Italie – Russie: le dégel?

Le 3 mars 2015 – Source Russia Insider

Des signes de normalisation diplomatique alors que le premier ministre italien rencontre Poutine a Moscou.

MOSCOU – Le président russe Vladimir Poutine a mis l’accent sur les relations économiques jeudi, alors qu’il accueillait le premier ministre italien Matteo Renzi, le premier dirigeant européen important a rendre une visite officielle à Moscou depuis que la Russie a annexé la Crimée il y a un an.

Même si MM. Poutine et Renzi n’ont pas annoncé de nouveaux accords à la suite d’une réunion au Kremlin, le président russe a appelé l’Italie un «partenaire privilégié» et «l’un des plus importants partenaires de la Russie dans les affaires européennes» en parlant des relations qui s’étendent du domaine de l’énergie à celui des avionneurs.

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Vote au parlement italien sur le reconnaissance de l’État palestinien
Nains, danseuses et domestiques.

Par Fabrizio Marchi – Le 4 mars 2015 – Source Sinistra in Rete

Nains, danseuses et domestiques acclamés. Je parle naturellement de la quasi-totalité de l’actuelle classe politique qui gouverne (pour le compte de tiers…), directement ou indirectement, ce pays. Nous le savions déjà, mais le vote d’hier à la Chambre sur la reconnaissance manquée de l’État de Palestine le confirme encore une fois, si toutefois il en était encore besoin.

Unique exception – nous le notons scrupuleusement –, celle du M5S [le Mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo], c’est-à-dire la seule force politique qui, malgré toutes ses contradictions structurelles, a demandé la reconnaissance immédiate de l’État palestinien, sans conditions et sans réserves, comme on dit.

Le parti unique qui nous gouverne (y compris la Ligue du Nord et le maquis rose fuchsia à la gauche du PD [le parti de Renzi], c’est-à-dire le SEL [Gauche Ecologie Liberté]), dont les membres feignent de se disputer dans les divers talk-shows [débats télévisés], n’a même pas été capable de voter ce qui n’aurait été guère plus qu’une motion d’intentions (mais avec une certaine valeur symbolique), et qui n’aurait de toutes façons entraîné aucune retombée concrète sur la réalité de ce qu’on appelle la crise israélo-palestinienne, c’est-à-dire l’occupation néo-coloniale et raciste à laquelle est soumis depuis des dizaines d’années le peuple palestinien par l’État d’Israël et tous ses gouvernants, sans aucune exception.

Il ne vaudrait même pas la peine de commenter la ridicule pantomime qui s’est produite hier (on était aux limites du comique démentiel avec le vote sur les deux motions, celle du PD, soutenue aussi par le SEL, et celle d’Area Popolare, regroupant NCD et UDC [nouveau parti de centre-droit, sur le modèle du PP espagnol]), si ce n’était pour souligner qu’il y a peut-être des manières relativement plus dignes de servir ses maîtres, par exemple en faisant semblant d’avoir une certaine autonomie politique. Au fond, c’est à cela que servait ou aurait pu servir hier un vote en faveur de l’État de Palestine.

Mais même pour cela, il faut un brin de dignité et de stature (c’est incroyable d’avoir à le dire, mais c’est ainsi…), que cette classe politique ne possède pas.

Certes, nous ne nous attendions à rien d’autre, mais il ne peut échapper à personne qu’au moins la classe politique de ce qu’on appelle la Première République [le régime instauré après la Libération] cherchait à s’acquitter du rôle qui lui avait été attribué à l’intérieur de l’alliance politico-militaire occidentale, avec une marge relative d’autonomie politique, d’équilibre et de capacité de médiation réelle dans ce qui était son aire géopolitique de compétence, c’est-à-dire le bassin de la Méditerranée.

