Dmitry Orlov :
L’anarchie qui nous attend avec l’esclavage de la dette


Par Dmitry Orlov – Le 24 mars 2015 – Source http://cluborlov.blogspot.fr


Il était une fois, et c’était il y a vraiment longtemps, où les parties les plus densément peuplées du monde étaient organisées par quelque chose appelé la féodalité. C’était une forme d’organisation hiérarchique de la société. En règle générale, tout en haut il y avait un souverain (roi, prince, empereur, pharaon, avec quelques grands prêtres). En-dessous du souverain, il y avait plusieurs rangs de nobles, avec des titres héréditaires. Puis venaient les roturiers, qui avaient eux-même en quelque sorte hérité de leur place dans la vie, que ce soit en étant liés à un lopin de terre sur lequel ils travaillaient, ou en étant garantis du droit d’exercer un certain type de production ou de commerce, dans le cas des artisans et des marchands. Tout le monde était verrouillé dans sa position grâce à des relations permanentes d’allégeances et d’hommages coutumiers : hommages et droits coutumiers montaient depuis la base, tandis que des faveurs, des privilèges et la protection descendaient en sens inverse.

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Nous vivons en état d’alerte militaire permanent


Rostislav Ishchenko

Par Rostislav Ishchenko – Le 25 mars 2015 – Source thesaker.is

Pour la deuxième année consécutive, des exercices militaires se déroulent de façon pratiquement ininterrompue en Russie. Le nombre de troupes ainsi mobilisées est comparable, voire supérieur aux effectifs ayant pris part au plus vaste exercice organisé par l’Union soviétique et l’alliance militaire du Pacte de Varsovie – et ce, même si les forces armées soviétiques totalisaient 3,5 millions d’hommes en 1991, alors que celles de la Fédération de Russie actuelle en comptent à peine 1,5 million.

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L’Oncle Sam lâche-t-il Kolomoisky, l’Ogre d’Odessa?

Le 24 mars 2014 – Source thesaker.is

Les événements en Ukraine empirent sérieusement : Porochenko a déclaré que les armées privées de poche des gouverneurs ne seront plus tolérées et il a donné 24 heures à Kolomoisky pour déposer les armes. Les hommes de main en chef de Porochenko – Arsen Avakov et l’homme de la CIA Valentin Nalivaichenko – ont indiqué que Porochenko avait leur plein soutien et leur fidélité. En d’autres termes, le plein pouvoir de la junte menace maintenant de tomber sur la tête de Kolomoisky. Kolomoisky, à son tour, prépare une sorte de Maïdan pro-Kolomoisky à Dniepropetrovsk pour mercredi. Pour prévenir cela, plusieurs escadrons de la mort, bataillons de la Garde nationale, ont été envoyés dans cette ville.

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Le parlement américain vote pour fournir une aide létale à l’armée ukrainienne


Le 24 mars 2015 – Source DW

Une résolution pour fournir une aide létale aux forces de sécurité ukrainiennes vient d’être adoptée par le parlement américain avec un large support bipartisan. La décision augmente la pression sur la Maison Blanche, qui réfléchit elle aussi à une livraison d’armes.

La chambre des représentants des États-Unis a voté à une large majorité, lundi dernier, l’approbation d’une résolution poussant le président Barack Obama à livrer des armes létales à l’Ukraine afin de combattre les séparatistes pro-russes.

La résolution demande à Obama de fournir l’Ukraine en systèmes de défense létaux qui lui permettraient de mieux défendre son territoire contre l’agression permanente et non provoquée par la fédération de Russie.

La résolution a été adoptée par 348 voix contre 48 grâce à un support bipartisan.

«De telle décisions ne devrait pas être partisanes, a commenté le parlementaire démocrate Eliot Engel, qui a pris l’initiative de la résolution. C’est pourquoi nous nous levons aujourd’hui, démocrates et républicains, en tant qu’Américains, pour dire à la Russie assez, c’est assez!»

Engel a averti que la Russie de Vladimir Poutine est devenue «une menace réelle contre cinquante ans d’engagements et d’investissements en Europe, une Europe unie, libre et en paix. Une Europe où aucune frontière ne doit être changée de force.»

