C’est officiel, Les États-Unis collaborent avec Al Qaida


Moon of Alabama

Le 6 mai 2015 – Source Moon of Alabama

La propagande contre la Syrie fait son petit lait de la capture de la ville d’Idlib par le groupe terroriste Al Nusra, allié à d’autres groupes islamistes. La tonalité générale en est : Assad est en train de perdre, assortie de la demande illogique du bombardement des troupes d’Assad par les États Unis. Mais en quoi serait-ce nécessaire si le gouvernement d’Assad est vraiment en train de perdre le contrôle des opérations ?

Un bon exemple en est donné, via Foreign Policy, par Charles Lister, un analyste de Brooking Doha qui est payé par le Qatar, même s’il coopère souvent avec l’administration Obama. Le titre déclame qu’Assad est en train de perdre et l’assaut contre Idlib est fortement. Puis l’article reconnait que cette victoire contre les troupes syriennes, forcées à se replier, ne fut possible que parce qu’Al Qaida menait l’assaut.

L’article reconnait aussi que les États Unis, qui espèrent un équilibre des forces entre Al Qaida et le gouvernement syrien afin que le conflit se prolonge et que les deux cotés perdent, sont derrière cet assaut :

L’implication des groupes des Forces Syriennes Libres révèle, dans les faits, comment ceux qui les soutiennent ont changé de point de vue en ce qui concerne leur coordination avec les islamistes. Plusieurs commandants en charge des opérations contre Idlib ont confirmé à l’auteur de ces lignes qu’un centre de contrôle américain situé dans le sud de la Turquie et qui coordonnait l’approvisionnement en armes létales et non létales aux groupes d’opposition, a joué un rôle capital dans l’implication et le succès des forces islamistes, a partir de début avril. Ce centre de contrôle, avec celui situé en Jordanie et qui couvre les opérations menées dans le sud de la Syrie, a aussi énormément augmenté son assistance en renseignements aux groupes islamistes, ces dernières semaines.

Alors que ces centres de contrôle avaient auparavant demandé à ce que les bénéficiaires de l’assistance militaire direct arrêtent toute coordination avec des groupes comme Al Nusra, les récents mouvements à Idlib nous montrent quelque chose de différent. Non seulement les livraisons d’armes en direction des soi-disant groupes contrôlés ont augmenté mais, de plus, le centre de contrôle a spécifiquement encouragé à une meilleure coopération avec les islamistes commandant les opérations sur le front.

Ce centre de contrôle, dirigé par les américains, encourage donc la coopération entre la soi disant Armée Syrienne Libre et Al Qaida. Un drone américain, abattu au dessus de Lattaquié en mars dernier, était en train de récolter des renseignements pour aider à l’attaque d’Al Qaida sur Idlib. Plus de 600 missiles anti tank TOW de fabrication américaine ont été tirés sur les troupes régulières syriennes dans le nord de la Syrie. Ils ne forment qu’une partie des 14.000 que l’Arabie Saoudite a commandé au fabricant américain.

Même si les États-Unis ne demandent pas officiellement à ses mercenaires de coopérer avec Al Nusra une telle coopération est évidente pour celui qui ose y jeter un œil :

Dans le sud de la Syrie, les groupes qui prétendaient se distancer des extrémistes comme ceux d’Al Nusra en avril ont été vus coopérant avec ce même groupe à Deraa quelques jours plus tard.

La réalité est que les mercenaires djihadistes de l’Armée Syrienne Libre, des soi-disant modérés, entraînes et payés par les États-Unis, sont tout aussi hostiles que ceux des groupes comme Al Nusra, une branche d’Al Qaida, ou du soi-disant État Islamique. Même s’ils ne décapitent pas ceux qu’ils déclarent des infidèles, ils les tuent quand même.

Pendant que les États-Unis s’occupent d’Al-Qaida en Syrie, la Turquie s’occupe de l’État Islamique. Des tonnes de sulfate d’ammonium, utilisé pour fabriquer des bombes artisanales, sont passées en contrebande par la frontière turque, sous les yeux bienveillants des douaniers, à destination du groupe État Islamique. Des recruteurs turcs incitent les musulmans Ouighours de l’ouest de la Chine et du Tadjikistan à venir rejoindre les rangs de ce groupe. Ils leur refilent des passeports turcs pour leur permettre de rejoindre la Turquie, d’où ils peuvent rejoindre la Syrie et l’Irak. Pendant ce temps, les Saoudiens bombardent tout le Yémen sauf les villes et régions tenues par Al-Qaida dans la Péninsule Arabique.