Je crois pouvoir dire, sans aucune nostalgie passéiste, que cette classe politique, formée par ces forces politiques (je veux parler en particulier de la DC, du PSI et du PCI, globalement réunis en ce qui concerne la position politique de l’Italie dans l’aire méditerranéenne et moyen-orientale), se serait comportée avec plus de dignité et de sens de l’État. Par honnêteté intellectuelle, on ne peut pas ne pas rappeler le célèbre discours à la Chambre du 6 novembre 1985 par lequel celui qui était alors secrétaire du PSI en même temps que Président du Conseil, Bettino Craxi, défendit le droit légitime des Palestiniens à la lutte armée pour libérer leur terre de la puissance occupante, se livrant même à une comparaison audacieuse entre le mouvement de libération nationale palestinien et celui du Risorgimento mazzinien.

Pour ne pas parler du célèbre épisode de Sigonella en octobre de la même année, où le même Craxi interdit aux marines US de capturer un commando palestinien du FPLP qui avait séquestré un bateau de croisière italien – l’Achille Lauro – et tué un passager américain de confession juive. L’avion sur lequel voyageaient les membres du commando palestinien fut encerclé par les carabiniers (qui empêchèrent, arme au poing, les marines de les faire prisonniers), puis fut autorisé à repartir pour l’ex-Yougoslavie, alors État souverain non-aligné gouverné par la Ligue des communistes du Maréchal Josip Broz Tito. Cet épisode provoqua un moment de grave tension dans les rapports entre les gouvernements italien et américain, et relança le rôle de l’Italie sur l’échiquier moyen-oriental en tant que pays non hostile aux peuples arabes, en continuité avec une politique de coopération et collaboration avec les pays maghrébins et méditerranéens déjà initiée en son temps par le président de l’ENI, Enrico Mattei (qui fut pour cela assassiné par les multinationales du pétrole US). Certains soutiennent que les États-Unis et Israël ne devaient pas oublier cet affront et que la  disgrâce postérieure de Craxi eut quelque chose à voir avec sa politique d’ouverture à l’égard de l’OLP et en général des gouvernements nationalistes laïques arabes, bien au-delà des vicissitudes de la tangentopolis [scandale politico-financier des pots de vin, déclenché en 1992] .

Ceci ne fait évidemment pas de Craxi, ni d’Andreotti et en général de la classe politique qu’ils représentaient, des héros de la lutte des peuples du monde contre l’impérialisme, mais nous offre un témoignage concret du niveau de l’actuelle classe politique. Si Craxi fut le protagoniste de ce qui fut objectivement un grand sursaut d’autonomie nationale (dans les limites de l’appartenance de l’Italie à l’Otan, dont Craxi ne rêvait même pas de sortir), de dignité et de sens de l’État, capable même d’aller jusqu’à pointer les fusils contre des soldats américains, nos gouvernants, Renzi en tête, (mais cela vaut pour tous ses prédécesseurs, de Berlusconi à D’Alema et les autres), ne sont même pas capables d’empêcher un groupe de voyous ivres de profaner la Barcaccia (1), comme ils ne seraient pas en état d’aligner une patrouille de la police urbaine pour empêcher un groupe de touristes américains de prendre un bain dans la fontaine de Trevi…

Une dernière réflexion politique, mais absolument pas marginale. La Ligue du Nord de Salvini a voté contre l’État de Palestine en faisant une déclaration explicitement pro-israélienne. Cela en dit long, s’il en était besoin, sur la nature réelle de cette force politique néo-fasciste ou néo-droitière. Une force de feinte opposition au système, alignée en réalité sur des positions pro-atlantistes – au-delà des sympathies manifestées à la Russie de Poutine et même à la Corée du Nord (façon de jeter de la poussière aux yeux de la partie culturellement la plus faible de son électorat) – même si elle se vante d’un supposé anti-américanisme et anti-européisme qui n’a rien à voir avec une critique authentiquement de classe et anti-impérialiste, mais représente seulement la nostalgie de cette partie des anciennes classes bourgeoises qui n’ont pas été invitées à la répartition du gâteau du grand capital trans- et multinational, par cet État-nation à l’intérieur duquel elles étaient politiquement hégémoniques. Une force politique qui nourrit à dessein une haine confuse (camouflée d’ethno-identitarisme, c’est-à-dire de défense des identités culturelles) à l’égard des peuples arabes et musulmans, et dont l’horizon culturel est la construction d’un État hiérarchique, autoritaire, sécuritaire, interclassiste, identitariste, exclusiviste et différentialiste (c’est-à-dire raciste…), mais toujours à l’intérieur des logiques économiques capitalistes.

