Novorussie SITREP du 4 mars 2015

Par Le Saker original –  Le 6 mars 2015 – Source thesaker.is

Aujourd’hui la situation en Ukraine est trompeusement calme. Si les Novorusses ont achevé le retrait de leurs armes lourdes, les forces de la junte en sont loin; elles en ont retiré quelques-unes, mais pour le reste il s’agit plus d’une relocalisation ou d’une rotation que d’un retrait. L’OSCE le sait très bien, mais il n’y a rien qu’ils puissent faire. En outre, il y a eu une avalanche de contacts dans les coulisses entre Hollande, Merkel, Poutine et Porochenko, et entre Kerry et Lavrov, mais rien de substantiel n’a été révélé, du moins pas pour le grand public. Il est difficile pour moi de croire que la junte prépare une offensive de printemps après avoir reçu une telle raclée l’été dernier et cet hiver, mais cela soulève la question de ce qui est vraiment le pire pour les monstres au pouvoir à Kiev, une défaite militaire ou une paix qui les laisse face à face avec une population extrêmement insatisfaite.

Parlant de l’offensive d’hiver, Oncle Martin a publié une traduction en anglais de l’analyse détaillée du colonel CASSAD au sujet de ce qui est arrivé près de Donetsk et Debaltsevo et il montre que les choses n’étaient pas l’image parfaite que certains pouvaient supposer. Lisez l’article ici (en anglais), c’est une lecture très intéressante: La bataille pour Debalcevo, Résultats.

En attendant, dans la partie de l’Ukraine contrôlée par la junte, la persécution de la population orthodoxe par des voyous uniates se poursuit sans relâche. Les militants des droits humains de Kiev ont rapporté que les chrétiens orthodoxes ont été agressés et menacés dans leur église au cours d’une cérémonie religieuse.

Les dirigeants américains et européens ont déclaré qu’ils se penchent sur de nouvelles sanctions contre la Russie au cas où l’accord de Minsk-2 échouerait en Novorussie. Apparemment, ils supposent que cela ne pourrait se produire que par la faute des Novorusses et de la Russie. Dans l’intervalle, les noms de domaine Internet enregistrés en Crimée sont retirés par l’ICANN (voir ici pour plus de détails).

Conclusion: la situation semble calme, mais comme rien n’a vraiment changé, ce calme est probablement temporaire, au mieux.

Le Saker

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

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L’Ukraine truffe d’explosifs les ponts vers la Crimée

Par Oleg Kryuchkov – Le 5 mars 2015 – Source Fort Russ

Kiev mine les ponts qui mènent à la Crimée et le cache à ses propre citoyens

Sur l’ordre de Kiev, les ponts vers la Crimée ont été truffés d’explosifs. selon la Direction des frontières du FSB à Simferopol.

Selon la direction des frontières du FSB russe, les Forces armées ukrainiennes (FAU) ont placé des dizaines de caisses d’explosifs près des piliers de pont et les ont reliées à des fils électriques. Tout cela sans interrompre le trafic routier. L’opération a été filmée sur vidéo. NTV est entré en possession des prises de vue et son correspondant Oleg Kryuchkov les a étudiées.

Les FAU ont miné deux ponts au dessus de l’isthme Tchongar qui relie l’Ukraine à la Crimée. Il faut noter que ces ponts sont utilisés principalement par les citoyens ukrainiens. Les résidents de la Crimée ne vont pas en Ukraine. Ils courent le risque d’être arrêtés à la frontière ou d’être recrutés pour l’Opération anti-terroriste (ATO). Le trafic se compose essentiellement d’Ukrainiens (jusqu’à 1000 par jour) qui vont en Crimée. Personne ne leur a dit que les ponts avaient été minés.

Ekaterina Tarasova, la correspondante de presse de la direction des frontières du FSB de la République de Crimée, a déclaré : «L’Ukraine dissimule ces faits, malgré le danger qu’ils représentent pour la vie et la santé des citoyens. La direction des frontières a envoyé une requête au Service des frontières ukrainien pour leur demander de déminer le pont. Toutefois, l’Ukraine a ignoré nos demandes, et le danger d’explosion reste entier

Les FAU ont placé 42 caisses d’explosifs à côté des piliers de pont. Selon des officiers du génie de combat, cela représente une à deux tonnes d’explosifs, selon les cas. A titre d’exemple, un kilogramme de TNT suffit pour faire sauter un camion. Cependant, l’Ukraine ne réagit pas aux demandes des gardes-frontières russes.

