par Conor Gallagher – 16 février 2025 – Naked Capitalism
Alors que Washington commence à envisager sa sortie du projet Ukraine, les responsables européens continuent de fuir la réalité. C’est compréhensible compte tenu de toute l’eau que l’Europe s’est prise dans la gueule depuis le début de la guerre et de la façon dont les mensonges de ses dirigeants ont fait de la Russie un ennemi existentiel à force d’accuser Moscou d’être la seule responsable.
Tous les sacrifices consentis sur l’autel du projet Ukraine rendent désormais beaucoup plus difficile pour l’Europe d’admettre sa défaite. Et ce ne sont pas seulement du aux dommages économiques que les Européens continuent de subir ; la structure de gouvernance de l’UE et les valeurs sociales ont changé de manière importante à mesure que les priorités du bloc ont été bouleversées.
À certains égards, l’UE est presque méconnaissable comparée à y a trois ans. Je pense donc qu’il serait utile de faire un tour d’horizon de tous ces changements ici avant de passer au refus persistant de la classe européenne d’accepter la réalité et ce que cela pourrait signifier. La liste des changements en Europe en réponse à la guerre sera sans doute incomplète car il y a tellement de choses à inclure, alors j’espère que les lecteurs pourront ajouter tout ce qui me manque dans les commentaires. Remarque : J’omets en grande partie les retombées économiques et la désindustrialisation, car elles ont été si bien couvertes ici et ailleurs.
Par 
La nouvelle qu’un programme d’IA chinois baptisé DeepSeek surpasse l’IA occidentale pour une fraction de son coût de développement a fait les gros titres dans le monde entier, notamment parce qu’elle a fait chuter les actions des entreprises occidentales spécialisées dans l’IA.

Il est possible, sinon probable, que la défaite de l’Ukraine dans la guerre et ses effets résiduels (effondrement de l’armée, du front et même de l’État) puissent faciliter leur accession au pouvoir si, d’une manière ou d’une autre, une Ukraine antirusse et indépendante émergeait après la guerre. Les ultra-nationalistes ou néo-fascistes ukrainiens sont fortement antilibéraux, anti-républicains et anti-occidentaux. Il y a quelques années, Dmitro Yarosh, fondateur puis dirigeant ou « coordinateur » du groupe néo-fasciste ukrainien Secteur Droit (SD) et plus tard conseiller du Commandant des Forces armées ukrainiennes, le Général Valerii Zaluzhnyi, qui est maintenant l’ambassadeur de Kiev au Royaume-Uni, ont promis qu’il y aurait une « deuxième phase de la révolution nationaliste » dont la révolte de Maidan de février 2014 n’était que la première. La deuxième phase consisterait à balayer les restes libéraux et oligarchiques de l’ordre démocratique pré-Maïdan restant encore dans le régime de Maïdan. De nombreux autres ultra-nationalistes et néo-fascistes ukrainiens ont des opinions similaires, et ils attendent le moment d’initier la deuxième phase.