Le discours de Netanyahou devant le Congrès US aide réellement Obama contre l’Iran

Par Mahdi Darius Nazemroaya – Le 3 mars 2015 – Source globalresearch

Beaucoup d’attention a été portée aux tensions entre l’administration du président états-unien Barack Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Les tensions portent sur les négociations entre l’Iran et les États-Unis à propos du nucléaire et sur le discours de Netanyahou devant une session conjointe du Congrès états-unien au Capitole à Washington le 3 mars 2015.

Bien qu’on puisse regarder la situation sous plusieurs angles et qu’il y ait de grandes différences, le point central, qui ne devrait pas être omis, est que par sa position ferme, le Premier ministre Netanyahou est actuellement en train d’offrir un levier contre l’Iran au président Obama et à son groupe de négociateurs. C’est pourquoi, à Washington DC, on recommence à parler d’une guerre avec l’Iran.

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Novorussie SITREP du 4 mars 2015

Par Le Saker original –  Le 6 mars 2015 – Source thesaker.is

Aujourd’hui la situation en Ukraine est trompeusement calme. Si les Novorusses ont achevé le retrait de leurs armes lourdes, les forces de la junte en sont loin; elles en ont retiré quelques-unes, mais pour le reste il s’agit plus d’une relocalisation ou d’une rotation que d’un retrait. L’OSCE le sait très bien, mais il n’y a rien qu’ils puissent faire. En outre, il y a eu une avalanche de contacts dans les coulisses entre Hollande, Merkel, Poutine et Porochenko, et entre Kerry et Lavrov, mais rien de substantiel n’a été révélé, du moins pas pour le grand public. Il est difficile pour moi de croire que la junte prépare une offensive de printemps après avoir reçu une telle raclée l’été dernier et cet hiver, mais cela soulève la question de ce qui est vraiment le pire pour les monstres au pouvoir à Kiev, une défaite militaire ou une paix qui les laisse face à face avec une population extrêmement insatisfaite.

Parlant de l’offensive d’hiver, Oncle Martin a publié une traduction en anglais de l’analyse détaillée du colonel CASSAD au sujet de ce qui est arrivé près de Donetsk et Debaltsevo et il montre que les choses n’étaient pas l’image parfaite que certains pouvaient supposer. Lisez l’article ici (en anglais), c’est une lecture très intéressante: La bataille pour Debalcevo, Résultats.

En attendant, dans la partie de l’Ukraine contrôlée par la junte, la persécution de la population orthodoxe par des voyous uniates se poursuit sans relâche. Les militants des droits humains de Kiev ont rapporté que les chrétiens orthodoxes ont été agressés et menacés dans leur église au cours d’une cérémonie religieuse.

Les dirigeants américains et européens ont déclaré qu’ils se penchent sur de nouvelles sanctions contre la Russie au cas où l’accord de Minsk-2 échouerait en Novorussie. Apparemment, ils supposent que cela ne pourrait se produire que par la faute des Novorusses et de la Russie. Dans l’intervalle, les noms de domaine Internet enregistrés en Crimée sont retirés par l’ICANN (voir ici pour plus de détails).

Conclusion: la situation semble calme, mais comme rien n’a vraiment changé, ce calme est probablement temporaire, au mieux.

Le Saker

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

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L’Ukraine truffe d’explosifs les ponts vers la Crimée

Par Oleg Kryuchkov – Le 5 mars 2015 – Source Fort Russ

Kiev mine les ponts qui mènent à la Crimée et le cache à ses propre citoyens

Sur l’ordre de Kiev, les ponts vers la Crimée ont été truffés d’explosifs. selon la Direction des frontières du FSB à Simferopol.

Selon la direction des frontières du FSB russe, les Forces armées ukrainiennes (FAU) ont placé des dizaines de caisses d’explosifs près des piliers de pont et les ont reliées à des fils électriques. Tout cela sans interrompre le trafic routier. L’opération a été filmée sur vidéo. NTV est entré en possession des prises de vue et son correspondant Oleg Kryuchkov les a étudiées.

