Par Thomas Fazi – Le 11 mars 2026 – Source Blog de l’auteur
Trump et Hegseth ne cessent de répéter que les États-Unis et Israël sont en train de gagner la guerre contre l’Iran. Pour preuve, ils citent des frappes aériennes massives contre lesquelles l’Iran s’est avéré être largement sans défense et qui ont décimé sa marine et son armée de l’air.
Mais c’est une illusion dangereuse. La réalité est que détruire la marine et l’aviation iraniennes ou inlassablement bombarder Téhéran, est militairement simple mais stratégiquement dénué de sens. Les États-Unis peuvent en effet causer beaucoup de destructions et de carnages en Iran – et c’est déjà le cas, y compris en ciblant des infrastructures civiles telles que des écoles, des hôpitaux, des dépôts pétroliers et des usines de dessalement, c’est-à-dire en réservant à l’Iran le traitement de Gaza – mais au-delà de cela, l’administration Trump n’a aucune définition réalisable de la victoire, encore moins une stratégie cohérente pour y arriver.
Les objectifs déclarés – démanteler le programme de missiles balistiques de l’Iran, mettre fin à l’enrichissement nucléaire et réduire le soutien aux Houthis, au Hezbollah et au Hamas – sont irréalisables par la seule force militaire. Si le régime survit, il se reconstruira, tout simplement. La seule voie pour résoudre définitivement ces trois « problèmes« , du point de vue américano-israélien, est un changement de régime. Cela signifie non seulement remplacer le gouvernement, mais le remplacer par un gouvernement complètement subordonné aux États-Unis et à Israël, un régime fantoche. Cela signifierait effectivement transformer l’Iran en une colonie américano-israélienne.
Dans une énième escalade des tensions commerciales dans le monde, l’UE se prépare à introduire des règles nettement plus strictes sur les investissements chinois dans le bloc. Dans le cadre actuel de 2019, les États membres jouissent d’une grande latitude dans la manière dont ils filtrent les investissements directs étrangers. Mais une nouvelle loi – approuvé par le Parlement européen en mai 2025 – rendrait désormais obligatoire le filtrage dans un éventail de secteurs stratégiques, notamment les médias, les matières premières critiques, les transports, l’énergie, les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle et les technologies émergentes. Elle étend également cet examen aux projets entièrement nouveaux – et pas seulement aux acquisitions – et accorde à la Commission plus de pouvoirs pour intervenir dans les litiges ou combler les lacunes. D’ici décembre, la Commission vise à consolider les nouvelles règles, en mettant explicitement l’accent sur la Chine.