Note sur la suppression générale des partis politiques


Par Simone Weil − 1940 − Source Écrits de Londres

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Le mot parti est pris ici dans la signification qu’il a sur le continent européen. Le même mot dans les pays anglo-saxons désigne une réalité tout autre. Elle a sa racine dans la
tradition anglaise et n’est pas transplantable. Un siècle et demi d’expérience le montre assez. Il y a dans les partis anglo-saxons un élément de jeu, de sport, qui ne peut exister que dans une institution d’origine aristocratique; tout est sérieux dans une institution qui, au départ, est plébéienne.

L’idée de parti n’entrait pas dans la conception politique française de 1789, sinon comme mal à éviter. Mais il y eut le club des Jacobins. C’était d’abord seulement un lieu de libre discussion. Ce ne fut aucune espèce de mécanisme fatal qui le transforma. C’est uniquement la pression de la guerre et de la guillotine qui en fit un parti totalitaire.

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Qu’est-ce qui pourrait mal se passer?


Par James Howard Kunstler – Le 14 avril 2017 – Source kunstler.com

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« Les choses s’effondrent ; le centre ne peut pas tenir », a écrit Yeats. Ce qui est drôle, c’est que nous n’avons pas l’impression que le centre manque tant que cela, après son anéantissement. L’Amérique est parfaitement satisfaite de cet affaiblissement aux marges, de nos jours. Surtout aux marges de la pensée.

Une des chose qui occupait le centre était une discussion publique, un débat et une argumentation. De temps en temps, on y récoltait un échange cohérent d’idées. De nos jours, les principales factions politiques se sont enfoncées dans l’hystérie, d’une manière ou d’une autre. Leurs inspirations primitives n’ajoutent plus aux débats d’idées que des spasmes limbiques de peur et de rage. Et puis, il y a le partenaire de l’ombre des deux partis, appelé État profond, dirigé par la singulièrement nommée « communauté du renseignement ». Ces oiseaux, dont beaucoup y sont à vie, se consacrent à la sombre besogne de faire en sorte que la discussion publique soit aussi incohérente que possible, pour empêcher tout changement de politique qui pourrait entraver la croissance de l’État profond, une sorte de cancer du corps politique.

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Bachar al-Assad : Khan Cheikhoun est une fabrication, nous n’avons pas d’armes chimiques


Le 13 avril 2017 − Source Agence Sana via sayed7asan

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Interview de Bachar al-Assad, Président de la République Arabe Syrienne, par l’AFP

Transcription :

Journaliste : Monsieur le Président, je voudrais d’abord vous remercier de me recevoir pour cette interview. Monsieur le Président, avez-vous donné l’ordre d’attaquer Khan Cheikhoun avec des armes chimiques mardi dernier ?

Bachar al-Assad : En fait, personne n’a enquêté sur ce qui s’est passé ce jour-là à Khan Cheikhoun jusqu’à présent. Comme vous le savez, Khan Cheikhoun est sous le contrôle du Front al-Nosra qui est une branche d’al-Qaïda. Donc les seules informations dont a disposé le monde jusqu’à présent sont celles publiées par la branche d’al-Qaïda. Personne n’a d’autres informations. Nous ne savons pas si toutes les photos ou les images vidéos que nous avons vues sont vraies ou truquées. C’est la raison pour laquelle nous  demandons qu’une enquête soit menée à Khan Cheikhoun. Voilà pour le premier point.

Deuxièmement, selon les sources d’al-Qaïda, l’attaque a eu lieu entre 6h et 6h30 du matin, alors que l’attaque syrienne sur cette même zone a eu lieu vers midi, entre 11h30 et 12h. Ils parlent donc de deux événements différents. Aucun ordre n’a donc été donné de déclencher une attaque.
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Syrie : À qui profite le crime ?


Par Uri Avnery – le 16 avril 2017 – Source Chronique de Palestine

La guerre civile en Syrie laisse un pays dévasté. Ici, des survivants du camp palestinien de Yarmouk se rendent à un point de distribution de nourriture. Photo: UNRWA

 

Cui bono – « Qui en profite ? » – est la première question qu’un détective expérimenté doit se poser, lorsqu’il enquête sur un crime.

Comme j’ai moi-même été détective dans ma jeunesse, je sais ce que cela veut dire. La plupart du temps, celui que l’on soupçonne de prime abord n’est pas le coupable. Quand on se demande « cui bono ? », un autre suspect, auquel on ne pensait pas, apparaît.

Depuis deux semaines, cette question me taraude. Ça ne me quitte pas. Continuer la lecture de Syrie : À qui profite le crime ?