Nous vous présentons cette exceptionnelle lettre publique écrite en commun par les ambassadeurs russe et chinois et adressée au public étasunien par l’intermédiaire du National Interest, une revue géopolitique étasunienne. Nous y joignons une analyse de cette lettre faite par un commentateur russe.
Par Anatoly Antonov et Qin Gang – Le 26 novembre 2021 – Source National Interest
Les États-Unis accueilleront le Summit for Democracy, en ligne, les 9 et 10 décembre 2021, s’autorisant à décider qui peut assister à l’événement et qui ne peut pas y assister, qui est un « pays démocratique » et qui ne peut prétendre à ce statut. Produit évident de sa mentalité de guerre froide, cette initiative va attiser la confrontation idéologique et la fracture dans le monde, en créant de nouvelles « lignes de démarcation ». Cette tendance est en contradiction avec l’évolution du monde moderne. Il est impossible d’empêcher la formation d’une architecture polycentrique mondiale, mais cela pourrait nuire au processus objectif. La Chine et la Russie rejettent fermement cette tendance.
Les contradictions se multiplient : d’une part, les « faucons sur la Chine » de l’administration américaine accélèrent le grignotage, morceau par morceau, de l’engagement en faveur de la « Chine unique » et incitent Taipei à penser que les États-Unis « couvrent ses arrières », au cas où la Chine tenterait une réunification avec l’île par la force militaire. Pourtant, Taïwan finira par être intégrée à la Chine, car cette dernière ne manquera pas de l’emporter militairement, si les choses venaient à se gâter. Cependant, Washington considère peut-être ce harcèlement tactique de Pékin comme un succès politique d’une « action par capillarité », même si la destination finale de Taïwan est gravée dans la pierre.
L’Union européenne est, selon la parole immortelle du soldat Hudson d’Aliens, « … à bord d’un ascenseur express pour l’enfer, en pleine descente », depuis longtemps maintenant.
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