Par Jonathan Cook – Le 8 juin 2017 – Source Counterpunch

Si vous avez regardé la BBC le jour de l’élection, vous pouvez être excusé d’avoir en tête ces deux interprétations des résultats de la nuit dernière. Tout d’abord que Theresa May a mené une terrible campagne d’auto-sabotage ; ensuite, que même si Jeremy Corbyn la célébrait, il a en réalité définitivement perdu cette élection.
Ce sont des conclusions auxquelles nous pouvons nous attendre de la part d’une classe d’analystes ayant passé les deux précédentes années à calomnier Corbyn, le prétendant « inéligible », avertissant qu’il n’attirait qu’un petit groupe de gauchistes radicaux et affirmant que le parti travailliste était sur le point de subir sa pire défaite électorale de mémoire d’homme – si ce n’est de toujours. Le message de justice sociale de Corbyn était censé être rejeté par le cœur même du Royaume-Uni.
Regardons donc les résultats du vote et voyons comment le parti travailliste dirigé par Corbyn s’en est réellement sorti.



Pensez ce que vous voulez de la politique identitaire si controversée des États-Unis ; par rapport à celle de la France, les États-Unis ressemblent à Mayberry, le symbole audiovisuel de l’innocence d’une petite ville. Même si nous avons Black Lives Matter, une résistance massive à un président cherchant à faire respecter les lois existantes sur l’immigration et des émeutes urbaines, en France, les émeutes sont plus importantes et durent beaucoup plus longtemps. Il existe des centaines de milliers de personnes possédant la citoyenneté française mais ne montrant visiblement aucune loyauté envers la nation. Et il existe peu de barrières géographiques entre le pays et les sources de cette immigration débordante. Personne ne peut prévoir avec confiance l’avenir américain, qu’il s’agisse d’une assimilation plus ou moins réussie de grands flux de nouveaux immigrants ou d’un pays transformé dans lequel la division ethnique devient une norme qui sous-tendrait toutes les transactions politiques. Mais quel que soit le sort de la civilisation occidentale, qu’il s’agisse d’une renaissance, ou, comme Pat Buchanan l’a prédit, de sa fin, ce sort sera visible à Paris avant même New York ou Chicago.