Commentaire de J. Hawk (Traducteur du russe à l’anglais)

Cela peut signifier beaucoup de choses. Soit des préparatifs pour opérer le blocage complet de la Crimée, mais il n’est pas nécessaire de faire sauter les ponts pour cela. Soit des mesures défensives contre une éventuelle attaque de la Russie à partir de la Crimée – si l’on pense à l’état de psychose qui règne à Kiev en ce moment, cela ne peut être exclu. Soit, et c’est le scénario le plus inquiétant, Kiev prépare la prochaine provocation. Parce que si un de ces ponts (et ceux qui se trouvent dessus à ce moment-là) devait exploser, on nous dirait aussitôt que c’est Poutine qui l’a fait.

Traduction de l’anglais par Dominique Muselet, relu par jj pour le Saker Francophone

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Washington force le bouledogue britannique à marcher au pied

Finian Cunningham

Finian Cunningham

Par Finian Cunnigham – Le 4 mars 2015 – Source strategic-culture

 

 

Dans une démonstration éhontée de remise au pas de leur relation spéciale, les politiciens américains et les chefs du Pentagone sont en train de réprimander ouvertement le gouvernement britannique pour qu’il maintienne ses énormes dépenses militaires dans l’Alliance atlantique (OTAN) – éventuellement au détriment de services publics déjà en déliquescence dans une Grande-Bretagne assommée par l’austérité. L’injonction de Washington soulève de sérieuses questions sur la nature de la démocratie en Grande-Bretagne – l’auto-proclamée mère de tous les parlements.

Les allégations farfelues sur l’agression russe et les sinistres ambitions mondiales de Vladimir Poutine ont été invoquées pour justifier ce qui est par ailleurs une extraordinaire violation des droits démocratiques de la Grande-Bretagne par les États-Unis.

L’intrusion américaine dans les affaires britanniques s’inscrit dans la course électorale parlementaire de mai prochain, lorsque cinq années d’implacable austérité économique sous la coalition libérale-conservatrice au pouvoir seront soumises au test électoral. Le dirigeant conservateur (Tory) et Premier ministre David Cameron est mis sous pression par la population pour qu’il préserve les budgets de l’éducation et de la santé, pendant que les dépenses militaires, surdimensionnées pour le pays, sont pointées comme le secteur qui devrait procéder aux nécessaires coupes budgétaires. Continuer la lecture

UE-Ukraine:
De l’eau dans le gaz

Le 4 mars 2015 – Source Fort Russ

Les relations diplomatiques de l’Ukraine et de l’Europe virent au fiasco

Les politiciens européens ont compris qu’ils ne pouvaient espérer aucun changement de l’Ukraine et le niveau de dialogue avec Kiev est en baisse, selon Viktor Medvedtchouk, le leader du mouvement Choix ukrainien.

Les relations diplomatiques ont tourné au fiasco entre l’Europe et l’Ukraine dont les fausses promesses ont déçu les politiciens européens. «Il n’y a pas de changement sur le front diplomatique Ukraine–UE. Kiev, qui vient à peine de se remettre de la rebuffade de Bruxelles (Porochenko n’a pas été invité au sommet européen de décembre), est en train de subir une autre défaite diplomatique. Le 17e sommet UE–Ukraine qui a fait l’objet d’une large publicité, et qui était initialement prévu fin janvier-début février a été à nouveau reporté. Mais aucune nouvelle date n’a été fixée», a dit Medvedchuk. Le gros problème est que les deux parties n’arrivent pas à s’entendre sur le contenu du sommet.

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«Nos pires ennemis sont ces connards de Kiev qui nous ont envoyés mourir ici »

Par Sasha Zhuk – Le 4 mars 2015 – Source Fort Russ

Des soldats ukrainiens privés de salaire pour avoir maudit Porochenko depuis leur tranchée

Une vidéo destinée à Porochenko réalisée par des soldats des Forces armées ukrainiennes (FAU) dans leur tranchée et contenant de très vives critiques, a été diffusée à Kiev – qui n’a pas apprécié. Et au lieu de donner satisfaction aux soldats, ils les ont privés de leur salaire. Ce n’est probablement que le début.