Maintenant, Les États Unis et leurs alliés supportent donc pleinement les djihadistes sunnites à travers tout le Moyen Orient. Dans le même temps, ils utilisent la menace d’Al-Qaida pour effrayer et imposer des lois liberticides dans leurs propres pays.

Charles Lister et les autres propagandistes de la Brooking Institute veulent que les États-Unis bombardent la Syrie afin d’amener Assad à la tables des négociations. Mais avec qui le gouvernement syrien devra-t-il négocier ? Avec Al-Qaida ?

Qui va gagner si le gouvernement syrien finit par perdre et capituler ? Les islamistes rebelles modérés, ceux qui n’ont rien pu faire seul contre le gouvernement syrien, se mettrait alors à prendre le dessus sur Al Qaida et le groupe État Islamique ?

Qui peut croire à de telles fantaisies ?

Note du traducteur

Voici maintenant la traduction des quatre premiers paragraphes d’un communiqué de presse, du 30 avril 2015, de l’on ne peut plus officielle agence de presse Reuters, et qui reconnait aussi cette alliance diabolique :

Les islamistes extrémistes qui combattent aux cotés de groupes soutenus par les États-Unis ont avancé dans le nord de la Syrie ces dernières semaines en faisant preuve d’une rare unité, que certains craignent de courte durée.

Une alliance islamiste se faisant appeler l’Armée du Fatah, en référence aux conquêtes du VIIème siècle qui ont propagé l’Islam au Moyen Orient, s’est emparée de villes du nord ouest dont Idlib, la capitale provinciale.

Cette alliance, qui inclue l’aile d’Al-Qaida en Syrie connue sous le nom d’Al-Nusra, ainsi que d’autres groupes militants extrémistes comme le mouvement Ahrar al-Sham, se rapproche de la ville côtière de Lattaquié, un bastion du président Bashar al-Assad.

Se battant aussi à leurs cotés, même si non réunis sous le même centre de contrôle, se trouvent des groupes qui refusent les buts anti-occidentaux des djihadistes et qui reçoivent une aide secrète de la part de la CIA. Parmi eux, deux groupes qui se nomment Division 13 et Fursan al-Haq…..

Traduit par Wayan, relu par jj pour le Saker Francophone

   Envoyer l'article en PDF   

La Seconde guerre mondiale organisée par les ploutocrates anglo-américains (I)

Valentin Katasonov

Valentin Katasonov

Par Valentin KATASONOV – Le 4 mai 2015 – Source strategic-culture

La guerre n’a pas été déclenchée par un Führer enragé qui se trouvait à diriger l’Allemagne à cette époque. La Seconde Guerre mondiale est l’œuvre d’une oligarchie mondiale, ou plus précisément des ploutocrates anglo-américains.

Continuer la lecture

Vladimir Poutine : Discours à l’occasion du 70e anniversaire de la Victoire de 1945 (VOSTFR


Par sayed7asan – Le 9 mai 2015 – Source sayed7asan

Discours de Vladimir Poutine durant la parade militaire sur la Place Rouge à Moscou, à l’occasion du 70e anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique de 1941 à 1945.

Vidéo sous-titrée en français
 Traduction : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

https://www.youtube.com/watch?v=93RPm7oaCko

Continuer la lecture

Donbass : une guerre limitée qui relativise totalement l’héritage de la Guerre Froide

Alexey Feneko

Par Alexey Fenenko – Le 21 avril 2015 – Source russia-direct

Le conflit armé en Ukraine ressemble de plus en plus à une guerre limitée du XVIIIe siècle plutôt qu’à la version moderne des guerres totales du XXIe siècle.

Continuer la lecture

L’Inde affiche son autonomie stratégique sur la Place Rouge

L'Inde fait une déclaration de politique étrangère hautement significative, en ce qui concerne sa stratégie globale, en envoyant Mukherjee à Moscou le 9 mai, pour saluer, depuis les remparts du Kremlin, le Régiment de Grenadiers de l'armée indienne qui défilera avec les troupes russes sur la Place Rouge. La signification du geste ne sera pas ignorée dans les capitales mondiales importantes.
M.K. Bhadrakumar

M.K. Bhadrakumar

Par M.K. Bhadrakumar – Le 6 mai 2015 – Source Indian Punchline

Le soixante-dixième anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie tombe ce week-end. La Seconde Guerre mondiale a éclaté lorsque la lutte de l’Inde pour sa liberté était proche de son apogée et la demande allait crescendo pour que la Grande-Bretagne quitte l’Inde. Il y avait deux opinions en Inde à ce moment-là pour savoir qui était son plus grand ennemi – la Grande-Bretagne ou le Japon. Sans surprise, il est apparu à beaucoup que la défaite de la Grande-Bretagne signifiait la victoire de l’Inde.

