Mais je soutiens que les crimes commis par les États-Unis durant cette même période [depuis 1945] n’ont été que superficiellement rapportés, encore moins documentés, encore moins reconnus, encore moins identifiés à des crimes tout courts.
Harold Pinter, Prix Nobel de la paix 2005
Par Jean-Luc Baslé – Le 28 février 2022
Les évènements qui se déroulent actuellement à l’est de l’Europe doivent être analysés dans le contexte de la politique étrangère américaine. Sa première caractéristique est l’exceptionnalisme qui définit les États-Unis depuis leur création. Ils sont ou seraient la matérialisation de l’idéal républicain tel que l’imaginaient les philosophes du siècle des Lumières. Les Pères fondateurs étaient conscients de leur rôle dans l’histoire – rôle auquel Abraham Lincoln rendit hommage dans son discours de Gettysburg. Cette politique étrangère a aussi pour particularité de se présenter comme étant toujours du bon côté du droit, des droits de l’homme, de la liberté et de la démocratie. Mais une analyse plus fine en donne une autre version, plus intéressée, voire cynique. Elle jette un regard différent sur les évènements actuels et leurs répercussions dans le monde de demain.


Tactique, stratégie et opérations
Les négociations de Vienne visant à remettre en marche l’accord nucléaire iranien, connu sous le nom de JCPOA, vont presque certainement aboutir. Le signe le plus évident est que les marchés financiers Asiatique, ce 17 février au matin, anticipaient une nette baisse sur les prix futurs du pétrole, malgré les développements haussiers induits par les tensions croissantes à la frontière ukraino-russe. Même un accord transitoire pourrait faire croître les exportations de pétrole de 700 000 barils par jour, selon le Global Platts Analytics de Standard & Poor, ce qui permettrait aux marchés du pétrole de se détendre après une période de tension persistante.
Tout d’abord, d’un point de vue purement militaire, l’issue ne fait aucun doute. Initialement, environ 120 à 150 000 soldats se faisaient face le long de la Ligne de Front et de la frontière russo-ukrainienne. Selon les experts militaires russes, les Russes n’ont devancé une attaque ukrainienne que d’environ 24 heures. Le plan initial consistait à « repousser » sans livrer de combats de rue à l’intérieur des villes, et ce pour des raisons humanitaires, politiques et économiques évidentes. La phase initiale de l’opération spéciale a été fixée à 10 jours, ce qui signifie que d’ici le week-end prochain, le haut commandement russe réévaluera les progrès et les échecs de cette opération et décidera ensuite de la marche à suivre. Pour vous donner une idée des dimensions de cette guerre, Yurii Podoliaka dit qu’il y a au maximum 200 000 soldats de chaque côté et que la ligne de contact entière fait jusqu’à 3000 km de long. Regardez sa carte :
Jeudi dernier, j’ai reposté mon article «