La Syrie va-t-elle connaitre le destin de la Libye, pays qui n’existe plus ?

Préambule

Lorsque l’équipe de France de football gagne un match le pays entier se sent fier, mais lorsqu’une décision politique du gouvernement français a des effets catastrophiques personne ne se sent responsable. De plus les deux principaux instigateurs de la catastrophe libyenne, BHL et Sarkozy, continuent impunément à se promener sur les plateaux télévisés, où les journalistes ne les confrontent jamais à leurs erreurs criminelles ; l’un deux a même le toupet de briguer de nouveau l’investiture suprême sans rencontrer beaucoup de résistance. La France et les Français ne connaissent-ils donc pas la honte ? Le peuple français est-il donc si complice ? Ou alors est-il, tel un junkie, complètement déconnecté de la réalité et totalement apathique ?

Le Saker Francophone

Le 8 décembre 2015 – Source sputniknews

Students march in Green Square in Tripoli, Libya in 1986

© AP Photo/ John Redman

La Libye, largement décrite par des médias complices comme étant la dictature militaire de Kadhafi, a été détruite avec succès en 2011 pour préparer le chemin vers une vraie démocratie. Alors que maintenant les mêmes médias demandent à ce que le président Assad de Syrie soit renversé lui aussi, jetons un coup d’œil à ce que la Libye a perdu et qu’elle n’aura plus.

Contrairement à la croyance populaire, la Libye, que les médias décrivaient comme la dictature militaire de Kadhafi, était en réalité le pays le plus prospère d’Afrique.

Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), avant la campagne de bombardement occidentale en 2011, elle avait l’index de développement humain le plus élevé, le PIB par habitant le plus élevé, le taux de mortalité infantile le plus bas et celui d’espérance de vie le plus haut de toute l’Afrique.

Selon un rapport du PNUD de 2010, l’espérance de vie à la naissance était de 74,5 ans, le taux d’alphabétisation adulte de 88,4%, le taux brut de scolarisation de 94,1%, faisant de la Libye un pays à haut niveau de développement humain dans la région du Moyen Orient et de l’Afrique.

A woman mourns for the Egyptian Coptic Christians captured in Libya and killed by militants affiliated with the Islamic State group, outside of the Virgin Mary church in the village of el-Aour, near Minya, 220 kilometers (135 miles) south of Cairo, Egypt, Monday, Feb. 16, 2015

Une femme pleure la mort des chrétiens coptes tués par EI en Libye de el -Aour le 16 février 2015

«Pendant le bombardement de la Libye par l’OTAN, les journaux occidentaux ont oublié, de manière bien commode, de mentionner que les Nations Unies venaient  de terminer un long dossier louant les réalisations de M. Kadhafi dans le domaine des droits humains», écrit le professeur Garikai Chengu, un professeur spécialiste du Moyen-Orient a l’université de Harvard, dans un article de Foreign Policy Magazine datant de 2013.

«Le rapport des Nations Unies louait la Libye pour son amélioration de la protection juridique de ses citoyens, faisant des droits de l’homme une priorité, améliorant les droits des femmes, l’accès à l’éducation et à la propriété foncière. Durant l’ère Kadhafi l’accès à la propriété foncière était considéré comme un droit humain. En conséquence il n’y avait quasiment pas de personne sans toit ou dormant sous les ponts», ajoute-t-il.

Libyan military soldiers check on an area asLibyan military soldiers check on an area as they battle with Islamic extremist militias in Benghazi, Libya, Thursday, Oct. 30, 2014.  they battle with Islamic extremist militias in Benghazi, Libya, Thursday, Oct. 30, 2014.

Des militaires libyens en lutte contre les extrémistes islamistes à Benghazi © AP PHOTO/ MOHAMMED EL-SHEIKHY

Et le nombre de gens vivant dans la pauvreté y était plus faible qu’aux Pays-Bas.

«Combien de maisons et de ponts libyens ont été détruits par les bombardements de l’Otan ?», se demande alors l’auteur.

 

Libyan women raise red cards during a protest against the national unity government proposed by United Nations envoy Bernardino Leon on October 9, 2015 in Tripoli's central Martyrs Square.