Il convient de ne pas se laisser tromper par ces gens, très habiles dans ces opérations de maquillage par lesquelles beaucoup de personnes de bonne foi tendent hélas à se laisser conditionner, surtout en l’absence d’une alternative politique solide, crédible et authentiquement socialiste dans l’actuel état de choses.

Note

(1) Fontaine du Bernin, en forme de barque, récemment dégradée par des
hooligans hollandais du Feyenoord.

Traduit par Rosa Llorens

 

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John le Djihadiste décapiteur
Démasqué? Vraiment?

Par Shawn Helton – Le 28 février 2015 – Source 21 Century wire

Dans quelle mesure John le Djihadiste était-il bien connu avant les décapitations mises en scène par l’EI?

Les autorités croient maintenant que le présentateur terroriste qui occupe le devant de la scène dans les vidéos, fortement mises en scène, de décapitation d’EI, est un programmeur informatique qui a apparemment quitté l’Angleterre pour rejoindre les militants d’EI autour de 2013.

Jeudi dernier, l’identité du tristement célèbre dirigeant d’EI surnommé John le Djihadiste par la presse britannique, a été prétendument révélée par les services de sécurité, qui ont nommé un citoyen britannique de 27 ans, Mohammad Emwazi, originaire de l’Ouest londonien.

Le moment choisi pour révéler cette information devrait être examiné de près, car les profiteurs de guerre vont très certainement chercher à transformer cette récente révélation en un prétexte pour justifier un conflit plus large en Irak et en Syrie, déjà ravagés par la guerre. Elle pourrait aussi être utilisée pour créer de nouvelles mesures anti-terroristes au cours de l’accélération vers de nouvelles campagnes de guerre.

Le détail qui est peut être le plus révélateur au sujet du récent dévoilement de l’identité de John le Djihadiste, est le fait que les services de sécurité britanniques avaient déjà connu l’homme qui est maintenant accusé d’être le visage derrière le masque du méchant.

Mohammad Emwazi, sur la gauche, était connu depuis longtemps des services de sécurité britanniques, avant d’être désigné comme le méchant John le Djihadiste sur les vidéos d’EI. (Photo link skynews.com)

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Le discours de Netanyahou devant le Congrès US aide réellement Obama contre l’Iran

Par Mahdi Darius Nazemroaya – Le 3 mars 2015 – Source globalresearch

Beaucoup d’attention a été portée aux tensions entre l’administration du président états-unien Barack Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Les tensions portent sur les négociations entre l’Iran et les États-Unis à propos du nucléaire et sur le discours de Netanyahou devant une session conjointe du Congrès états-unien au Capitole à Washington le 3 mars 2015.

Bien qu’on puisse regarder la situation sous plusieurs angles et qu’il y ait de grandes différences, le point central, qui ne devrait pas être omis, est que par sa position ferme, le Premier ministre Netanyahou est actuellement en train d’offrir un levier contre l’Iran au président Obama et à son groupe de négociateurs. C’est pourquoi, à Washington DC, on recommence à parler d’une guerre avec l’Iran.

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Le fin fond de l’histoire au sujet de l’Iran, des USA, de la Russie et de la Chine

Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 4 mars 2015 – Source – SputnikNews

Le fin fond de l’histoire, aussi bien aujourd’hui que demain, c’est de savoir quelle position va adopter l’Iran, puissance clé du sud-ouest de l’Asie, dans le ballet diplomatique complexe et incessant que se livrent les USA, la Russie et la Chine. Il s’agit là d’un des principaux vecteurs du nouveau grand jeu en cours en Eurasie.