Les FAU ont miné deux ponts au dessus de l’isthme Tchongar qui relie l’Ukraine à la Crimée. Il faut noter que ces ponts sont utilisés principalement par les citoyens ukrainiens. Les résidents de la Crimée ne vont pas en Ukraine. Ils courent le risque d’être arrêtés à la frontière ou d’être recrutés pour l’Opération anti-terroriste (ATO). Le trafic se compose essentiellement d’Ukrainiens (jusqu’à 1000 par jour) qui vont en Crimée. Personne ne leur a dit que les ponts avaient été minés.

Ekaterina Tarasova, la correspondante de presse de la direction des frontières du FSB de la République de Crimée, a déclaré : «L’Ukraine dissimule ces faits, malgré le danger qu’ils représentent pour la vie et la santé des citoyens. La direction des frontières a envoyé une requête au Service des frontières ukrainien pour leur demander de déminer le pont. Toutefois, l’Ukraine a ignoré nos demandes, et le danger d’explosion reste entier

Les FAU ont placé 42 caisses d’explosifs à côté des piliers de pont. Selon des officiers du génie de combat, cela représente une à deux tonnes d’explosifs, selon les cas. A titre d’exemple, un kilogramme de TNT suffit pour faire sauter un camion. Cependant, l’Ukraine ne réagit pas aux demandes des gardes-frontières russes.

Commentaire de J. Hawk (Traducteur du russe à l’anglais)

Cela peut signifier beaucoup de choses. Soit des préparatifs pour opérer le blocage complet de la Crimée, mais il n’est pas nécessaire de faire sauter les ponts pour cela. Soit des mesures défensives contre une éventuelle attaque de la Russie à partir de la Crimée – si l’on pense à l’état de psychose qui règne à Kiev en ce moment, cela ne peut être exclu. Soit, et c’est le scénario le plus inquiétant, Kiev prépare la prochaine provocation. Parce que si un de ces ponts (et ceux qui se trouvent dessus à ce moment-là) devait exploser, on nous dirait aussitôt que c’est Poutine qui l’a fait.

Traduction de l’anglais par Dominique Muselet, relu par jj pour le Saker Francophone

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Washington force le bouledogue britannique à marcher au pied

Finian Cunningham

Finian Cunningham

Par Finian Cunnigham – Le 4 mars 2015 – Source strategic-culture

 

 

Dans une démonstration éhontée de remise au pas de leur relation spéciale, les politiciens américains et les chefs du Pentagone sont en train de réprimander ouvertement le gouvernement britannique pour qu’il maintienne ses énormes dépenses militaires dans l’Alliance atlantique (OTAN) – éventuellement au détriment de services publics déjà en déliquescence dans une Grande-Bretagne assommée par l’austérité. L’injonction de Washington soulève de sérieuses questions sur la nature de la démocratie en Grande-Bretagne – l’auto-proclamée mère de tous les parlements.

Les allégations farfelues sur l’agression russe et les sinistres ambitions mondiales de Vladimir Poutine ont été invoquées pour justifier ce qui est par ailleurs une extraordinaire violation des droits démocratiques de la Grande-Bretagne par les États-Unis.

L’intrusion américaine dans les affaires britanniques s’inscrit dans la course électorale parlementaire de mai prochain, lorsque cinq années d’implacable austérité économique sous la coalition libérale-conservatrice au pouvoir seront soumises au test électoral. Le dirigeant conservateur (Tory) et Premier ministre David Cameron est mis sous pression par la population pour qu’il préserve les budgets de l’éducation et de la santé, pendant que les dépenses militaires, surdimensionnées pour le pays, sont pointées comme le secteur qui devrait procéder aux nécessaires coupes budgétaires. Continuer la lecture

UE-Ukraine:
De l’eau dans le gaz

Le 4 mars 2015 – Source Fort Russ

Les relations diplomatiques de l’Ukraine et de l’Europe virent au fiasco

Les politiciens européens ont compris qu’ils ne pouvaient espérer aucun changement de l’Ukraine et le niveau de dialogue avec Kiev est en baisse, selon Viktor Medvedtchouk, le leader du mouvement Choix ukrainien.