Des femmes libyennes protestent à Tripoli en octobre 2015 contre le gouvernement proposé par les Nations Unies

Un domaine où le conseil des Nations Unies pour les droits humains a particulièrement loué Kadhafi a été celui des droits des  femmes, précise-t-il. «A la différence de nombreuses autres nations du monde arabe, les femmes en Libye avait le droit à l’éducation, le droit de travailler, de divorcer, d’être propriétaire et d’avoir un revenu.»

«Une des premières lois mises en place par Kadhafi dès 1970 a été celle qui garantissait un salaire égal pour un travail égal, seulement quelques années après qu’une même loi soit passée aux États-Unis.»

«De plus, les mères libyennes au travail bénéficiaient d’avantages spéciaux tels que des primes pour chaque enfant, des garderies gratuites, des centres de soins gratuits et la retraite à 55 ans.»

L’éducation dans la Libye de Kadhafi

«Dans la Libye de Kadhafi, l’éducation était un droit humain et était gratuite pour tout les Libyens. Si un Libyen ne trouvait pas de travail après avoir obtenu son diplôme, l’État lui versait l’équivalent d’un salaire moyen de sa profession», nous explique Chengu.

«N’est ce pas ironique que les États-Unis aient bombardé la Libye pour soi-disant répandre la démocratie alors que précisément l’éducation devient de plus en plus un privilège en Amérique, n’est plus un droit, et se termine le plus souvent par un fort endettement ?» se questionne-t-il.

Si un enfant talentueux du pays le plus riche du monde ne peut se permettre d’aller dans les meilleures écoles, nous explique-t-il, alors la société a manqué à son devoir vis-à-vis de cet enfant. En fait, pour la jeunesse du monde entier, l’éducation est un passeport pour la liberté. Donc un pays qui fait payer cher un tel passeport n’est libre que pour les riches, pas pour les pauvres.

Les Libyens ne profitaient pas seulement d‘une éducation et d’un système de santé gratuits, ajoute l’auteur, ils bénéficiaient aussi de l’électricité gratuite et de prêts à taux zéro. Le prix de l’essence tournait autour de 0,14$ le litre et 40 miches de pain coûtaient 0,15$ seulement.

Avec ces chiffres en tête, voici quelques extraits du rapport sur la Libye de Human Right Watch en 2015, qui montre clairement comment ce pays autrefois prospère a sombré dans le chaos.

«Les combats ont causé d’immenses destructions de propriétés, de civils blessés ou morts. Environ 400 000 personnes ont été déplacées dont 100 000 résidents de Tripoli. Plus de 150 000 personnes, dont les étrangers, ont fui le pays. La plupart des ambassades étrangères, les Nations Unies, la Croix-Rouge internationale et les autres agences internationales ont retiré leurs employés et fermé leurs missions en juillet», selon ce rapport.

«Les milices attaquent, menacent, assaillent ou détiennent arbitrairement les journalistes, les juges, les activistes, les politiciens et les citoyens ordinaires en toute impunité. Le manque de protection pour le système judiciaire a entrainé la disparition quasi-totale de la justice dans des villes comme Tripoli, Benghazi, Sebha et Derna.»

«Le manque de contrôle aux frontières et les combats entre tribus ont aggravé la situation sécuritaire, permettant trafic d’humains, de drogues et d’armes en continu à travers les frontières avec le Tchad, le Soudan, l’Égypte et l’Algérie.»

«Le système judiciaire libyen a subi de sérieux revers. Les milices attaquent les juges, les procureurs, les avocats et les témoins, entrainant la fermeture des tribunaux et des bureaux de procureurs à Benghazi, Derna, Sirte et Sebha et le quasi effondrement du système judiciaire. Le ministère de la justice à Tripoli a fermé en juillet à cause des combats.»

«A cause de l’effondrement de la loi et de l’ordre, et du climat d’impunité régnant, les femmes continuent à souffrir de discrimination. Des groupes armés imposent des restrictions aux femmes basées sur leurs croyances idéologiques. Des gardes harassent les étudiantes des universités de Tripoli qui refusent de porter le voile. D’autres sont harcelées alors qu’elles essayent de sortir de Libye sans un gardien masculin

Un nombre record de migrants et de demandeurs d’asile s’embarquent dans une périlleuse traversée de la Libye vers l’Europe, dont 60 000 ont atteint l’Italie rien qu’en 2014. Les opérations de sauvetage de la marine italienne, Mare Nostrum, ont sauvé environ 100 000 personnes embarquées sur des bateaux inadaptés, mais au moins 3 000 personnes ont péri en mer.