Le fin fond de l’histoire n’a jamais été de savoir comment le belliciste Premier ministre israélien Bibi Netanyahou, un dirigeant étranger, allait s’y prendre pour utiliser sans scrupule le Château de cartes [titre de la version française de la série télévisée américaine House of Cards – NdT], pardon, le Capitole des Etats-Unis, comme tribune pour favoriser sa réélection et modeler à sa façon la présidence et la politique étrangère des USA.

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Grand Jeu en Terre Sainte
Israël: non au gaz des Gazaouis

Par Michael Schwartz – Le 26 février 2015 – Source TomDispatch

Comment le gaz naturel de Gaza est devenu l’épicentre d’une lutte internationale pour le pouvoir

Devinez quoi? Presque toutes les guerres actuelles, les soulèvements et autres conflits au Moyen-Orient sont reliés par un seul fil, qui est aussi une menace: ces conflits s’inscrivent dans la concurrence toujours plus frénétique pour trouver, extraire et vendre des combustibles fossiles dont la consommation future garantit de conduire à une série de crises environnementales cataclysmiques.

Parmi les nombreux conflits autour des combustibles fossiles dans la région, l’un d’eux, enveloppé de menaces grandes et petites, a été largement négligé, et Israël en est l’épicentre. Ses origines remontent au début des années 1990, lorsque les dirigeants israéliens et palestiniens ont commencé à se disputer à propos de rumeurs faisant état de gisements de gaz naturel en Méditerranée, au large des côtes de Gaza. Au cours des décennies qui ont suivi, il s’est développé en un conflit sur plusieurs fronts qui a impliqué plusieurs armées et trois navires de guerre. Dans le processus, il a déjà infligé une misère effrayante à des dizaines de milliers de Palestiniens, et il menace d’ajouter plusieurs couches de misères aux gens qui vivent en Syrie, au Liban et à Chypre. Il pourrait même, éventuellement, plonger des Israéliens dans la misère.

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L’extrémisme violent est le symptôme, la répression autoritaire, la maladie

Par Omar Ashour – Le 3 mars 2015 – Source Al Araby

Soit vous retroussez vos manches et vous en prenez plein la gueule
Soit vous vous couchez et vous en prenez plein la gueule.


Dans un contexte politique où les répressions autoritaires, les coups d’État militaires, les guerres civiles et autres formes de violence politique et d’instabilité sociale se multiplient, il est presque sûr de voir apparaître une forme ou une autre d’extrémisme violent.


Quand les plateaux de la justice ne pèsent plus.
On ne peut retrouver son honneur que par le sang.
Quand jeter des pierres ne marche plus.
Les canons prennent toute leur importance.
Soit vous retroussez vos manches.
Et vous faites face.
Soit vous vous couchez et vous en prenez plein la face.

La violence politique nourrit le violence extrémiste. AFP

Les paroles de la nouvelle chanson du chanteur révolutionnaire égyptien, Ramy Essam – un militant qui s’est fait connaître lors du soulèvement de janvier 2011 – reflètent parfaitement le niveau de frustration des jeunes militants en Egypte, qu’ils soient religieux ou laïques.

La répression brutale de la dissidence a causé plus de 3 248 morts, 18 535 blessés et 41 163 arrestations depuis le coup d’État militaire de juillet 2013 (et jusqu’en janvier 2014). Elle a conduit à la conviction croissante chez de nombreux jeunes militants que les tactiques de résistance civile non violentes ont leurs limites et que, pour provoquer un véritable changement, il faut utiliser la force. Et du fait des dernières mauvaises nouvelles – notamment les centaines de condamnations à mort prononcées par des tribunaux fantoches et au moins 226 décès en garde à vue depuis le 30 juin 2013 – l’atmosphère est particulièrement propice à la violence.