Les relations diplomatiques ont tourné au fiasco entre l’Europe et l’Ukraine dont les fausses promesses ont déçu les politiciens européens. «Il n’y a pas de changement sur le front diplomatique Ukraine–UE. Kiev, qui vient à peine de se remettre de la rebuffade de Bruxelles (Porochenko n’a pas été invité au sommet européen de décembre), est en train de subir une autre défaite diplomatique. Le 17e sommet UE–Ukraine qui a fait l’objet d’une large publicité, et qui était initialement prévu fin janvier-début février a été à nouveau reporté. Mais aucune nouvelle date n’a été fixée», a dit Medvedchuk. Le gros problème est que les deux parties n’arrivent pas à s’entendre sur le contenu du sommet.

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«Nos pires ennemis sont ces connards de Kiev qui nous ont envoyés mourir ici »

Par Sasha Zhuk – Le 4 mars 2015 – Source Fort Russ

Des soldats ukrainiens privés de salaire pour avoir maudit Porochenko depuis leur tranchée

Une vidéo destinée à Porochenko réalisée par des soldats des Forces armées ukrainiennes (FAU) dans leur tranchée et contenant de très vives critiques, a été diffusée à Kiev – qui n’a pas apprécié. Et au lieu de donner satisfaction aux soldats, ils les ont privés de leur salaire. Ce n’est probablement que le début.

 

Le soldat qui a filmé la vidéo, Andrey Grachev, en parle sur sa page Facebook.

«Je demande pardon à mes enfants et à ma femme bien-aimée. Je me bats maintenant sans salaire parce que j’ai filmé et posté cette vidéo. Les camarades qui sont sur la vidéo sont dans le même cas. Je ne comprends pas, nous avons peut-être fait une erreur. Et maintenant, nous devons nous battre gratuitement pour l’Ukraine et pour le président. Camarades, ne dites pas la vérité. Restez assis sans rien dire, gardez tout pour vous. Sinon, vous perdrez un mois de salaire comme nous», a écrit Grachev.

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Le fin fond de l’histoire au sujet de l’Iran, des USA, de la Russie et de la Chine

Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 4 mars 2015 – Source – SputnikNews

Le fin fond de l’histoire, aussi bien aujourd’hui que demain, c’est de savoir quelle position va adopter l’Iran, puissance clé du sud-ouest de l’Asie, dans le ballet diplomatique complexe et incessant que se livrent les USA, la Russie et la Chine. Il s’agit là d’un des principaux vecteurs du nouveau grand jeu en cours en Eurasie.

Le fin fond de l’histoire n’a jamais été de savoir comment le belliciste Premier ministre israélien Bibi Netanyahou, un dirigeant étranger, allait s’y prendre pour utiliser sans scrupule le Château de cartes [titre de la version française de la série télévisée américaine House of Cards – NdT], pardon, le Capitole des Etats-Unis, comme tribune pour favoriser sa réélection et modeler à sa façon la présidence et la politique étrangère des USA.

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Grand Jeu en Terre Sainte
Israël: non au gaz des Gazaouis

Par Michael Schwartz – Le 26 février 2015 – Source TomDispatch

Comment le gaz naturel de Gaza est devenu l’épicentre d’une lutte internationale pour le pouvoir

Devinez quoi? Presque toutes les guerres actuelles, les soulèvements et autres conflits au Moyen-Orient sont reliés par un seul fil, qui est aussi une menace: ces conflits s’inscrivent dans la concurrence toujours plus frénétique pour trouver, extraire et vendre des combustibles fossiles dont la consommation future garantit de conduire à une série de crises environnementales cataclysmiques.

