Par Andrew Korybko – Le 15 septembre 2018 – Source orientalreview.org

Andrew Korybko
La chancelière allemande était en déplacement en Macédoine le week-end dernier, avant le référendum organisé ce mois-ci pour le changement de nom du pays.
Elle marchait sur les traces de son homologue autrichien et du secrétaire général de l’OTAN, venus également manifester leur soutien à la proposition du gouvernement de renommer le pays en « Macédoine du nord ». Ce qu’on présente comme un « compromis sur le nom » avait été négocié avec la Grèce voisine au court de l’été ; et le changement pourrait permettre une intégration rapide du pays à l’UE et à l’OTAN, après que seront levées les objections qu’Athènes formulait : la capitale hellénique ne voulait pas que le nom constitutionnel de son voisin puisse jamais impliquer des revendications territoriales envers son propre territoire.

Angela Merkel, la chancelière allemande, est arrivée en Macédoine le 8 septembre 2018, trois semaines avant le référendum sur l’accord entre la Macédoine et la Grèce, proposant de rebaptiser le pays « Macédoine du nord », ce qui faciliterait son adhésion à l’UE et à l’OTAN
Meiko Maas, ministre des affaires étrangères, a annoncé que son pays allait dévoiler sous peu une nouvelle approche, qu’il a décrite comme « équilibrée » et visant à « renforcer l’autonomie et la souveraineté de l’Europe en matière de politiques commerciales, économiques et financières ». Cette annonce fait suite aux préoccupations que les politiques de sanctions financières de l’administration Trump ont levées outre-Rhin, où l’on craint que ne soient soumis à des risques les intérêts allemands dans les partenariats du pays avec la Russie, la Chine et la Turquie.





Les actualités mondiales récentes vont bien au delà de la division apparue au cœur des nations industrielles du G7. Si l’on compare la planète à un immense champ de force électrique, les lignes de flux sont en train de changer du tout au tout, alors que nous voyons – dans le désordre – le système d’étalon dollar établi après 1945 entrer en phase terminale. Les élites politiques européennes sont tiraillées entre le raisonnable et l’irrationnel. L’Orient exerce cependant un pouvoir magnétique croissant, et nous assistons au sein de l’Union européenne aux prémices de ce qui pourrait être un renversement de pôles de l’Ouest vers l’Est. Les derniers développements observés en Eurasie, auxquels on peut inclure le Moyen-Orient, l’Iran, et surtout les relations russo-chinoises, montent en puissance, alors que Washington ne propose désormais plus que guerres : guerre commerciale, guerre de sanctions, guerre terroriste ou guerre cinétique.