Le désordre arménien ne profite qu’aux USA


Par Andrew Korybko − Le 30 avril 2018 − Source Oriental Review

Armenia protests

Des milliers de personnes sont descendues dans la rue à Yerevan, certaines de manière violente, pour s’opposer à la nomination de Serzh Sargsyan, ancien président du pays, comme premier ministre. Les réformes constitutionnelles de 2015 font du premier ministre le personnage le plus important à la tête du pays. D’aucuns dénoncent ce processus comme une manœuvre politicienne, que l’homme, dans la politique depuis très longtemps, aurait réalisée pour rester au pouvoir sans repasser par les urnes : c’est le Parlement qui nomme le Premier ministre, alors que le président est élu au suffrage universel. Il a donc démissionné de son poste de Premier ministre [le 23 avril 2018] sous la pression de la rue.

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Les Skripal n’auront très probablement jamais le droit de parler


2015-09-15_13h17_31-150x112Par le Saker – Le 11 mai 2018 – Source The Saker

Il y a eu des développements majeurs la semaine dernière, tous mauvais, dont la renomination par Poutine de Medvedev comme Premier ministre et l’invitation à Moscou de Bibi Netanyahou pour le défilé du Jour de la victoire à Moscou, même s’il a bombardé la Syrie, un allié de la Russie, la veille de sa visite. Une fois à Moscou, Netanyahou a comparé l’Iran à – quoi d’autre ? – l’Allemagne nazie. Comme c’est original et profond, en effet ! Puis il a ordonné de bombarder la Syrie une seconde fois, pendant qu’il était encore à Moscou. Mais que pouvons-nous attendre d’un narcissique en adoration pour lui-même qui trouve approprié de servir de la nourriture au Premier ministre japonais dans une chaussure spécialement fabriquée pour cela ? L’homme est clairement cinglé (ce qui ne le rend en aucune manière moins mauvais ou moins dangereux). Mais c’est la réaction russe qui est totalement dégoûtante : rien, absolument aucune. Contrairement à d’autres, j’ai clairement expliqué que ce n’est pas la responsabilité de la Russie de « protéger » la Syrie (ou l’Iran) des Israéliens. Mais il ne fait aucune doute à mes yeux que Netanyahou a fait publiquement un pied de nez à Poutine et que Poutine l’a encaissé. Malgré tout mon respect pour Poutine, cette fois il a permis à Netanyahou de le traiter exactement comme Trump a traité Macron. Sauf que dans le cas de Poutine, il a été traité de cette manière dans sa propre capitale. C’est encore pire. Continuer la lecture

Une révolution de couleur dans une tasse de thé


Orlov

Orlov

Par Dmitry Orlov – Le 15 mai 2018 – Source Club Orlov

Notre concept de réussite change avec l’âge. Quand nous sommes jeunes mais pas tout à fait mûrs, nous sommes capables de nous engager dans toutes sortes d’exploits ridicules. Plus tard, quand nous ne sommes plus jeunes du tout, un passage réussi aux toilettes se révèle une cause de célébration. La même chose vaut pour les empires vieillissants. Quand ils sont jeunes, ils détruisent les grands pays importants, mais aident ensuite à les reconstruire. Plus tard, ils se bornent à les détruire. Plus tard encore, ils tentent de détruire des petits pays faibles mais échouent même à faire cela. Finalement, de tels échecs deviennent trop petits pour être même remarqués. Avez-vous remarqué ce qui vient de se passer en Arménie ? Vraiment ?
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Les sanctions iraniennes


Un rappel de la façon dont les États-Unis ont fait une arme du système financier

Par Tho Bishop – Le 14 mai 2018 – Zero Hedge

Seule CNN s’est montrée surprise par l’annonce récente de Donald Trump qu’il retirait les États-Unis de l’accord iranien négocié par son prédécesseur. Suivant la même approche que la précédente administration républicaine, qui fut pourtant un échec, le Président a opté pour la confrontation avec le régime iranien plutôt que de soutenir les factions iraniennes modérées du pays par le biais du commerce. La décision a déjà accru les tensions dans cette région instable, alors même que l’Iran et Israël se tirent dessus en Syrie.

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L’Inde est-elle en train de se tourner vers la Chine ?


Par Vladimir Terehov − Le 10 mai 2915 − New Eastern Outlook

New Eastern Outlook [ainsi que le Saker Francophone, NdT] essaye de ne pas perdre de vue les événements importants qui jalonnent les relations entre la Chine et l’Inde. Avec les États-Unis, le Japon et la Russie, les deux géants asiatiques ont une influence décisive sur l’évolution de la situation dans la région Indo-Pacifique, dont dépend en grande partie le climat politique mondial.

Pourtant, au cours des dernières années, les relations entre la Chine et l’Inde n’ont pas semblé au mieux, montrant plutôt une tendance constante à la détérioration. Et bien que ce processus négatif dépende en grande partie de l’actualisation périodique de problèmes dit « historiques » (par exemple, les revendications mutuelles sur certains territoires frontaliers), le facteur principal en a toujours été l’ascension de la Chine au statut de deuxième puissance mondiale. C’est cela qui pousse l’Inde à adopter une attitude de plus en plus prudente envers la Chine.

