La violence impériale en Syrie [3/7]

Diviser pour régner


Par Kim Petersen et B. J. Sabri – Le 11 janvier 2015 – Source ICH

De la part de WikiLeaks

Une dépêche du 13 décembre 2006, Agir sur le SARG (le gouvernement syrien), à la fin de 2006, nous prouve que depuis cette année-là (cinq ans avant le Printemps arabe des manifestations en Syrie), déstabiliser le gouvernement syrien est au centre des motivations de la politique des USA. L’auteur de la dépêche est William Roebuck, à cette époque chargé d’affaires auprès de l’ambassade des États-Unis à Damas. La dépêche révèle les stratégies capables de déstabiliser le gouvernement syrien. Roebuck écrit :

«Nous pensons que les faiblesses de Bachar se trouvent dans sa façon de  réagir face aux problèmes imminents, perçus ou réels, comme le choix entre des réformes économiques (mêmes limitées) et les forces intérieures corrompues, la question kurde, et la menace potentielle pour le régime représentée par la présence croissante d’islamistes intégristes en transit. Cette dépêche concrétise notre estimation des points vulnérables et suggère qu’il peut y avoir des actions, des déclarations et des signaux que le gouvernement US peut envoyer qui pourraient augmenter la probabilité de l’avènement de telles opportunités.»

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La violence impérialiste en Syrie [2/7]

Le but dissimulé des forces anti-syriennes


Par Kim Petersen et B. J. Sabri – Le 9 janvier 2016 – Source ICH

Dans notre article précédent, nous nous demandions pourquoi la Russie était concernée par la violence US en Syrie. Lors d’une nouvelle enquête, la BBC, la voix de l’impérialisme britannique, répond à la question par ces mots : «En se plaçant aux côtés de Damas, le Kremlin déclare au monde que ni l’ONU, ni aucun pays ou groupe de pays n’a le droit de décider qui gouverne ou pas un pays souverain.»

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Syrie – Repositionnements de fin de partie


Moon of Alabama

Moon of Alabama

Le 20 janvier 2016 – Source Moon of Alabama

Lorsque la campagne russe a commencé en Syrie, Obama a assuré qu’elle finirait en bourbier. Divers médias et analystes se sont alignés sur lui. Ils ont eu tort car la campagne russe est, en réalité, une campagne bien pensée et bien exécutée. Continuer la lecture

Poutine et Israël : une relation complexe à plusieurs niveaux

Saker US

Saker US

Par le Saker US – Le 23 décembre 2015 – Source thesaker.is

Le récent assassinat de Samir Kuntar par Israël a, une fois encore, enflammé le débat sur la relation entre Poutine et Israël. C’est un sujet extrêmement complexe et ceux qui aiment les explications simples, en boîte, devraient tout de suite cesser de lire. La vérité est que la relation entre la Russie et Israël et, même avant ça, entre juifs et Russes, mériterait un livre entier.

Putin and Israel – a complex and multi-layered relationship

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La tentative de meurtre contre Rehab Nazzal à Bethlehem et l’hypocrisie des médias occidentaux


Une interview d’Eric Walberg par le journal palestinien Al-Qods


Par Eric Walberg – Le 25 décembre 2015 – Source Eric Walberg

L’artiste canadienne sur laquelle on a tiré à Bethléem (photo artnet.com)

Question – Pensez-vous que la colère suscitée par l’échec des pourparlers de paix soit à l’origine de l’Intifada actuelle ?

Eric Walberg – Personne, ni dans un camp ni dans l’autre, ne prend ces éternels pourparlers au sérieux. Netanyahou a clairement dit à plusieurs reprises qu’il n’avait pas l’intention, en tant que Premier ministre, de céder d’autres colonies ni d’arrêter leur expansion. Son objectif est de faire de Jérusalem la capitale d’Israël, de détruire la mosquée al-Aqsa et de construire un temple juif dédié au roi Salomon sur le Mont du Temple.

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Business as usual !

L’UE achète à prix d’ami du pétrole aux auteurs des attentats sur son sol


Comment l’UE importe, via Israël, le pétrole de Daech finançant ainsi les armes qui tuent ses propres enfants


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Lors d’une conférence de presse en marge de la COP21 au Bourget, le président russe Vladimir Poutine a lié pour la première fois la décision de la Turquie d’abattre le SU-24 russe à la lutte engagée par son pays contre le trafic de pétrole clandestin de l’organisation État islamique à destination de la Turquie :

«Nous avons toutes les raisons de penser que la décision d’abattre notre avion a été dictée par la volonté de protéger ces chemins d’acheminement de pétrole vers le territoire turc, justement vers ces ports depuis lesquels il est chargé sur des navires-citernes.»

Le président russe confirme en cela les informations révélées par le journal al-Araby, qui documentait les conditions opérationnelles de l’acheminement du pétrole de Daech en Turquie. Ces informations, que j’avais relayées dans un précédent article, ont depuis trouvé un écho dans la presse internationale, notamment via l’agence de presse russe Sputnik news et le site israélien Globes.