L’Ukraine et l’Ouest accusent la Russie de mener une guerre hybride dans l’est de l’Ukraine en soutenant les séparatistes dans les provinces de Donetsk et Lugansk; ces accusations sont démenties par Moscou. La crise, qui a débuté peu après le rattachement de la Crimée à la Russie, après un référendum, a déjà fait plus de 6000 morts civils.

«Cette guerre a causé des milliers de morts, des dizaines de milliers de blessés, un million de déplacés et a commencé à menacer la stabilité de l’après-guerre froide», a ajouté Engel.

Martin Dempsey a dit qu’il « envisageait absolument » de fournir une aide létale

Le vote a mis la pression sur l’administration Obama, qui considère aussi la fourniture d’aide létale à l’Ukraine. Martin Dempsey, chef d’état major, a dit qu’il «envisagerait absolument» de fournir une aide létale. Le Secrétaire d’État à la défense Ashton Carter a, lui aussi, dit qu’il «penchait» dans la même direction.

Le haut-commandant de l’Otan, le général Philip Breedlove, a déclaré dimanche que l’Occident devrait «considérer tous les outils» à fournir à l’Ukraine, dont l’envoi d’armes défensives dans les régions tenues par les rebelles pro-russes.

«Sans action de la part de cette administration, l’agression russe continuera sans pouvoir être contrôlée», a dit le parlementaire John Boehner à la suite du vote.

Selon le Département d’État, la Maison Blanche attend de voir si le cessez-le-feu récemment signé à Minsk dans la capitale de la Biélorussie est respecté avant de décider l’envoi d’une assistance létale à l’Ukraine. Dans le même temps Washington a annoncé l’envoi de 75 millions de dollars d’aide non létale au gouvernement ukrainien pour combattre les rebelles.

Traduit par wayan, relu par jj pour le Saker Francophone

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De l’eau dans le gaz ukrainien

Par Andrew Krammer et David Herszenhorn
Le 23 mars 2015 – Source nytimes.com

La dispute entre Porochenko et l’oligarque Kolomoisky accentue l’instabilité en Ukraine.

Moscou –  Une dispute entre le président ukrainien Porochenko et le milliardaire gouverneur d’une des régions du pays, Igor V. Kolomoisky, à propos du contrôle de deux sociétés pétrolières publiques a pris de l’ampleur lundi, mettant le gouvernement ukrainien face a l’une de ses plus sérieuses crises internes depuis qu’il a accédé au pouvoir, l’année dernière.

Avant que la dispute ne devienne publique, la semaine dernière, Igor Kolomoisky était l’un des plus fervents partisans du gouvernement de Kiev. Les milices qu’il finançait de sa poche ont joué un rôle crucial pour empêcher les séparatistes pro-russes d’avancer plus profondément en Ukraine.

Cette alliance semble maintenant menacée alors que M. Porochenko et M. Kolomoisky se sont disputés a propos de l’avenir de deux sociétés, UkrTransNafta et UkrNafta et qu’en plus, le président a annoncé qu’il allait prendre les mesures nécessaires pour incorporer les milices, comme celles contrôlées par M. Kolomoisky, dans l’armée régulière ukrainienne.

Cette tension survient alors que M. Porochenko est sous une très forte pression pour démontrer sa capacité a contrôler la stabilité d’un pays continuellement en guerre et une économie en chute libre, nécessitant des dizaines de milliards de dollars d’aide internationale en soutien.

Signe que l’animosité augmentait encore lundi, M. Porochenko a ordonné aux services de sécurité de l’État d’arrêter les hommes en armes, que l’on suppose loyaux a M. Kolomoisky, qui occupaient les bureaux de UkrTransNafta, situés dans la capitale, Kiev, depuis la semaine dernière.

Quelques députés ont appelé a ce que M. Kolomoisky soit démis de ses fonctions de gouverneur de Dniepropetrovsk alors que quatre autres membres du parlement annonçaient qu’ils quittaient le parti de M. Porochenko, apparemment en signe de soutien a M. Kolomoisky.

La cause de la querelle est une loi votée par le parlement ukrainien, la semaine dernière, diminuant les pouvoirs de M. Kolomoisky en tant qu’actionnaire minoritaire de ces sociétés et donc permettant un changement de direction qu’il avait auparavant refusé.

