La comédie du rite des menaces annuelles de l’Europe à Israël

Par Jonathan Cook – Le 20 mars 2015 – Source JC

Il y a quelque chose de profondément hypocrite et lâche dans la manière dont les diplomates européens font rituellement fuiter leur rapport annuel sur Jérusalem. Cette année, ils ont choisi de déposer le rapport confidentiel dans les mains du Guardian.

Il est clair que les Européens – et les Américains – veulent que la nouvelle qu’ils sont très en colère contre Israël soit diffusée aussi largement que possible dans le sillage de la victoire électorale de Netanyahou. «Nous sommes furieux et nous n’en supporterons pas davantage !», s’égosillent-ils – une fois de plus, exactement comme ils l’ont fait tout au long des quatre ou cinq dernières années.

Un juif ultra orthodoxe devant la mosquée al-Aqsaau – Photo Bernat Armangue/Associated Press

Comme à chaque fois, le rapport est qualifié de percutant; comme à chaque fois, il menace Israël de sanctions; et comme à chaque fois, cela ne signifie rien.

C’est une mise en scène dérisoire destinée à nous faire croire – à nous qui avons une conscience – que nos représentants se sentent concernés et qu’ils envisagent – à un moment donné – de faire quelque chose. Mais ce que ce jeu d’ombre indique vraiment, c’est que tout cela se soldera par quelques vaines menaces. Ils brandissent ces menaces depuis plus d’une décennie. Et même si l’Europe se décidait vraiment à les exécuter, elles n’auraient pratiquement aucun impact sur Israël.

Voilà en quoi consistent ces menaces :

L’accès à l’Europe de terroristes juifs connus pourrait faire l’objet de restrictions. (On pouvait espérer que ces restrictions étaient déjà en place.)

L’Europe pourrait donner à ses consommateurs plus d’informations sur les produits made in Israël fabriqués en réalité dans des colonies illégales. (Ces produits ne devraient même pas se trouver sur le marché européen.)

Et les efforts pour sensibiliser les entreprises européennes au fait qu’être associé avec les colonies pourrait nuire à leurs affaires seront intensifiés. (Si c’était le cas, les forces du marché devraient, selon l’idéologie du libre marché, suffire à dissuader la plupart des entreprises de ce genre d’association – après tout, elles sont censées vouloir maximiser leurs profits).

En bref, cette liste de sanctions potentielles est du vent. Que dalle. Et toute personne qui prétend le contraire, y compris le Guardian, est tout simplement complice de cette mascarade diplomatique.

Jonathan Cook

Traduit par Dominique Muselet, relu par jj pour le Saker Francophone

 

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Poutine gaullien ?

Le 20 mars 2015 – Source Fort Russ

La meilleure réponse aux sanctions, c’est d’augmenter la liberté du commerce intérieur et de protéger les intérêts stratégiques nationaux

 

Le Président de la Fédération de Russie a dit que l’expansion des libertés dans le commerce est la meilleure réponse aux défis et aux limitations externes. Il a exprimé cet avis lors de la Semaine commerciale du Syndicat russe des entrepreneurs et manufacturiers.

«La nouvelle expansion des libertés d’affaires est la meilleure réponse aux sanctions externes et aux défis. Nous continuerons donc à établir les conditions les plus favorables pour ceux qui veulent investir dans l’industrie intérieure et l’économie, dans le développement des technologies et des emplois modernes.»

Les règles d’amnistie sur le capital en Russie doivent correspondre à toutes les exigences légales internationales, afin de ne pas provoquer le soupçon de blanchiment d’argent, a dit Poutine. «L’État et le monde des affaires doivent agir comme des partenaires pour surmonter le climat dépressif actuel et avoir une confiance réciproque. Chers collègues, seule une association entre le domaine commercial privé et l’État nous permettra de surmonter le climat économique défavorable et établira une dynamique de croissance stable, ce qui est bien sûr impossible sans confiance mutuelle. Nous devons avoir une compréhension partagée des tâches stratégiques du pays et garder nos intérêts mutuels à l’esprit.»

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La Chine avertit les États-Unis de ne pas interférer avec son espionnage

Le 19 mars 2015 – Source MoonofAlabama

Hier la Syrie a abattu un drone espion américain qui survolait Lattaquié au nord-ouest de la Syrie. Lattaquié est une zone pro-gouvernementale bien protégée et entièrement aux mains du gouvernement. Il n’y a pas d’État islamique ni d’autres rebelles dans la région.

