La révélation des néocons


Par Arnaud Bertrand – Le 12 Mai 2026 – Source Blog de l’auteur

Qu’est-ce qui se passe ? Les néoconservateurs expériencent-ils une révélation ?

Après que Bob Kagan ait écrit un article sur la façon dont les États-Unis font face à une “défaite totale” en Iran (voir mon article d’hier), vous avez maintenant Max Boot – l’auteur de “The Case for American Empire” et l’un des défenseurs les plus virulents de la guerre en Irak – publiant une interview dans le Washington Post expliquant que la Chine a dépassé les États-Unis dans la plupart des domaines militaires.

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La guerre contre l’Iran. Les saoudiens blâment Israël – Un archi néo-conservateur concède la défaite


Par Moon of Alabama – Le 11 mai 2026

Deux articles remarquables sont parus au cours des derniers jours. Ils sont liés l’un à l’autre car les deux auteurs sont des stratèges chevronnés de droite qui ont été profondément impliqués dans l’administration de George W. Bush et sa guerre contre l’Irak.

Le premier article est de Turki Al-Faisal :

Il est le petit-fils du fondateur de l’Arabie saoudite, le roi Abdulaziz, et le fils du roi Fayçal. Il est président du Centre de Recherche et d’Études Islamiques de la Fondation du Roi Fayçal.

De 1979 à 2001, le Prince Turki a été directeur général d’Al Mukhabarat Al ‘ Ammah, l’agence de renseignement saoudienne, démissionnant de ce poste le 1er septembre 2001, dix jours avant les attentats du 11 septembre au cours desquels 15 ressortissants saoudiens ont détourné des avions de ligne commerciaux américains.

Le prince Turki a ensuite été ambassadeur à la Cour de Saint-James et aux États-Unis.

Dans un éditorial publié samedi par le journal semi-officiel Arab News, Faisal révèle une conspiration majeure derrière la guerre américaine contre l’Iran.

Bien que les Saoudiens soient contrariés par l’Iran, ils reconnaissent que ce n’est pas le véritable coupable qui a causé le désordre dans lequel se trouve actuellement toute la région du Golfe :

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Les « manières de faire la guerre » sont en pleine métamorphose


Par Alastair Crooke – Le 9 mai 2026 – Source Conflicts Forum

Bien que la guerre en Iran ait été largement considérée à travers le prisme de la guerre occidentale conventionnelle, ses leçons sont tout sauf conventionnelles. Elles sont en fait insurrectionnelles.

L’approche occidentale d’après-guerre (en particulier dans le contexte de la Guerre froide) reposait sur la capacité de surpasser tout adversaire militaire grâce à l’acquisition de munitions et d’aéronefs haut de gammes, suréquipés et coûteux. La domination de l’espace aérien et la forte dépendance à l’égard des bombardements aériens, c’est-à-dire la guerre aérienne, étaient la tactique doctrinale.

La course aux investissements (ainsi que l’innovation technique qui va avec) était considéré comme l’élément crucial de la confrontation avec l’URSS.

De même, la doctrine dans la guerre navale était d’investir dans des porte-avions de plus en plus gros et leurs niveaux associés de navires de soutien naval.

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Sous-performance chronique de la machine de guerre étasunienne – 1ère partie


Par Hua Bin − Le 17 avril 2026 − Source huabinoliver.substack.com

Les systèmes d’armement à basse densité, à coût élevé, usant d’une technologie dépassée et à faible capacité d’emport de munitions ne produisent pas les résultats attendus.

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Maintenant c’est important. Envoyez les mauvais signaux et vous obtiendrez la mauvaise société.


Par Aurelien – Le 29 avril 2026 – Source Blog de l’auteur

En 1943, Jorge Semprùn, un espagnol exilé en France, a été arrêté et envoyé au camp de concentration de Buchenwald pour ses activités de résistance. Semprùn, à peine âgé de vingt ans à l’époque, aurait pu être exécuté immédiatement mais sa vie a été sauvée car il avait rejoint le Parti Communiste espagnol (illégal) l’année précédente, puis le FTP-MOI, l’organisation clandestine de Résistance en grande partie recrutée parmi les étrangers et organisée par le Parti Communiste français. Le camp de concentration, comme beaucoup en Allemagne, était effectivement administré par un groupe de détenus d’élite, en l’occurrence des membres du Parti communiste allemand dont beaucoup y avaient passé la majeure partie de la décennie. Ils ont reconnu Semprùn comme étant l’un des leurs et ont falsifié ses documents personnels pour montrer qu’il possédait des compétences qui valaient la peine de le maintenir en vie. Il a passé l’année suivante dans le camp à travailler dans l’administratif. Il a survécu à la guerre, devenant un haut fonctionnaire du Parti communiste espagnol en exil, avant de rompre avec eux, et de développer une carrière d’écrivain, terminant comme ministre de la Culture après la mort de Franco. Une vie sauvée d’un trait de plume.

