Par Moon of Alabama – Le 18 février 2025
Le 28 février 2022, cinq jours après le début de l’opération de désarmement de l’Ukraine, je prédisais ce à quoi elle pourrait conduire :
Les États-Unis et leurs mandataires dans l’UE et ailleurs ont mis en place des sanctions très sévères contre la Russie pour endommager son économie.
L’objectif final de cette guerre économique est un changement de régime en Russie.
La conséquence probable sera un changement de régime dans de nombreux autres pays.
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Toute consommation d’énergie aux États-Unis et dans l’Union européenne se fera désormais à un prix élevé. Cela entraînera l’UE et les États-Unis dans une récession. Comme la Russie augmentera les prix des exportations de biens pour lesquels elle a un pouvoir de marché – gaz, pétrole, blé, potassium, titane, aluminium, palladium, néon, etc – la hausse de l’inflation dans le monde entier deviendra significative.
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L’abandon des relations économiques avec la Russie et la Chine signifie que l’Allemagne et son nouveau chancelier Olaf Scholz sont tombés dans le piège du plan américain visant à créer une nouvelle guerre froide. L’économie allemande va devenir l’une de ses victimes.
Le 4 février, la Russie et la Chine ont déclaré un monde multipolaire dans lequel elles constituent deux pôles partenaires qui s’opposeront au pôle américain. L’avancée de la Russie en Ukraine en est la preuve.
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Les Européens auraient dû le reconnaître au lieu d’aider les États-Unis à maintenir leur image de puissance unipolaire.
Il faudra du temps pour que les nouvelles réalités économiques s’installent. Elles changeront probablement la vision actuelle des véritables intérêts stratégiques de l’Europe.

La nouvelle qu’un programme d’IA chinois baptisé DeepSeek surpasse l’IA occidentale pour une fraction de son coût de développement a fait les gros titres dans le monde entier, notamment parce qu’elle a fait chuter les actions des entreprises occidentales spécialisées dans l’IA.

Il est possible, sinon probable, que la défaite de l’Ukraine dans la guerre et ses effets résiduels (effondrement de l’armée, du front et même de l’État) puissent faciliter leur accession au pouvoir si, d’une manière ou d’une autre, une Ukraine antirusse et indépendante émergeait après la guerre. Les ultra-nationalistes ou néo-fascistes ukrainiens sont fortement antilibéraux, anti-républicains et anti-occidentaux. Il y a quelques années, Dmitro Yarosh, fondateur puis dirigeant ou « coordinateur » du groupe néo-fasciste ukrainien Secteur Droit (SD) et plus tard conseiller du Commandant des Forces armées ukrainiennes, le Général Valerii Zaluzhnyi, qui est maintenant l’ambassadeur de Kiev au Royaume-Uni, ont promis qu’il y aurait une « deuxième phase de la révolution nationaliste » dont la révolte de Maidan de février 2014 n’était que la première. La deuxième phase consisterait à balayer les restes libéraux et oligarchiques de l’ordre démocratique pré-Maïdan restant encore dans le régime de Maïdan. De nombreux autres ultra-nationalistes et néo-fascistes ukrainiens ont des opinions similaires, et ils attendent le moment d’initier la deuxième phase.
L’ensemble de données du groupe de réflexion Brugel, basé à Bruxelles, agrégeant les données sur les flux d’importation de gaz naturel et les niveaux de stockage en Europe, met en perspective la décision de l’Ukraine d’interrompre le transit du gaz russe vers l’Europe.