Le professeur Garikai Chengu fait remarquer que l’Occident a démontré que des marchés totalement dérégulés et des élections authentiquement libres ne peuvent cohabiter

«L’avidité organisée gagne toujours contre des démocraties désorganisées. Comment le capitalisme et la démocratie peuvent-ils cohabiter alors que le premier concentre richesse et pouvoir dans les mains de quelques uns pendant que la deuxième cherche à répartir richesse et pouvoir entre tous ?»

Donc, s’il n’est pas trop tard, les États-Unis devraient laisser la Syrie tranquille pour qu’elle puisse décider elle-même comment répartir le pouvoir économique parmi les démunis plutôt qu’entre quelques privilégiés.

Muammar Gaddafi

Syrte était la ville d’origine de Khadaffi. Il a été assassiné par l’Otan en 2011

Traduit par Wayan, édité par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

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Sans commentaires

Bon appétit, messieurs !

Ô ministres intègres !
Conseillers vertueux ! Voilà votre façon
De servir, serviteurs qui pillez la maison !
Donc vous n'avez pas honte et vous choisissez l'heure,
L'heure sombre où l'Espagne agonisante pleure !
Donc vous n'avez ici pas d'autres intérêts
Que remplir votre poche et vous enfuir après !
Soyez flétris, devant votre pays qui tombe,
Fossoyeurs qui venez le voler dans sa tombe !
...

Ruy Blas - Victor Hugo Acte III scène II

Le 9 décembre 2015 – Source Le Parisien

Evry le 29 septembre 2015. L’ancien conseiller régional (PRG) et ancien adjoint de Manuel Valls à Evry dédicacera jeudi soir son dernier opus, Pilleurs d’État.

Il est désormais très actif dans la lutte contre le gaz de schiste. Mais avant cet engagement, Philippe Pascot baignait dans les sphères politiques : ex-adjoint au maire d’Evry Manuel Valls, ancien conseiller régional (PRG)… Une expérience qui lui a servi pour écrire son livre..

Dans son dernier livre, qu’il dédicacera ce jeudi à partir de 18 heures à la Fnac d’Evry, il dénonce les élus qui profitent de salaires exorbitants, de retraites douillettes, d’emplois fictifs… «On ne le dira jamais assez, tous les parlementaires ne sont pas pourris, lâche en préambule Philippe Pascot. C’est même une minorité d’entre eux, mais force est de constater qu’ils profitent d’une mansuétude complice de la majorité de leurs collègues.»

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L’ère du terrorisme universel, une fatalité ?


Les élites mondialistes ont lâché leurs chiens de guerre sur les peuples d’Orient et d’Occident. Armons-nous !


Par Brandon Smith – Le 18 novembre 2015 – Source alt-market

Depuis un an et demi, j’ai écrit au sujet du caractère artificiel de la  fabrication  d’ISIS, étudiant minutieusement son histoire et son soutien par les agences de renseignement occidentales dans les articles suivants :
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Il se passe des choses bizarres dans la basse-cour de la Maison Blanche

NulandQuelqu’un veut une guerre contre la Russie, Victoria Nuland n’est pas seule

 

Note du Saker Francophone 

J’ai sélectionné ce texte parce qu’il nous montre bien le niveau d’intelligence, sans précédent, atteint par les élites politiques aux États-Unis dont le système démocratique est corrompu par l’argent jusqu'à la moelle. Et quand un système en arrive à mettre de tels idiots aux commandes c’est qu’il est proche de sa fin. 

Pour respecter les nouvelles règles sur les émissions nocives, le débat ne durera que 8 minutes.


