Par Alastair Crooke – Le 8 mars 2021 – Source Strategic Culture
Biden a claironné le mot sacré « démocratie » à maintes reprises, lors de la conférence de Munich sur la sécurité, dont trois fois rien que dans sa phrase de conclusion ; mais le masque est déjà tombé de ce mythe moralisateur datant des années 1940, qui a longtemps servi aux États-Unis. Les récents événements dans ce pays ont mis en évidence le fait que cette « démocratie » n’est qu’une imposture et ont mis à nu les divisions amères qui se cachent derrière la façade.
La position de l’Amérique en tant que « leader mondial », comme l’a fait observer Stephen Wertheim dans son livre Tomorrow the World, était fondée sur un ensemble de circonstances momentanées et atypiques de l’après-guerre qui ont donné la primauté aux États-Unis ; mais Wertheim poursuit en soulignant que « ces jours d’unipolarité incontestable sont révolus et ne peuvent être rétablis ». L’empire américain est donc dans l’impasse : sa justification morale et politique de superviser un ordre mondial modelé selon ses normes est désormais au-delà de ses capacités (militaires ou financières).