoir transféré certaines de ses expériences d’espionnage à la direction de l’EI, ajoutant que les conseillers militaires d’Israël pourraient aider les terroristes takfiri.

Il a ajouté que l’EI est un sous-produit de la politique américaine au Moyen-Orient. «L’EI est un outil aux mains des États-unis. Ils disent aux Européens que, si nous (les Américains) n’intervenons pas, l’EI va vous causer du tort, ajoutant que l’Iran et la Russie sont les cibles privilégiées de l’EI. Ils ont lancé leur première attaque terroriste contre nous il y a seulement quelques jours en Tchétchénie», a-t-il dit, soulignant que l’idéologie de l’EI n’a rien à voir avec l’islam pratiqué en Iran et dans d’autres pays musulmans de la région du Moyen-Orient.

Prokhanov a déclaré que les États-Unis et Israël sont du pareil au même quand il s’agit de soutenir une organisation terroriste comme l’EI.

Traduit par Claude, relu par jj pour le Saker Francophone

 

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Vote au parlement italien sur le reconnaissance de l’État palestinien
Nains, danseuses et domestiques.

Par Fabrizio Marchi – Le 4 mars 2015 – Source Sinistra in Rete

Nains, danseuses et domestiques acclamés. Je parle naturellement de la quasi-totalité de l’actuelle classe politique qui gouverne (pour le compte de tiers…), directement ou indirectement, ce pays. Nous le savions déjà, mais le vote d’hier à la Chambre sur la reconnaissance manquée de l’État de Palestine le confirme encore une fois, si toutefois il en était encore besoin.

Unique exception – nous le notons scrupuleusement –, celle du M5S [le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo], c’est-à-dire la seule force politique qui, malgré toutes ses contradictions structurelles, a demandé la reconnaissance immédiate de l’État palestinien, sans conditions et sans réserves, comme on dit.

Le parti unique qui nous gouverne (y compris la Ligue du Nord et le maquis rose fuchsia à la gauche du PD [le parti de Renzi], c’est-à-dire le SEL [Gauche Ecologie Liberté]), dont les membres feignent de se disputer dans les divers talk-shows [débats télévisés], n’a même pas été capable de voter ce qui n’aurait été guère plus qu’une motion d’intentions (mais avec une certaine valeur symbolique), et qui n’aurait de toutes façons entraîné aucune retombée concrète sur la réalité de ce qu’on appelle la crise israélo-palestinienne, c’est-à-dire l’occupation néo-coloniale et raciste à laquelle est soumis depuis des dizaines d’années le peuple palestinien par l’État d’Israël et tous ses gouvernants, sans aucune exception.

Il ne vaudrait même pas la peine de commenter la ridicule pantomime qui s’est produite hier (on était aux limites du comique démentiel avec le vote sur les deux motions, celle du PD, soutenue aussi par le SEL, et celle d’Area Popolare, regroupant NCD et UDC [nouveau parti de centre-droit, sur le modèle du PP espagnol]), si ce n’était pour souligner qu’il y a peut-être des manières relativement plus dignes de servir ses maîtres, par exemple en faisant semblant d’avoir une certaine autonomie politique. Au fond, c’est à cela que servait ou aurait pu servir hier un vote en faveur de l’État de Palestine.

Mais même pour cela, il faut un brin de dignité et de stature (c’est incroyable d’avoir à le dire, mais c’est ainsi…), que cette classe politique ne possède pas.

Certes, nous ne nous attendions à rien d’autre, mais il ne peut échapper à personne qu’au moins la classe politique de ce qu’on appelle la Première République [le régime instauré après la Libération] cherchait à s’acquitter du rôle qui lui avait été attribué à l’intérieur de l’alliance politico-militaire occidentale, avec une marge relative d’autonomie politique, d’équilibre et de capacité de médiation réelle dans ce qui était son aire géopolitique de compétence, c’est-à-dire le bassin de la Méditerranée.

Je crois pouvoir dire, sans aucune nostalgie passéiste, que cette classe politique, formée par ces forces politiques (je veux parler en particulier de la DC, du PSI et du PCI, globalement réunis en ce qui concerne la position politique de l’Italie dans l’aire méditerranéenne et moyen-orientale), se serait comportée avec plus de dignité et de sens de l’État. Par honnêteté intellectuelle, on ne peut pas ne pas rappeler le célèbre discours à la Chambre du 6 novembre 1985 par lequel celui qui était alors secrétaire du PSI en même temps que Président du Conseil, Bettino Craxi, défendit le droit légitime des Palestiniens à la lutte armée pour libérer leur terre de la puissance occupante, se livrant même à une comparaison audacieuse entre le mouvement de libération nationale palestinien et celui du Risorgimento mazzinien.