Tard dans la nuit de jeudi dernier, des hommes masqués et armés ont fait irruption dans les locaux de UkrTransNafta, apparemment en soutien au directeur tout juste démis, Oleksandr Lazorko, un allié de M. Kolomoisky qui avait refusé de quitter les bureaux.

Quelques temps plus tard, M. Kolomoisky est sorti des bâtiments pour annoncer que ses hommes venaient de faire avorter une tentative de la part de saboteurs russes pour prendre le contrôle de UkrTransNafta. Lorsque les journalistes lui ont demandé pourquoi il était là à une heure si tardive, M. Kolomoisky s’en est pris a eux dans une violente diatribe filmée, comme le fut le raid lui-même.

Le gouvernement a précisé qu’il n’y avait pas eu tentative de sabotage.

La capacité de M. Kolomoisky, en tant qu’actionnaire minoritaire, de contrôler les décisions du directoire de ces sociétés est un exemple des accords douteux qui ont gangrené l’économie ukrainienne pendant des années.

Plus inquiétant encore, la querelle a mis en évidence la menace potentielle que ces milices privées exercent contre le fragile nouveau gouvernement.

Démontrant ce risque, M. Kolomoisky a, au cours de sa diatribe aux reporters, fait remarquer que, sur son ordre, 2 000 hommes armés pouvaient descendre sur Kiev en quelques heures. Mais le commandant du principal groupe paramilitaire de Kolomoisky, le Dnepr-1, a nié toute participation.

Lundi, plus aucun homme armé n’était visible a l’extérieur du bâtiment, même si le groupe loyal a M. Kolomoisky l’occupait encore visiblement. Valentin Nalivaichenko, le directeur du service de sécurité, a dit aux journalistes que ses hommes aideraient la police a arrêter les occupants du bâtiment.

«Nous confirmons que la police et les journalistes ont remarqué les actions illégales conduites par des gens armés dans la capitale, a dit Mr Nalivaichenko, nous avons reçu l’ordre impératif du président de désarmer toutes les personnes présentes dans les locaux de UkrNafta.»

Autre signe de l’accroissement des tensions : M. Nalivaichenko a dit que son service avait aussi questionné des subordonnés de M. Kolomoisky dans les bureaux du gouverneur a propos de leur rôle présumé dans le meurtre d’un agent de la sécurité ukrainienne et l’enlèvement d’un autre.

Dniepropetrovsk est considérée comme la plus grande région industrielle d’Ukraine et sa capitale du même nom, située a 500km au sud-est de Kiev, en est la quatrième grande ville. M. Kolomoisky est l’un des nombreux oligarques, considérés comme trop riches pour pouvoir être corrompus, qui ont été nommés a des postes de dirigeants dans l’espoir de stabiliser l’Ukraine.

Dans une déclaration postée sur son site web, lundi, en réponse a cette confrontation, M. Porochenko a dit que les bataillons de volontaires devraient être «intégrés verticalement» dans l’armée régulière ukrainienne, que le gouvernement essaie, avec difficultés, de reconstruire.

M. Kolomoisky, réputé pour son caractère agressif, même s’il est admiré pour son patriotisme, n’a montré aucun signe d’accommodement. Au cours d’une interview a la chaîne 1+1, qui lui appartient, M. Kolomoisky a dit qu’il avait parlé avec M. Porochenko et qu’ils s’étaient mis d’accord sur le fait que «cela ne devrait pas se passer ainsi».

Les critiques de M. Kolomoisky ont cependant dit que ses actes montraient qu’il prêtait surtout allégeance a sa propre fortune. Mustafa Nayem, un jeune parlementaire, membre du parti de M. Porochenko, a recommandé au président et au premier ministre Arseniy Iatseniouk de virer M. Kolomoisky.

«Igor Kolomoisky n’a aucun droit à porter le titre de fonctionnaire public, a écrit M. Nayem sur son blog. Le président et le premier ministre ont tous les outils en mains pour rectifier cette erreur.»

Traduit par wayan, relu par Diane pour le Saker Francopohone

Note du traducteur

Une telle phrase finale dans un article du New York Times est une indication fiable que les sponsors américains du gouvernement de Kiev demandent de mettre Kolomoisky a terre. Belle bagarre en perspective s’il est aussi entêté et arrogant que l’article l’annonce.

