Un président tenu en otage


Ils l’ont encerclé


Par Justin Raimondo – le 12 février 2018 – Source Antiwar

Pendant que le vice-président Mike Pence se ridiculisait, lui et le pays qu’il est censé représenter aux Jeux olympiques, en refusant de se lever pour honorer les athlètes d’une nation autre que les États-Unis, au pays, le Washington Post nous parlait d’un président Trump qui semble n’avoir rien en commun avec Pence ni même avec le personnel de la Maison Blanche. L’article s’intitule « Le général préféré de Trump : Mattis peut-il contrôler un président impulsif tout en gardant sa confiance ? » et met en scène un président enclin à défier le Parti de la guerre et se battant contre une garde prétorienne déterminée à l’empêcher d’appliquer son programme électoral basé sur « America First » et un retrait des guerres étrangères.

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Daniele Ganser – Les guerres illégales de l’OTAN


Une chronique de Cuba jusqu’à la Syrie


Par Hervé – Source le Saker Francophone

Si vous nous suivez depuis quelques année, vous vous souvenez sûrement d’une série d’interview de Daniele Ganser sur Les Armées Secrètes de l’OTAN qui a fait l’objet d’un premier livre. Depuis, le sujet a fait son chemin et le travail de cet historien, avec d’autres, a sacrément terni l’image de l’OTAN, braquant les feux des projecteurs sur cette alliance qui aurait du disparaître avec la fin de la guerre froide.

L’auteur se définit comme historien et irénologue, celui qui étudie la science de la paix. Pour avoir écouté un certain nombre de ses interviews, la paix n’est pas le qualificatif que l’on pourrait accoler à ses propos car il parle surtout de guerre et notamment celles de l’OTAN. C’est son sujet d’étude principal, dégrossi à partir de 1998 pour sa thèse de doctorat.

C’est une première surprise qui va rester présente lors de cette lecture. L’auteur ne serait-il pas un « dangereux pacifiste » ?

Daniele Ganser commence par définir un certain nombre de principes autour desquels il va articuler son livre, l’ONU, l’OTAN et le droit international en matière de guerre avec ses extensions, les Cours de justice. Comme historien, il tente l’exercice difficile de ne pas sombrer dans la caricature anti-occidentale, accusant le plus fort par principe, en mettant chaque protagoniste, même le faible, face à ses propres responsabilités. Il tente de le démontrer par des références, nombreuses et éclectiques, picorant allégrement dans les sources officielles, notamment celles de l’ONU,  mais aussi chez des auteurs anti-système bien connus sur notre blog puisque  nous les traduisons, comme Eric Zuesse ou William Blum. Ce livre a un autre intérêt, celui de donner la parole à des auteurs germanophones, peu connus dans la francophonie. Ces auteurs sont comme Daniele Ganser profondément marqués par la période nazie et cela explique cette farouche posture anti-guerre.

L’ONU est la seconde tentative de créer un organisme mondial supra-national et quoi qu’on puisse dire et penser des intérêts qui sont derrière, elle reste à ce jour le seul espace de discussion possible officiel, car tous les États ou presque en sont adhérents. L’axe de recherche de Daniele Ganser va donc se baser sur la légalité des actions en rapport du droit international.

Dans la Charte des Nations Unies, les textes sont clairs. Les guerres d’agression sont illégales et on peut lire dans ce livre comment ces textes, pourtant bafoués à maintes reprises, vont quand même peser dans le temps sur les principaux acteurs étatiques dans le combat pour ranger les opinions publiques occidentales dans leur camp. Avec une précision d’horloger suisse, Daniele Ganser va méthodiquement passer en revue chacun des conflits dans 13 pays, depuis l’Iran en 1953.

Le 25 juin 1945, lors de la signature de cette charte, l’OTAN n’existe pas mais on la voit apparaître progressivement et se transformer d’une alliance dite de défense en une alliance offensive au service du pays hégémonique, les États-Unis, et de ses dirigeants.