Par Philip Giraldi – le 17 novembre 2015 – UNZ

Une atmosphère étrange plombe Washington ces jours ci. J’ai récemment participé à une conférence à Washington dont le sujet portait sur le réalisme et la restreinte  comme base de réforme de la politique étrangère américaine. La plupart des prises de parole reflétait plus ou moins ce programme mais, étrangement, un des orateurs a dit qu’il était nécessaire que les États Unis conservent leur place dans le monde à l’aide d’un gros bâton après qu’un autre a prétendu qu’aider les autres peuples à lutter pour leur liberté est une des missions que le peuple américain prend à cœur. Les deux faisaient allusion à la manière dont les États Unis devraient se comporter vis-à-vis de la Russie. On peut se demander si ces deux là n’étaient pas entrés par erreur dans cette salle de conférence, se croyant plutôt dans les tout proches bureaux de l’American Enterprise Institute [Think tank néoconservateur notoire NdT].

Que de telles opinions soient mises en avant lors d’une conférence portant sur la restreinte n’est en fait pas très surprenant si l’on se donne la peine d’écouter les soi-disant débats républicains ou démocrates. Le nationalisme et l’exceptionnalisme américaniste sont des produits faciles à vendre, de tous temps, mais il y a depuis peu un sursaut d’agressivité qui est assez difficile à comprendre alors même qu’un seul candidat a servi dans l’armée mais en tant qu’avocat. On pourrait appeler cela la parade des planqués.

Il sera donc utile de prêter attention aux mots que les candidats républicains ont prononcés mardi dernier 1. Carly Fiorina a sonné la charge de la meute avec son “ Une des raisons pour lesquelles j’ai dit que je ne parlerai pas à Poutine maintenant est parce que nous nous trouvons en position de faiblesse à cause des actes de son administration, donc je ne lui parlerai pas pendant un moment mais ferai plutôt ceci. Je commencerai par reconstruire la VIème flotte 2, reconstruire l’armée, le programme de défense contre les missiles balistique en Pologne, juste sous son nez. Je mènerai des exercices militaires très agressifs dans les États baltes pour qu’il comprenne que nous sommes prêts à protéger nos alliés de l’Otan… Je placerai aussi quelques milliers de troupes supplémentaires en Allemagne, par pour entamer une guerre, mais juste pour être sûre que Poutine comprenne que les États-Unis d’Amérique se tiennent aux cotés de leurs alliés. Nous devons avoir une zone d’interdiction de vol en Syrie parce que la Russie ne doit surtout pas nous dire, à nous les États-Unis, où et quand nous avons le droit d’utiliser nos avions. Nous avons aussi quelques alliés arabes au Moyen-Orient qui savent qu’État Islamique est leur combat… mais ils doivent voir la détermination des États-Unis à diriger… Nous avons la plus forte armée de la planète et tout le monde doit bien le reconnaître. »

Puis Ben Carson rajouta sa couche : « Ce que nous devons vraiment reconnaître est que Poutine essaye d’exercer son influence à travers le Moyen-Orient. Cela va devenir sa base. Et nous devons nous y opposer de manière efficace… Ce que nous avons fait jusqu’à maintenant est inefficace mais nous ne pouvons pas abandonner le terrain. Nous devons observer cela à une échelle plus globale. Nous parlons de djihadistes globaux. Et leur souhait est de nous détruire, nous et notre mode de vie. On doit donc se demander comment les faire passer pour des perdants. Car c’est de cette manière qu’ils acquièrent une forte influence… Et je pense que pour qu’ils passent pour des perdants, nous devons détruire leur califat. Et si vous cherchez le meilleur endroit pour cela, et bien cela sera en Irak. Et si, aux alentours d’Anbar en Irak, il y a un grand champ de pétrole et bien retirons leur toute cette terre. Nous pouvons le faire, je pense, très facilement, je le sais de quelques généraux avec qui j’ai parlé. Puis, de là, nous continuerons à avancer. »