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Comment Poutine peut gagner la guerre économique contre l’Ouest

Par Tyler Durden – Le 18 mars 2015 – Source zerohedge

Quels sont les objectifs de la guerre économique mondiale contre la Russie? L’Ouest débranchera-t-il la Russie du système bancaire SWIFT ? L’Europe et les USA imposeront-ils plus de sanctions contre la Russie ? Qu’est-ce qui arrive aux prix du pétrole ? Le président syrien Bashar al-Assad se rendra-t-il ? Ce sont les questions, parmi d’autres que Pravda.Ru a posées dans une interview avec Ron Holland, l’auteur de nombreux livres à succès.

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Valéry Giscard d’Estaing:
La France, l’Europe, le monde…

Le 23 mars 2015 – Source Fort Russ

Entretien avec Valéry Giscard d’Estaing*
Cet entretien a été conduit par Isabelle Lasserre**

Dans ce stimulant entretien exclusif, Valéry Giscard d’Estaing a accepté, pour Politique Internationale, de décrypter les turbulences qui agitent la planète. De la crise ukrainienne au conflit israélo-palestinien en passant par l’avancée de Daech en Irak et en Syrie, l’ancien président livre son interprétation des principaux dossiers du moment. Comme le lecteur s’apprête à le découvrir, celui qui est également le maître d’œuvre de l’ambitieux projet Europa – la création, au sein de l’UE, d’un ensemble fort et fédératif qui permettra à l’Union de progresser sur la voie tracée il y a soixante ans par les pères fondateurs – n’a rien perdu de sa profondeur de vues, de sa force de conviction et de son humour.

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Quand l’armée de Kiev n’aura plus de chars

Par Denis Selesnev – Le 15 mars 2015 – Source thesaker.is

Le résultat des opérations militaires au Donbass pour les Forces armées ukrainiennes (FAU) s’est soldé par une énorme perte d’armement, et surtout de chars d’assaut. Il a été estimé que pendant les hostilités de 2014, les FAU avaient perdu plus de deux cents chars, soit détruits soit pris par l’adversaire. La reprise des hostilités a conduit naturellement à de nouvelles pertes. Du début de 2015 à mi-février, cinquante chars ont été détruits, au moins quarante capturés et un certain nombre endommagés qui ont dû être retirés du front pour réparations. En somme, en un mois de combats, Kiev a perdu plus de cent chars, soit au moins trois cents depuis le commencement de la campagne militaire. L’âge de ces engins est aussi un facteur à prendre en compte: comme la plupart des chars de l’armée ukrainienne datent d’une trentaine d’années, leur usure provoque d’autant plus de pannes et de dysfonctionnements.

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Les sanctions ne sont pas éternelles

Pepe Escobar

Pepe Escobar

– Le 20 mars 2015 – Source AsiaTimes

Jennifer Rene «Jen» Psaki, porte-parole officielle du Département d’État des États-Unis (et bientôt directrice de la communication de la Maison Blanche), devra se débattre avec la dure réalité de la vie lorsqu’elle sera forcée d’expliquer publiquement le changement de posture de l’Otan concernant les sanctions contre la Russie. Et l’inimitable Psaki vociférante pourrait bien se trouver la langue liée quand elle commentera l’attitude très nuancée de l’Otan sur ce point.

L’essentiel des sanctions de l’UE contre la Russie qui ont été imposées au début de la crise en Ukraine expire à la fin de juillet. Si les États-Unis devaient décider, ils les étendraient indéfiniment. Mais pour les perpétuer ou les élargir, un vote à l’unanimité est nécessaire. Cela n’arrivera pas.

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Un dernier regard sur l’économie réelle avant qu’elle n’implose – Partie 3

Par Brandon Smith – Le 18 mars 2015 – Source www.altmarket.com

Partie 1.

Partie 2.