Pour ne pas parler du célèbre épisode de Sigonella en octobre de la même année, où le même Craxi interdit aux marines US de capturer un commando palestinien du FPLP qui avait séquestré un bateau de croisière italien – l’Achille Lauro – et tué un passager américain de confession juive. L’avion sur lequel voyageaient les membres du commando palestinien fut encerclé par les carabiniers (qui empêchèrent, arme au poing, les marines de les faire prisonniers), puis fut autorisé à repartir pour l’ex-Yougoslavie, alors État souverain non-aligné gouverné par la Ligue des communistes du Maréchal Josip Broz Tito. Cet épisode provoqua un moment de grave tension dans les rapports entre les gouvernements italien et américain, et relança le rôle de l’Italie sur l’échiquier moyen-oriental en tant que pays non hostile aux peuples arabes, en continuité avec une politique de coopération et collaboration avec les pays maghrébins et méditerranéens déjà initiée en son temps par le président de l’ENI, Enrico Mattei (qui fut pour cela assassiné par les multinationales du pétrole US). Certains soutiennent que les États-Unis et Israël ne devaient pas oublier cet affront et que la  disgrâce postérieure de Craxi eut quelque chose à voir avec sa politique d’ouverture à l’égard de l’OLP et en général des gouvernements nationalistes laïques arabes, bien au-delà des vicissitudes de la tangentopolis [scandale politico-financier des pots de vin, déclenché en 1992] .

Ceci ne fait évidemment pas de Craxi, ni d’Andreotti et en général de la classe politique qu’ils représentaient, des héros de la lutte des peuples du monde contre l’impérialisme, mais nous offre un témoignage concret du niveau de l’actuelle classe politique. Si Craxi fut le protagoniste de ce qui fut objectivement un grand sursaut d’autonomie nationale (dans les limites de l’appartenance de l’Italie à l’Otan, dont Craxi ne rêvait même pas de sortir), de dignité et de sens de l’État, capable même d’aller jusqu’à pointer les fusils contre des soldats américains, nos gouvernants, Renzi en tête, (mais cela vaut pour tous ses prédécesseurs, de Berlusconi à D’Alema et les autres), ne sont même pas capables d’empêcher un groupe de voyous ivres de profaner la Barcaccia (1), comme ils ne seraient pas en état d’aligner une patrouille de la police urbaine pour empêcher un groupe de touristes américains de prendre un bain dans la fontaine de Trevi…

Une dernière réflexion politique, mais absolument pas marginale. La Ligue du Nord de Salvini a voté contre l’État de Palestine en faisant une déclaration explicitement pro-israélienne. Cela en dit long, s’il en était besoin, sur la nature réelle de cette force politique néo-fasciste ou néo-droitière. Une force de feinte opposition au système, alignée en réalité sur des positions pro-atlantistes – au-delà des sympathies manifestées à la Russie de Poutine et même à la Corée du Nord (façon de jeter de la poussière aux yeux de la partie culturellement la plus faible de son électorat) – même si elle se vante d’un supposé anti-américanisme et anti-européisme qui n’a rien à voir avec une critique authentiquement de classe et anti-impérialiste, mais représente seulement la nostalgie de cette partie des anciennes classes bourgeoises qui n’ont pas été invitées à la répartition du gâteau du grand capital trans- et multinational, par cet État-nation à l’intérieur duquel elles étaient politiquement hégémoniques. Une force politique qui nourrit à dessein une haine confuse (camouflée d’ethno-identitarisme, c’est-à-dire de défense des identités culturelles) à l’égard des peuples arabes et musulmans, et dont l’horizon culturel est la construction d’un État hiérarchique, autoritaire, sécuritaire, interclassiste, identitariste, exclusiviste et différentialiste (c’est-à-dire raciste…), mais toujours à l’intérieur des logiques économiques capitalistes.

Il convient de ne pas se laisser tromper par ces gens, très habiles dans ces opérations de maquillage par lesquelles beaucoup de personnes de bonne foi tendent hélas à se laisser conditionner, surtout en l’absence d’une alternative politique solide, crédible et authentiquement socialiste dans l’actuel état de choses.

Note

(1) Fontaine du Bernin, en forme de barque, récemment dégradée par des
hooligans hollandais du Feyenoord.

Traduit par Rosa Llorens

 

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Le discours de Netanyahou devant le Congrès US aide réellement Obama contre l’Iran

Par Mahdi Darius Nazemroaya – Le 3 mars 2015 – Source globalresearch

Beaucoup d’attention a été portée aux tensions entre l’administration du président états-unien Barack Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Les tensions portent sur les négociations entre l’Iran et les États-Unis à propos du nucléaire et sur le discours de Netanyahou devant une session conjointe du Congrès états-unien au Capitole à Washington le 3 mars 2015.