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Il n’y a pas de course à l’IA


Par Arnaud Bertrand – Le 24 avril 2026 – Source Blog de l’auteur

Livre de Han

Les Chinois ont ce grand principe : « chercher la vérité en partant des faits » (实事求是). Il est communément associé au Parti communiste – parce que c’est en effet un de leurs slogans clés – mais, comme c’est souvent le cas en Chine, ce n’est que l’usage moderne d’un idiome beaucoup plus ancien, enregistré pour la première fois dans le Livre de Han (en l’an 111).

Qu’est-ce que cela signifie ? C’est essentiellement un principe anti-idéologie. Plutôt que de partir d’une doctrine et de regarder les faits à travers son prisme, il vaut mieux aller dans l’autre sens ; la “vérité” est extraite du monde tel qu’il est. C’est fondamentalement une ode au pragmatisme empirique.

« Chercher la vérité en partant des faits » est précisément ce qui manque dans la conversation sur l’IA, qui est incroyablement doctrinale et idéologique. Des pessimistes apocalyptiques d’un côté, des techno-utopistes plein d’illusions de l’autre, tout cela aggravé par le contexte « grande puissance » de cette soi-disant « course à l’IA ». Tout le monde commence par la conclusion – qu’elle soit du style « la Chine est mauvaise, alors elle doit perdre la course à l’IA », ou « l’intelligence artificielle générale (IAG) nous tuera tous« , ou « l’IAG annonce une nouvelle ère d’abondance » – et travaille à rebours pour essayer de trouver des faits qui correspondent à leur idéologie.

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Un Iceberg ? Quel Iceberg ?


Par Aurelien – Le 15 Avril 2026 – Source Blog de l’auteur

La première fois que j’ai traversé une frontière terrestre en Europe, j’étais adolescent, dans un train en provenance d’un endroit en Belgique dont j’ai oublié le nom, en route pour Amsterdam. Pendant le voyage, deux douaniers néerlandais ont remonté le train, vérifiant que tout le monde avait un passeport ou une carte d’identité. Après tout, nous traversions une frontière nationale et allions dans un autre pays.

Non pas que c’était difficile à l’époque. Parce que je ne savais pas dans combien de temps je voyagerais à nouveau à l’étranger, je m’étais rendu au bureau de Poste local avec une photo d’identité pour acheter un passeport de visiteur britannique, valable un an. Cela m’avait coûté dix shillings et m’avait permis de voyager pratiquement partout en Europe occidentale. L’ensemble du processus m’a pris environ quinze minutes, si je me souviens bien. Quelques années plus tard, des amis de l’Université ayant plus d’argent ont passé l’été à faire de l’auto-stop en Grèce et à dormir sur la plage, ce qui était tout à fait possible même au temps des colonels. Certains sont allés jusqu’en Afghanistan, sans trop de difficultés.

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Epstein et pathologie du pouvoir. Comment l’institution protège les monstres


Par Vincent Verschoore − Le 15 avril 2026 − Source Ze Rhubarbe Blog

Marcos Paulo Candeloro analyse la publication des dossiers Epstein comme révélation d’une pathocratie contemporaine ; un système où une classe dominante d’individus psychopathes, pédocriminels et corrompus capturent les institutions pour servir leurs pathologies et protéger leurs crimes.

Le cadre législatif illustre d’abord le fossé entre la volonté démocratique et son exécution. Le Congrès a adopté l’Epstein Files Transparency Act par 427 voix contre 1, interdisant catégoriquement toute rétention de documents pour motifs d’embarras ou de sensibilité politique. Pourtant, sur six millions de pages identifiées, seulement trois millions et demi ont été publiées. Deux millions et demi demeurent dans un « limbo procédural » où la bureaucratie invoque privilèges et exceptions techniques avec la même désinvolture qu’on offre du café à un invité gênant. Le procureur général adjoint Todd Blanche a déclaré le 30 janvier 2026 que la publication était « complète », administrant avec calme le record documentaire du plus grand réseau de trafic sexuel d’enfants de l’histoire judiciaire américaine.