«Le drone est-il entré en territoire syrien juste pour pique-niquer ?», a questionné la source, qui a demandé à garder l’anonymat.

«Nous considérons que s’il entre dans l’espace aérien syrien, c’est pour collecter des renseignements militaires et sécuritaires sur le territoire de la Syrie», a-t-il dit à l’AFP.

Selon la source, l’avion n’a pas été immédiatement identifié comme étant américain, mais a été traité en cible hostile.

Les défenses aériennes syriennes ont abattu l’avion dans la province côtière de Lattaquié, un bastion du président Bachar al-Assad, ont annoncé mardi les médias d’État.

Il y a un accord tacite entre le gouvernement syrien et les États-Unis selon lequel il ne sera pas fait obstacle aux frappes états-uniennes sur les positions de l’État islamique dans les zones tenues par les forces hostiles au gouvernement syrien.

Mais cela ne s’étend certainement pas aux zones où l’armée syrienne est la seule force à espionner. Il est évident que le drone, non identifié au moment où il a été abattu, représentait un danger imminent pour les intérêts syriens. Il n’avait rien à faire dans la région et c’est tout à fait normal qu’il ait été considéré comme hostile.

Mais l’orgueil américain est sans limites et la porte-parole du Département d’État, Jen Psaki, interrogée sur l’incident, a menacé la Syrie:

«Nous réitérons, naturellement, notre avertissement au régime d’Assad de ne pas interférer avec le matériel aérien américain qui survole la Syrie.»

On sait que le gouvernement chinois a réitéré son avertissement au régime d’Obama de ne pas interférer avec le cyber-espionnage chinois des systèmes informatiques américains.

Qu’est-ce que Psaki va leur répondre ?

Traduit par Dominique Muselet, relu par jj pour le Saker Francophone

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Ukraine :
Le schéma global, et facile, du business-plan des oligarques pro-UE

Par Sergei Glazyiev – Le 19 mars 2015 – Source thesaker.is

La Banque d’Ukraine a décidé de remonter son taux de refinancement à 30%. Avec la hausse des taux d’intérêt, les autorités financières ont suivi le même chemin que la Banque de Russie.
Les conséquences seront les mêmes: compression d’un crédit déjà inaccessible, aggravation de la récession et inflation élevée, au même niveau – à peu près 30%.

En temps de crise, une politique monétaire réduite à la limitation de la masse monétaire aboutit partout et toujours au même résultat – la contraction de l’économie dans le piège de la stagflation, qui combine la réduction de la production, une inflation élevée, l’augmentation du chômage et la baisse des revenus.

Comme je comprends l’argument, c’est une demande du FMI. Elle est absolument courante, basée sur le dogme monétariste et largement connu comme un modèle de la thérapie du choc. Seules les activités orientées vers l’exportation survivront à une telle politique.

Puisque les autorités ukrainiennes actuelles ont rompu leur coopération avec la Russie, les seules exportations possibles sont celles qui intéressent l’Union européenne. Parallèlement au tournesol et à la ferraille, ne seront exportés que le travail bon marché, la contrebande d’armes et, éventuellement, le tchernoziom [les fameuses terres noires, riches en humus, NdT].

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Pourquoi l’Europe défie-t-elle les États Unis en rejoignant la banque d’investissement chinoise ?

Par Gabriel Domínguez – Le 18 mars 2015 – Source DW

Malgré les pressions américaines, les quatre plus grandes puissances économiques européennes ont décidé de rejoindre la Banque régionale d’investissement chinoise, vue comme une potentielle rivale de la Banque mondiale, sous tutelle américaine. Pourquoi ?

Même si la Chine n’a lancé l’initiative de cette Banque régionale asiatique de développement qu’en octobre dernier, elle est déjà présentée comme une rivale potentielle aux institutions financières établies telles que la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement (BAD). Basée à Pékin, la Banque d’Investissement pour l’infrastructure asiatique (AIIB), pour laquelle la Chine a prévu de fournir jusqu’à 50 pour cent des 50 milliards de dollars de capital de départ, est destinée à financer des projets d’infrastructure dans des domaines tels que l’énergie, le transport et la communication en Asie, la région au plus fort taux de développement du monde.