Parmi les nombreux conflits autour des combustibles fossiles dans la région, l’un d’eux, enveloppé de menaces grandes et petites, a été largement négligé, et Israël en est l’épicentre. Ses origines remontent au début des années 1990, lorsque les dirigeants israéliens et palestiniens ont commencé à se disputer à propos de rumeurs faisant état de gisements de gaz naturel en Méditerranée, au large des côtes de Gaza. Au cours des décennies qui ont suivi, il s’est développé en un conflit sur plusieurs fronts qui a impliqué plusieurs armées et trois navires de guerre. Dans le processus, il a déjà infligé une misère effrayante à des dizaines de milliers de Palestiniens, et il menace d’ajouter plusieurs couches de misères aux gens qui vivent en Syrie, au Liban et à Chypre. Il pourrait même, éventuellement, plonger des Israéliens dans la misère.

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L’extrémisme violent est le symptôme, la répression autoritaire, la maladie

Par Omar Ashour – Le 3 mars 2015 – Source Al Araby

Soit vous retroussez vos manches et vous en prenez plein la gueule
Soit vous vous couchez et vous en prenez plein la gueule.


Dans un contexte politique où les répressions autoritaires, les coups d’État militaires, les guerres civiles et autres formes de violence politique et d’instabilité sociale se multiplient, il est presque sûr de voir apparaître une forme ou une autre d’extrémisme violent.


Quand les plateaux de la justice ne pèsent plus.
On ne peut retrouver son honneur que par le sang.
Quand jeter des pierres ne marche plus.
Les canons prennent toute leur importance.
Soit vous retroussez vos manches.
Et vous faites face.
Soit vous vous couchez et vous en prenez plein la face.

La violence politique nourrit le violence extrémiste. AFP

Les paroles de la nouvelle chanson du chanteur révolutionnaire égyptien, Ramy Essam – un militant qui s’est fait connaître lors du soulèvement de janvier 2011 – reflètent parfaitement le niveau de frustration des jeunes militants en Egypte, qu’ils soient religieux ou laïques.

La répression brutale de la dissidence a causé plus de 3 248 morts, 18 535 blessés et 41 163 arrestations depuis le coup d’État militaire de juillet 2013 (et jusqu’en janvier 2014). Elle a conduit à la conviction croissante chez de nombreux jeunes militants que les tactiques de résistance civile non violentes ont leurs limites et que, pour provoquer un véritable changement, il faut utiliser la force. Et du fait des dernières mauvaises nouvelles – notamment les centaines de condamnations à mort prononcées par des tribunaux fantoches et au moins 226 décès en garde à vue depuis le 30 juin 2013 – l’atmosphère est particulièrement propice à la violence.

Historiquement, la répression brutale des dissidents en Égypte et dans le monde majoritairement arabe a non seulement provoqué des vagues de violence politique et la prolifération d’entités illégalement armées, mais aussi la propagation d’idéologies qui légitiment diverses formes de violence politique, du coup d’État militaire au terrorisme urbain. Étant donné le contexte politique, cela ne surprenait personne. Dans la plus grande partie du Moyen-Orient post-colonial, les armes et la religion se sont révélés les moyens les plus efficaces pour conquérir le pouvoir politique et s’y maintenir, comme c’était le cas à l’époque pré-moderne, à peu de choses près.

Le vote, la Constitution, la bonne gouvernance et les réalisations socio-économiques sont des moyens secondaires, quand ils ne sont pas carrément relégués au rang des accessoires cosmétiques. Dans un tel environnement, une radicalisation violente et des idéologies soutenant le militantisme armé sont susceptibles de se développer, de persister et de prospérer.

De la dictature à la démocratie

Ce qui est plus problématique pour les démocraties, c’est que les cadres idéologiques nés sous les dictatures peuvent être utilisés pour légitimer la violence politique dans des contextes où le degré de violence subie n’est pas du tout le même et où, au moins, les moyens de s’en protéger sont disponibles.

Le djihadisme et le takfirisme sont tous deux nés dans les années 1960 dans les prisons politiques égyptiennes, où la torture s’exerçait tantôt quotidiennement tantôt périodiquement. C’est la même chose dans l’Égypte d’aujourd’hui. Les idéologies ultra-conservatives et extrémistes telles que le salafisme et le wahhabisme sont également nées et se sont développés sous des régimes autoritaires. Aucune des idéologies susmentionnées n’est sortie d’une démocratie solide ou mature. Mais elles y ont certainement été importées.