Continuer la lecture

Le Premier mai a été une journée formidable pour le renseignement étasunien en Syrie et au Yémen

Le 2 mai 2015 – Source Moon of Alabama

Les branches de l’armée et du renseignement américains impliquées dans le Commandement central du Moyen-Orient ont célébré le 1er mai en se livrant à une petite compétition sur le choix de cibles hors pair.

Selon une ONG, des frappes aériennes dirigées par les Etats-Unis et ciblant le groupe qui s’autoproclame Etat islamique ont tué au moins 52 civils dans un village du nord de la Syrie, samedi.

«Les frappes aériennes de la coalition lancées vendredi au petit matin sur le village de Birmahle dans la province d’Alep ont tués 52 civils», a déclaré Rami Abdel Rahman, le dirigeant de l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme.

«Sept enfants ont été tués et 13 personnes sont toujours prises au piège dans les décombres», a-t-il dit.

Abdel Rahman a déclaré à l’AFP que les miliciens kurdes et les combattants rebelles syriens se battaient contre l’EI dans une ville à environ deux kilomètres de là.

«Mais à Birmahle il n’y a que des civils, et pas la moindre position de l’EI, ni le moindre affrontement», a-t-il dit.

Selon Abdel Rahman «pas un seul combattant de l’EI n’a été tué dans les frappes sur le village» …

C’est déjà beau, mais le groupe de renseignement militaire CentCom qui soutient la guerre saoudienne contre le Yémen a montré qu’il pouvait faire encore mieux:

Une série de frappes aériennes saoudiennes a atteint un hôpital et un camp médical au sud-ouest du Yémen vendredi, tuant au moins 58 civils et en blessant au moins 67, selon deux fonctionnaires locaux du gouvernement yéménite.

La plupart des morts et de blessés étaient des médecins et des patients, ont-ils dit.

L’hôpital Raheda est l’un des plus grands et les plus actifs de la région. Le camp médical fait partie de l’hôpital.

[…]

Trois fonctionnaires locaux du gouvernement yéménite ont déclaré que l’hôpital n’avait pas été utilisé par les rebelles Houthis et qu’aucun des morts n’était un combattant rebelle.

Il semble que ce soit l’équipe qui choisit les cibles au Yémen qui ait remporté le gros lot.

On trouve le meilleur reportage de la guerre au Yémen dans l’Independent d’aujourd’hui. Il est un peu à côté de la plaque malgré tout, quand il dit que le roi Salman et son fils voient la guerre contre le Yémen «comme un moyen d’assurer leur pouvoir et de se débarrasser des factions rivales dans la famille royale». C’est peut-être une motivation secondaire, mais la vraie raison est plutôt celle que suggère Hillary Mann Leverett:

Ce à quoi nous assistons est la conséquence de la désorientation et de la terreur qui frappent l’Arabie saoudite devant l’évolution d’une région qui pourrait devenir plus représentative en termes de gouvernance, plus indépendante en termes de politique étrangère. Les Saoudiens tentent d’empêcher le Yémen de prendre son indépendance en matière de politique étrangère et ils ont, à nouveau, décidé de s’engager dans une guerre sans fin aux côtés des États-Unis

Cette description correspond au fait que les Saoudiens ont commencé les bombardements au moment précis où un accord de partage du pouvoir négocié sous l’égide de l’ONU était sur le point d’être signé au Yémen. Comme l’Independent le dit:

«Le commencement de la guerre aérienne saoudienne, il y a cinq semaines, a mis un terme aux négociations qui étaient sur le point d’être conclues pour établir un gouvernement partagé dans la capitale Sanaa, selon l’émissaire de l’ONU Jamal Benomar. Il a dit au Wall Street Journal dans une interview : ‹Lorsque cette campagne a commencé, il se produisait une chose importante qui a été passée sous silence, à savoir que les Yéménites étaient proches d’un accord qui aurait institué un partage du pouvoir comprenant tous les camps, y compris les Houthis.›»

