Par Laura Hood − Le 15 décembre 2019 − Source The Conversation

Les résultats ne sont pas encore tout à définitifs mais la large victoire électorale de Boris Johnson aux élections générales britanniques du jeudi 12 décembre ne fait aucun doute. À la veille du scrutin, le premier ministre se trouvait à la tête d’un gouvernement minoritaire ; il dispose désormais d’une majorité très confortable. Son parti conservateur a remporté 364 sièges sur les 650 que compte le Parlement de Westminster.
Le Parti travailliste, qui a subi sa pire défaite depuis des décennies – et sa quatrième défaite d’affilée aux élections générales –, ne récolte que 203 sièges. Le Scottish National Party (SNP) a nettement progressé en Écosse (48 sièges) ; la percée des tenants d’un deuxième référendum d’indépendance pourrait poser une nouvelle question constitutionnelle majeure au Royaume-Uni.
Il y a quelque chose que les oligarques non élus, que j’aime appeler la « Bande de Davos », détestent plus que tout : il semble qu’ils n’ont plus le pouvoir d’acheter les peuples.
Lorsque nous observons, dans le monde d’aujourd’hui, la pléthore de soulèvements populaires / populistes à la fois pacifiques et indisciplinés, nous voyons le même fil conducteur qui les traverse.
Suite à l’annonce par Annegret Kramp-Karrenbauer, ministre de la Défense allemande, la semaine dernière, de l’expansion du déploiement de la Bundeswehr [l’armée allemande, NdT], les hommes politiques allemands de premier plan ont fait monter les enchères et ont énergiquement appelé de leurs vœux une politique étrangère et militaire plus agressive de la part de l’Allemagne et de l’UE. Vendredi dernier, Ursula von der Leyen, la prochaine présidente
Depuis le moment où les votes ont été totalisés, lors du référendum sur le Brexit de juin 2016, il n’y a eu que des lamentations sur ce que cela impliquait. Le vote sur le Brexit a clairement montré que le développement des unions politiques était insoutenable.





Dans tout ce tintamarre dû au Brexit et aux querelles parlementaires qui y sont associées, on a peu remarqué comment Dominic Cummings et Boris Johnson tentent de changer la nature même du paysage politique britannique. Bien sûr, l’angoisse du Brexit rend la tentative de susciter un changement politique stratégique beaucoup plus visible et plus aiguë. Pourtant, en fait, les changements ne sont pas entièrement, ou même principalement liés au Brexit, mais reflètent des plaques tectoniques sous-jacentes en train de s’affronter.