Par Alastair Crooke − Le 26 aout 2019 − Strategic Culture
La perspective d’une récession mondiale en train d’arriver n’est-elle qu’une question économique, à discuter dans le cadre de la Grande Crise financière de 2008 ; c’est-à-dire savoir si les banquiers centraux ont, ou non, gaspillé leurs outils disponibles pour la gérer ? Ou bien existe-t-il un modèle plus large de marqueurs géopolitiques que l’on peut observer avant qu’elle n’arrive ?
Heureusement, nous avons de l’aide. Adam Tooze est un historien britannique primé, travaillant à l’Université de Columbia, dont les histoires sur la Seconde Guerre mondiale, The Wages of destruction (Les salaires de la destruction) et sur la Première Guerre mondiale, The deluge (Le déluge), racontent 100 ans de descente en spirale, de dette mondiale « passe-moi-la-patate-chaude », de récession (certaines idéologiquement imprégnées) et de modèles commerciaux à l’exportation, tout cela ayant façonné notre géopolitique. Ce sont les mêmes variables, bien sûr, qui sont en jeu aujourd’hui.
Le commentateur économique spécialiste de l’Europe, Ambrose Pritchard Evans, 
La formule « pression maximale pour rendre sa grandeur à l’Amérique » ne va pas marcher, pour la simple raison qu’elle consomme le « capital social » américain à un rythme effréné. Elle ne rétablira ni la base manufacturière étasunienne, ni son hégémonie politique. Elle ne fait que fortement polariser le monde. Le monde entier comprend aujourd’hui que MAGA consiste à tout faire pour apporter n’importe quel avantage aux États-Unis, et que le reste du monde en paye le prix et se coltine les pertes. Même les Européens l’ont enfin compris. Le trumpisme manque de « profondeur » au-delà de son côté mercantile. Pourtant, s’il pouvait raconter une « souveraineté-isme » culturelle comme étant plus qu’une simple « politique anti-identité », il pourrait survivre plus longtemps.
Daniel Levy, un ancien négociateur israélien avec les Palestiniens,
Sommes-nous « Rome » ? La question a 
Un pilier de l’establishment de l’ordre européen – le journal Frankfurter Allgemeiner – touche explicitement le « nerf à vif », c’est-à-dire qu’il a publié le mois dernier un éditorial intitulé « Une Europe nazie ? », spéculant sur la question de savoir si l’UE actuelle, dominée par l’Allemagne, doit être comprise comme une extension linéaire du national socialisme allemand.