Le sénateur Marco Rubio y est allé de ses propres envolées en disant : « Je crois que le monde est plus fort et plus sûr lorsque les États-Unis sont la plus forte puissance militaire du monde… Je n’ai jamais rencontré Vladimir Poutine mais j’en sais assez à son sujet pour savoir que c’est un brigand. C’est simplement un parrain du crime organisé dirigeant un pays et contrôlant une économie valant 2 000 milliards de $. Il reconstruit son armée de manière très rapide bien que l’économie de son pays soit une catastrophe. Il ne comprend que la puissance géopolitique. Chaque fois qu’il a agi, quelque part dans le monde, que ce soit en Ukraine, ou avant en Géorgie, ou maintenant au Moyen-Orient, c’est parce qu’il croit en notre faiblesse… Nos alliés dans la région n’ont plus confiance en nous. Il n’y a qu’une démocratie libérale et pro-américaine au Moyen Orient, c’est l’état d’Israël. Et nous avons un président qui traite le premier ministre d’Israël avec moins de respect qu’il n’en montre à l’ayatollah d’Iran… Et nous y avons un intérêt particulier et voici pourquoi. Parce que tous ces groupes terroristes radicaux… Ils viennent vers nous. Ils recrutent des américains grâce aux réseaux sociaux. Et ils nous haïssent non seulement parce que nous soutenons Israël, ils nous haïssent à cause de nos valeurs. Ils nous haïssent parce que nos filles vont à l’école. Ils nous haïssent parce que les femmes conduisent aux États-Unis. »

Le Gouverneur John Kasich démontra pourquoi il aurait mieux valu qu’il reste dans l’Ohio en déclarant : « En Ukraine, armons les gens afin qu’ils puissent se battre par eux-mêmes. En Europe orientale, assurons-nous que la Finlande et les pays baltes sachent que si la Russie bouge, nous bougerons. En Syrie, oui, une zone d’interdiction de survol au nord, sur la frontière turque et au sud, à la frontière jordanienne. Quiconque y volant une première fois aura peut être une chance d’en sortir mais à la seconde fois, aucune… Dans les pays des états du Golfe de Bahreïn [sic ce n’est pas une erreur de traduction, NdT], la Clinique de Cleveland ouvre un centre d’opération. On voit vraiment les choses comme eux. Et en Israël, nous n’avons pas de meilleur allié dans le monde, ne les critiquons plus en public, nous devons les aider. »

Le gouverneur Jeb Bush, faisant son possible pour redonner un peu de lustre à sa campagne, rajouta : « Je dirais que la menace numéro un contre les États-Unis est le terrorisme islamique, et, pour revenir à la question au sujet de ce que nous faisons en Irak, eh bien si nous nous retirons, les vides se remplissent. C’est la leçon de l’histoire et, tristement, ce président ne croit pas en la capacité américaine à diriger le monde. Il n’y croit pas, et le résultat est que nous avons un califat de la taille de l’Indiana qui gagne chaque jour assez d’énergie pour aller recruter des américains jusque dans notre pays et cette menace pour la patrie vient du fait que nous n’avons pas su régler la question terroriste au Moyen-Orient lui-même. Nous devons donc avoir une zone d’interdiction de survol en Syrie. Nous devons aider ce qui reste de l’Armée Syrienne Libre et créer des zones sécurisées… Sans la main de fer américaine, chaque pays de la région n’en fait plus qu’à sa tète. Il est tragique de voir l’Irak, ainsi que d’autres pays maintenant, dialoguer avec la Russie. Il n’y pas si longtemps de cela, la Russie n’avait aucune influence dans cette région. Et, donc, les États-Unis doivent reprendre les choses en main. »

J’arrive presque à imaginer les gars et filles des différentes entités néoconservatrices comme la John Hay Initiative, la Fondation for Defense of Democracies et l’American Enterprise Institute ricanant pendant qu’ils interrogent les candidats républicains sur la politique étrangère. Quel régal d’avoir affaire à une bande de lobotomisés avec une curiosité intellectuelle digne d’un dinosaure faisant sagement la queue pour se faire bourrer le crâne de stupidités. Carly a gagné le prix de la langue la plus venimeuse dans son désir de faire la guerre. Elle est prête à tirer sur les russes, sur terre ou dans les airs. Pourquoi ? Pour que l’on puisse voler ou l’on veut.

Par contre, je pense que Ben Carson a gagné le prix de la stupidité avec son brillant plan pour détruire le Califat en leur retirant leur grand champ de pétrole. Rubio arrive juste derrière avec son assertion que Poutine n’est qu’un brigand et sa croyance à-la-Bush que les terroristes nous détestent à cause de nos valeurs qui permettent aux femmes d’aller à l’école et de conduire des voitures. Pendant ce temps Kasich considère la Clinique Cleveland comme un thermomètre de la civilisation. Quant à ce qu’a dit Jeb Bush, je défie quiconque d’y trouver un sens. Il a apparemment hérité du même don pour l’expression orale que son frère.

