Par F. William Engdahl – Le 31 décembre 2018 – Source New Eastern Outlook

Au début de l’administration Bush-Cheney, d’innombrables articles et même des déclarations officielles de l’Agence internationale de l’énergie et de divers gouvernements proclamaient le début de ce que l’on appelait le pic pétrolier. C’était l’époque où l’ancien PDG de Halliburton, le vice-président Dick Cheney, a été nommé à la tête de la « White House Energy Task Force ». Dans la période précédant la guerre de mars 2003 contre l’Irak, le pic pétrolier ou le déclin absolu des réserves mondiales de pétrole semblaient une explication plausible, sinon une justification, de l’invasion de l’Irak par G.W. Bush. Moi même, j’ai aussi été pendant un certain temps persuadé que cela pouvait expliquer la guerre du pétrole. Pourtant, aujourd’hui, nous entendons peu parler du pic pétrolier. Comprendre pourquoi est intéressant.
Trump a fait déployer 80 militaires au Gabon la semaine dernière, pour préparer une réponse aux « manifestations violentes » qui se sont déroulées dans le pays voisin, la République démocratique du Congo ; il pourrait s’agir d’une ruse couvrant la complicité étasunienne dans la tentative de coup d’État au Gabon qui vient de se produire en début de semaine, et qui a constitué une prise de pouvoir bien travaillée de l’AFRICOM dans la zone stratégique du Golfe de Guinée. Les USA ont à y gagner l’établissement d’une base d’opérations d’où ils pourront étendre leur « sphère d’influence » sur la région, que l’opération de changement de régime parvienne à ses fins ou non.
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L’effondrement, à chaque étape, est un processus historique qui prend du temps pour se dérouler à mesure que le système s’adapte aux circonstances changeantes, compense ses faiblesses et trouve des moyens de continuer à fonctionner à un certain niveau. Mais ce qui change assez soudainement, c’est la foi ou, pour le dire en des termes plus commerciaux, le sentiment. Une grande partie de la population ou toute une classe politique d’un pays ou du monde entier peut fonctionner sur la base d’un certain nombre de postulats pendant beaucoup plus longtemps que la situation ne le justifie, puis, sur une très courte période de temps, passer à un autre ensemble de postulats. Tout ce qui maintient le statu quo au-delà de ce point, c’est l’inertie institutionnelle. Elle impose des limites quant à la vitesse à laquelle les systèmes peuvent changer sans s’effondrer complètement. Au-delà de ce point, les gens ne toléreront les anciennes pratiques que jusqu’à ce que l’on puisse leur trouver des pratiques de substitution.
Par Tom Luongo – Le 10 janvier 2019 – Source 