Dans les épisodes précédents de cette série, nous avons discuté des impacts cachés et souvent inexprimés de la crise au sein du marché de l’emploi, ainsi qu’au niveau des dettes personnelles. La première conséquence est un effondrement de la demande des consommateurs en général, quelque chose dont nous sommes en ce moment même témoins dans l’image globale de la situation financière dans le monde entier. Le manque de production réelle et le manque de possibilités d’emplois durables entraîne un manque d’épargne, une sur-dépendance par rapport à la dette et au système de santé, la destruction de la base entrepreneuriale, une représentation malhonnête du produit intérieur brut, et, finalement, un système économique dépourvu d’intégrité structurelle – une coquille vide pour un système vulnérable au moindre choc.

Ce manque d’intégrité et de stabilité structurelle est caché au grand public tout à fait délibérément par voie de création monétaire de la banque centrale, qui autorise les dépenses du gouvernement sous forme d’une dette publique. En plus, celle-ci est de plus comptée dans le PIB, malgré le fait que ce n’est PAS de la vraie production (la création de la dette est une négation de la vraie production et historiquement, cela se traduit par une dégradation de l’économie globale ainsi que du pouvoir d’achat monétaire, plutôt que par des progrès). Les dépenses du gouvernement sous forme de dette déguisent également l’état réel de la pauvreté dans un système par l’aide sociale et des aides financières diverses. La pauvreté des États-Unis atteint des niveaux records, dépassant les records précédents établis il y a 50 ans sous l’administration de Lyndon Johnson. La hausse record de la pauvreté a également eu lieu, malgré 50 années de la prétendue guerre contre la pauvreté, un changement vers le socialisme à l’américaine qui est une continuation des politiques lancées par Franklin D. Roosevelt, le New Deal.

Le passage à un état construit autour de l’aide-sociale est la raison exacte pour laquelle, malgré la pauvreté record et un véritable taux de chômage à 23%, nous ne voyons pas encore aux États-Unis de queues pour la soupe populaire et une indigence généralisée, visible pendant la Grande Dépression. Aujourd’hui, les cartes EBT [carte de crédit pour acheter de la nourriture ou tirer de l’argent au distributeur, NdT] et autres programmes d’aide sociale cachent ces soupes populaires modernes hors de notre vue. Il convient de noter que ces 20% des ménages américains désormais aux bons alimentaires contribuent techniquement au PIB. Cela parce que les statistiques gouvernementales ne font aucune distinction entre une consommation d’épicerie normale et celle créée artificiellement par l’aide sociale basée sur la dette publique.

Ce troisième volet de notre série économique sera le plus difficile. Nous allons examiner la question de la dette publique, y compris la façon dont elle est camouflée au public et comment cette dette est le signal d’une implosion à venir dans notre structure globale. La dette nationale est peut-être l’un des domaines les plus manipulés de l’économie, et les mécanismes cachant ce que notre pays doit vraiment aux créanciers étrangers et aux banques centrales sont nombreux. Je crois que ce tableau confus de désinformation vise à décourager les Américains moyens de rechercher les faits. Voici les faits tout de même, pour ceux qui ont la patience …

Tout d’abord, il est important de démystifier les mensonges ordinaires entourant ce qui constitue la dette nationale.

La dette nationale officielle à ce jour, en 2015, est de plus de 18 000 milliards de dollars. Cela signifie que, sous Barack Obama et avec l’aide de la Réserve fédérale privée, la dette américaine a presque doublé depuis 2008 – quel exploit, dans un délai de sept ans seulement. Mais cela ne donne pas la vision d’ensemble.

Les chiffres officiels du PIB publiés pour la consommation grand public ne comprennent PAS les passifs annuels générés par des programmes tels que la Sécurité sociale et Medicare. Ces passifs sont voilés par les efforts du Congressional Budget Office (CBO), qui rend compte de ce qu’il appelle de la dette plutôt qu’un vrai déficit budgétaire. Grâce aux efforts des économistes comme Laurence Kotlikoff de l’Université de Boston, Alan J. Auerbach et Jagadeesh Gokhale, la compréhension de l’écart fiscal (la différence entre les obligations financières [les dépenses] prévues de notre gouvernement et la valeur actuelle de tous les impôts futurs prévus et d’autres recettes) s’accroît lentement mais sûrement dans les cercles d’informations grand public.