Et, bien sûr, cela ne fait pas de mal d’approuver Israël sans réserves puisqu’elle est la seule démocratie libérale pro américaine du Moyen Orient ainsi que notre meilleur alliée au monde. Amen.

C’est finalement Donald Trump qui donna un peu de sens à tout cela en disant que “…Si Poutine veut aller au moyen Orient pour casser la gueule à EI, je suis pour, à 100%, et je ne comprends pas comment certains peuvent être contre… Assad est un mauvais gars mais nous n’avons aucune idée de qui sont les soi-disant rebelles. Je lis sur ce sujet et personne ne sait vraiment qui ils sont. Donc je n’aime pas Assad. Qui aimerait Assad ? Mais nous n’avons pas la moindre idée de qui sont ces gens, de ce qu’ils vont devenir, de ce qu’ils vont représenter. Ils peuvent devenir pires qu’Assad. Regardez la Lybie. Regardez l’Irak. Regardez la pagaille dont nous héritons après avoir dépensé 2 000 milliards de $, perdu des milliers de vies, des blessés partout… »

Il y eut aussi quelques contestations de la part du sénateur Rand Paul qui prône une politique étrangère liée aux intérêts de la nation autant qu’aux moyens disponibles, mais la plupart des candidats ne cherchent qu’à se surpasser les uns les autres dans la diabolisation de la Russie et de Poutine, cherchant les mots les plus forts pour expliquer comment ils s’occuperaient de lui.

En fait, la volonté de combattre à la fois les russes et les perses est apparue plus d’une fois au cours de cette série de débat. Mais réfléchissez un moment au fait qu’une guerre contre un pays de puissance moyenne comme l’Iran sera tout sauf une promenade de santé, même si les choses se passent comme prévu et l’on sait déjà que dans la guerre rien ne se passe comme prévu. L’Iran possède une défense aérienne sophistiquée et des ressources navales suffisantes pour mettre la pagaille dans le détroit d’Hormuz. Un porte avion américain peut facilement y être détruit. Cela risque d’être une réédition des pires expériences irakiennes doublées des pires d’Afghanistan, vu la taille de l’Iran, son terrain, ses ressources et sa volonté de se défendre.

Mais l’Iran mise de côté, on retourne inévitablement à Moscou. Coincer la Russie de Poutine dans un coin ou elle sentira qu’elle doit frapper la première avec toutes ses ressources militaires disponibles, sans oublier ses armes nucléaires stratégiques, nous emmène à un niveau totalement différent où le terme catastrophique vient tout de suite à l’esprit. Même si la Russie se limitait à des cibles purement militaires, elle pourrait rapidement couler la tant vantée mais si vulnérable flotte de porte-avions et détruire les systèmes de communication dont dépend totalement l’armée moderne américaine. Un analyste militaire réputé pense même que l’armée russe est mieux préparée à combattre sur le terrain que ne l’est l’armée américaine qui coûte pourtant beaucoup plus. Cela ne devrait surprendre personne. Le colonel Douglas Mc Gregor prétend que l’armée américaine serait probablement détruite.

De nombreuses personnes à Washington poussant à la confrontation argumentent que Washington et Moscou se sont, en théorie, longtemps restreints à cause de ce qui est connu sous le nom de destruction mutuelle assurée, ce qui veut dire qu’une guerre nucléaire est impensable parce qu’elle détruirait les deux pays et même le monde. Mais il pourrait y avoir quelques excités dans les deux gouvernements qui pensent qu’un engagement limité puisse en fait rester sous contrôle tout en comprenant qu’en cas d’escalade nucléaire les villes peuvent facilement devenir des cibles prioritaires. Les candidats républicains s’amusent avec cette hypothèse, même s’ils n’ont pas totalement conscience de ce qu’elle implique.