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Compte à rebours de la guerre contre l’Iran


Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 12 mai 2018

John Bolton est un homme sans foi ni loi :

Au début de 2002, un an avant l’invasion de l’Irak, l’administration Bush a exercé une pression intense sur [José] Bustani pour qu’il démissionne de son poste de directeur général de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques. (…)

Bolton – alors sous-secrétaire d’État au contrôle des armes et aux affaires de sécurité internationale – est allé en personne au siège de l’OIAC à La Haye pour mettre en garde le chef de l’organisation. Et, selon Bustani, Bolton n’a pas mâché ses mots. Il a dit : « Cheney veut que vous partiez », en faisant référence au vice-président des États-Unis de l’époque. « Nous ne pouvons pas accepter votre style de gestion. »

Bolton a ajouté, toujours selon Bustani, : « Vous avez 24 heures pour quitter l’organisation, et si vous ne vous conformez pas à la décision de Washington, nous avons des moyens de vous le faire payer. »

Puis après un silence :

« Nous savons où vivent vos enfants. Vous avez deux fils à New York. » Continuer la lecture

John Bolton a déjà saboté un accord avec la Corée du Nord


Il s’apprête à remettre ça


Moon of Alabama

Par Moon of Alabama – Le 13 mai 2018

Le Washington Post a publié aujourd’hui un article à moitié vrai sur le poste de frontière d’al-Tanf occupé par les États-Unis entre la Syrie et l’Irak. En minimisant la possibilité d’une opération militaire autour d’al-Tanf, il nous livre cette étrange pépite :

« Ces derniers temps, Mattis s’est surtout concentré sur la préparation d’un éventuel conflit avec la Corée du Nord. » Continuer la lecture

L’Eurasie tiraillée entre guerre et paix


Alors que le premier partenaire commercial de l’Iran est la Chine, et que Téhéran et Moscou tissent des liens plus proches, tout indique un renforcement de la relation trilatérale.


Par Pepe Escobar − Le 1er mai 2018 – Source Asia Times

L’Ayatollah Ali Khamenei rencontre Vladimir Poutine à Téhéran le 1er novembre 2017. Photo : AFP/Site internet du dirigeant iranien

Deux sommets récents, la poignée de mains transfrontalière des présidents Kim et Moon, qui a surpris le monde entier, et la promenade de santé amicale sur les berges du lac à Wuhan entre les présidents Xi et Modi, ont pu donner l’impression que le processus d’intégration eurasiatique est entré dans une phase plus calme. Or, cela n’est pas vraiment le cas. Ce serait plutôt un retour à la confrontation : comme on pouvait s’y attendre, la mise en pratique de l’accord sur le nucléaire iranien, connu sous l’acronyme disgracieux de JCPOA (en français l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien), est au cœur du problème. Fidèles au processus lent de leur projet d’intégration eurasiatique, la Russie et la Chine sont les plus fidèles soutiens de l’Iran. Continuer la lecture

Les États-Unis se sont retirés de l’accord sur le nucléaire iranien parce qu’ils sont coincés


OrlovPar Dmitry Orlov – Le 11 mai 2018 – Source Club Orlov

Voici une perspective autour de la décision de Trump de se retirer de l’accord JCPOA, c’est-à-dire l’accord sur le nucléaire iranien, qui n’a certainement pas assez de temps d’antenne. Tout n’est qu’une question d’argent. Après la révolution iranienne de 1978-1979, Jimmy Carter a gelé les actifs de l’Iran aux États-Unis. Depuis lors, les États-Unis conservent entre 100 et 120 milliards de dollars d’actifs iraniens, qui ont généré des loyers et des intérêts. Après la signature de l’accord JCPOA, qui stipulait la levée des sanctions contre l’Iran, Washington a fait de son mieux pour se débarrasser de ces actifs, mais ils auraient dû être rendus aux Iraniens tôt ou tard… à moins que les États-Unis ne se retirent de cet accord, ce qui vient d’être fait.

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Opération Barbarossa II – Mise à jour : La bataille aura lieu partout


Par Christopher Black – Le 27 avril 2018 – Source New Eastern Outlook

Les ministres des Affaires étrangères et de l’Intérieur du G7 qui se sont rencontrés à Toronto le week-end dernier, lorsque le président français Macron, à Washington, essayait de se rendre important en s’adressant au président Trump et à la menace de celui-ci de rompre l’accord nucléaire avec l’Iran, ont conclu leur événement en ajoutant de l’huile sur le feu destiné à rôtir la Russie. Les ministres des Affaires étrangères ont émis une déclaration après l’autre accusant la Russie d’« agression » et de « comportement malveillant » en Ukraine, tandis que le ministre des Affaires étrangères du régime de Kiev mis en place par l’OTAN, Pavlo Klimkine, invité à attiser le feu, a déclaré, à la demande de ses patrons, que « combattre aux côtés de l’Ukraine conférerait un immense atout pour toute la communauté démocratique dans le sens où elle comprendrait les efforts russes pour déstabiliser le monde occidental. » Continuer la lecture