Bien qu’on puisse regarder la situation sous plusieurs angles et qu’il y ait de grandes différences, le point central, qui ne devrait pas être omis, est que par sa position ferme, le Premier ministre Netanyahou est actuellement en train d’offrir un levier contre l’Iran au président Obama et à son groupe de négociateurs. C’est pourquoi, à Washington DC, on recommence à parler d’une guerre avec l’Iran.

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Le fin fond de l’histoire au sujet de l’Iran, des USA, de la Russie et de la Chine

Pepe Escobar
Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 4 mars 2015 – Source – SputnikNews

Le fin fond de l’histoire, aussi bien aujourd’hui que demain, c’est de savoir quelle position va adopter l’Iran, puissance clé du sud-ouest de l’Asie, dans le ballet diplomatique complexe et incessant que se livrent les USA, la Russie et la Chine. Il s’agit là d’un des principaux vecteurs du nouveau grand jeu en cours en Eurasie.

Le fin fond de l’histoire n’a jamais été de savoir comment le belliciste Premier ministre israélien Bibi Netanyahou, un dirigeant étranger, allait s’y prendre pour utiliser sans scrupule le Château de cartes [titre de la version française de la série télévisée américaine House of Cards – NdT], pardon, le Capitole des Etats-Unis, comme tribune pour favoriser sa réélection et modeler à sa façon la présidence et la politique étrangère des USA.

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Grand Jeu en Terre Sainte
Israël: non au gaz des Gazaouis

Par Michael Schwartz – Le 26 février 2015 – Source TomDispatch

Comment le gaz naturel de Gaza est devenu l’épicentre d’une lutte internationale pour le pouvoir

Devinez quoi? Presque toutes les guerres actuelles, les soulèvements et autres conflits au Moyen-Orient sont reliés par un seul fil, qui est aussi une menace: ces conflits s’inscrivent dans la concurrence toujours plus frénétique pour trouver, extraire et vendre des combustibles fossiles dont la consommation future garantit de conduire à une série de crises environnementales cataclysmiques.

Parmi les nombreux conflits autour des combustibles fossiles dans la région, l’un d’eux, enveloppé de menaces grandes et petites, a été largement négligé, et Israël en est l’épicentre. Ses origines remontent au début des années 1990, lorsque les dirigeants israéliens et palestiniens ont commencé à se disputer à propos de rumeurs faisant état de gisements de gaz naturel en Méditerranée, au large des côtes de Gaza. Au cours des décennies qui ont suivi, il s’est développé en un conflit sur plusieurs fronts qui a impliqué plusieurs armées et trois navires de guerre. Dans le processus, il a déjà infligé une misère effrayante à des dizaines de milliers de Palestiniens, et il menace d’ajouter plusieurs couches de misères aux gens qui vivent en Syrie, au Liban et à Chypre. Il pourrait même, éventuellement, plonger des Israéliens dans la misère.

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Israël: non au gaz des Gazaouis

Discours de Netanyaou et conseil de Soljenitsyne aux Congressistes US

Le 4 mars 2015 – Source sayed7asan

« Ne soyez jamais le premier à vous arrêter d’applaudir! »

Vidéo et Transcription du discours : http://www.jpost.com/Israel-News/Politics-And-Diplomacy/Full-transcript-of-Netanyahus-Speech-to-Congress-392803

Avec la force de persuasion d’un serpent à sonnette et le charisme d’un veau, le terroriste-en-chef adjoint Netanyahu a pu obtenir pas moins de quarante-trois ovations soit plus d’une par minute, la plupart debout de la part des membres du Congrès américain. Elles retentirent sans cesse pour les déclarations les plus creuses, les plus absurdes ou les plus scandaleuses, y compris un vibrant hommage posthume – plus de 2.500 ans après ! – rendu à la figure biblique d’Esther, convoquée pour dénoncer les prétendues intentions génocidaires de l’Iran, nouvel Haman, à l’encontre du peuple juif. De tels abîmes de servilité peuvent laisser perplexe, surtout de la part des représentants de la première superpuissance mondiale. Ils évoquent cet extrait de L’Archipel du Goulag de Soljenitsyne, décrivant la Terreur sous Staline :