J’ai volontairement passé sous silence jusqu’à présent les conséquences de ces guerres illégales pour les acteurs étatiques et leurs dirigeants. Plusieurs cours de justice ont surgi depuis la création de la fameuse Cour pénale internationale, dont ses avatars, le Tribunal pénal international pour le Rwanda ou pour l’ex-Yougoslavie. S’il existe des cours, c’est pour juger des crimes, crimes qui sont définis précisément comme l’explique l’auteur : le crime d’agression, le crime de guerre, le crime contre l’humanité et le génocide.

Si le droit est relativement clair, son application l’est beaucoup moins car beaucoup se joue au niveau du Conseil de sécurité et des droits de veto exercés par les cinq membres permanents. Ces joutes verbales parfois homériques vont parfois réussir à faire reculer la guerre, parfois pas, selon des processus complexes que Daniele Ganser décrit précisément, au cas par cas.

À noter que récemment,  le Saker US a écrit sur un autre artefact du droit international, « Uniting for Peace » qui a fait l’objet d’une passe d’armes autour de la Crimée et du statut de Jérusalem et qui démontre toute la puissance de ces textes pour peu que la justice puisse être dite et respectée.

Une fois passée cette première partie théorique mais essentielle, l’auteur attaque la partie historique des faits et des guerres. Si vous connaissez mal ces aspects juridiques, ce livre reste vraiment un bonheur car il est de nature à convaincre de la nécessité du combat juridique, seul à même de régler les différends entre pays. La montée en puissance de la Russie et de la Chine, depuis quelques années, et beaucoup moins connotée idéologiquement que pendant la Guerre froide, montre déjà comment les textes votés en 1945 pèsent de plus en plus sur tout ceux qui seraient tentés de décider seuls de par leur destinée manifeste.

Cette seconde partie plus historique est découpée par guerre. À chaque fois, Daniele Ganser plante le décor historique en insistant sur le fait que tous ces pays étaient membres de l’ONU. Si vous avez survolé ces périodes historiques, en une trentaines de pages, l’auteur rappelle les faits connus et documentés, les acteurs, les doutes qui existent encore, et il analyse chacune de ces guerres sous l’angle du droit et de possibles actes d’accusation. Je vous laisse découvrir vous-mêmes des guerres oubliées, comme celle du Guatemala. J’y ai appris beaucoup de détails significatifs, de faits avérés avec leurs sources. L’auteur nous aide aussi à nous remettre dans le contexte de l’époque pour expliquer les intérêts croisés, notamment ceux des multinationales et de leur puissance grandissante au cours des décennies.

Finalement, même si dans les termes, c’est l’OTAN qui prend des coups, on perçoit parfaitement qu’il y a une continuité dans la domination américaine, surtout après l’effondrement de l’URSS. On devine parfaitement le moment unipolaire américain et aussi le début de la fin en Syrie et en Ukraine.

Daniele Ganser ne fouille pas en profondeur chaque conflit, ce n’est pas son objectif principal. Du coup, il y a parfois quelques raccourcis gênants comme sur l’ex-yougoslavie où il parle du massacre de Srebrenica, semblant accréditer la thèse du TPI clairement pro-OTAN, avant de soulever des objections pour équilibrer son analyse. Il renvoie aussi parfois certains acteurs dos à dos sans soulever tous les enjeux géostratégiques à même d’expliquer certains actes semblant sortir de nulle part.

Vous aurez donc un travail personnel de mise en perspective avec vos propres sources, mais ce livre atteint pleinement ses objectifs de départ : démontrer la nécessité de l’ONU déjà sous sa forme actuelle et montrer que le droit écrit reste toujours valide, qu’il a pesé, qu’il pèse et qu’il pèsera de plus en plus sur les psychologies des acteurs pour guider la politique internationale.

