Même Georges Orwell n’y avait pas pensé : la défaite, c’est la victoire


Orlov

Dmitry Orlov

Par Dmitry Orlov – Le 9 décembre 2014 – Source ClubOrlov

Sur le mur du ministère de la Vérité dans le roman 1984 de George Orwell, il y avait trois slogans :

LA GUERRE, C’EST LA PAIX,
LA LIBERTÉ, C’EST L’ESCLAVAGE,
L’IGNORANCE, C’EST LA FORCE

Il me vient à l’esprit que ces slogans s’appliquent un peu trop bien à la façon dont fonctionne l’establishment de Washington.

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Quelques idées éparses sur les événements de Cologne


Saker US

Saker US

Par le Saker US – Le 11 janvier 2016 – Source thesaker.is

Chers amis,

Ce que je veux partager avec vous aujourd’hui n’est certainement pas une analyse globale des événements qui se sont déroulés récemment en Allemagne, mais plutôt quelques idées et souvenirs divers qui me sont venus à l’esprit lorsque j’ai appris ce qu’il s’était passé. Donc allons-y.

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Le respect des lois n’existe plus dans la civilisation occidentale


Roberts

Par Paul Craig Roberts – Le 5 janvier 2015 – Source Information Clearing House

Mon travail sur le façon dont la loi s’est perdue a débuté il y a un quart de siècle. Un ami proche, qui est un avocat célèbre, Dean Both, attira initialement mon attention sur l’érosion des principes légaux sur lesquels est basé le fonctionnement des USA. Mon étude sur le sujet attira l’attention d’une institution universitaire qui m’invita à donner une conférence sur le sujet. Ainsi, je fus invité à donner une analyse sur «Comment la Loi s’est perdue», à la Benjamin Cardozo School of Law de New-York.

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État d’urgence : les fossoyeurs de la République

Par Salah Lamrani (Sayed Hasan) – Le 28 décembre 2015 – Source sayed7asan

«C’est le terrorisme qui menace les libertés aujourd’hui. Ce n’est pas l’état d’urgence. Je le répète : l’état d’urgence ne signifie pas l’abandon de l’État de droit. Nous combattons le terrorisme, et nous le vaincrons, avec les armes de la République, de la démocratie, avec la force de nos valeurs, de nos principes républicains et de nos principes de droit.» Ainsi s’exprimait le ministre-bonimenteur Bernard Cazeneuve le 2 décembre 2015 avant d’annoncer les résultats des mesures exceptionnelles permises par l’état d’urgence, en se gardant bien de préciser, pour les quelques 10% de perquisitions qui auraient débouché sur des saisies, arrestations et/ou actions en justice, combien d’entre elles étaient effectivement liées au terrorisme.

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Venezuela : une révolution qui ne mourra pas


Cette révolution ne peut être annulée par une seule élection ni simplement supprimée par des lois


 

Par Eric Draitser – Le 18 décembre 2015 – Source CounterPunch

On a beaucoup écrit sur le résultat des élections législatives au Venezuela du 6 décembre dernier, et de nombreuses analyses se sont concentrées très justement sur les manquements du Parti socialiste (PSUV) et la difficulté de la situation actuelle dans le pays. En effet, même avant que le corps politique soit froid, les examens post-mortem ont abondé dans les médias commerciaux et alternatifs, avec des dissections d’apparemment tous les aspects de la politique de la République bolivarienne et de la vie sociale. Continuer la lecture

La guerre asymétrique de l’Amérique contre les musulmans


Sheldon Richman

Par Sheldon Richman – Le 18 décembre 2015 – Source CounterPunch

L’exagération démagogique de la menace terroriste, qui a été au centre des derniers débats des Républicains, se dégonfle facilement dès qu’on commence à réfléchir. Quelle chance un habitant des États-Unis a-t-il de se trouver au même endroit que quelqu’un qui projette de commettre des meurtres au nom d’État islamique, d’al-Qaïda ou d’une autre cause ? Quasiment aucune. Beaucoup de choses banales sont susceptibles de nous tuer bien avant qu’on ne rencontre un islamiste, un suprématiste blanc ou un terroriste anti-avortement aux États-Unis.

