Questions autour du centenaire des accords Sykes-Picot


Par Ibrahim Tabet – Mars 2016

En 1916, lors de la Première Guerre mondiale, la France et la Grande-Bretagne s’entendirent secrètement pour se partager les provinces arabes de l’Empire ottoman promis à un ultime démembrement. Les accords Sykes-Picot, nom donné à cette entente, stipulaient que la France et la Grande-Bretagne seraient disposées à reconnaître et à soutenir des États arabes indépendants dans deux zones : une zone A englobant la Syrie intérieureet la région de Mossoul que la France serait seule apte à conseiller, et une zone B allant de la Jordanie actuelle à Kirkouk où la Grande-Bretagne jouirait de la même influence exclusive. De plus la Grande-Bretagne serait autorisée à administrer directement une zone rouge formée de la Mésopotamie et la France une zone bleue comprenant le Mont-Liban, le littoral syrien et la Cilicie. Quant à la Palestine, compte tenu du rôle de Jérusalem pour les trois religion monothéistes, elle serait soumises à une administration internationale. Ces accords cadre firent toutefois l’objet de changements dictés par le nouveau contexte politique et les rapports de force sur le terrain. C’est ainsi par exemple que la France fut contrainte de céder la Cilicie à la Turquie et qu’elle dut renoncer au wilayet de Mossoul au profit de l’Angleterre.  Ils déboucheront, après la guerre, sur la formation des États du Levant (Palestine, Transjordanie, Irak, Syrie et Grand Liban). Continuer la lecture

Enfin un avenir pour les Kurdes ?


Par Ghassan Kadi – Le 21 mars – Source thesaker.is

combattants du PKK en Turquie

Combattants (tes) du PKK en Turquie

Personne ne peut dire qu’il sait ce qui se passe dans la tête des Kurdes, sauf les Kurdes eux-mêmes, et encore, peut-être pas tous les Kurdes.

Il est plutôt étonnant que des non-Kurdes attendent des Kurdes qu’ils parlent d’une seule voix, qu’ils aient une même aspiration, une seule orientation politique, comme si toutes les autres nations étaient unies au point de ne faire entendre toujours qu’une seule voix. Étonnant ! Y a-t-il une seule nation dans le monde à pouvoir faire ainsi ?

Continuer la lecture

Pourquoi l’indignation occidentale suite aux attentats de Bruxelles est-elle inutile ?


«Il est hypocrite et irresponsable de faire des déclarations sur la menace terroriste et dans le même temps de fermer les yeux sur les réseaux de financement et de soutien aux terroristes, dont les recettes du trafic de drogue, le commerce de pétrole illégal et le commerce d’armes.» Vladimir Poutine.

Par Alexander Mercouris – Le 22 mars 2016 – Sputnik News.

Le bilan des attaques terroristes à Bruxelles laisse un goût amer.

En Europe, les attaques terroristes ont maintenant lieu avec la régularité d’une pendule. Paris en a été témoin à deux reprises en 2015. Maintenant c’est au tour de Bruxelles. Le type de réponse à chacune de ces attaques est toujours le même : les gouvernements occidentaux expriment leur choc et leur indignation. La sécurité est renforcée. Les semaines passent et tout redevient comme avant.

Continuer la lecture

Syrie et Corée : logique de guerre et logique de paix


Christopher Black

Par Christopher Black – Le 20 mars 2016 – Source New Eastern Outlook

L’initiative audacieuse prise par le gouvernement russe de retirer une partie de ses forces de Syrie, est une leçon sur l’usage limité de moyens militaires pour parvenir à des fins politiques limitées. Avec la délicatesse d’un chirurgien habile, l’intervention russe a sauvé le gouvernement syrien du renversement par les mandataires de l’Otan qui l’attaquaient, et a infligé un revers fatal à la tentative américaine d’atteindre à l’hégémonie au Moyen-Orient, a rehaussé le prestige russe dans le monde et démontré que la guerre économique menée contre la Russie par les États-Unis, l’Union européenne et le Canada, n’avait aucun effet, ni sur la détermination russe à choisir une politique étrangère indépendante, ni sur les moyens militaires pour la mettre en œuvre. Continuer la lecture