La dette créée par le déficit budgétaire augmente, par exemple, en raison du programme de sécurité sociale – puisque le gouvernement impose la population pour la sécurité sociale, mais utilise cet argent fiscal pour financer d’autres programmes ou pour rembourser d’autres dettes. En d’autres termes, le gouvernement recueille des taxes avec la promesse de les rembourser à l’avenir par le biais de la sécurité sociale, mais il dépense cet argent au lieu de le garder pour son utilisation prévue.

Les coûts de ces engagements non capitalisés au sein des programmes comme la sécurité sociale et Medicare s’accumulent, alors que le gouvernement se contente d’adopter un comportement attentiste au lieu de changer de politique pour couvrir les coûts. Cette accumulation se reflète dans les analyses des scenarii financiers alternatifs, que le COB publiait chaque année et qu’il a cessé de faire en 2013. Voici une présentation de ces AFS par la branche de Saint-Louis de la Réserve fédérale. Prenez note que la foule rit à l’idée que le gouvernement continue des politiques économiques volontaristes afin d’éviter de gérer les obligations sur la dette actuelle, mais c’est exactement ce qui s’est passé au cours des dernières années.

Utilisant le rapport AFS, Kotlikoff et d’autres économistes plus honnêtes estiment que la dette nationale américaine réelle est d’environ 205 000 millions de dollars.

Lorsque l’exposition de ces chiffres a commencé à prendre racine dans les médias dominants, les experts de ces médias et les propagandistes officiels ont mis en branle une campagne pour détourner la perception du public, affirmant que la grande majorité de cette dette était en fait une dette à venir, à payer au cours des 70 prochaines années ou plus et que, par conséquent, elle n’était pas une préoccupation importante concernant la dette actuelle. Alors que certaines estimations de la dette nationale comprennent des projections futures de passif non capitalisé dans certains secteurs, à long terme, l’argument fondamental des maîtres de la propagande est en fait un travestissement malhonnête des faits.

Selon les calculs d’économistes comme Chris Cox et Bill Archer, le passif non capitalisé ajoute environ 8 000 milliards de dollars à la dette totale par an. Ce sont 8 000 milliards de dollars par an non comptabilisés dans les statistiques officielles de la dette nationale. Pour l’exercice clos au 31 décembre 2011, la charge annuelle cumulée de Medicare et de la sécurité sociale était de 7 000 milliards de dollars.

L’analyse de Kotlikoff montre que cette accumulation annuelle de dette cachée aboutit à un total actuel de 205 000 milliards de dollars. Ce montant n’est pas le passif accumulé à venir pour toutes les années futures non capitalisées. C’est la valeur actuelle des engagements non provisionnés, comptabilisés à ce jour.

Comment les États-Unis couvrent-ils actuellement ces obligations massives en plus des coûts budgétaires existants déjà comptabilisés? Ils ne le font pas.

Les taxes collectées chaque année, de l’ordre de 3 700 milliards de dollars, sont loin d’être suffisantes pour couvrir le montant, et aucun montant d’impôts futurs ne colmatera la brèche. C’est pourquoi la Commission Grace, mise en place lors de la présidence de Ronald Reagan, a constaté que pas un seul centime de vos impôts perçus par l’Internal Revenue Service [Service des impôts aux USA, NdT] ne va vers le financement des programmes gouvernementaux actuels. En fait, tous les nouveaux impôts sont utilisés pour payer les intérêts toujours plus élevés sur les dettes actuelles.

Pour ceux qui soutiennent que l’augmentation de la fiscalité est le remède, plus de 102 millions de personnes sont au chômage aux États-Unis aujourd’hui. Selon le Bureau of Labor Statistics et la Current Population Survey (CPS), 148 millions sont employés; environ 20% d’entre eux sont considérés comme des travailleurs à temps partiel (environ 30 millions de personnes). Environ 16 millions de travailleurs à temps plein sont employés par l’État et les collectivités locales (ce qui signifie qu’ils sont un drain qui vidange le système, qu’ils le sachent ou non). Seulement 43% de tous les ménages américains sont considérés comme classe moyenne, la partie du public d’où la plupart des impôts sont tirées. Dans le meilleur des cas, nous avons environ 120 millions de personnes qui paient la majorité des taxes pour rembourser les dettes américaines, tandis que presque autant viennent peser sur cette dette au travers des programmes de sécurité sociale ou sont susceptibles de s’y ajouter dans un proche avenir, s’ils ne trouvent pas de travail en raison du taux de chômage élevé que personne à la BLS ne veut reconnaître.