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Panique écologique : la nouvelle logique du sectarisme mondialiste

«...Regardons cela de cette façon : si la panique écologique est le déclencheur primaire de l'effondrement, des guerres et de la mort de la société industrialisée, les élites peuvent échapper à tout blâme. Ce sont elles, après tout, qui essaient de nous sauver de nous-mêmes par l'introduction du contrôle des émissions de carbone, pour ne pas mentionner l'idée de contrôle de la population... Si le changement climatique et la panique écologique deviennent des vérités enracinées au sein de notre cadre social, littéralement toute horreur pourra être justifiée.» Brandon Smith

Par Brandon Smith – Le 16 décembre 2015 – Source alt-market

Note du Saker Francophone

Si vous suivez la série de Dmitry Orlov, vous êtes sans doute en train de préparer votre départ pour la Sibérie. Brandon Smith a une autre vision des experts du climat qui correspond à son analyse du mondialisme. Il y a donc bien deux débats, les impacts écologiques sur notre environnement et l'utilisation de ces impacts supposés, réels ou à venir comme technologies politiques par les élites et là on revient sur la techno-sphère d'Orlov.

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La foi en une idéologie basée sur le désir de dominer les autres et le besoin de se sentir personnellement supérieur sans accomplissement légitime est peut-être le plus dangereux état mental qu’un individu ou une société peuvent adopter. Un tel état d’esprit vous renvoie au fanatisme, un élément constituant du sectarisme et une conséquence extrême du côté élitiste de la foi.
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La fusillade de San Bernardino,
encore un coup monté ?


Voici dix questions que vous ne pouvez pas poser


Par Kevin Barrett – Le 6 décembre 2015 – Source Veterans Today

Comme l’a rapporté CNN, l’avocat de la famille impliquée dans ce cas a insisté pour dire que le compte rendu du gouvernement sur ce qui s’est passé à San Bernardino ne tient pas la route.

Une chose est sûre, le gouvernement ne dit pas la vérité. Que s’est-il donc réellement passé ? Voici quelques questions sur cette histoire que les médias grand public ont peur de poser.

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La Syrie va-t-elle connaitre le destin de la Libye, pays qui n’existe plus ?

Préambule

Lorsque l’équipe de France de football gagne un match le pays entier se sent fier, mais lorsqu’une décision politique du gouvernement français a des effets catastrophiques personne ne se sent responsable. De plus les deux principaux instigateurs de la catastrophe libyenne, BHL et Sarkozy, continuent impunément à se promener sur les plateaux télévisés, où les journalistes ne les confrontent jamais à leurs erreurs criminelles ; l’un deux a même le toupet de briguer de nouveau l’investiture suprême sans rencontrer beaucoup de résistance. La France et les Français ne connaissent-ils donc pas la honte ? Le peuple français est-il donc si complice ? Ou alors est-il, tel un junkie, complètement déconnecté de la réalité et totalement apathique ?

Le Saker Francophone

Le 8 décembre 2015 – Source sputniknews

Students march in Green Square in Tripoli, Libya in 1986

© AP Photo/ John Redman

La Libye, largement décrite par des médias complices comme étant la dictature militaire de Kadhafi, a été détruite avec succès en 2011 pour préparer le chemin vers une vraie démocratie. Alors que maintenant les mêmes médias demandent à ce que le président Assad de Syrie soit renversé lui aussi, jetons un coup d’œil à ce que la Libye a perdu et qu’elle n’aura plus.

Contrairement à la croyance populaire, la Libye, que les médias décrivaient comme la dictature militaire de Kadhafi, était en réalité le pays le plus prospère d’Afrique.

Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), avant la campagne de bombardement occidentale en 2011, elle avait l’index de développement humain le plus élevé, le PIB par habitant le plus élevé, le taux de mortalité infantile le plus bas et celui d’espérance de vie le plus haut de toute l’Afrique.

Selon un rapport du PNUD de 2010, l’espérance de vie à la naissance était de 74,5 ans, le taux d’alphabétisation adulte de 88,4%, le taux brut de scolarisation de 94,1%, faisant de la Libye un pays à haut niveau de développement humain dans la région du Moyen Orient et de l’Afrique.