Les États-Unis ont soutenu les bombardements depuis le tout début en fournissant aux Saoudiens le renseignement nécessaire. Cela a saboté la solution pacifique de la compétition pour le pouvoir politique au Yémen. Il n’est donc pas surprenant que l’émissaire de l’ONU ait démissionné en signe de protestation. Communiqué du 26 mars:

L’Arabie Saoudite a dit à l’administration Obama et à ses alliés du Golfe Persique, au début de la semaine, qu’elle préparait une opération militaire contre le Yémen voisin, et comptait énormément sur les images de surveillance des États-Unis et sur ses informations de ciblage pour la réaliser, selon de hauts fonctionnaires des Etats-Unis et du Golfe persique.

Depuis cette date, le soutien du renseignement des États-Unis pour les Saoudiens a augmenté. Communiqué du 10 avril:

Les États-Unis accroissent leurs échanges de renseignements avec l’Arabie saoudite pour lui fournir davantage d’informations sur des cibles potentielles dans la campagne aérienne que le royaume mène contre les milices Houthis au Yémen, ont dit à Reuters des officiels américains.

[…]

Selon ces officiels américains, cette assistance élargie comprend des données de renseignement sensibles qui permettront aux Saoudiens de mieux évaluer les cibles du royaume dans des combats qui ont tué des centaines de personnes et engendré des milliers de réfugiés depuis mars.

Que vont penser les Yéménites dont les parents ont été tués dans les frappes d’hier contre l’hôpital de ce soutien étasunien?

Le communiqué de l’Independent cité plus haut comprend également cette phrase qui est, je crois, une première dans les médias mainstream:

[Le roi Salman] n’a pas seulement commencé une guerre aérienne au Yémen, mais il a accru son soutien à Jabhat al-Nusra, la filiale d’al-Qaida, et à d’autres groupes djihadistes en Syrie. Ceux-ci ont récemment remporté plusieurs victoires dans la province d’Idlib sur l’armée syrienne et les forces loyales au président Bachar al-Assad.

Les Saoudiens soutiennent également Al-Qaïda au Yémen et en poussent même d’autres à les rejoindre :

Haykal Bafana @ BaFana3

Il faut que les journalistes se réveillent et parlent des pressions de l’Arabie saoudite sur les tribus et les leaders de l’Hadramaout* pour qu’ils acceptent la loi d’AQ.

Les Saoudiens multiplient leur soutien à Al-Qaïda et le renseignement américain sélectionne des cibles civiles pour les bombardements.

Quelqu’un peut-il croire que tout cela finira bien?

Note :

* L’Hadramaout est la région orientale désertique du Yémen, au sud de la péninsule Arabique, ouverte sur le golfe d’Aden, frontalière du Rub al-Khali, et de la région du Dhofar. Cette région est administrativement le gouvernorat d’Hadramaout

Traduction : Dominique Muselet

 

   Envoyer l'article en PDF   

Davantage de signes de préparatifs de guerre?


The Saker

The Saker

Par le Saker original – Le 6 mai 2015 – Source thesaker.is

Comme la plupart d’entre vous le savez déjà, la marine chinoise a envoyé des navires de guerre dans la mer Noire. Ils se dirigent vers la base navale russe de Novorossiisk. Plusieurs raisons à ce voyage ont été invoquées :

– Il s’inscrit dans le cadre des préparatifs pour la visite de Xi Jinping aux célébrations du 9 mai
– Il s’inscrit dans le cadre d’une vente possible de ses frégates par la Chine à la Russie
– C’est une préparation à des exercices conjoints russo-chinois en Méditerranée

Continuer la lecture

Les Européens sous-estiment le rôle de l’URSS dans la défaite du nazisme

Le 28 avril 2015 – Source newcoldwar

Il est choquant de constater à quel point les Européens ignorent le rôle de l’Armée rouge dans la victoire contre les nazis.

Seuls 13% des Européens savent que l’armée soviétique a joué un rôle clé dans la libération de l’Europe du nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale, selon un sondage ICM Research poll fait en exclusivité pour Sputnik News.

Continuer la lecture

Freddie Gray serait-il mort s’il avait été Blanc ?


Par Mike Whitney – Le 4 mai 2015 – Source counterpunch

Si vous êtes noir au États-unis, les règles sont différentes.

«Dans sa réponse à la vague de violence policière qui a donné lieu au meurtre de Freddie Gray, le pouvoir politique établi, représenté par le premier président américain noir, s'est montré exactement pour ce qu'il est : corrompu, intéressé, parfaitement hostile aux intérêts et aux souhaits des pauvres et des travailleurs.»