Historiquement, la répression brutale des dissidents en Égypte et dans le monde majoritairement arabe a non seulement provoqué des vagues de violence politique et la prolifération d’entités illégalement armées, mais aussi la propagation d’idéologies qui légitiment diverses formes de violence politique, du coup d’État militaire au terrorisme urbain. Étant donné le contexte politique, cela ne surprenait personne. Dans la plus grande partie du Moyen-Orient post-colonial, les armes et la religion se sont révélés les moyens les plus efficaces pour conquérir le pouvoir politique et s’y maintenir, comme c’était le cas à l’époque pré-moderne, à peu de choses près.

Le vote, la Constitution, la bonne gouvernance et les réalisations socio-économiques sont des moyens secondaires, quand ils ne sont pas carrément relégués au rang des accessoires cosmétiques. Dans un tel environnement, une radicalisation violente et des idéologies soutenant le militantisme armé sont susceptibles de se développer, de persister et de prospérer.

De la dictature à la démocratie

Ce qui est plus problématique pour les démocraties, c’est que les cadres idéologiques nés sous les dictatures peuvent être utilisés pour légitimer la violence politique dans des contextes où le degré de violence subie n’est pas du tout le même et où, au moins, les moyens de s’en protéger sont disponibles.

Le djihadisme et le takfirisme sont tous deux nés dans les années 1960 dans les prisons politiques égyptiennes, où la torture s’exerçait tantôt quotidiennement tantôt périodiquement. C’est la même chose dans l’Égypte d’aujourd’hui. Les idéologies ultra-conservatives et extrémistes telles que le salafisme et le wahhabisme sont également nées et se sont développés sous des régimes autoritaires. Aucune des idéologies susmentionnées n’est sortie d’une démocratie solide ou mature. Mais elles y ont certainement été importées.

L’impunité dont ont bénéficié ceux qui ont porté atteinte à la sécurité des états ou des particuliers a largement contribué à allumer et alimenter le feu de la radicalisation armée. Cela remonte au théoricien islamiste Sayyid Qutb qui a considérablement modifié sa pensée après avoir été témoin d’un massacre dans les prisons de Gamal Abdel Nasser en 1957.

«John, le djihadiste»

Mais l’hypothèse répression-radicalisation, dans un contexte où armes + religion / hyper-nationalisme = pouvoir politique, ne s’applique généralement pas aux démocraties. L’affirmation récente selon laquelle le terroriste surnommé John, le djihadiste a été radicalisé dans des rencontres avec les services de sécurité britanniques est absurde. Alors que toutes les allégations de harcèlement ou d’abus doivent être prises au sérieux et faire l’objet d’une enquête approfondie, John, le djihadiste n’a certainement pas été témoin du massacre de plus de mille manifestants en moins de dix heures par les services de sécurité britanniques. Il n’a certainement pas non plus assisté à la torture de prisonniers au moyen de décharges électriques à répétition dans les organes génitaux (une pratique régulière des enquêteurs des divers régimes arabes) ni au léger délit dont se rend coupable la police en battant à mort un militant de l’Internet en public.

Cela dit, il convient également de mentionner que le but, le degré, la portée, la durée, l’intensité et les objectifs des actions armées diffèrent. Les arguments idéologiques que le djihadisme et le takfirisme donnent, pour justifier la multiplication significative des cibles civiles, sont fondés principalement sur leurs croyances religieuses, sectaires et idéologiques. Le but principal de ces deux idéologies est de créer un État qui applique certaines des interprétations les plus controversées de la loi islamique. C’est un objectif très éloigné – par exemple – de la justice sociale idéale et du système libéral pour lequel les compañeros espagnols et leurs brigades étrangères se battaient dans les années 1930, ou même des révolutionnaires armés libyens et syriens en 2011.

