Combien l’Europe est-elle encore prête à perdre ?


par Conor Gallagher – 16 février 2025 – Naked Capitalism

Alors que Washington commence à envisager sa sortie du projet Ukraine, les responsables européens continuent de fuir la réalité. C’est compréhensible compte tenu de toute l’eau que l’Europe s’est prise dans la gueule depuis le début de la guerre et de la façon dont les mensonges de ses dirigeants ont fait de la Russie un ennemi existentiel à force d’accuser Moscou d’être la seule responsable.

Tous les sacrifices consentis sur l’autel du projet Ukraine rendent désormais beaucoup plus difficile pour l’Europe d’admettre sa défaite. Et ce ne sont pas seulement du aux dommages économiques que les Européens continuent de subir ; la structure de gouvernance de l’UE et les valeurs sociales ont changé de manière importante à mesure que les priorités du bloc ont été bouleversées.

À certains égards, l’UE est presque méconnaissable comparée à y a trois ans. Je pense donc qu’il serait utile de faire un tour d’horizon de tous ces changements ici avant de passer au refus persistant de la classe européenne d’accepter la réalité et ce que cela pourrait signifier. La liste des changements en Europe en réponse à la guerre sera sans doute incomplète car il y a tellement de choses à inclure, alors j’espère que les lecteurs pourront ajouter tout ce qui me manque dans les commentaires. Remarque : J’omets en grande partie les retombées économiques et la désindustrialisation, car elles ont été si bien couvertes ici et ailleurs.

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Voici où le châtiment de l’Europe par Trump devrait conduire


Par Moon of Alabama – Le 18 février 2025

Le 28 février 2022, cinq jours après le début de l’opération de désarmement de l’Ukraine, je prédisais ce à quoi elle pourrait conduire :

Les États-Unis et leurs mandataires dans l’UE et ailleurs ont mis en place des sanctions très sévères contre la Russie pour endommager son économie.

L’objectif final de cette guerre économique est un changement de régime en Russie.

La conséquence probable sera un changement de régime dans de nombreux autres pays.

Toute consommation d’énergie aux États-Unis et dans l’Union européenne se fera désormais à un prix élevé. Cela entraînera l’UE et les États-Unis dans une récession. Comme la Russie augmentera les prix des exportations de biens pour lesquels elle a un pouvoir de marché – gaz, pétrole, blé, potassium, titane, aluminium, palladium, néon, etc – la hausse de l’inflation dans le monde entier deviendra significative.

L’abandon des relations économiques avec la Russie et la Chine signifie que l’Allemagne et son nouveau chancelier Olaf Scholz sont tombés dans le piège du plan américain visant à créer une nouvelle guerre froide. L’économie allemande va devenir l’une de ses victimes.

Le 4 février, la Russie et la Chine ont déclaré un monde multipolaire dans lequel elles constituent deux pôles partenaires qui s’opposeront au pôle américain. L’avancée de la Russie en Ukraine en est la preuve.

Les Européens auraient dû le reconnaître au lieu d’aider les États-Unis à maintenir leur image de puissance unipolaire.

Il faudra du temps pour que les nouvelles réalités économiques s’installent. Elles changeront probablement la vision actuelle des véritables intérêts stratégiques de l’Europe.

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Le questionnaire que les États-Unis ont envoyé aux gouvernements européens. Une nouvelle sonnette d’alarme


Par Moon of Alabama – Le 17 février 2025

Le vice-président américain JD Vance a tendu un miroir à l’élite européenne, qui n’a pas voulu reconnaître ce qu’elle pouvait y voir : Des larbins, beaucoup de larbins.

« Mais nos valeurs communes ? » s’est écrié Christoph Heusgen, le président de la Conférence de Munich sur la sécurité.

Quelles valeurs, Monsieur Heusgen ? Celles qu’affichent quotidiennement, sous vos applaudissements, les colons européens en Palestine ?

La réaction du chancelier Olaf Scholz a été qualifiée de « poulet sans tête » par le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine. Cette description s’applique à (presque) tous les dirigeants européens.

Aujourd’hui, le secrétaire d’État américain Marco Rubio rencontrera le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov en Arabie saoudite. Ils parleront comme des adultes, au diable l’UE, et trouveront des moyens de parvenir à la paix en Ukraine et ailleurs.

Les Européens s’étonnent de ne pas être invités à participer aux discussions.

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L’UE va contourner les vetos nationaux pour adopter le prochain paquet de sanctions


Par Tamás Orbán – Le 16 janvier 2025 – Source European Conservative

Le ministre polonais des affaires étrangères Radosław Sikorski. Photo : Conseil européen, 2024 © Union européenne

L’UE s’apprête pour la première fois à contourner le droit de veto individuel des États membres lors du vote sur le prochain train de sanctions contre la Russie, qui devrait être publié à l’occasion du troisième anniversaire de l’invasion de l’Ukraine en 2022, en février.

Alors que les décisions concernant la politique étrangère requièrent normalement le consentement unanime de tous les États membres, conformément aux traités de l’UE, le Conseil de l’UE aurait l’intention de modifier la procédure en rétrogradant le vote au niveau ministériel – en le qualifiant de « commercial » au lieu de politique étrangère – où une majorité qualifiée (la moitié des États membres, représentant les deux tiers de la population de l’UE) est suffisante pour qu’il soit adopté.