« À la fin de la conférence du parti, on appela à un hommage en faveur du camarade Staline. Bien entendu tous se levèrent, comme ils s'étaient tous levés durant la conférence à chaque mention de son nom. Des “applaudissements frénétiques se transformant en ovations” éclatèrent dans la petite salle. Pendant trois, quatre, cinq minutes, les “applaudissements frénétiques se transformant en ovations” persistèrent. Mais déjà les mains commençaient à faire mal et les bras levés étaient douloureux. Déjà les hommes d'un certain âge gémissaient de fatigue. Cela devenait insupportablement absurde, même pour ceux qui adoraient Staline. Cependant, qui oserait s'arrêter le premier ? Le secrétaire du Comité du Parti du district aurait pu le faire. Il était debout sur la plate-forme, et c'est lui qui venait d'appeler à l'ovation. Mais c'était un nouveau venu. Il avait pris la place d'un homme qui avait été arrêté. Il avait peur ! Dans cette salle, parmi ceux qui étaient debout et qui applaudissaient, il y avait des membres du NKVD, et ils surveillaient qui cesserait le premier ! Et dans cette petite salle obscure, inconnue du Chef, les applaudissements continuèrent, six, sept, huit minutes ! Ils n'en pouvaient plus ! Les carottes étaient cuites ! Ils ne pouvaient plus s'arrêter maintenant, jusqu'à ce qu'ils s'effondrent d'une crise cardiaque ! A l'arrière de la salle, qui était bondé, ils pouvaient bien sûr tricher un peu, applaudir moins souvent, moins vigoureusement, avec moins d'empressement, mais là-haut avec le présidium où tout le monde pouvait les voir ? Le directeur de la fabrique de papier locale, homme solide et indépendant, était debout à la tribune et applaudissait, tout en comprenant à quel point la situation était fausse et sans issue. Il continuait à applaudir pour la neuvième minute consécutive ! La dixième ! Avec angoisse, il regarda le secrétaire du Comité du Parti du district, mais celui-ci n'osait pas s'arrêter. C'était de la folie ! De la folie collective ! Jusqu’au dernier homme ! Avec un enthousiasme feint sur leurs visages, en se regardant les uns les autres avec un pâle espoir, les dirigeants du district allaient simplement continuer à applaudir jusqu'à ce qu'ils s'écroulent sur place, jusqu'à ce qu'ils soient transportés hors de la salle sur des brancards ! Et même alors, ceux qui resteraient debout ne faibliraient pas... Puis, à la onzième minute, le directeur de la fabrique prit un air sérieux et s’assit à sa place. Et, oh, un miracle se produisit ! Où était passé cet enthousiasme universel, expansif, indescriptible ? Tous s'arrêtèrent comme un seul homme et s'assirent à leur tour. Ils avaient été sauvés ! L'écureuil avait été assez intelligent pour sauter hors de sa cage tournante. 

Seulement, c'était de cette façon-là, justement, qu'ils repéraient les esprits indépendants. Et c'est comme cela qu'ils les traquaient et les éliminaient. La nuit même, le directeur de la fabrique fut arrêté. Ils n'eurent pas de mal à lui coller dix ans pour un tout autre motif. Mais après la signature du procès-verbal de l'instruction, son interrogateur lui rappela :

‘Et ne soyez jamais le premier à vous arrêter d'applaudir !’ »

(Et que sommes-nous censés faire au juste? Comment sommes-nous censés nous arrêter?)

Voilà ce qu'est la sélection naturelle de Darwin. Et c'est également le moyen d'assommer les gens de bêtise. »

Sayed 7asan 

Voir également 

Une défaite électorale de Netanyahu n’annoncera pas la rédemption d’Israël – Par Gidéon Lévy

Sans merci : Israël se précipite vers la prochaine guerre à Gaza – Par Gidéon Lévy

Norman Finkelstein sur Gaza, Israël, les Juifs et l’antisémitisme (VOSTFR)

Ali Khamenei : l’arme nucléaire est illicite en Islam, l’Occident craint un Iran développé et indépendant (VOSTFR)

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Une défaite électorale de Netanyahou n’annoncera pas la rédemption d’Israël

Par Gideon Levy – Le 1er mars 2015 – Source Haaretz 

Arrêtons de clouer au pilori le Premier ministre : les changements seront bien moindres que prévus si le centre-gauche prend le pouvoir.

 [Commentaire de Norman Finkelstein : Hélas, il a tout à fait raison]

Benjamin Netanyahu n’a pas anéanti ou détruit les relations d’Israël avec les États-Unis. C’est bien dommage, car peu de choses ont corrompu Israël plus que ses relations perverties avec l’Amérique. Le Premier ministre israélien n’a fait que détruire ses relations personnelles avec l’administration US actuelle. Ce n’est pas une bonne chose, mais ce n’est pas catastrophique.

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