Les co-auteurs de la loi, Thomas Massie et Ro Khanna, ont découvert dans la salle de lecture sécurisée du DOJ que les documents restaient partiellement caviardés. Massie a posé le diagnostic : sans menottes, le pays n’a pas de justice fonctionnelle. C’est la constatation d’une république en décomposition institutionnelle où la loi existe, est votée, promulguée, mais sa réalisation reste suspendue dans une quarantaine administrative permanente.

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C’est comme ça. Et ça a toujours été comme ça, en fait.


Par Aurelien – Le 8 avril 2026 – Source Blog de l’auteur

Au cours des deux dernières semaines, j’ai exposé les deux tiers d’un argument, que j’espère terminer aujourd’hui. En bref, je suggère que la nature du conflit sous tous ses aspects (militaire et technologique, mais aussi économique et politique) a changé et continue de changer, et généralement au détriment de l’Occident. L’espace de combat militaire n’est plus régi par des armements de haute technologie extrêmement coûteux, dont l’efficacité est de plus en plus contestée par les drones et les missiles. Ces nouveaux systèmes peuvent rendre toute attaque extrêmement chère, mais ils peuvent également être utilisés de manière offensive, et s’en défendre est difficile. De plus, les ressources et les technologies nécessaires pour les construire et les utiliser sont relativement modestes et dans les capacités de beaucoup de nations qui ne pouvaient se permettre de produire un avion à réaction de cinquième génération. De même, des leviers économiques non exploités auparavant deviennent des armes avec les nouvelles capacités que ces systèmes offrent.

Ces développements poseraient moins de problèmes si les États occidentaux disposaient d’une plus grande flexibilité intellectuelle et de systèmes gouvernementaux plus opérationnels. Mais coincés entre des déclarations ambitieuses mais nébuleuses et leur mise en œuvre effective sur le terrain, ils ont perdu la capacité de faire des plans au niveau opérationnel et de les mener à bien. Cela suggère qu’à mesure que les conséquences indirectes de la crise iranienne commenceront à se faire sentir, les gouvernements occidentaux seront de moins en moins capables d’y faire face à mesure qu’elles affecteront leurs économies et leurs sociétés et, en effet, n’auront pas la capacité de planifier, et même de comprendre ce qui se passe.

Tout cela suggère qu’il y aura un rééquilibrage considérable du pouvoir stratégique et politique dans le monde au cours des prochaines années. La dimension purement militaire est importante, bien sûr, mais ce n’est pas la seule, car la puissance économique, l’utilisation du contrôle sur les matières premières, la transformation et la fabrication, et même la stabilité interne des pays font également partie de l’équation. Alors, que pouvons-nous dire sur la façon dont ces tendances pourront évoluer et se combiner dans les années à venir ?

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Ne bluffez pas quelqu’un qui ne peut pas se coucher


Par Arnaud Bertrand – Le 9 avril 2026 – Source Blog de l’auteur

La guerre contre l’Iran n’est pas encore terminée, mais il semble que nous soyons peut-être en train de regarder l’une des plus grandes défaites de l’histoire des États-Unis et d’Israël.

Comme l’a dit Ben Rhodes, ancien Conseiller adjoint à la sécurité nationale des États-Unis : « Il est difficile de perdre une guerre aussi courte de manière aussi complète ». Yair Lapid, ancien Premier ministre israélien et chef de l’opposition, a déclaré qu’il n’y avait « jamais eu un tel désastre politique dans toute notre histoire » et l’a qualifié d’« effondrement stratégique ».

Rhodes et Lapid ont raison. Le montant des dommages que les États-Unis et Israël se sont infligés en si peu de temps – et le montant gagné par l’Iran – est vraiment stupéfiant.

Je veux dire, à quel point c’est fou : JP Morgan a calculé que, conformément au nouvel accord de péage d’Ormuz (dont les États du Golfe ont confirmé qu’il était autorisé dans le plan de cessez-le-feu), l’Iran pourrait obtenir 70 à 90 milliards de dollars de revenus annuels supplémentaires, représentant un stupéfiant 20% de son PIB, en revenus supplémentaires. Hilarant, Trump a commenté sur Truth Social que l’arrangement signifie que « beaucoup d’argent sera gagné » et « l’Iran peut commencer son processus de reconstruction ». Tout à fait ça ; ils ont gagné la rente géographique la plus précieuse sur terre, avec une marge énorme. À titre de comparaison, le canal de Suez rapporte à l’Égypte “seulement9 à 10 milliards de dollars/an, et le canal de Panama environ 5 milliards de dollars.

Impressionnant.

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