Par Andrew Korybko – Le 19 août 2015 – Source thesaker.is
Ce point a été discuté depuis le début de la guerre civile qui a commencée au printemps dernier, mais l’Ukraine pourrait finalement être sur le point de voir la révolte du peuple contre le gouvernement légitime. Les révolutions de couleur en 2004 et 2014 ont été organisées par l’étranger (en dépit de la représentation médiatique trompeuse qu’il s’agissait de mouvements populaires) visant à atteindre des objectifs géopolitiques concrets en faveur de l’Occident, ce qui les discrédite à vouloir prétendre que ce sont des actions de la base populaire et expose leur véritable nature. Bien que l’Ukraine n’ait jusqu’à présent pas connu une seule révolution d’origine vraiment populaire, organisée par les Ukrainiens et pour les Ukrainiens, cela ne signifie pas qu’un tel événement est impossible, sachant que tous les ingrédients nécessaires sont actuellement là.

Au cours des derniers mois, nous avons été forcés de témoigner sur une farce humiliante qui se déroule en Europe. La Grèce, qui avait d’abord été acceptée dans l’Union monétaire européenne sous de faux prétextes, aux prises avec des niveaux excessifs de dette, puis paralysée par l’imposition de l’austérité, a finalement fait quelque chose : les Grecs ont élu un gouvernement qui a promis de faire bouger les choses. La plate-forme du parti Syriza avait fait les promesses suivantes, qui étaient tout à fait révolutionnaires dans leur esprit.
Le plus grand créancier de la Grèce, l’Allemagne, a fait un énorme profit sur la crise de la dette du pays au cours des 5 dernières années. Elle a économisé grâce à des paiements d’intérêt à faible taux sur des fonds empruntés aux investisseurs qui se réfugiaient dans la sécurité.
La crise grecque a donné l’impulsion au processus centrifuge en cours dans l’Union européenne. Il y a un fort sentiment sécessionniste. Les intérêts nationaux en arrivent à être plus importants que les valeurs de l’Europe unie… On dirait que l’Europe est prise dans une vague de référendums aux résultats imprévisibles. Outre la Grande-Bretagne, l’Autriche et la Finlande, l’euroscepticisme monte aussi dans d’autres pays membres de l’UE.
La crise de la dette grecque et l’Ukraine au bord de l’effondrement sont les questions à la une. On accorde moins d’attention à la Bulgarie, bien que ce pays puisse bientôt devenir un nouveau casse-tête pour l’Europe. Le gouvernement bulgare est loyal à l’égard des États-Unis, mais il pourrait se transformer en maillon faible parmi les alliés européens de l’Est qui dépendent beaucoup de Washington.