L’article original publié par al-Araby et repris par Zerohedge synthétisait notamment de nombreux éléments factuels concernant les exportations de pétrole de Daech sous la forme d’un itinéraire cartographié qui aboutissait au port de Ceyhan en Turquie où, mélangé au pétrole illégal importé du Kurdistan irakien, ce dernier est chargé sur des tankers. Un transbordement est ensuite effectué au large de Malte afin de masquer la provenance du brut, qui est ensuite livré au port israélien d’Ashdod.

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Selon le ministre syrien de l’Information, le fils du président turc Erdogan est directement impliqué dans ce trafic via la compagnie maritime BMZ Group dont il est l’un des propriétaires et qui opère plusieurs tankers sous pavillon maltais. Si l’implication du clan Erdogan n’est pas surprenante, la deuxième partie de l’histoire révèle cependant  le rôle central d’Israël dans ce trafic.

Vendu aux alentours de 20$ par Daech à la frontière turque, le pétrole est exporté puis raffiné au port d’Ashdod, sur la côte israélienne, d’où une partie serait revendue à plusieurs sociétés pétrolières privées opérant sur le marché européen, à un prix compris entre 30 et 35 dollars le baril.

Le pétrole illégal du Kurdistan couvre 75 % de la consommation israélienne, et un tiers de ce volume est importé de Turquie via le port de Ceyhan qui couvre également la production de l’État islamique. Israël est ainsi le principal négociant de brut de Daech.

Si l’État hébreux réserve une partie de ces importations pour sa consommation domestique, une autre partie est exportée vers l’Europe en ayant acquis un statut légal durant son transit à Ashdod.

Selon les sources d’al-Araby, une partie du brut serait expédié par des sociétés privées vers une raffinerie italienne, qui constituerait donc la porte d’entrée du pétrole de Daech dans l’Union européenne.

Le journal basé à Londres ne donne pas le nom de cette raffinerie mais précise cependant qu’elle est la propriété d’un homme d’affaire italien possédant également un club de football de premier plan en Série A. Il pourrait ainsi s’agir de Massimo Moratti, propriétaire de l’Inter de Milan jusqu’en 2013 et dont la holding, Saras, détient la plus grande raffinerie du pays à Saroch, près de Cagliari.

L’enquête du journal al-Araby corrobore ainsi les déclarations qu’avait faites l’ambassadrice de l’Union européenne en Irak, Mme Jana Hybaskova, le 2 septembre 2014 devant la Commission des affaires étrangères du Parlement européen, affirmant que des États européens achetaient le pétrole d’État islamique…

Guillaume Borel

Article original publié par Arrêt sur Info

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Les Rockefeller de Raqqa: comment le pétrole de État islamique arrive en Israël


Par Al-Araby Al-Jadeed – Le 26 novembre 2015 – Source al-Araby

Raqqa's Rockefellers: How Islamic State oil flows to Israel

Le pétrole produit par le groupe État islamique lui permet d’épancher sa soif de sang. Mais comment est-il extrait, transporté et vendu ? Qui l’achète, et comment arrive-t-il en Israël?

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Les oliviers de Palestine. La destruction d’un symbole de paix.


Par Cesar Chelala – le 3 novembre 2015 – Counterpunch

Depuis quelques années les oliviers palestiniens, un symbole universel de vie et de paix, sont systématiquement détruits par les colons israéliens. « Cela va même en augmentant. Ce qui peut paraitre comme un acte de violence est en réalité une méthode utilisée par les colons pour pousser les fermiers palestiniens hors de leurs propres terres », comme l’a déclaré, il y a déjà quelques temps, une porte parole de Yesh Din, ONG israélienne recensant les incidents en Cisjordanie.

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L’art comme arme de résistance à la brutalité coloniale illégale d’Israël


Par Wayan – Le 3 novembre 2015.

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Alors qu’une nouvelle génération de jeunes palestiniens prend de plus en plus conscience que le futur état palestinien n’est qu’un leurre avancé pas Israël pour gagner du temps et continuer à grignoter, barricader et ghettoïser le peu qui en reste, la frustration et la colère s’emparent d’eux.

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Voici une carte qui montre ce qui reste de la Palestine après 68 ans de grignotage bien planifié par Israël. Cette carte démontre l’impossibilité d’aboutir maintenant à un état palestinien viable. Il n’en reste plus qu’un archipel de bantoustans arabes dans une mer inamicale de murs de séparation, de check points, de villages de colons israéliens, de routes et de zones interdites.

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Une palestinienne tentant de démolir le mur de séparation israélien

Les habitants y subissent quotidiennement l’humiliation coloniale, un traitement discriminatoire et arbitraire et l’impossibilité d’envisager toute amélioration de leur condition politico-sociale.
Gaza est une prison à ciel ouvert enfermant 1,5 millions de personnes n’ayant le droit d’en sortir que sous des conditions draconiennes. Ce n’est pas leur propre gouvernement qui les y enferme mais une puissance étrangère occupante.