La raison derrière cette initiative est que, compte tenu de l’expansion économique rapide de l’Asie, les institutions financières internationales existantes, telles que la Banque mondiale et la BAD, critiquées par beaucoup comme étant dominées l’une par les États-Unis et l’autre par le Japon, ne peuvent plus satisfaire les besoins de la région en raison de leur capital limité et de l’adoption de priorités différentes.

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Un dernier regard sur l’économie réelle avant qu’elle n’implose – Partie 2

Par Brandon Smith – Le 11 mars 2015 – Source www.altmarket.com

Partie 1.

Les dépenses de consommation aux États-Unis représentent environ 70% du produit intérieur brut, mais il est important de noter que la manière dont officiellement le PIB est calculé est très imprécise. Par exemple, tout l’argent du gouvernement utilisé dans le système de couverture Medicare qui paye pour les demandes de santé des consommateurs, ainsi que le programme d’aide sociale Obamacare, devenu un fléau, sont comptés dans le PIB, malgré le fait que ce capital est créé à partir de rien par la Réserve fédérale et génère également une dette pour le contribuable moyen. La création d’une dette par le gouvernement n’engendre pas d’amélioration de la production nationale. Si c’était une réalité, alors tous les pays socialistes et communistes (même chose) seraient largement enrichis aujourd’hui. Ce n’est tout simplement pas le cas.

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En Pologne, membre de l’UE:
un «marché aux esclaves ukrainiens»

Par Ewa Wołkanowska-Kołodziej,
et Iryna Kołodijczyk – Le 17 mars 2015 – Source Fort Russ

Au «marché aux esclaves» de Piaseczno en Pologne, des Ukrainiens pour le nettoyage, le jardinage, le sexe et le pierogi*

Un Polonais a enfermé deux Ukrainiennes dans son sous-sol. Il les a laissées partir au bout de deux semaines, mais elles ne voulaient pas en parler. Je leur ai demandé : «Vous n’avez pas été à la police?» – «Mais nous n’avons aucun droit ici», ont-elles répondu.

On se met au bord de la route à 5 ou 6 heures du matin le dimanche et on attend un Polonais dans le froid glacial. Peut-être un Polonais va-t-il se réveiller aujourd’hui en pensant «ma chemise n’est pas repassée» ou «pourquoi faudrait-il que je paie quelqu’un alors que je peux faire faire le travail pour rien?»  Alors il monte dans sa voiture et vient chercher une Ukrainienne pour peindre les murs, aller chercher le charbon, monter des échafaudages. Il la paie 2€ et parfois même 5€ de l’heure. À la fin de la journée, il lui donne peut-être moins que promis, ou peut-être rien du tout. Mais c’est mieux que de travailler tout un mois et de ne pas être payé du tout.

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L’Europe pivote aussi … vers la Chine

M.K Bhadrakumar

Par M K Bhadrakumar – Le 16 mars 2015 – Source mkbhadrakumar

La décision de la Grande-Bretagne de demander son admission au sein de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures [AIIB] en tant que membre fondateur a apparemment pris Washington par surprise.

Le porte-parole du département d’État a admis qu’il n’y avait eu «pratiquement aucune consultation avec les Etats-Unis» et que c’était «une décision souveraine prise par le Royaume-Uni». Dans les semaines à venir, il va devenir aussi plus difficile pour les États-Unis de se réconcilier avec l’Australie, qui suit les traces de la Grande-Bretagne, depuis que le président Barack Obama est intervenu personnellement auprès du Premier ministre Tony Abbott en octobre dernier pour le dissuader de faire une telle chose. La Corée du Sud et la France sont aussi susceptibles d’adhérer à l’AIIB (Guardian).

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Le déplacement des plaques tectoniques géopolitiques éloigne les États-Unis du centre de l’action

Wayne Madsen

Wayne Madsen

Par Wayne Madsen – Le 16 mars 2015 – Source strategic-culture

L’échec de l’administration Obama à purger ses rangs des néoconservateurs nostalgiques intégrés dans l’administration précédente, celle de Bush, a conduit à des changements géopolitiques éloignant les grandes nations et les alliances régionales des États-Unis.