 

Le soldat qui a filmé la vidéo, Andrey Grachev, en parle sur sa page Facebook.

«Je demande pardon à mes enfants et à ma femme bien-aimée. Je me bats maintenant sans salaire parce que j’ai filmé et posté cette vidéo. Les camarades qui sont sur la vidéo sont dans le même cas. Je ne comprends pas, nous avons peut-être fait une erreur. Et maintenant, nous devons nous battre gratuitement pour l’Ukraine et pour le président. Camarades, ne dites pas la vérité. Restez assis sans rien dire, gardez tout pour vous. Sinon, vous perdrez un mois de salaire comme nous», a écrit Grachev.

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Le fin fond de l’histoire au sujet de l’Iran, des USA, de la Russie et de la Chine

Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 4 mars 2015 – Source – SputnikNews

Le fin fond de l’histoire, aussi bien aujourd’hui que demain, c’est de savoir quelle position va adopter l’Iran, puissance clé du sud-ouest de l’Asie, dans le ballet diplomatique complexe et incessant que se livrent les USA, la Russie et la Chine. Il s’agit là d’un des principaux vecteurs du nouveau grand jeu en cours en Eurasie.

Le fin fond de l’histoire n’a jamais été de savoir comment le belliciste Premier ministre israélien Bibi Netanyahou, un dirigeant étranger, allait s’y prendre pour utiliser sans scrupule le Château de cartes [titre de la version française de la série télévisée américaine House of Cards – NdT], pardon, le Capitole des Etats-Unis, comme tribune pour favoriser sa réélection et modeler à sa façon la présidence et la politique étrangère des USA.

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Grand Jeu en Terre Sainte
Israël: non au gaz des Gazaouis

Par Michael Schwartz – Le 26 février 2015 – Source TomDispatch

Comment le gaz naturel de Gaza est devenu l’épicentre d’une lutte internationale pour le pouvoir

Devinez quoi? Presque toutes les guerres actuelles, les soulèvements et autres conflits au Moyen-Orient sont reliés par un seul fil, qui est aussi une menace: ces conflits s’inscrivent dans la concurrence toujours plus frénétique pour trouver, extraire et vendre des combustibles fossiles dont la consommation future garantit de conduire à une série de crises environnementales cataclysmiques.

Parmi les nombreux conflits autour des combustibles fossiles dans la région, l’un d’eux, enveloppé de menaces grandes et petites, a été largement négligé, et Israël en est l’épicentre. Ses origines remontent au début des années 1990, lorsque les dirigeants israéliens et palestiniens ont commencé à se disputer à propos de rumeurs faisant état de gisements de gaz naturel en Méditerranée, au large des côtes de Gaza. Au cours des décennies qui ont suivi, il s’est développé en un conflit sur plusieurs fronts qui a impliqué plusieurs armées et trois navires de guerre. Dans le processus, il a déjà infligé une misère effrayante à des dizaines de milliers de Palestiniens, et il menace d’ajouter plusieurs couches de misères aux gens qui vivent en Syrie, au Liban et à Chypre. Il pourrait même, éventuellement, plonger des Israéliens dans la misère.

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Revanchisme et russophobie: les racines profondes et sombres de la guerre en Ukraine

Par le Saker Original – Le 4 mars 2015 – Source thesaker.is

La situation en Ukraine est plus ou moins calme en ce moment, et il est peut-être temps de prendre du recul par rapport aux événements quotidiens en en dévoilant les courants sous-jacents plus profonds. Je veux aujourd’hui soulever une question à laquelle j’admets volontiers ne pas avoir de réponse. Ce que je veux demander est ceci: se pourrait-il que l’un des facteurs clés motivant la volonté apparemment illogique et autodestructrice de l’Occident d’affronter constamment la Russie soit tout simplement du revanchisme à cause de la Deuxième Guerre mondiale?

