Note du Saker Francophone : Nous vous présentons deux discours tenus à la conférence de Munich sur la sécurité. Le premier par la Chine, représentée par un membre du Comité central du Parti communiste chinois et l’autre par les États-Unis, représentés par leur vice-président, Mike Pence. Nous vous présentons ces deux discours non pas pour les informations qu’ils contiennent mais pour mettre en évidence la différence de ton entre les deux. Le premier est un discours d’ouverture, plein de promesses « gagnant-gagnantes », celui d’un pays qui croit en son avenir et en celui d’un monde multilatéral. Le deuxième, totalement différent, est un discours où la suffisance n’a égale que la paranoïa, où le fameux « combat pour la liberté » se révèle être le cache misère d’un unilatéralisme de type impérial. Le contraste entre les deux discours est frappant. Voici donc l’avenir de notre planète envisagé par les deux grandes puissances du 21eme siècle :

Discours de la Chine à la conférence de Munich sur la sécurité
Par Yang Jiechi – Le 18 février 2018 – The transnational
Mesdames et Messieurs,
C’est un grand plaisir de me joindre à vous à la Conférence de Munich sur la sécurité (MSC) de cette année. En tant que forum mondial sur la politique de sécurité, le MSC offre une plate-forme importante permettant aux gens du monde entier d’exprimer leurs points de vue et de partager leurs idées sur les grandes questions concernant la paix et le développement mondiaux. L’accent mis cette année sur la promotion de la coopération internationale et du multilatéralisme est important, opportun et d’une grande pertinence pratique.

Je suppose que M. Trump fait miroiter l’avenir de la Corée du Nord comme une salle d’exposition pour les voitures Buick, et que le mystérieux Kim Jong Un a détecté une sorte de piège. Un correspondant qui a accès à des informations militaires écrit : « L’observation d’Eric Hoffer selon laquelle les gens ne se révoltent que lorsque les choses s’améliorent, semble s’appliquer à la RPDC. Je ne peux que supposer que Kim et sa cabale en Corée du Nord le savent ou le comprennent instinctivement. En bref, à mon avis, il ne peut pas se permettre de laisser les choses aller vraiment mieux pour les Nord-Coréens. Donc, je pense que la carotte de Trump promettant de grands succès économiques pour le peuple de la RPDC fait probablement peur à Kim. »
Par
Sommes-nous « Rome » ? La question a 
Le terme « intervention humanitaire » est un néologisme politique américain (inventé récemment) afin de couvrir moralement un nouveau mode de l’impérialisme mondial de Washington, à l’époque de l’après-Guerre froide du « Nouvel Ordre Mondial », où les États-Unis jouent librement un rôle de gendarme mondial. Théoriquement, selon la conception occidentale de l’« intervention humanitaire », un ou plusieurs États (les États-Unis et l’OTAN) ont une (quasi) obligation morale, et/ou un droit d’intervenir dans les affaires intérieures d’un autre État, si cet État (selon l’auto-évaluation de Washington) ne respecte pas les principes communément admis du droit humanitaire, mais surtout si la mission de cette intervention militaire consiste à sauver la vie d’un groupe particulier de personnes (minorité) menacées ou sans protection, du fait des autorités de l’État contre lequel est dirigée cette intervention. Ici, l’origine nationale ou étrangère (citoyens) d’un tel groupe est sans importance.