Par Geminello Preterossi – Le 5 juillet 2025 – Source The Indicter
Face au délire belliciste en cours dans l’Union européenne, on se demande si nous ne sommes pas désormais confrontés à un cas macroscopique de psychopathologie politique : tous les mécanismes de défense décrits par Freud sont à l’œuvre.
Le premier est la négation : de la réalité, du contexte, de ses propres pulsions destructrices, etc., qui est maintenant allé jusqu’au niveau psychotique, qu’il est devenu déni, forclusion (c’est-à-dire perte de la relation avec la réalité, typique de la psychose). Puis la projection, le déplacement, le fractionnement, le retrait, l’idéalisation du soi. Après tout, Freud lui-même dans « l’Inconfort de la civilisation », mais aussi dans sa correspondance-dialogue avec Einstein, avait thématisé le contexte psychanalytique de la guerre. Ce contexte s’accompagne également d’une forte dose d’infantilisme politique, qui contribue à alimenter une dérive fanatique et irrationnelle qui sacrifie les vrais intérêts des peuples européens, et leur propre volonté, au maintien d’un faux Moi européiste. Il y a donc du cynisme, il y a des intérêts (même inavouables), mais ce qui est en jeu, c’est une question existentielle, une question identitaire aux implications profondes, qui touchent au côté obscur de la construction européenne.

En 2019, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, annonçait le « Pacte vert » européen. Elle décrivait ce plan climatique comme étant un « moment historique », une transformation révolutionnaire de l’économie européenne qui permettrait d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et entraînerait des changements dans presque tous les secteurs de l’économie.
Rémi Brague, historien de la philosophie, est l’un des intellectuels catholiques les plus en vue. Professeur émérite à la Sorbonne à Paris, il a également enseigné pendant de nombreuses années à la Ludwig-Maximilians-Universität de Munich, où il a occupé la chaire du nom de Romano Guardini. Il a reçu une longue liste de nominations et de récompenses, dont le Prix Ratzinger de théologie en 2012. Brague est à l’origine de nombreuses idées sur l’Europe, y compris l’hypothèse qu’elle est la seule civilisation à avoir une conscience claire des diverses traditions qui l’ont façonnée : la civilisation grecque classique, le droit romain et la culture juive et chrétienne. L’Europe n’est pas seulement le produit d’un mélange de cultures, elle est consciente de l’être. Cette prise de conscience sous-tend la façon dont l’Europe se considère elle-même. Pour cette raison, Brague a critiqué les abus de certaines sphères de la culture européenne qui – souvent soutenues par le pouvoir institutionnel – se sont efforcées d’effacer et de réduire au silence certaines parties de son héritage, comme son âme chrétienne. Le philosophe français a accepté de parler avec nous sur le thème de l’Europe, à partir du projet de réarmement, présenté comme une étape nécessaire de l’intégration de l’Union européenne.