Ce livre m’aura surpris sur son contenu et sur sa forme, montrant un visage différent de Daniele Ganser par rapport à ses conférences. Il aura sans doute changé ma vision de l’actualité, m’ouvrant un peu plus  l’esprit à une autre grille de lecture autour de l’importance du droit international. Même si l’actualité semble parfois démontrer le contraire, la Russie et la Chine qui ont visiblement intégré dans leur diplomatie le respect du droit à la lettre – parfois contre leurs intérêts à court terme – sont sans doute gagnantes sur le long terme et, il faut l’espérer, le monde entier avec elles.


Daniele Ganser n’a malheureusement pas pu répondre à notre sollicitation d’interview. Nous vous proposons de lire celle qu’il a donnée récemment au site arretsurinfo.ch.

Daniele Ganser : La plupart des guerres menées par des membres de l’OTAN commencent par des mensonges

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Fuir la cité concentrationnaire


Par Patrice-Hans Perrier – Le 18 février 2017 – Source Carnets d’un promeneur

Franl Lloyd Wright

Frank Lloyd Wright

Nous poursuivons, ici, la réflexion amorcée dans le cadre de notre série sur le monde des UTOPIES. Dans un contexte où la citoyenneté est menacée jusque dans ses fondations les plus pérennes – la rente immobilière comme outil de contrôle – nous avons cru bon de questionner l’urbanisme au niveau de ses rêves et de ses utopies contemporaines.

Cette deuxième pièce à conviction de notre série traite de la vision utopique et humaniste de Frank Lloyd Wright, probablement le plus grand architecte américain de tous les temps. Penseur d’une architecture proche de la nature, émule des précurseurs d’un retour aux sources – à l’instar d’un Henry David Thoreau – Wright s’insurge contre la cité concentrationnaire du grand capital apatride. Il nous invite à faire l’école buissonnière, histoire de suivre les pas des premiers pèlerins et autres défricheurs d’une société américaine archaïque, celle qui témoignait du désir d’émancipation des pionniers fuyant une Europe despotique. La réflexion du grand architecte est encore plus d’actualité, à une époque où plusieurs de nos concitoyens souhaitent façonner de nouvelles cités, de nouvelles communautés humaines et un bios politikos vierge de toute déchéance.
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Guide des principaux think tanks aux US. Qui paye ?

Your guide to top anti-Russia think tanks in US & who funds them

© Alexander Novikov / Global Look Press


Par Bryan MacDonald – Le 8 février 2018 – Source Russia Today

Contrer la Russie est devenu une industrie lucrative à Washington. Ces dernières années, l’activité des think tanks a explosé. Mais qui finance ces organisations, qui travaille pour elles et quels sont les vrais agendas en jeu ?

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Théories conspirationnistes aux USA et mentalité du peuple étasunien


Par Leonid Savin – Le 23 novembre 2018 – Source Katehon

L’histoire révèle un intérêt grandissant pour les théories conspirationnistes au sein de la société étasunienne, quelque soit celui qu’on y présente comme le conspirateur.

Les théories extravagantes prolifèrent aux États-Unis, comme par exemple l’histoire incroyable selon laquelle les gens à la tête du pays seraient des extraterrestres ou des reptiliens. Il existe en fait une continuité historique qui confirme que la conscience étasunienne, que ce soit celle de la classe moyenne, des fermiers ou des cercles politiques influents, est profondément imprégnée de l’idée de complot.

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Facebook prévoit de produire une « preuve » pseudo-scientifique pour « justifier » la censure des média alternatifs


Par Andrew Korybko – Le 30 janvier 2018 – Source Oriental Review

Facebook News feed algorithmFacebook prévoit que ses utilisateurs classent la « fiabilité » des sites d’information.