A woman mourns for the Egyptian Coptic Christians captured in Libya and killed by militants affiliated with the Islamic State group, outside of the Virgin Mary church in the village of el-Aour, near Minya, 220 kilometers (135 miles) south of Cairo, Egypt, Monday, Feb. 16, 2015

Une femme pleure la mort des chrétiens coptes tués par EI en Libye de el -Aour le 16 février 2015

«Pendant le bombardement de la Libye par l’OTAN, les journaux occidentaux ont oublié, de manière bien commode, de mentionner que les Nations Unies venaient  de terminer un long dossier louant les réalisations de M. Kadhafi dans le domaine des droits humains», écrit le professeur Garikai Chengu, un professeur spécialiste du Moyen-Orient a l’université de Harvard, dans un article de Foreign Policy Magazine datant de 2013.

«Le rapport des Nations Unies louait la Libye pour son amélioration de la protection juridique de ses citoyens, faisant des droits de l’homme une priorité, améliorant les droits des femmes, l’accès à l’éducation et à la propriété foncière. Durant l’ère Kadhafi l’accès à la propriété foncière était considéré comme un droit humain. En conséquence il n’y avait quasiment pas de personne sans toit ou dormant sous les ponts», ajoute-t-il.

Libyan military soldiers check on an area asLibyan military soldiers check on an area as they battle with Islamic extremist militias in Benghazi, Libya, Thursday, Oct. 30, 2014.  they battle with Islamic extremist militias in Benghazi, Libya, Thursday, Oct. 30, 2014.

Des militaires libyens en lutte contre les extrémistes islamistes à Benghazi © AP PHOTO/ MOHAMMED EL-SHEIKHY

Et le nombre de gens vivant dans la pauvreté y était plus faible qu’aux Pays-Bas.

«Combien de maisons et de ponts libyens ont été détruits par les bombardements de l’Otan ?», se demande alors l’auteur.

 

Libyan women raise red cards during a protest against the national unity government proposed by United Nations envoy Bernardino Leon on October 9, 2015 in Tripoli's central Martyrs Square.

Des femmes libyennes protestent à Tripoli en octobre 2015 contre le gouvernement proposé par les Nations Unies

Un domaine où le conseil des Nations Unies pour les droits humains a particulièrement loué Kadhafi a été celui des droits des  femmes, précise-t-il. «A la différence de nombreuses autres nations du monde arabe, les femmes en Libye avait le droit à l’éducation, le droit de travailler, de divorcer, d’être propriétaire et d’avoir un revenu.»

«Une des premières lois mises en place par Kadhafi dès 1970 a été celle qui garantissait un salaire égal pour un travail égal, seulement quelques années après qu’une même loi soit passée aux États-Unis.»

«De plus, les mères libyennes au travail bénéficiaient d’avantages spéciaux tels que des primes pour chaque enfant, des garderies gratuites, des centres de soins gratuits et la retraite à 55 ans.»

L’éducation dans la Libye de Kadhafi

«Dans la Libye de Kadhafi, l’éducation était un droit humain et était gratuite pour tout les Libyens. Si un Libyen ne trouvait pas de travail après avoir obtenu son diplôme, l’État lui versait l’équivalent d’un salaire moyen de sa profession», nous explique Chengu.

«N’est ce pas ironique que les États-Unis aient bombardé la Libye pour soi-disant répandre la démocratie alors que précisément l’éducation devient de plus en plus un privilège en Amérique, n’est plus un droit, et se termine le plus souvent par un fort endettement ?» se questionne-t-il.

Si un enfant talentueux du pays le plus riche du monde ne peut se permettre d’aller dans les meilleures écoles, nous explique-t-il, alors la société a manqué à son devoir vis-à-vis de cet enfant. En fait, pour la jeunesse du monde entier, l’éducation est un passeport pour la liberté. Donc un pays qui fait payer cher un tel passeport n’est libre que pour les riches, pas pour les pauvres.

