La vision qu’ont les Etats Unis de l’Iran ressemble à une poupée russe


Par Alastair Crooke – Le 20 janvier 2020 – Strategic Culture

crooke alastairLe 17 septembre 1656, Oliver Cromwell, un puritain protestant qui venait de gagner la guerre civile et fait décapiter le roi d’Angleterre en place publique, se déchaîna contre les ennemis de l’Angleterre. Il y a, disait-il au Parlement ce jour-là, un axe du mal étranger dans le monde. Et cet axe – dirigé par l’Espagne catholique – était, au départ, dû au problème qu’un peuple s’était mis au service du « mal ». Ce « mal », et la servitude qu’il engendrait, était dû à une religion – le catholicisme – qui refusait au peuple anglais son goût pour les libertés simples : « … [un mal] qui met les hommes sous contrainte … sous lequel il n’y a pas de liberté … et sous lequel, il ne peut y avoir « aucune liberté venant de la conscience individuelle ».

C’est ainsi que le dirigeant protestant anglais voyait l’Espagne catholique en 1656. Et c’est très proche de la façon dont les grands décideurs américains voient l’Iran aujourd’hui : le mal de la religion – du chiisme – soumettant (pensent-ils) les Iraniens à la répression et au servage. A cette époque, cette lutte idéologique contre le « mal » provenant d’une communauté religieuse imposée (L’axe du saint empire « romain ») a conduit l’Europe à un « quasi-Armageddon », les régions les plus touchées d’Europe ayant vu leur population décimée de 60% pendant le conflit.

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La première phase de l’accord commercial entre USA et Chine va plomber l’Inde


Par Andrew Korybko − Le 15 janvier 2020 − Source oneworld.press

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La signature programmée d’un accord commercial élargi entre les États-Unis d’Amérique et la Chine constitue une très mauvaise nouvelle pour l’Inde : sa principale rivale asiatique s’engage dans une ouverture progressive de son économie, et va donc devenir une destination comparativement encore plus attractive pour les investissements. L’Inde voit ainsi se réduire ses chances de récupérer de la relative récession économique qu’elle a connue l’an dernier, et risque fort de ne jamais voir passer le train d’une remise à niveau économique crédible face à la Chine.


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Les cochons de guerre se dévoilent enfin – et ce n’est que le début…


Par Brandon Smith − Le 8 janvier 2020 − Source Alt-Market.com

En 2016, pendant la campagne électorale de Donald Trump, l’un des principaux facteurs de sa popularité auprès des conservateurs a été qu’il a été l’un des premiers candidats depuis Ron Paul à plaider pour le retour des troupes américaines à la maison et la fin de l’implication américaine dans les diverses guerres élitistes fabriquées au Moyen-Orient. De l’Irak à l’Afghanistan, en passant par la Syrie et le Yémen et au-delà, les néo-conservateurs et les néo-libéraux, à la demande de leurs maîtres globalistes, ont mené des guerres sans relâche pendant plus de 15 ans. Le temps était venu de changer et les gens étaient convaincus que si Hillary Clinton entrait à la Maison Blanche, une autre guerre de 4 à 8 ans était garantie.

Troubles visuels des médias …


Associated Press voit des «centaines» là où les images montrent des millions


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama − Le 24 janvier 2020

A 10h01 UTC aujourd’hui, Associated Press a tweeté que des « centaines » de gens se rassemblent dans le centre de Bagdad pour exiger que les troupes américaines quittent le pays.

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Les grandes entreprises technologiques étatsuniennes rejoignent Trump dans sa guerre contre l’Iran