En vérité, ce dangereux consensus à Washington qui dit que la Russie doit être confrontée et même déstabilisée est assez ahurissant, surtout parce qu’il est devenu un dogme pour les deux partis politiques et même pour de nombreux critiques de la guerre contre le terrorisme et de tous ses fruits empoisonnés. Et ce jeu dangereux avec un adversaire possédant l’arme nucléaire, comme l’observe le diplomate à la retraite William Polk, « nous rapproche toujours plus du moment où nous allons l’utiliser ». Il est difficile de comprendre comment nous en sommes arrivés là. La Russie ne fait rien d’autre que nous aider en Syrie et pourrait même négocier un règlement ; la situation en Ukraine et en Crimée est beaucoup moins manichéenne que celle que nous dépeignent les médias. La Russie ne menace pas les États-Unis ni l’Europe occidentale mais, en poussant assez fort et assez longtemps, un scénario cauchemardesque peut facilement apparaître, alimenté par la peur emmagasinée et le rude langage utilisé par une brochette de candidats aux présidentielles et leurs arrogants conseillers.

Philip Giraldi

Traduit par Wayan, édité par jj, relu par Literato pour le Saker Francophone

  1.  Lors du 4ème débat des primaires républicaines pour la présidentielle US en 2016
  2. en Méditerranée.
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Méthodes de lutte contre la tyrannie collectiviste


Par Brandon Smith – Le 11 novembre 2015 – Source alt-market.com

Dans tout examen de préséance historique, il est facile de voir qu’un grand nombre de systèmes collectivistes et tyranniques ont largement dépassé en nombre et en durée toutes les expériences de liberté individuelle. J’en ai exploré les raisons dans de nombreux articles, y compris certains récents tels que «Comment éradiquer le marxisme culturel en une seule génération» et «Les outils collectivistes utilisés pour accéder au pouvoir» [en attente de publication, NdT]. Pour résumer, il y a un désir, parmi les personnes aux esprits les plus faibles, qui les pousse à vouloir prendre le contrôle sur d’autres personnes au nom de normes arbitraires de sécurité ainsi que de conformité civile. Alors que ces personnes proclament publiquement qu’elles le font pour le plus grand bien général, en réalité, elles ne cherchent qu’à assouvir une soif personnelle de pouvoir.

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Donald Trump, l’histrion du Parti Républicain aux US, est un homme de bon sens

...Trump a commenté les attaques lancées par ses adversaires contre la Russie avec une simplicité et une clarté désarmante. «Si Poutine veut y aller et envoyer ISIS en enfer, je suis tout à fait pour, à cent pour cent, et je ne comprends pas que quelqu'un soit contre», a-t-il dit, ajoutant que l'attentat contre l'avion russe par des militants signifie «qu'il [Poutine] ne peut pas être amoureux de ces gens là. Il y va et nous pouvons y aller...»

«En ce qui concerne l'Ukraine, nous avons un groupe de pays, dont l'Allemagne, un mastodonte économique, pourquoi faisons-nous toujours le travail ?...»

Dmitry Minin

Par Dmitry MININ – Le 16 novembre 2015 – Source stratégic-culture

Le quatrième tour du débat des primaires pour le choix du candidat Républicain (GOP) à l’élection présidentielle de 2016 aux US a eu lieu le 10 novembre à Milwaukee. Toujours sur le même modèle – tous contre un.

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Endiguer le totalitarisme occidental


Par Auran Derien – Le 21 octobre 2015 – Source metamag

Le magazine Forbes propose une compilation à l’échelle internationale de milliardaires, actionnaires d’entreprises, sans jamais chercher à comprendre qu’il a cessé de fasciner les populations. Il nous affirme que, cette année, il a recensé 1 826 milliardaires, cumulant 7 050 milliards de dollars de capitaux et provenant de cent pays différents. Mais les journalistes du magazine nous donnent plutôt envie de rire tant ce classement est inadéquat pour comprendre le pouvoir installé en Occident.

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De la responsabilité de l’Occident dans la crise ukrainienne

Par John J. Mearsheimer – Le 18 Mars 2015 – Source InformationClearingHouse

Si l’on suit la croyance dominante en Occident, la crise ukrainienne découle presque entièrement de l’agression russe. Suivant ce point de vue, l’annexion de la Crimée provient d’une vieille ambition du président Vladimir Poutine de ressusciter l’Empire soviétique, ambition qui pourrait, à long terme, l’amener à annexer le reste de l’Ukraine, ainsi que d’autres pays d’Europe de l’Est. Ainsi, le coup d’État qui a renversé le président ukrainien Viktor Ianoukovich en février 2014 n’aurait fait que fournir un prétexte aux forces russes pour investir une partie de l’Ukraine.

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