Bien sûr, nous parlons de perceptions donc il est difficile d’établir quelque chose de certain, mais je me demande si la victoire de Staline contre Hitler a été vraiment ressentie comme telle par les élites occidentales, ou si elle a été perçue comme une victoire contre quelqu’un que FDR (Franklin Delano Roosevelt) aurait également pu appeler notre fils de pute. Après tout, il y a beaucoup de preuves que les États-Unis et le Royaume-Uni ont été des partisans zélés de la montée de Hitler au pouvoir (lire Starikov à ce sujet) et que la plupart des Européens (continentaux) étaient plutôt favorables à Herr Hitler. Ensuite, bien sûr et comme il arrive souvent, Hitler s’est retourné contre ses maîtres, ou du moins ses partisans, et ils ont dû se battre contre lui. Mais ceci n’a strictement rien de nouveau. C’est aussi ce qui s’est passé avec Saddam, Noriega, Kadhafi, al-Qaida et tant d’autres mauvais garçons qui ont commencé leur carrière en tant que bons gars pour les anglo-sionistes. Est-il réellement déraisonnable de se demander si les élites occidentales ont été vraiment heureuses quand l’URSS a battu l’Allemagne nazie, ou si elles ont plutôt été horrifiées par ce que Staline avait fait à ce qui était à l’époque la plus puissante armée de l’Ouest – celle de l’Allemagne?

Il y a quelques jours j’ai vu cette image sur le blog du colonel Cassad:

Staline et son état-major

En regardant cette photo j’ai pensé que, pour les élites occidentales, la vue de ces hommes a dû être assez effrayante, surtout si on pense qu’ils devaient savoir que tout leur effort de guerre était, tout au plus, 20% de ce qu’il fallait pour vaincre l’Allemagne nazie et que ceux qui avaient assumé 80% et plus partageaient une idéologie diamétralement opposée au capitalisme.

Y a t-il des preuves de cette crainte?

Je pense qu’il y en a et je les ai déjà mentionnées dans le passé:

Plan Totalité (1945) désignait 20 villes soviétiques destinées à la destruction totale lors d’une première frappe: Moscou, Gorki, Kuybyshev, Sverdlovsk, Novosibirsk, Omsk, Saratov, Kazan, Leningrad, Bakou, Tachkent, Chelyabinsk, Nizhny Tagil, Magnitogorsk, Molotov, Tbilissi, Stalinsk, Grozny, Irkoutsk, et Yaroslavl.

Opération Impensable (1945) supposait une attaque surprise impliquant jusqu’à 47 divisions britanniques et américaines dans la région de Dresde, au milieu des lignes soviétiques. Cela représentait presque la moitié des quelque 100 divisions (environ 2,5 millions d’hommes) disponibles pour les quartiers généraux britannique, américain et canadien à ce moment là. (…) La plus grande partie de l’opération offensive aurait été menée par les forces américaines et britanniques, ainsi que par les forces polonaises, et jusqu’à 100 000 soldats de la Wehrmacht allemande.

Opération Dropshot (1949) incluait des profils de mission qui auraient utilisé 300 bombes nucléaires et 29 000 bombes hautement explosives sur 200 cibles dans 100 villes et villages pour anéantir d’un seul coup 85% du potentiel industriel de l’Union soviétique. Entre 75 et 100 des 300 armes nucléaires devaient détruire les avions de combat soviétiques au sol.

Mais la plus grande preuve est, je pense, le fait qu’aucun de ces plans ne fut exécuté, bien qu’à ce moment-là l’anglosphère ait été bien abritée par son monopole sur les armes nucléaires (et Hiroshima et Nagasaki n’ont ils pas été détruits en partie pour effrayer les Russes?).

Et n’est-il pas vrai que les anglos se sont réellement engagés dans des négociations secrètes avec les envoyés d’Hitler à plusieurs reprises? (La notion d’unir leurs forces contre la menace soviétique était en fait envisagée à la fois par les officiels nazis et anglos, mais ils n’ont pas trouvé la façon procéder.)

Se pourrait-il que Hitler ait vraiment été leur fils de pute?

Plus de preuves? Allons-y.