Les Libyens ne profitaient pas seulement d‘une éducation et d’un système de santé gratuits, ajoute l’auteur, ils bénéficiaient aussi de l’électricité gratuite et de prêts à taux zéro. Le prix de l’essence tournait autour de 0,14$ le litre et 40 miches de pain coûtaient 0,15$ seulement.

Avec ces chiffres en tête, voici quelques extraits du rapport sur la Libye de Human Right Watch en 2015, qui montre clairement comment ce pays autrefois prospère a sombré dans le chaos.

«Les combats ont causé d’immenses destructions de propriétés, de civils blessés ou morts. Environ 400 000 personnes ont été déplacées dont 100 000 résidents de Tripoli. Plus de 150 000 personnes, dont les étrangers, ont fui le pays. La plupart des ambassades étrangères, les Nations Unies, la Croix-Rouge internationale et les autres agences internationales ont retiré leurs employés et fermé leurs missions en juillet», selon ce rapport.

«Les milices attaquent, menacent, assaillent ou détiennent arbitrairement les journalistes, les juges, les activistes, les politiciens et les citoyens ordinaires en toute impunité. Le manque de protection pour le système judiciaire a entrainé la disparition quasi-totale de la justice dans des villes comme Tripoli, Benghazi, Sebha et Derna.»

«Le manque de contrôle aux frontières et les combats entre tribus ont aggravé la situation sécuritaire, permettant trafic d’humains, de drogues et d’armes en continu à travers les frontières avec le Tchad, le Soudan, l’Égypte et l’Algérie.»

«Le système judiciaire libyen a subi de sérieux revers. Les milices attaquent les juges, les procureurs, les avocats et les témoins, entrainant la fermeture des tribunaux et des bureaux de procureurs à Benghazi, Derna, Sirte et Sebha et le quasi effondrement du système judiciaire. Le ministère de la justice à Tripoli a fermé en juillet à cause des combats.»

«A cause de l’effondrement de la loi et de l’ordre, et du climat d’impunité régnant, les femmes continuent à souffrir de discrimination. Des groupes armés imposent des restrictions aux femmes basées sur leurs croyances idéologiques. Des gardes harassent les étudiantes des universités de Tripoli qui refusent de porter le voile. D’autres sont harcelées alors qu’elles essayent de sortir de Libye sans un gardien masculin

Un nombre record de migrants et de demandeurs d’asile s’embarquent dans une périlleuse traversée de la Libye vers l’Europe, dont 60 000 ont atteint l’Italie rien qu’en 2014. Les opérations de sauvetage de la marine italienne, Mare Nostrum, ont sauvé environ 100 000 personnes embarquées sur des bateaux inadaptés, mais au moins 3 000 personnes ont péri en mer.

Le professeur Garikai Chengu fait remarquer que l’Occident a démontré que des marchés totalement dérégulés et des élections authentiquement libres ne peuvent cohabiter

«L’avidité organisée gagne toujours contre des démocraties désorganisées. Comment le capitalisme et la démocratie peuvent-ils cohabiter alors que le premier concentre richesse et pouvoir dans les mains de quelques uns pendant que la deuxième cherche à répartir richesse et pouvoir entre tous ?»

Donc, s’il n’est pas trop tard, les États-Unis devraient laisser la Syrie tranquille pour qu’elle puisse décider elle-même comment répartir le pouvoir économique parmi les démunis plutôt qu’entre quelques privilégiés.

Muammar Gaddafi

Syrte était la ville d’origine de Khadaffi. Il a été assassiné par l’Otan en 2011

Traduit par Wayan, édité par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

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La barbarie gagne du terrain


Par Luciana Bohne – Le 16 décembre 2015 – Source CounterPunch

En octobre  1930, Thomas Mann a lancé un «Appel à la raison» dans le Berliner Tageblatt :

«Cet état d’esprit fantastique, d’une humanité qui n’a plus d’idées, est compensé par une mise en scène politique grotesque, qui utilise les techniques de l’Armée du Salut : alléluias, tintements de cloche et répétition de slogans monotones à la manière des derviches, jusqu’à ce que tout le monde ait l’écume à la bouche. Le fanatisme se transforme en une source de salut, l’enthousiasme en extase épileptique… et le visage de la raison disparaît sous un voile.»

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