Carte des implantations de colonies israéliennes en Cisjordanie

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Les jeunes palestiniens en colère, des terroristes ou des résistants ? L’Onu a répondu régulièrement  à cette question depuis bientôt 50 ans

La presse israélienne, docilement suivie par la presse occidentale, s’évertue à poser l’étiquette terroriste sur ces jeunes palestiniens. Il serait donc bon de rappeler, afin de rééquilibrer le débat que :

La Résolution 2621 XXV, du 12 octobre 1970 des Nations Unies affirme « le droit inhérent des peuples colonisés à lutter par tous les moyens nécessaires contre les puissances coloniales qui répriment leur aspiration à la liberté et à l’indépendance.»

Cette légitimation du droit à la résistance est confortée par l’article 1er §4 du premier protocole additionnel de Genève du 08.06.1977 aux termes duquel, parmi les conflits armés internationaux, figurent ceux « dans lesquels les peuples luttent contre la domination coloniale et l’occupation étrangère et contre les régimes racistes dans l’exercice du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes…»

Résolution 37-43 des Nations Unies : « Tout peuple a le droit de résister à l’oppression, l’occupation, l’annexion ou colonisation par une force étrangère. Cette opposition légitime la résistance armée « .

La résistance palestinienne est donc légale face au droit international en cours aujourd’hui.

Car il faut aussi rappeler que la résolution 3236 de l’Assemblée générale de l’ONU du 22 novembre 1974, entre autres points :

Réaffirme les droits inaliénables du peuple palestinien en Palestine, y compris :
(a) Le droit à l’autodétermination sans ingérence extérieure ;
(b) Le droit à l’indépendance et à la souveraineté nationales ;

Réaffirme également le droit inaliénable des Palestiniens de retourner dans leurs foyers et vers leurs biens d’où ils ont été déplacés et déracinés, et demande leur retour ;

Reconnaît que le peuple palestinien est une partie principale pour l’établissement d’une paix juste et durable au Moyen-Orient ;

Fait appel à tous les États et organisations internationales pour qu’ils aident le peuple palestinien dans sa lutte pour recouvrer ses droits, conformément à la Charte.

L’année suivante, l’AG adopte la résolution 3376 créant le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien pour soutenir la résolution 3236, et la résolution 3379 qui « décrète que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ».

Elle a été révoquée le 16 décembre 1991 car c’était la condition que posait Israël pour sa participation aux accords d’Oslo.

Sans oublier que déjà en 1968, le conseil de sécurité de l’ONU protestait :
Résolution 252 (21 mai 1968). Le Conseil de sécurité déclare « non valides » les mesures prises par Israël, y compris l’« expropriation de terres et de biens immobiliers », qui visent à « modifier le statut de Jérusalem », et demande à celui-ci de s’abstenir de prendre de telles mesures.

Rebelote dix ans plus tard :

Résolution 446 (22 mars 1979). Le Conseil de sécurité exige l’arrêt des « pratiques israéliennes visant à établir des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis 1967 », déclare que ces pratiques « n’ont aucune validité en droit » et demande à Israël de respecter la convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre.

Il parait donc évident, en faisant preuve d’un minimum d’impartialité, de voir qui est hors la loi et qui ne l’est pas dans ce conflit. C’est pourtant un exercice difficile, mais surtout socialement risqué, pour la majorité de nos journalistes, analystes et hommes politiques.

Nous devons donc constater qu’en 2015 la fameuse loi internationale reste toujours celle du plus fort, malgré ce qu’on voudrait nous faire croire.
Mais le plus fort s’avère souvent être le plus bête, complètement aveuglé par sa propre puissance.

Car si la solution à deux états n’est plus viable que reste-t-il ? L’éradication totale ou la déportation forcée des 6 millions de palestiniens vivant en Palestine étant physiquement et moralement impossible, il ne reste que la solution d’un seul état. C’est-à-dire qu’en rendant impossible la solution à deux états le gouvernement israélien se place lui-même dans la position de devoir accepter un seul état englobant tous les habitants de la région, qu’ils soient juifs, musulmans, chrétiens ou autres, tous devenus citoyens israéliens.

C’est pourtant la pire des solutions pour ce gouvernement car elle marquera la fin du concept d’état juif, concept qui est pourtant la pierre angulaire de sa doctrine et qu’il s’évertue à vouloir faire reconnaître au reste du monde. C’est une éventualité qui terrorise tellement le gouvernement israélien actuel qu’il ne la voit même pas arriver, qu’il ne réalise même pas que c’est celle qu’il est, inconsciemment, en train de provoquer. Un cas flagrant d’aveuglement idéologique.

Alors dans quel camp sont les terroristes ?

Wayan est membre actif du Saker Francophone, il vit en Indonésie.

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La France réprime plus durement les appels au boycott qu’Israël lui-même. Le boycott de la Russie suit son cours


Par Ali Abunimah – Le 31 octobre 2015 – Source The Electronic Intifada

Un récent arreté de justice ajouté à la répression en France des activistes solidaires avec la Palestine. (Flickr)

Le 20 octobre, la Cour de cassation, la plus haute juridiction de France, a confirmé la condamnation de douze militants du mouvement de solidarité avec la Palestine, pour avoir appelé publiquement au boycott des produits israéliens.

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