Le maintien d’autocrates répressifs en Afrique du Nord est une mauvaise nouvelle pour la démocratie occidentale, en particulier pour l’Europe géographiquement proche. Dans le moyen et le long terme, ces régimes sont plus susceptibles de donner lieu à des atteintes à la sécurité et des crises humanitaires qu’à de la coopération et des réformes. Et quand le contexte politique se caractérise par la répression autoritaire, les coups d’État militaires, les guerres civiles et d’autres formes de violence politique et d’instabilité sociale, il est infiniment probable que l’extrémisme violent fera son apparition. Mais il s’agit là du symptôme, pas de la maladie. Et il faudrait s’en souvenir lorsqu’on prend des décisions politiques.

Traduit par Dominique Muselet, relu par jj et Diane pour le Saker Francophone

 

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Discours de Netanyaou et conseil de Soljenitsyne aux Congressistes US

Le 4 mars 2015 – Source sayed7asan

« Ne soyez jamais le premier à vous arrêter d’applaudir! »

Vidéo et Transcription du discours : http://www.jpost.com/Israel-News/Politics-And-Diplomacy/Full-transcript-of-Netanyahus-Speech-to-Congress-392803

Avec la force de persuasion d’un serpent à sonnette et le charisme d’un veau, le terroriste-en-chef adjoint Netanyahu a pu obtenir pas moins de quarante-trois ovations soit plus d’une par minute, la plupart debout de la part des membres du Congrès américain. Elles retentirent sans cesse pour les déclarations les plus creuses, les plus absurdes ou les plus scandaleuses, y compris un vibrant hommage posthume – plus de 2.500 ans après ! – rendu à la figure biblique d’Esther, convoquée pour dénoncer les prétendues intentions génocidaires de l’Iran, nouvel Haman, à l’encontre du peuple juif. De tels abîmes de servilité peuvent laisser perplexe, surtout de la part des représentants de la première superpuissance mondiale. Ils évoquent cet extrait de L’Archipel du Goulag de Soljenitsyne, décrivant la Terreur sous Staline :

« À la fin de la conférence du parti, on appela à un hommage en faveur du camarade Staline. Bien entendu tous se levèrent, comme ils s'étaient tous levés durant la conférence à chaque mention de son nom. Des “applaudissements frénétiques se transformant en ovations” éclatèrent dans la petite salle. Pendant trois, quatre, cinq minutes, les “applaudissements frénétiques se transformant en ovations” persistèrent. Mais déjà les mains commençaient à faire mal et les bras levés étaient douloureux. Déjà les hommes d'un certain âge gémissaient de fatigue. Cela devenait insupportablement absurde, même pour ceux qui adoraient Staline. Cependant, qui oserait s'arrêter le premier ? Le secrétaire du Comité du Parti du district aurait pu le faire. Il était debout sur la plate-forme, et c'est lui qui venait d'appeler à l'ovation. Mais c'était un nouveau venu. Il avait pris la place d'un homme qui avait été arrêté. Il avait peur ! Dans cette salle, parmi ceux qui étaient debout et qui applaudissaient, il y avait des membres du NKVD, et ils surveillaient qui cesserait le premier ! Et dans cette petite salle obscure, inconnue du Chef, les applaudissements continuèrent, six, sept, huit minutes ! Ils n'en pouvaient plus ! Les carottes étaient cuites ! Ils ne pouvaient plus s'arrêter maintenant, jusqu'à ce qu'ils s'effondrent d'une crise cardiaque ! A l'arrière de la salle, qui était bondé, ils pouvaient bien sûr tricher un peu, applaudir moins souvent, moins vigoureusement, avec moins d'empressement, mais là-haut avec le présidium où tout le monde pouvait les voir ? Le directeur de la fabrique de papier locale, homme solide et indépendant, était debout à la tribune et applaudissait, tout en comprenant à quel point la situation était fausse et sans issue. Il continuait à applaudir pour la neuvième minute consécutive ! La dixième ! Avec angoisse, il regarda le secrétaire du Comité du Parti du district, mais celui-ci n'osait pas s'arrêter. C'était de la folie ! De la folie collective ! Jusqu’au dernier homme ! Avec un enthousiasme feint sur leurs visages, en se regardant les uns les autres avec un pâle espoir, les dirigeants du district allaient simplement continuer à applaudir jusqu'à ce qu'ils s'écroulent sur place, jusqu'à ce qu'ils soient transportés hors de la salle sur des brancards ! Et même alors, ceux qui resteraient debout ne faibliraient pas... Puis, à la onzième minute, le directeur de la fabrique prit un air sérieux et s’assit à sa place. Et, oh, un miracle se produisit ! Où était passé cet enthousiasme universel, expansif, indescriptible ? Tous s'arrêtèrent comme un seul homme et s'assirent à leur tour. Ils avaient été sauvés ! L'écureuil avait été assez intelligent pour sauter hors de sa cage tournante. 