Cette décision est une réaction au scandale des « fake news » vieux de 18 mois et elle est présentée comme la solution la plus « juste et équilibrée » à ce problème. L’idée est que la communauté dans son ensemble déterminerait quels sites sont crédibles et ceux qui ne le sont pas. Ceux obtenant les scores les plus bas seraient en quelque sorte pénalisés, peut-être en apparaissant encore moins dans les fils d’actualité des utilisateurs. Les dirigeants de Facebook ont dit qu’ils ne voulaient pas prendre eux-mêmes cette décision pour des raisons éthiques, alors ils allaient laisser plutôt le soin à d’autres de le faire, croyant qu’il s’agissait en quelque sorte d’une approche « démocratique » du problème. En réalité, Facebook ne fait qu’encourager la « loi de la jungle » car il est probable qu’il y aura une division partisane parmi les médias mainstream, qui mènera à des résultats non concluants. Cela va obliger ainsi l’entreprise à prendre des décisions par elle-même pour résoudre ce problème.

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Des anciens de « l’État profond » sont embauchés par les médias grand public.


Par Caitlin Johnstone – Le 5 février 2018 – Source Consortium News

L’ancien directeur de la CIA, John Brennan, est le dernier membre de la famille NBC News et MSNBC, a être embauché officiellement par le réseau en tant que collaborateur, annonce joyeusement un récent article de The Wrap, comme si c’était une chose parfaitement normale et non l’épouvantable symptôme d’une histoire à la Orwell. NBC rapporte que l’ancien chef d’une Agence centrale de renseignements connue pour être dépravée ; mensongère ; pour utiliser la torture ; la propagande ; le trafic de drogue ; les coups d’État afin de mener des actions bellicistes dans le monde « est maintenant un analyste renommé sur la sécurité nationale et le renseignement ».

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Néo-totalitarisme : quand Huxley fait le point en 1957


Nicolas Bonnal

Par Nicolas Bonnal – Le 25 janvier 2017 – Source nicolasbonnal.wordpress.com

Voici quelques extraits d’Aldous Huxley. On ne va pas commenter ces lignes immortelles (Brave new world revisited, 1957). Huxley rappelle :

« En 1931, alors que j’écrivais ‘Le Meilleur des Mondes’ j’étais convaincu que le temps ne pressait pas encore. La société intégralement organisée, le système scientifique des castes, l’abolition du libre arbitre par conditionnement méthodique, la servitude rendue tolérable par des doses régulières de bonheur chimiquement provoqué, les dogmes orthodoxes enfoncés dans les cervelles pendant le sommeil au moyen des cours de nuit, tout cela approchait ; se réaliserait bien sûr, mais ni de mon vivant, ni même du vivant de mes petits-enfants. »

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Forum eurasiste de Chișinău : une plateforme non-alignée contre le globalisme


Par Pierre-Antoine Plaquevent − Le 16 Janvier 2018 − Source Les Non-Alignés

forum Chisinau
L’événement métapolitique le plus important de la fin de l’année 2017 fût sans conteste le second forum eurasiste de Chisinau. Un colloque qui fera date tant par l’appui que lui a apporté l’exécutif moldave que par la qualité de ses participants et de leurs interventions. Surtout, les perspectives tracées par ces rencontres internationales ouvrent des voies inédites dans le sens d’un non-alignement contre-globaliste contemporain. Un non-alignement qui transcenderait enfin les cadres caduques de la petite politique anachronique pour se hisser à la hauteur des changements de civilisation en cours et de la grande politique. Un colloque à la hauteur de la venue des « grands temps » qui s’annoncent pour la civilisation européenne. Retour sur cet événement fondateur.

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Davos et la montée sinistre des manipulateurs de symboles


Nicolas Bonnal

Par Nicolas Bonnal – Le 25 janvier 2017 – Source nicolasbonnal.wordpress.com

« La force motrice des oligarques est leur conviction de bien faire. » Jack London

Rappelons que Davos est le lieu où se déroule « La Montagne magique » de Thomas Mann, qui nous offrait de belles discussions entre dionysiaques et apolliniens – ces derniers ayant bien sûr perdu la joute. Ce livre ouvrait les thèmes de la mondialisation à l’époque où Edmond Husserl évoquait l’Europe et ses sempiternelles crises de la culture.

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