La présence et les politiques adoptées par des néoconservateurs comme la secrétaire d’État adjointe aux affaires européennes et asiatiques, Victoria Nuland, et son homologue pour l’hémisphère occidental, Roberta Jacobson, ont beaucoup éloigné des États-Unis l’Amérique latine, des nations européennes comme l’Allemagne et la France, provoquant un réalignement international majeur dans le monde entier.

Tom Cotton, le sénateur US à l’initiative de la lettre des 47 néocons opposés à l’accord avec l’Iran

Et ce n’est pas seulement au sein de l’administration Obama que les néoconservateurs ont causé des dommages à l’image des États-Unis. Il est inhabituel que les dirigeants iraniens et allemands s’accordent pour critiquer la politique étrangère états-unienne. Pourtant, c’est exactement ce qui s’est passé lorsque, peu après que l’ayatollah iranien Ali Khamenei a accusé les États-Unis de sabotage après avoir transmis à l’Iran une lettre signée par 47 sénateurs républicains néocons. La lettre garantissait l’abrogation immédiate par les États-Unis de tout accord P5+1 sur le programme nucléaire iranien dès la fin du mandat d’Obama. Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a rejoint Khamenei en reprochant aux sénateurs états-uniens d’avoir envoyé cette lettre. Les remarques de Steinmeier ont été reprises à Paris par des responsables importants du gouvernement français.

L’irritation de Berlin et de Paris à l’égard de Washington ne se limite pas seulement à l’initiative envers l’Iran. Les Allemands et les Français, tout comme les Italiens, sont de plus en plus alarmés par l’attitude américaine envers la Russie à propos de l’Ukraine et d’autres questions. Peut-être que la vieille Europe (les premiers membres de l’Otan en Europe de l’Ouest) désignée ainsi par l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld est en train de décider que son avenir ne se trouve pas dans un partenariat transatlantique hautain exclusivement à sens unique, avec Washington qui dicte les conditions des alliances, mais dans des ententes multilatérales de nature eurasienne [respectueuse des souverainetés, NdT].

Bien que l’administration Obama accorde beaucoup d’importance à son pivot vers l’Asie, c’est l’Asie qui pivote vers l’Europe et, par conséquent, neutralise Washington dans une de ses sphères d’influence historiques. L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), considérée comme une rivale de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Otan), a officiellement entériné l’initiative économique de la Route de la soie, qui promeut le développement de nouvelles routes commerciales, par terre, par rail et par mer, de l’Asie vers l’Europe.

La Russie a reçu la garantie de la Chine que Beijing soutiendrait la pleine adhésion de l’Inde dans l’OCS. Pour équilibrer l’entrée de Dehli, il y a aussi un soutien pour étendre la pleine adhésion dans l’OCS au Pakistan, allié de longue date de la Chine. Si l’adhésion à l’OCS de l’Inde et du Pakistan peut servir à quelque chose, c’est de facteur modérateur dans leurs relations mutuelles, d’autant que le leadership de l’Otan a souvent pesé sur les tensions entre ses membres, la Grèce et la Turquie. Une OCS élargie, avec la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, l’Inde et le Pakistan, peut faire beaucoup pour stopper la poussée de l’Otan vers l’Est, ainsi que de futurs plans de changement de régimes par des révolutions de couleur à l’est de l’Oural.

La promesse du Premier ministre indien de rejoindre l’OCS est renforcée par son désir de mettre sur pied une Association régionale pour l’océan Indien [Indian Ocean Regional Association (IORA)] qui inclurait l’Inde, l’île Maurice, les Maldives, le Sri Lanka, les Seychelles et d’autres pays de cette région maritime. Modi a émis ce désir lors d’une récente visite à l’île Maurice. La création d’une mini-OCS dans l’océan Indien sous l’acronyme SAGAR – Security and Growth for All in the Region [Sécurité et croissance pour tous dans la région, NdT] sera un défi direct à Washington et à l’Otan, qui voient l’océan Indien comme un terrain de jeu pour leurs activités militaires, celles-ci principalement ancrées sur la base militaire états-unienne de Diego Garcia et des bases plus petites à Oman et Djibouti, ainsi qu’une future base aérienne sur les îles australiennes Cocos (anciennement îles Keeling).

