Par Dmitry Orlov – Le 14 février 2017 – Source Club Orlov
Si vous vous attendez à ce que l’avenir ressemble au passé, alors vous serez très probablement déçu. Beaucoup de gens comprennent cela, mais ne connaissent pas d’alternative au fait de continuer à faire ce qu’ils sont habitués à faire, aller au boulot, faire des emplettes, payer des factures – jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus le faire. Ils ne savent rien faire de mieux que de pousser leurs enfants dans un système éducatif surestimé, pour l’obtention d’un diplôme qui les obligent à prendre part à un jeu de chaises musicales économiques – jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus le faire non plus.
Beaucoup de gens trouvent aussi l’avenir trop déprimant pour y penser. Oui, il est déprimant de penser aux villes et aux banlieues sans électricité, sans eau courante ni égouts fonctionnels, enfouies dans des ordures pourries et des poubelles et envahies par des chiens sauvages et des bandes armées. Il est beaucoup plus agréable de s’échapper vers un monde fantastique où l’énergie renouvelable nous sauve la mise, alors que l’industrie des combustibles fossiles s’écarte de son chemin, ou alors si c’est l’industrie des combustibles fossiles qui nous sauve en virant les écologistes de son chemin, ou d’autres non-sens politiques.
Une question ne semble pas se poser assez : quelle alternative fonctionne réellement ?










Ma récente tournée a été très utile, entre autre pour mesurer la réaction du public aux divers sujets liés à la techno-sphère et à son contrôle sur nous. Plus précisément, ce qui semble généralement manquer, c’est de comprendre que la techno-sphère ne contrôle pas seulement la technologie ; elle contrôle aussi notre esprit. La techno-sphère ne nous empêche pas seulement de choisir des technologies qui nous paraissent appropriées et de rejeter celles qui ne le sont pas. Elle contrôle nos goûts, nous faisant préférer les choses qu’elle préfère pour ses propres raisons. Elle contrôle également nos valeurs, en les alignant sur les siennes. Et elle contrôle notre corps, nous incitant à nous traiter nous-mêmes comme si nous étions des mécaniques plutôt que des communautés symbiotiques de cellules vivantes (humaines et autres).