Seulement, c'était de cette façon-là, justement, qu'ils repéraient les esprits indépendants. Et c'est comme cela qu'ils les traquaient et les éliminaient. La nuit même, le directeur de la fabrique fut arrêté. Ils n'eurent pas de mal à lui coller dix ans pour un tout autre motif. Mais après la signature du procès-verbal de l'instruction, son interrogateur lui rappela :

‘Et ne soyez jamais le premier à vous arrêter d'applaudir !’ »

(Et que sommes-nous censés faire au juste? Comment sommes-nous censés nous arrêter?)

Voilà ce qu'est la sélection naturelle de Darwin. Et c'est également le moyen d'assommer les gens de bêtise. »

Sayed 7asan 

Voir également 

Une défaite électorale de Netanyahu n’annoncera pas la rédemption d’Israël – Par Gidéon Lévy

Sans merci : Israël se précipite vers la prochaine guerre à Gaza – Par Gidéon Lévy

Norman Finkelstein sur Gaza, Israël, les Juifs et l’antisémitisme (VOSTFR)

Ali Khamenei : l’arme nucléaire est illicite en Islam, l’Occident craint un Iran développé et indépendant (VOSTFR)

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Une défaite électorale de Netanyahou n’annoncera pas la rédemption d’Israël

Par Gideon Levy – Le 1er mars 2015 – Source Haaretz 

Arrêtons de clouer au pilori le Premier ministre : les changements seront bien moindres que prévus si le centre-gauche prend le pouvoir.

 [Commentaire de Norman Finkelstein : Hélas, il a tout à fait raison]

Benjamin Netanyahu n’a pas anéanti ou détruit les relations d’Israël avec les États-Unis. C’est bien dommage, car peu de choses ont corrompu Israël plus que ses relations perverties avec l’Amérique. Le Premier ministre israélien n’a fait que détruire ses relations personnelles avec l’administration US actuelle. Ce n’est pas une bonne chose, mais ce n’est pas catastrophique.

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Le cousin de feu le Colonel Kadhafi:
L’Europe devra faire face à un 9/11 d’ici deux ans

Le 3 mars 2015 – Source: RT

Ahmed Gaddaf al-Dam, cousin of Libya’s former president Muammar Gaddafi (Reuters/Asmaa Waguih)

Le cousin du colonel Kadhafi prédit un 9/11 en Europe dans un délai de deux ans, lorsque des militants de l’État islamique se joindront aux milliers de migrants qui font route vers l’Europe. Cet avertissement vient du ministre de l’Intérieur de Grande-Bretagne, Theresa May, qui affirme que la menace terroriste est grave et croissante.

Ahmed Kadhafi al-Dam, autrefois l’un des chefs de la sécurité digne de la confiance de Kadhafi, estime qu’un minimum de 500 000 migrants provenant de Libye prendront le chemin de l’Europe en 2015, pendant que l’État islamique [EI, anciennement ISIS/ISIL] renforcera sa présence dans les États du Nord de l’Afrique.

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