L’impunité dont ont bénéficié ceux qui ont porté atteinte à la sécurité des états ou des particuliers a largement contribué à allumer et alimenter le feu de la radicalisation armée. Cela remonte au théoricien islamiste Sayyid Qutb qui a considérablement modifié sa pensée après avoir été témoin d’un massacre dans les prisons de Gamal Abdel Nasser en 1957.

«John, le djihadiste»

Mais l’hypothèse répression-radicalisation, dans un contexte où armes + religion / hyper-nationalisme = pouvoir politique, ne s’applique généralement pas aux démocraties. L’affirmation récente selon laquelle le terroriste surnommé John, le djihadiste a été radicalisé dans des rencontres avec les services de sécurité britanniques est absurde. Alors que toutes les allégations de harcèlement ou d’abus doivent être prises au sérieux et faire l’objet d’une enquête approfondie, John, le djihadiste n’a certainement pas été témoin du massacre de plus de mille manifestants en moins de dix heures par les services de sécurité britanniques. Il n’a certainement pas non plus assisté à la torture de prisonniers au moyen de décharges électriques à répétition dans les organes génitaux (une pratique régulière des enquêteurs des divers régimes arabes) ni au léger délit dont se rend coupable la police en battant à mort un militant de l’Internet en public.

Cela dit, il convient également de mentionner que le but, le degré, la portée, la durée, l’intensité et les objectifs des actions armées diffèrent. Les arguments idéologiques que le djihadisme et le takfirisme donnent, pour justifier la multiplication significative des cibles civiles, sont fondés principalement sur leurs croyances religieuses, sectaires et idéologiques. Le but principal de ces deux idéologies est de créer un État qui applique certaines des interprétations les plus controversées de la loi islamique. C’est un objectif très éloigné – par exemple – de la justice sociale idéale et du système libéral pour lequel les compañeros espagnols et leurs brigades étrangères se battaient dans les années 1930, ou même des révolutionnaires armés libyens et syriens en 2011.

Le maintien d’autocrates répressifs en Afrique du Nord est une mauvaise nouvelle pour la démocratie occidentale, en particulier pour l’Europe géographiquement proche. Dans le moyen et le long terme, ces régimes sont plus susceptibles de donner lieu à des atteintes à la sécurité et des crises humanitaires qu’à de la coopération et des réformes. Et quand le contexte politique se caractérise par la répression autoritaire, les coups d’État militaires, les guerres civiles et d’autres formes de violence politique et d’instabilité sociale, il est infiniment probable que l’extrémisme violent fera son apparition. Mais il s’agit là du symptôme, pas de la maladie. Et il faudrait s’en souvenir lorsqu’on prend des décisions politiques.

Traduit par Dominique Muselet, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

 

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Discours de Netanyaou et conseil de Soljenitsyne aux Congressistes US

Le 4 mars 2015 – Source sayed7asan

« Ne soyez jamais le premier à vous arrêter d’applaudir! »

Vidéo et Transcription du discours : http://www.jpost.com/Israel-News/Politics-And-Diplomacy/Full-transcript-of-Netanyahus-Speech-to-Congress-392803

Avec la force de persuasion d’un serpent à sonnette et le charisme d’un veau, le terroriste-en-chef adjoint Netanyahu a pu obtenir pas moins de quarante-trois ovations soit plus d’une par minute, la plupart debout de la part des membres du Congrès américain. Elles retentirent sans cesse pour les déclarations les plus creuses, les plus absurdes ou les plus scandaleuses, y compris un vibrant hommage posthume – plus de 2.500 ans après ! – rendu à la figure biblique d’Esther, convoquée pour dénoncer les prétendues intentions génocidaires de l’Iran, nouvel Haman, à l’encontre du peuple juif. De tels abîmes de servilité peuvent laisser perplexe, surtout de la part des représentants de la première superpuissance mondiale. Ils évoquent cet extrait de L’Archipel du Goulag de Soljenitsyne, décrivant la Terreur sous Staline :

