Par Alastair Crooke – Le 3 juin 2024 – Source Strategic Culture
Lors d’une visite à Oxford il y a quelques semaines, Josep Borrell, le Haut Représentant de l’Union européenne, a fait une remarque intéressante (selon Walter Münchau) : « La diplomatie est l’art de gérer les doubles standards ». Münchau illustrait l’hypocrisie inhérente à la diplomatie en opposant l’enthousiasme avec lequel les dirigeants de l’UE ont soutenu la décision de la CPI lorsqu’elle a demandé un mandat d’arrêt contre Poutine l’année dernière, et « le refus de la soutenir – lorsqu’il frappe un membre de votre équipe » (c’est-à-dire Netanyahou).
L’exemple le plus flagrant de cette double « pensée » concerne son corrélat – la « gestion » occidentale des réalités créées. Un double standard – un « récit » où nous « gagnons » – est élaboré, puis opposé à un récit où « ils échouent ».

Cela fait des dizaines d’années que l’on « construit » une Union européenne supra-nationale, justifiée par l’idée que les États nationaux sont trop égoïstes pour pouvoir servir, et encore moins entrapercevoir le bien commun. Il est peut-être temps, à l’approche des élections d’une représentation populaire, d’établir un bilan de cette « construction ». Nous avons décidé ici de contribuer à ce bilan sur un plan important : la protection de l’environnement, les transports et l’énergie. Tout cela se cristallise autour du véhicule électrique.
Le préjugé selon lequel il doit y avoir une solution au désordre au Moyen-Orient suppose que l’on sache déjà quel est le problème à résoudre. Un côté dit que le problème vient du terrorisme. L’autre dit que le problème est l’occupation. Les humanitaires affirment que le problème réside dans le meurtre d’enfants. Les internationalistes disent que le problème réside dans les crimes de guerre (soit la disproportion d’un côté, soit l’utilisation de civils comme boucliers de l’autre). D’une manière ou d’une autre, « nous » – qui que nous soyons – devons résoudre le problème.
Alors que nous approchons de la fin de l’année, je me laisse irrémédiablement entraîner dans une rêverie réflexive. Même si ce n’est pas la fin de la décennie, lorsque les choses prennent vraiment une teinte rétrospective, ces périodes de bouleversements font que les années semblent passer comme des décennies.