Par Moon of Alabama – Le 4 février 2023
En 1964, Richard Hofstadter écrivait déjà sur le style paranoïaque dans la politique américaine :
Les événements survenus depuis 1939 ont donné au paranoïaque de droite contemporain un vaste théâtre pour son imagination, rempli de détails riches et proliférants, regorgeant d’indices réalistes et de preuves indéniables de la validité de ses soupçons. Le théâtre d’action est désormais le monde entier, et il peut s’appuyer non seulement sur les événements de la Seconde Guerre mondiale, mais aussi sur ceux de la guerre de Corée et de la guerre froide. Tout historien de la guerre sait qu’il s’agit en grande partie d’une comédie d’erreurs et d’un musée de l’incompétence ; mais si à chaque erreur et à chaque acte d’incompétence on peut substituer un acte de trahison, de nombreux points d’interprétation fascinants s’offrent à l’imagination paranoïaque. En fin de compte, le véritable mystère, pour celui qui lit les principaux ouvrages d’érudition paranoïaques, n’est pas de savoir comment les États-Unis ont été amenés à leur position dangereuse actuelle, mais simplement comment ils ont réussi à y survivre.


Tout au long de cette année, je me suis beaucoup intéressé à notre conflit contre la Russie en Ukraine, et j’ai également commencé par ailleurs à suivre les déclarations publiques formulées par le professeur Jeffrey Sachs, de l’Université de Columbia, mais jusqu’à la semaine dernière, j’avais manqué son interview de la fin du mois d’août sur ce sujet précis. Bien que son apparition dans l’émission Democracy Now! d’Amy Goodman ait accumulé plus de deux millions de vues, j’étais passé à côté.
Le fournisseur américain d’équipements de fabrication de puces, Lam Research, a prévenu, mercredi, d’une potentielle perte de revenus de 2 à 2,5 milliards de dollars en 2023, en raison des derniers contrôles à l’exportation de Washington sur les semi-conducteurs et équipements avancés exportés vers la Chine, une perte qui représente environ 30 % des ventes de l’entreprise américaine, a rapporté Reuters.
Les relations américaines avec la Chine, en ce qui concerne Taïwan, ont été dictées par des années de déclarations et d’engagements ambigus. Aujourd’hui, cette rhétorique s’effondre et un conflit armé semble plus proche que jamais – mais Washington est-il prêt à se battre pour Taïwan. Est-il seulement capable de gagner ?
John : Je suis inquiet pour la Chine.
Une guerre commerciale est-elle susceptible d’éclater entre la Chine et l’Europe ? C’est un sujet dangereux que l’opinion publique en Europe, y compris l’Allemagne, a hypertrophié. Ces dernières années, la Chine et l’Europe ont été le principal partenaire commercial l’une de l’autre, et ont traversé de nombreuses tempêtes ensemble. Avec une chaîne industrielle hautement complémentaire et une grande interdépendance économique, il va de soi que la guerre commerciale n’aurait pas dû devenir un sujet sérieux dans les discussions sur la politique chinoise de l’Europe. Cependant, certains médias dépeignent un « monde à l’envers » pour les Européens : La forte dépendance économique entre la Chine et l’Europe ne serait pas un bénéfice mais un « risque » pour le continent, tandis que d’autres médias affirment que l’Europe doit se préparer à un conflit avec la Chine.