L’Asie constitue aussi un défi pour les États-Unis sur le front financier international. La décision du Royaume-Uni d’être le premier pays du G7 à rejoindre la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB) d’initiative chinoise, une concurrente de la Banque asiatique de développement dirigée par les États-Unis et le Japon sous l’égide de la Banque mondiale basée à Washington, a eu pour résultat un échange hostile entre Londres et Washington. Il était reproché que la décision britannique menaçait la relation spéciale anglo-américaine. L’Allemagne [et la France, NdT] pourraient suivre la Grande-Bretagne et rejoindre l’AIIB.

La Chine n’a pas caché le fait que l’AIIB, qui compte actuellement 21 membres, allait travailler aux côtés de la Banque de développement des BRICS, un effort conjoint entre le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud pour créer une alternative à la Banque mondiale et au Fond monétaire international (FMI) de Washington, sous la coupe des États-Unis.

Le différend entre l’Occident et la Russie à propos de l’Ukraine a débouché sur les sanctions des faucons de Washington dont la finalité est d’expulser la Russie du réseau international de transactions financières électroniques SWIFT [Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunications]. Couper les liens entre ROSSWIFT, le sous-réseau SWIFT russe, et SWIFT aurait des conséquences graves pour les économies européennes, qui dépendent du commerce avec la Russie. Par conséquent, cela n’a pas été une surprise quand SWIFT a annoncé qu’un Russe pourrait siéger dans son conseil d’administration. La décision était un autre signe du malaise croissant des Européens à propos des sanctions du trio à Washington, composé du directeur du Service de contrôle des actifs étrangers du Trésor (OFAC), Adam Szubin; par Jennifer Shasky Clavery, directrice du Réseau de lutte contre la criminalité financière [Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN)]; et, jusqu’à sa nomination comme directeur de l’Agence centrale de renseignements [Central Intelligence Agency (CIA)], David S. Cohen, le secrétaire adjoint du Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier [Secretary for Terrorism and Financial Intelligence].

Ce trio, avec les néoconservateurs dans la hiérarchie du département d’État, a aussi irrité l’Amérique latine avec ses tactiques agressives de guerre économique contre le Venezuela. Le 12 mars 2015, l’administration Obama a imposé le même type de sanctions au Venezuela, qui comprennent l’interdiction d’entrée aux État-Unis d’officiels vénézuéliens et le gel de leurs actifs, comme celles qu’il avait imposées aux responsables de la République russe autonome de Crimée, des Républiques ukrainiennes orientales de Lugansk et de Donetsk, et de la Russie elle-même.

Obama a aussi déclaré que le Venezuela était  une menace extraordinaire pour la sécurité nationale des États-Unis. Toutes les organisations d’Amérique latine, de la Communauté d’États latino-américains et caraïbes (CELAC) et de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR), jusqu’à l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) ainsi que le secrétaire général de l’Organisation des États américains José Miguel Insulza ont immédiatement condamné les actes de Washington. Non seulement Washington est resté sourd à leurs protestations, mais il a aggravé la situation en révoquant le visa états-unien du Premier ministre de Saint-Christophe-et-Niévès, Denzil Douglas, comme avertissement de ce qui pourrait arriver à tout dirigeant caribéen qui, comme Douglas, pousserait leur nation à adhérer au bloc de l’ALBA, une création de l’ancien président du Venezuela Hugo Chavez.

Le souci de Washington à l’égard des petites nations n’a pas cessé avec Saint-Christophe-et-Niévès. Les sanctions des faucons à Washington choisissent aussi de prendre des mesures contre la Banque privée d’Andorre [Banca Privada d’Andorra (BPA)], une banque privée dans la petite principauté d’Andorre, nichée dans les Pyrénées. La banque a été accusée de blanchir de l’argent pour la société Petróleos de Venezuela (Pdvsa), la compagnie pétrolière propriété de l’État du Venezuela.

Les nations autour du globe deviennent aussi plus méfiantes à l’égard des efforts de l’administration Obama pour favoriser et soutenir les prétendues révolutions à thème ou colorées partout dans le monde. L’échec des opérations de George Soros/Victoria Nuland pour faire quitter le pouvoir au Premier ministre Nikola Gruevski à Skopje par un coup d’État anti-constitutionnel dirigé par l’Union européenne et le remplacer par un militant pro-US, Zoran Zaev, membre du parti social-démocrate financé par Soros, a été un échec cuisant pour les ingénieurs de la démocratie du Département d’État, de la CIA et de l’Institut pour une société ouverte [Open Society Institute (OSI)] de Soros, ce dernier étant une CIA virtuelle privatisée.