Par Alan Macleod – Le 13 janvier 2020 – Source Mint Press

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Le géant de la Silicon Valley, Facebook, a annoncé vendredi qu’il supprimerait tous les messages positifs concernant le général iranien récemment assassiné Qassem Soleimani sur sa plateforme et sa filiale Instagram. La raison de cette décision, a-t-il expliqué à CNN, est que les nouvelles sanctions américaines rendent illégale la promotion de tout message soutenant une personne ou un groupe que le gouvernement décrit comme une organisation terroriste. « Nous opérons en vertu des lois américaines sur les sanctions, y compris celles relatives à la dénonciation par le gouvernement américain du Corps des gardiens de la révolution iranienne (IRGC) et de ses dirigeants », a déclaré un porte-parole de Facebook. Instagram avait déjà fermé le compte de Soleimani en avril de l’année dernière, à la suite de la désignation par Trump du Corps des gardiens de la révolution iranienne en tant que groupe terroriste. Vendredi, suite à cette nouvelle, Twitter a suspendu le compte du Guide suprême iranien, l’Ayatollah Khamenei, pour « activité inhabituelle ». Il a été ré-ouvert par la suite.

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L’Iran contrecarre la menace du retour des sanctions de l’ONU


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama − Le 20 janvier 2020

Le président américain Donald Trump veut détruire l’accord nucléaire avec l’Iran. Il a menacé les caniches de l’UE-3, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la France d’imposer des droits de douanes de 25% sur leurs exportations de voitures vers les États-Unis, à moins qu’ils ne mettent fin à leur rôle dans l’accord JCPOA.

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Le meurtre de Qassem Soleimani ne dissuadera personne


2015-05-21_11h17_05Par Moon of Alabama − 18 janvier 2020

L’administration Trump considère l’assassinat de Qassem Soleimani par les États-Unis comme une forme de dissuasion non seulement à l’égard de l’Iran, mais aussi de la Russie, de la Chine et d’autres pays. Ce point de vue est erroné.

L’affirmation selon laquelle l’assassinat de Soleimani était nécessaire en raison d’une « menace imminente » a été démentie par Trump lui-même lorsqu’il a tweeté que « cela n’a pas vraiment d’importance » qu’une telle menace existe ou pas.

Dans un discours prononcé au Hoover Institute, le secrétaire d’État Mike Pompeo a déclaré que l’assassinat faisait partie d’une nouvelle tactique de dissuasion. Comme l’a rapporté Reuters :

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La tentative de dissimulation pour l’UIA-752 ayant fait long feu, les luttes au sein de l’« État profond » iranien vont s’intensifier


Par Andrew Korybko − Le 11 janvier 2020 − Source oneworld.press

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Pas de doute, les luttes au sein de l’« État profond » iranien vont s’intensifier ; un haut gradé du Corps des gardiens de la Révolution islamique (IRGC), appartenant à la faction « principaliste » du pays, endosse la responsabilité d’avoir abattu par accident le vol UIA-752, et par la même occasion a levé le voile sur les tentatives du gouvernement « réformiste » de dissimuler l’événement. C’est d’autant plus vrai qu’il a été révélé au cours de la conférence de presse qu’il a donnée que les autorités avaient été informées de cet accident juste après sa survenance, ainsi que le fait que la demande de définition d’une zone d’exclusion aérienne, demandée par l’armée iranienne avant l’accident, et qui aurait pu empêcher cette tragédie, avait essuyé un refus.


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La Russie et la guerre froide 2.0 1/2


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La guerre froide 1.0

Yeltsin

C’est un fait purement historique que « dans un revirement brutal de son retrait de l’Europe après 1918, consécutivement à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Washington employa tous les outils de diplomatie publique et culturelle disponibles pour influencer le cœur et l’esprit des Européens » 1 en tant que stratégie de la politique menée par les États-Unis pendant la guerre froide contre l’URSS 2 et la Russie de 1991 jusqu’à aujourd’hui. Sans aucun doute, les États-Unis ont réussi après 1990 à se transformer en la seule puissance hégémonique politico-militaire mondiale – un cas sans précédent dans l’histoire du monde 3.

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  1. A. Stephan (ed.), The Americanization of Europe. Culture, Diplomacy, and Anti-Americanism after 1945, New York−Oxford: Berghahn Books, 2006
  2. D. Junker (ed.), The United States and Germany in the Era of the Cold War, 1945−1990: A Handbook, Cambridge: Cambridge University Press, 2004.
  3. D. P. Forsythe, P. C. McMahon, A. Wedeman (eds.), American Foreign Policy in a Globalized World, New York−London: Routledge, 2006