Par Mike Whitney − Le 1er février 2023 − Source Unz Review
La chose qui distingue le dernier rapport en date de la RAND Corporation sur l’Ukraine ne réside pas dans la qualité de ses analyses, mais dans le fait que le groupe de réflexion national le plus prestigieux a adopté sur la guerre une position opposée à celle de la classe politique de Washington et des alliés globalistes de cette dernière. C’est un changement très important. Souvenez-vous-en, les guerres ne s’arrêtent pas du fait que le public se met à s’y opposer. Cela n’est qu’un mythe. Les guerres prennent fin lorsqu’un fossé assez vaste se creuse parmi les élites, qui finit par déboucher sur un changement de politique.
La guerre par procuration des États-Unis contre la Russie est stupide. Dans une critique du livre de Benjamin Abelow, How the West Brought War to Ukraine, Peter Ramsay, professeur de droit à la LSE, explique comment ce dernier évite le récit simpliste « Poutine a envahi l’Ukraine » – qui attribue la responsabilité première de la guerre à des causes moins immédiates : « la stupidité et l’aveuglement du gouvernement américain » et « la déférence et la lâcheté » des dirigeants européens envers cette « stupidité » gouvernementale américaine.
Selon les propres chiffres de l’agence des réfugiés des Nations Unies, la majorité des personnes qui sont réfugiées, au niveau mondial — aujourd’hui mais également sans interruption depuis le début du XXIème siècle — ont fui des pays qui subissaient des sanctions, des coups d’États et/ou des invasions décidés par le gouvernement des États-Unis.


Le journal britannique The Guardian a publié, le 24 décembre, un article dont le titre est « L’Australie et la Chine font équipe pour protester contre les blocages de l’OMC causés par les vetos américains sur la cour d’appel. » En fait, il ne s’agit pas seulement de « l’équipe Chine-Australie« , mais d’une proposition conjointe de pas moins de 127 membres visant à protester contre l’obstruction à long terme des États-Unis à la nomination des juges de la cour d’appel suprême de l’OMC, obstruction qui paralyse cet organe depuis trois ans. La proposition demande le lancement immédiat du processus de sélection des juges et le rétablissement du fonctionnement normal du mécanisme de règlement des différends de l’OMC dans les meilleurs délais.