Hitler n’était certainement pas un chrétien. S’ils étaient quelque chose, lui et Himmler étaient des païens avec un fort penchant satanique dans leur sombre culte d’adoration des ancêtres (Ahnenerbe). Mais qu’en est-il des alliés de Hitler tels que Pétain, Franco, Pavelic – n’étaient-ils pas des défenseurs de ce qu’ils appelaient l’Occident chrétien? N’est-il pas vrai que 70 ans après la chute du Troisième Reich ceux qui admirent Pétain, Franco et Pavelic parlent encore du besoin de défendre l’Occident chrétien, mais cette fois contre la menace islamique?

En outre, si le régime nazi représentait une menace existentielle pour la communauté juive européenne, une enquête rapide ou des articles écrits par des auteurs juifs dans la presse américaine et britannique au cours de la majeure partie du XXe siècle montre clairement que la plupart des juifs avaient peu ou pas de sympathie non seulement pour la Russie prérévolutionnaire, mais aussi pour l’URSS post-Trotsky. Et, même si l’URSS a pleinement appuyé la création de l’État d’Israël, beaucoup sinon la plupart des juifs américains et européens ont estimé que l’Union soviétique était aussi une menace pour leurs intérêts.

Je crois que la russophobie enragée de l’Empire anglo-sioniste (phobie à la fois dans le sens d’obsession haineuse et de peur) ne peut pas s’expliquer uniquement par des raisons pragmatiques de compétition entre grandes puissances ou une lutte de systèmes politiques. La propagande constante sur la menace russe n’est pas seulement un outil politique pour niveler par le bas les Occidentaux en les maintenant dans un état de peur constante (de la Russie ou de l’islam), c’est aussi l’expression d’une peur profonde vraiment ressentie par la ploutocratie des 1% qui règne sur le monde occidental.

La Russie veut la guerre

Enfin, la peur de la Russie est aussi la peur qu’inspirent les dirigeants russes. Quand ils sont comme Eltsine (un imbécile ivrogne) ou son ministre des Affaires étrangères Kozyrev (le dernier des béni oui-oui), les politiciens occidentaux se sentent supérieurs, à juste titre. Mais souvenez-vous que même des personnalités médiocres comme Khrouchtchev ou Brejnev leur faisaient vraiment peur. Donc il n’est pas étonnant que des dirigeants forts et intelligents (comme Staline ou Poutine) les terrifient totalement, ils ne se sentent pas à la hauteur. La manière infantile dont Obama a tenté de montrer qu’il était plus intelligent et plus fort que Poutine indique clairement qu’il s’est senti réellement inférieur quand ils étaient face à face. Il en va de même, évidemment, pour Kerry et Lavrov.

Tout ce que j’ai écrit là s’applique aussi tout à fait aux dirigeants d’Europe de l’Est, avec même davantage d’intensité. Nous parlons de pays qui parfois ont eu un passé assez glorieux et qui, pendant la Deuxième Guerre mondiale, n’ont pas eu d’autre but que de jouer les potiches dans la pièce où les deux Grands Acteurs s’affrontaient. Pire, ils ont plus ou moins gardé le même rôle passif pendant la guerre froide et maintenant ils peinent à devenir plus présents. D’une part, je dirais que c’est de leur propre faute: au lieu de faire enfin usage de leur liberté retrouvée pour développer une forme d’identité politique significative, tout ce qu’ils ont fait a été de s’engager dans un concours de flagornerie pour déterminer qui deviendrait l’animal de compagnie favori de l’Oncle Sam (la Hongrie sous Orban étant l’unique exception à cette triste règle).

Il n’est donc pas étonnant que lorsque les Américains ont renversé Ianoukovitch, ils aient eu l’impression que maintenant, enfin, leur heure était venue et qu’ils montreraient à ces Russes irrespectueux qui est le patron sur le Vieux continent. Et chaque fois que les Russes avertissaient les Eurocons® à Bruxelles qu’il y avait des problèmes liés à l’Ukraine nécessitant des consultations urgentes, ils s’entendaient répondre ce n’est pas votre affaire, il n’y a rien à discuter. Le problème était, évidemment, que les dirigeants ouest-européens avaient oublié que dans le monde réel, il étaient seulement des administrateurs dans la colonie UE  des États-Unis, et que les dirigeants états-uniens se fichaient éperdument d’eux (comme Mme Nuland l’a exprimé en quelques mots pleins de lyrisme [f*uck UE!, NdT]). Comme il est tout simplement pénible pour les dirigeants est-européens de regarder leur insignifiance en face, je me sens presque peiné pour eux et pour leurs égos piétinés.