Andre Damon et Joseph Kishore, L'éruption sociale à Baltimore, Maryland

Freddie Gray, âgé de 25 ans, n’est pas mort en essayant de se débattre à l’arrière d’un fourgon de police. C’est un pur mensonge. Il a été tué par des policiers assassins qui étaient déterminés à le faire taire et à lui donner une leçon. C’est ce que je pense. Et c’est pourquoi le rapport officiel de la police n’a pas encore été révélé au public. C’est pourquoi la police nie que le fourgon de police a fait un quatrième arrêt à un «carrefour désert … entouré de maisons vides». C’est aussi pour cela que les enregistrements entre le conducteur et le poste de police n’ont pas été révélés (à chaque fois qu’un officier de police effectue un arrêt, il doit le signaler via la radio). C’est pour cela que le fonctionnaire de police a refusé de répondre aux questions concernant les vidéos prises par le propriétaire de l’épicerie Jung Hyun Hwang, qui avait ses caméras de vidéo surveillance en fonction quand le fourgon de police à fait un dernier arrêt imprévu pendant que Gray était encore dans le fourgon.

Voyez par vous même :

«Le propriétaire du magasin… a répondu à la presse officielle que l’officier de police était venu dans son magasin dans la semaine du 20 avril et ensuite a fait une copie de la vidéo de surveillance.» Depuis, l’enregistrement vidéo original a mystérieusement disparu.

Bien sûr qu’il a disparu, comme toutes les preuves qui ,elles aussi, vont disparaître. Vous vous attendiez à quoi : la justice?

Bien sûr que non. Comme le scénario ridicule «Gray s’est suicidé» qui a déjà été largement discrédité par les experts. Lisez ce qu’en dit le journal Daily Beast :

«Je n’ai jamais vu quelqu’un s’infliger des lésions à la moelle épinière de cette façon, dit Anand Veeravagu, un spécialiste des traumatismes du cerveau et des lésions de la colonne vertébrale au centre médical de l’université de Standford… Il est difficile pour moi d’imaginer comment une personne puisse essayer de se faire ça. Il faudrait concrètement qu’elle se pende elle même dans un véhicule où il n’y a rien pour se pendre», explique t-il.

Veeravagu raconte qu’il n’y a que peu de façon de se blesser ainsi et de causer le type de blessures qui a provoqué la mort de Gray. Il n’y a qu’une seule façon, dit-il, une blessure infligée par un objet tranchant, qui pénètre directement. Soit quelqu’un avec un couteau qui sait exactement ce qu’il fait ou quelque chose d’autre capable de passer au travers, comme une balle de revolver … Quelquefois des personnes essaient de se suicider par pendaison. C’est une des seules façons où j’ai pu constater une fracturation de la colonne vertébrale. Ils poussent la chaise avec les pieds, ils tombent, et ils se brisent le cou. Le résultat est une lésion de la moelle épinière. Mais c’est très difficile de comprendre comment quelqu’un peut se suicider par lésion de la moelle épinière sans utiliser autre chose.

Mais même dans ces cas, dit-il, les patients ne meurent pas souvent de lésions de la moelle épinière.

Et la plupart de ceux qui souffrent de lésion de la moelle épinière – auto-infligée ou non – survivent à leur blessures s’ils sont amenés à temps à l’hôpital .

 Les experts : Il est impossible de se briser la colonne vertébrale comme Freddie Gray, Daily Beast)

La raison pour laquelle il est difficile d’imaginer quelqu’un s’infligeant des blessures à la colonne vertébrale à l’arrière d’un véhicule roulant, c’est parce que ça n’est jamais arrivé. C’est parce que toute cette histoire est une arnaque, un canular, un mensonge, voilà pourquoi.

Et voici autre chose : la vraie raison pour laquelle Gray n’a pas été transporté à l’hôpital, c’est parce que la vie de Gray n’a pas d’importance.C’est aussi simple que ça. S’il avait été blanc, il aurait obtenu le traitement dont il avait besoin parce que les flics auraient été préoccupés par les conséquences. Mais parce qu’il était noir, ils n’ont pas à se préoccuper. Rien n’allait arriver. La hiérarchie les couvrira, les séquences vidéo disparaîtront, les grands manitous des grandes villes concocteront une histoire bidonnée crédible, notre président afro-américain offrira son soutien à nos excellents hommes en bleu, et tout sera oublié. N’est-ce pas toujours ainsi ?