La persistance au pouvoir du président Nicolas Maduro au Venezuela a provoqué la colère d’un officiel du Secrétariat d’État, Jacobson, un diplomate indélicat pétri dans le moule de la vulgaire Nuland. Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Delcy Rodriguez a récemment dit que Jacobson était irritable et mal élevé, comme en témoigne sa manière de marcher et de mâchouiller. Rodriguez a dit qu’on doit avoir des bonnes manières lorsqu’on discute avec des peuples et des pays. Le manque de correction de Jacobson va bien avec Nuland, dont on se souvient qu’elle a dit à l’ambassadeur états-unien à Kiev «Fuck the EU» et qu’elle a traité la réticence allemande à renforcer les sanctions contre la Russie comme «les conneries de Moscou». L’administration Obama a vu les relations des États-Unis avec l’Amérique latine et l’Europe plonger largement comme un résultat des manières de harengères grossières des deux diplomates féminines importantes qui ont été placées à ces hauts postes par Hillary Clinton quand elle était Secrétaire d’État.

Pendant ce temps, les changements géopolitiques des nations et des alliances continuent à bénéficier à ceux qui décident de limiter le trafic d’influence de Washington. Ce message devient clair pour les nations qui voient une amélioration de leur sort à coopérer à des projets non états-uniens, depuis l’oléoduc Balkans Stream et l’initiative de la Route de la Soie jusqu’à l’ALBA et à la IORA [Indian Ocean Rim Association]. La marque Amérique a perdu de sa superbe sur la scène mondiale.

Wayne Madsen

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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Poutine: «Il faut construire le pont Caucase–Crimée le plus vite possible»

 G. Veremeenko – Le 16 mars 2015 – Source Fort Russ

Vladimir Poutine insiste sur la nécessité de construire le pont de Kertch dans les plus brefs délais et de favoriser le développement du secteur de l’énergie en Crimée

«Nous devons construire un pont pour relier la Crimée avec le Caucase, avec le territoire de la Fédération de Russie. Cela peut et doit être fait dans les plus brefs délais

Le président a souligné la nécessité de favoriser le développement du secteur de l’énergie en Crimée.

«Nous devons redonner toute sa gloire au potentiel créatif de la Crimée pour encourager les citoyens russes à tirer le meilleur parti des caractéristiques naturelles et climatiques uniques de la péninsule et, ce qui à mon avis est tout aussi important, nous devons recommencer à considérer la composante humaine de la Crimée comme une partie inaliénable de notre culture et de notre patrimoine culturel», a ajouté le président.

Commentaire de J. Hawk (traducteur du russe à l’anglais)

Le pont Kertch–Crimée sera une entreprise d’ingénierie majeure, et on peut déduire les choses suivantes de l’accent porté sur l’urgence de sa construction:

1. La Russie n’envisage pas de s’emparer d’un pont terrestre reliant la Russie continentale à la Crimée via Marioupol et le littoral de la mer d’Azov.

2. La Russie s’attend néanmoins, et se prépare sans doute, à affronter un scénario pire encore qu’aujourd’hui, comme une Ukraine banderiste à la haine inaltérable ou un État ukrainien en faillite qui ne voudrait pas ou ne pourrait pas fournir la Crimée en l’électricité et autres choses nécessaires. L’accent est clairement mis sur la nécessité de rendre la Crimée indépendante de l’Ukraine aussi vite que possible. Moscou ne semble pas considérer Kiev comme un sérieux partenaire pour la paix dans l’avenir immédiat.

Il n’est pas clair à quel genre de ressources énergétiques Poutine faisait allusion. Parlait-il simplement de la capacité de la Crimée à suffire à ses propres besoins électriques (ce qui ne sera pas vraiment nécessaire, une fois que le pont sera construit), ou faisait-il référence à l’exploitation des gisements de gaz naturel considérables qui se trouvent au fond de la mer Noire dans les eaux territoriales de Crimée?

Traduit de l’anglais par Dominique Muselet, relu par jj pour la Saker Francophone

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