En regardant la réalité, on trouve une classe moyenne qui diminue rapidement et qui paie pour une classe à protéger toujours plus grande. Faites le calcul, et une personne honnête admettra que peu importe de combien les impôts augmentent, ils ne pourront jamais compenser le manque de contribuables solvables.

Un autre argument malhonnête donné pour cacher les préoccupations sur  la dette nationale est le mensonge que la valeur nette domestique (richesse privée) aux États-Unis dépasse de loin nos dettes, ce qui annule en quelque sorte la question. Celle-ci est calculée en utilisant les actifs intérieurs bruts, public et privé. Il est intéressant, cependant, de constater que cette valeur nette considère le capital dette comme un actif, tout comme le PIB compte la création de dette comme de la production. Le capital dette est du capital que les entreprises et les gouvernements se constituent en empruntant. Ce capital (la dette) est alors considéré comme un actif dans la valeur nette domestique.

Oui, c’est vrai, les dettes privées et nationales sont des actifs. Et la majorité des économistes estiment que ces dettes (euh… ces actifs) compensent nos dettes existantes. C’est la licorne, le pays imaginaire, ou les bisounours des économistes. C’est vraiment une chose magnifique à contempler.

Ironiquement, le capital dette, comme la dette nationale officielle, ne comprend pas le passif non capitalisé. Si elle le faisait, les têtes pensantes traditionnelles pouvaient bénéficier d’une offre encore plus vaste d’actifs (dettes) qui compensent nos passifs.

Cette situation est clairement insoutenable. Les seules personnes qui semblent faire valoir que c’est durable sont des agents de désinformation qui ont quelque chose à y gagner (faveurs du gouvernement et rémunérations) et des copains du gouvernement avec quelque chose à perdre (la confiance du public et leurs positions de petits chefs).

Avec des investissements globaux constants en bons du Trésor dans certaines banques centrales étrangères, et en diminution dans d’autres, les seules autres options sont de faire tourner la planche à billet indéfiniment et monter à des niveaux toujours plus élevés, ou faire défaut. Pendant des décennies, la Réserve fédérale a imprimé afin de garder le jeu à flot, et le public américain n’a pu avoir aucune idée de la quantité de monnaie fiduciaire et de dettes que cette institution privée a escamotées dans le processus. Certainement, le montant de la dette que nous voyons juste au passif annuel non capitalisé, contribue à expliquer pourquoi le dollar a perdu 97% de son pouvoir d’achat depuis que la Fed a été créé. La couverture d’autant de dette à court terme nécessite un flux constant de monnaie fiduciaire, numérique et papier. Non seulement la dette RÉELLE menace notre cote de crédit en tant que nation, elle menace également la valeur et une foi totale dans le dollar.

Le petit aperçu des opérations de la Fed que nous avons eu lors de l’audit limité du TARP était suffisant pour justifier nos graves préoccupations, comme une vérification complète aboutirait probablement à l’exposition de la fraude totale sur la dette, l’abandon immédiat de l’investissement en bons du Trésor américain, et la destruction du dollar. Bien sûr, tout cela finira par arriver de toute façon…

Je vais expliquer pourquoi cela aura lieu plus tôt plus vite que prévu à travers la question des émissions d’obligations du Trésor et du dollar dans le quatrième épisode de cette série. Dans le cinquième épisode, je vais examiner les nombreuses raisons pour lesquelles un programme délibéré et destructif de bulles de dettes et de dévaluation monétaire bénéficie effectivement à certains financiers et élites internationales, qui aspirent à une mondialisation complète. Et dans la sixième et dernière tranche, je vais plonger dans des solutions pratiques – et les solutions pratiques seulement. En attendant, je voudrais que chacun considère ceci :

Aucune société ou culture n’a jamais réussi à se dégager de ses propres responsabilités financières pour les déverser sur les générations futures sans tomber en disgrâce historique. Pas une seule. Est-ce que quelqu’un de sensé peut sérieusement croire que les États-Unis peuvent échapper à cette réalité ?

Traduit par Hervé, relu par Diane et jj pour le Saker Francophone.

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