« À la fin de la conférence du parti, on appela à un hommage en faveur du camarade Staline. Bien entendu tous se levèrent, comme ils s'étaient tous levés durant la conférence à chaque mention de son nom. Des “applaudissements frénétiques se transformant en ovations” éclatèrent dans la petite salle. Pendant trois, quatre, cinq minutes, les “applaudissements frénétiques se transformant en ovations” persistèrent. Mais déjà les mains commençaient à faire mal et les bras levés étaient douloureux. Déjà les hommes d'un certain âge gémissaient de fatigue. Cela devenait insupportablement absurde, même pour ceux qui adoraient Staline. Cependant, qui oserait s'arrêter le premier ? Le secrétaire du Comité du Parti du district aurait pu le faire. Il était debout sur la plate-forme, et c'est lui qui venait d'appeler à l'ovation. Mais c'était un nouveau venu. Il avait pris la place d'un homme qui avait été arrêté. Il avait peur ! Dans cette salle, parmi ceux qui étaient debout et qui applaudissaient, il y avait des membres du NKVD, et ils surveillaient qui cesserait le premier ! Et dans cette petite salle obscure, inconnue du Chef, les applaudissements continuèrent, six, sept, huit minutes ! Ils n'en pouvaient plus ! Les carottes étaient cuites ! Ils ne pouvaient plus s'arrêter maintenant, jusqu'à ce qu'ils s'effondrent d'une crise cardiaque ! A l'arrière de la salle, qui était bondé, ils pouvaient bien sûr tricher un peu, applaudir moins souvent, moins vigoureusement, avec moins d'empressement, mais là-haut avec le présidium où tout le monde pouvait les voir ? Le directeur de la fabrique de papier locale, homme solide et indépendant, était debout à la tribune et applaudissait, tout en comprenant à quel point la situation était fausse et sans issue. Il continuait à applaudir pour la neuvième minute consécutive ! La dixième ! Avec angoisse, il regarda le secrétaire du Comité du Parti du district, mais celui-ci n'osait pas s'arrêter. C'était de la folie ! De la folie collective ! Jusqu’au dernier homme ! Avec un enthousiasme feint sur leurs visages, en se regardant les uns les autres avec un pâle espoir, les dirigeants du district allaient simplement continuer à applaudir jusqu'à ce qu'ils s'écroulent sur place, jusqu'à ce qu'ils soient transportés hors de la salle sur des brancards ! Et même alors, ceux qui resteraient debout ne faibliraient pas... Puis, à la onzième minute, le directeur de la fabrique prit un air sérieux et s’assit à sa place. Et, oh, un miracle se produisit ! Où était passé cet enthousiasme universel, expansif, indescriptible ? Tous s'arrêtèrent comme un seul homme et s'assirent à leur tour. Ils avaient été sauvés ! L'écureuil avait été assez intelligent pour sauter hors de sa cage tournante. 

Seulement, c'était de cette façon-là, justement, qu'ils repéraient les esprits indépendants. Et c'est comme cela qu'ils les traquaient et les éliminaient. La nuit même, le directeur de la fabrique fut arrêté. Ils n'eurent pas de mal à lui coller dix ans pour un tout autre motif. Mais après la signature du procès-verbal de l'instruction, son interrogateur lui rappela :

‘Et ne soyez jamais le premier à vous arrêter d'applaudir !’ »

(Et que sommes-nous censés faire au juste? Comment sommes-nous censés nous arrêter?)

Voilà ce qu'est la sélection naturelle de Darwin. Et c'est également le moyen d'assommer les gens de bêtise. »

Sayed 7asan 

Voir également 

Une défaite électorale de Netanyahu n’annoncera pas la rédemption d’Israël – Par Gidéon Lévy

Sans merci : Israël se précipite vers la prochaine guerre à Gaza – Par Gidéon Lévy

Norman Finkelstein sur Gaza, Israël, les Juifs et l’antisémitisme (VOSTFR)

Ali Khamenei : l’arme nucléaire est illicite en Islam, l’Occident craint un Iran développé et indépendant (VOSTFR)

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