Personnellement, je pense que, contrairement au script du scénario officiel, il y a de solides arguments pour penser que la fin de la Deuxième Guerre mondiale a laissé des masses de gens très, très malheureux et que tous ceux qui se sont sentis lésés ou effrayés par la victoire soviétique en 1945 ont joint leurs forces dans une tentative de corriger les erreurs du résultat de cette guerre. A tout le moins, la question de l’importance de la russophobie et du revanchisme doit être posée.

Cela n’a aucun sens d’expliquer le comportement apparemment fou des dirigeants occidentaux pendant toute la crise ukrainienne en disant simplement qu’ils sont stupides, naïfs ou mal informés. Ce qu’ils font peut nous sembler stupide, naïf ou mal informé, mais cela ne signifie pas qu’il n’existe pas des raisons profondes qui sous-tendent les actions de ces élites.

La plupart des gens, à l’Ouest, veulent vivre en paix et ignorent complètement les éléments sous-jacents à la guerre en Ukraine. Ce que je décris ci-dessus ne vaut que pour quelques groupes minoritaires. Le problème est que prises comme un tout, et lorsqu’elles agissent à l’unisson, ces minorités finissent par avoir beaucoup de pouvoir et d’influence. La meilleure manière de les stopper est de les mettre, eux et leurs motifs réels, en pleine lumière.

The Saker

Traduit par Claude et Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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le Président du Directoire de Volkswagen s’attend à une avancée sur la levée des sanctions

Le 3 mars 2015 – Source SputnikNews

Une percée dans la politique de sanctions contre la Russie est à attendre dans un futur proche, a déclaré le Président du directoire de Volkswagen, Martin Winterkorn, mardi sur la chaîne de télévision ZDF.

winterkorn

le Président du Directoire de VW, Winterkorn : « malgré les sanctions, nous comptons nous développer en Russie »

«Globalement, je pense qu’il y aura bientôt une percée… Nous misons sur le fait que la relation avec la Russie reviendra sous peu à un niveau normal.», répondit Winterkorn à une question sur les conséquences des sanctions anti-russes sur les activités de Volkswagen.

Selon les informations de l’Association des Activités Européennes (AEB), le volume de ventes de VW pour 2014 en Russie a diminué de 18%. En 2015, le volume de vente de nouvelles voitures pourrait encore diminuer de 25 à 50 % en Russie, selon différentes estimations.

Volkswagen n’écarte pas une chute globale de ses ventes dans le monde en 2015, en raison de problèmes économiques en Russie et au Brésil.

Traduit par Toma, relu par jj pour le Saker Francophone

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Le chef du Sénat polonais se voit refuser l’entrée en Russie

Le 2 mars 2015 – source SputnikNews

Le président du Sénat polonais et ancien militant des droits civiques Bogdan Borusewicz n’a pas pu, comme il le souhaitait, participer à l’enterrement du membre de l’opposition russe assassiné, Boris Nemtsov.

«J’ai appris que les autorités russes ne m’autorisaient pas à me rendre à l’enterrement», a déclaré Borusewicz lundi à Varsovie, selon l’Agence de presse allemande.

Il était surpris que la délivrance d’un visa pour entrer en Russie lui ait été refusée.

«Je voulais honorer la mort de Boris Nemtsov et tous les Russes qui pensent comme lui», a déclaré Borusewicz.

L’ancien militant des droits civiques avait, en août 1980, participé à la grève de Gdansk aux chantiers Lénine qui avait alors reçu un écho mondial.

Les funérailles solennelles du politicien Nemtsov auront lieu mardi matin à Moscou, dans le centre Sakharov, où le cercueil contenant le corps de Nemtsov sera exposé afin de lui rendre hommage. L’après-midi, Nemtsov devrait être enterré à Moscou, au cimetière des célébrités, Trojekurowo. Il était âgé de 55 ans.

Traduit par Toma, relu par jj pour le Saker Francophone

Note du traducteur

La Russie avait prévenu qu’elle se réservait le droit d’établir une liste de personnes sanctionnées, mais qu’elle ne la publierait pas, les demandeurs seraient informés de l’interdiction de séjour au moment de leur demande.

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