Par Alexandr Bovdunov – Le 10 juin 2016 – Source katehon.com

La vie et la mort de Ion Culiano
Le 21 mai 1991, à l’Université de Chicago, un professeur invité en religion comparée lisait son dernier cour magistral sur le gnosticisme. Il était un spécialiste de haut niveau pour aborder ce thème; l’un des principaux chercheurs du gnosticisme, de platonisme et du néo-platonisme, de l’hermétisme et de l’histoire religieuse secrète et manifeste de l’Occident. Après avoir échangé quelques mots avec un étudiant au sujet de sa thèse, le scientifique est parti. Ce fut le dernier moment où les disciples le virent vivant. Quelques heures plus tard, le corps du professeur était retrouvé dans les toilettes pour hommes sur le campus de l’Université. Il avait reçu une balle dans la tête en plein jour, dans l’une des plus grandes universités des États-Unis. A ce jour, le tueur n’a pas été trouvé. Le scientifique, dont le cadavre gisait alors vilainement dans les latrines, était Ion Culianu.





Ce message-là ne sera bien entendu jamais avoué explicitement, demeurant à un niveau subliminal et inconscient. Mais l’un des paradigmes fondateurs du néo-libéralisme, est que la philosophie politique se résume à quelques principes assez simples. Ceux de la compétition sans règles entre individus, dont ne peut ressortir que le bien suprême. Le néo-libéralisme paie son attachement aux pensées magiques par un simplisme vis-à-vis du monde. Il n’est finalement pas nécessaire d’ingurgiter Kant, Smith (réduit à quelques citations de The wealth of nations sorties de leur contexte), Tocqueville ou Popper. L’alpha et l’oméga de la société humaine se résume à Game of Thrones, d’où d’ailleurs le succès de la série et la fascination qu’elle exerce.