Le Grand Jeu et la partition de la Syrie


Par Shelley Kasli (Inde) – Le 19 mars 2016 – Source Oriental Review

destructions en SyrieLa décision de la Russie de réduire considérablement sa présence militaire en Syrie, venant, comme elle l’a fait, sans beaucoup d’avertissement, a laissé le monde s’efforcer de trouver des explications. La Russie vise à maintenir une présence militaire dans sa base navale de Tartous et dans sa base aérienne de Khmeymin. En fait, la Russie se retire sans se retirer. Continuer la lecture

L’effondrement total de l’Arabie saoudite approche rapidement


Par Joshua Krause – Le 6 mars 2016 – Source Daily Sheeple

saudi tank wikimedia

Char saoudien – wikimedia

Pour l’observateur occasionnel, l’Arabie saoudite pourrait ressembler à une nation enhardie qui s’affirme. Les Saoudiens sont en lutte avec l’Iran pour la suprématie régionale en combattant les rebelles au Yémen, en menaçant d’envahir la Syrie et si certaines rumeurs sont là pour être crues, en essayant d’obtenir des missiles nucléaires du Pakistan. Cependant, ce ne sont pas les actions d’une nation stable qui affirme sa domination dans la région. Ce sont les affres de l’agonie agitant une nation qui a du mal à rester debout.

Continuer la lecture

État islamique sert de prétexte à une nouvelle agression de la Libye


Moon of Alabama

Moon of Alabama

Le 18 mars 2016 – Source Moon of Alabama

Il existe actuellement deux gouvernements en Libye. Un gouvernement islamiste modéré à l’ouest de Tripoli et un autre à Tobrouk, dans l’est. Celui de l’est est laïc et reconnu internationalement, mais il est aussi soutenu par des groupes salafistes. Les deux gouvernements ont leur propre parlement et chacun est soutenu par quelques milices. État islamique, encadré par des Irakiens et des Syriens, a pris pied à Syrte, au milieu de la longue côte est-ouest. Il recrute des adeptes en Afrique du Nord et se prépare à saisir les champs pétrolifères les plus proches pour financer son expansion. Continuer la lecture

Semaine 22 de l’intervention russe en Syrie : Poutine annonce la nouvelle stratégie


Saker US

Saker US

Par le Saker US – Le 19 mars 2016 – Source thesaker.is

Ce sont en effet des temps étonnants. Il y a deux semaines seulement, je soulignais la probabilité d’une escalade dramatique de la guerre en Syrie, et cette semaine, Vladimir Poutine annonçait le retrait de ce que j’appellerais la composante frappe aérienne tactique de la force d’intervention russe en Syrie. Comment est-ce possible ? Comment les Russes ont-ils pu mettre en garde contre des troupes turques sur le point d’envahir la Syrie pour ensuite, subitement, retirer une grande partie de leur puissance de feu basée en Syrie ?

Continuer la lecture

Les Kurdes syriens risquent de perdre leurs acquis en réclamant la fédéralisation


Moon of Alabama

Moon of Alabama

Le 16 mars 2016 – Source Moon of Alabama

Tout le monde semble convenir que la dernière décision de la Russie en Syrie lui a fait gagner des points : le gouvernement russe a déclaré qu’il avait atteint la plupart de ses objectifs en Syrie et a décidé d’y poursuivre ses opérations avec des forces moins importantes. Comme le cessez-le-feu actuel semble tenir, le besoin de nouvelles attaques aériennes a bien diminué. Environ la moitié de ses avions en Syrie ont reçu l’ordre de rentrer à la maison. D’importantes forces resteront déployées et les avions pourraient revenir dans les 24 heures en cas de besoin. Continuer la lecture

Quel sens donner au revirement turc vis-à-vis de l’Iran ?


Le ministre des affaires étrangères iranien Javad Zarif salue son homologue turc Mevlut Cavusoglu à Ankara, le 19 mars 2016.


Par Salman Rafi Sheikh – Le 18 mars 2016 – New Eastern Outlook.

Après avoir pris une position de belligérant sur la question syrienne, la Turquie semble se tourner à nouveau vers la diplomatie. Ce changement a du sens étant donné que l’attitude agressive de la Turquie lui a beaucoup coûté. Sur le plan intérieur, la Turquie a dû faire face à une résistance kurde assez bien organisée. Sur le plan extérieur, son inutile agressivité lui a coûté ses relations avec la Russie, ce qui s’est conclu par des sanctions russes à son encontre. Deux facteurs semblent avoir poussé la Turquie à ce revirement. Continuer la lecture