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Les portes tournantes vers Wall Street menace la souveraineté de l’UE


Par Thomas Fazi − Le 18 janvier 2025 − Source Unherd

En tant que commissaire européen au marché intérieur, Thierry Breton s’est souvent présenté comme un champion de la souveraineté européenne, en particulier dans ses efforts pour contester la domination des géants américains de la technologie, tels que X d’Elon Musk. Cependant, beaucoup d’entre nous soupçonnaient que sa rhétorique avait moins à voir avec la défense de l’autonomie de l’Europe qu’avec un désir de contrôler le narratif. C’est ce qui ressort de la mise en œuvre de la loi sur les services numériques (DSA), un outil qui accorde effectivement aux élites de l’UE le pouvoir de dicter ce que des centaines de millions d’Européens peuvent ou ne peuvent pas dire et lire en ligne, sous prétexte de lutter contre la désinformation.

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Les responsables de l’UE prétendront ignorer les crimes de guerre commis par Israël. Ce document divulgué montre qu’ils ont été avertis


Par Arthur Neslen – Le 23 décembre 2024 – Source The Intercept

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, se rencontrent à Jérusalem le 14 février 2024.

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont rejeté un appel à mettre fin aux ventes d’armes à Israël le mois dernier, malgré les preuves croissantes de crimes de guerre — et, potentiellement, de génocide — qui leur ont été présentées dans une enquête interne obtenue par The Intercept.

Le contenu de cette évaluation de 35 pages pourrait influencer les futurs procès pour crimes de guerre de politiciens européens pour complicité dans l’assaut d’Israël contre Gaza, selon des avocats, des experts et des dirigeants politiques.

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Les dindes européennes sont-elles prêtes pour Thanksgiving ?


Par Dmitry Orlov − Le 12 Novembre 2024 − Source Club Orlov

Les dindes mènent généralement une vie heureuse et paisible, ignorant tout de leur sort à l’approche de la fête de Thanksgiving. Ce n’est pas le cas des dindes de l’Union européenne : un sentiment de panique était palpable parmi les animaux de compagnie européens de Washington lors de leur dernière réunion à Budapest. Nombre d’entre eux n’avaient même pas l’intention de se rendre à Budapest, estimant que la politique de Victor Orbán était inacceptable.C’est un Européen qui privilégie la Hongrie, ce qui n’est déjà pas si mal, mais en plus, il veut commercer avec la Russie. Il n’a pas le choix : les oléoducs de l’ère soviétique qui approvisionnent la Hongrie en pétrole et en gaz naturel traversent d’est en ouest l’ancienne République socialiste soviétique d’Ukraine. La Hongrie travaille également avec l’entreprise russe Rosatom à la construction de la centrale nucléaire de Paks-2 (Paksi-2 Atomerőmű en hongrois). C’est encore pire (les bons Européens sont censés sanctionner la Russie, pas conclure des accords commerciaux à long terme avec elle), mais Orbán est également fermement décidé à ne pas fournir d’armes au régime de Kiev. C’est compréhensible : étant donné que le régime de Kiev viole les droits de l’importante communauté hongroise dans l’ouest de l’Ukraine, il est plus un ennemi qu’un ami pour les Hongrois.

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Pourquoi la nouvelle classe politique européenne rejette-t-elle la réalité ?


Par Glenn Diesen – Le 26 octobre 2024

La Russie considère l’incursion de l’OTAN en Ukraine comme une menace existentielle, et l’OTAN a ouvertement déclaré son intention de faire de l’Ukraine un État membre après la guerre. Sans un règlement politique rétablissant la neutralité de l’Ukraine, la Russie annexera donc probablement les territoires stratégiques qu’elle ne veut pas voir sous le contrôle de l’OTAN, puis transformera ce qui reste de l’Ukraine en un État croupion dysfonctionnel. Alors que la guerre est en train d’être perdue, la politique rationnelle pour les Européens serait donc de proposer un accord basé sur la fin de l’expansion de l’OTAN vers l’est pour sauver des vies ukrainiennes, le territoire et la nation elle-même. Pourtant, aucun dirigeant européen n’a été en mesure de proposer publiquement une telle solution. Pourquoi ?

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L’Union européenne, un coup d’État néolibéral


Une interview de Thomas Fazi – Le 24 septembre 2024

Maike Gosch : Cher Thomas, pourriez-vous commencer par nous parler un peu de vous et de votre parcours ?

Thomas Fazi : D’un point de vue politique, mon baptême du feu a eu lieu à la fin des années 90/début des années 2000 avec le mouvement altermondialiste. C’est vraiment ce qui m’a amené à faire de la politique. Je faisais partie de ce que l’on peut appeler la gauche radicale, ou la gauche socialiste, à une époque où la gauche n’était pas encore devenue complètement folle – même si certains signes précurseurs étaient déjà là. C’était une époque très excitante pour faire de la politique. C’était le premier mouvement de masse qui surgissait en Occident depuis plus d’une décennie. Et je dirais aussi que c’était le dernier grand mouvement de masse de gauche que nous ayons eu en Occident, et cela a continué pendant quelques années, évoluant vers un mouvement anti-guerre ou pour la paix après le 11 septembre, et le début des guerres post-11 septembre.

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