Cela ne veut pas dire que si Gray avait été blanc, il aurait obtenu justice. Bien sûr que non. Il aurait probablement été contraint de négocier une remise de peine à partir d’accusations forgées de toutes pièces qui l’auraient envoyé en taule pour un an ou deux. En d’autres termes, il aurait été maltraité, mais il serait encore en vie, voilà la différence. Ils ne l’auraient pas laissé mourir après lui avoir brisé le cou. Ce genre de traitement est réservé aux Noirs, pas aux Blancs.

Si vous êtes noir en Amérique, les règles sont simplement différentes. Tout le monde le sait. Comme tout le monde sait également que si vous êtes un homme noir, non armé, qui se fait tirer sept fois dans le dos en fuyant un flic avec lequel  il avait établi un contact visuel, eh bien, devinez quoi: vous venez de mourir de causes naturelles, mec!, parce que c’est ça que vous lirez dans les journaux le lendemain. Donc, débrouillez-vous avec ça!

Seulement, cette fois, les gens ne veulent pas juste se débrouiller avec ça. Ils en ont marre et ils veulent que les choses changent. Donc, ils ont envahi les rues à travers le pays pour exprimer leur frustration, leur colère et leur insistance pour que leurs voix soient entendues. Bien sûr, il y a eu un peu de violence, mais alors quoi? Ce n’est rien par rapport à la violence que Gray a subie  quand il a été collé au sol, la tête pliée jusqu’aux genoux, après quoi sa «colonne vertébrale était à 80% coupée au niveau du cou et le larynx écrasé».

Rien à voir non plus avec la violence à laquelle les Noirs urbains sont confrontés quotidiennement dans leurs rencontres avec les flics. Voici un extrait du site internet World Socialist Web :

«Un rapport du journal Baltimore Sun, l’an dernier, a révélé que la ville [de Baltimore] a déboursé $5,7 millions depuis 2011, à cause de poursuites liées à la violence policière.

Les agents ont battu des dizaines de résidents qui ont eu des os cassés : mâchoire, nez, bras, jambes, chevilles, traumatisme crânien, défaillance d’un organe, et même la mort, intervenus lors d’arrestations douteuses.»

Voilà ce que j’appelle la violence, pas quelques fenêtres cassées ou quelques voitures écrasées. Maintenant lisez-ça, publié par Interfluidity :

«En théorie, un processus politique pacifique est la seule bonne façon de résoudre les problèmes de la brutalité et de l’exclusion. Dans la pratique, il n’a pas eu lieu, il ne se produit pas, il n’y a aucun signe que cela va se produire… Les émeutes provoquent un mal sévère, immédiat, c’est une escalade, elles sont violentes, elles sont fondamentalement mauvaises. Pourtant, le fait que les émeutes arrivent parfois, la perspective inconfortable de leur possibilité, a déjà, historiquement créé l’urgence et motivé un changement politique qui est finalement bénéfique, cela peut encore se produire. (Steve Randy Waldman, Interfluidity)

Bien dit, mais ce qui est important à retenir est que la violence à Baltimore n’a pas émergé à partir de rien. Elle a ses racines dans l’injustice. Traitez les gens équitablement et le problème disparaîtra. Utiliser les émeutes comme une excuse pour mettre en œuvre des stratégies loufoques, telles la loi martiale, et récolter la tempête. Voilà le choix, n’est-ce pas?

Et nous savons de quelle manière le gouvernement a choisi de traiter avec elle, par la provocation, l’escalade et l’agression : de la même façon que les États-Unis traitent tous les problèmes. Le gouverneur a déployé deux mille hommes de troupes de la Garde nationale dans les rues pour accompagner les centaines de robocops qui ont transformé le centre-ville de Baltimore en zone de guerre afin qu’ils puissent voir l’efficacité de leurs nouveaux outils pour terrifier le public dans la soumission. Et qui aide le gouverneur et les barons de la ville dans leur répression contre les manifestants?

Les élites de l’établissement noir, ce sont elles. Un article sur le site de World Socialist Web le résume parfaitement :

«Dans sa conférence de presse de mardi, la maire de Baltimore Stephanie Rawlings-Blake a qualifié, à plusieurs reprises, les jeunes exprimant leur colère contre la violence de la police, de voyous en annonçant l’imposition d’un couvre-feu et l’appel à la garde nationale. Elle était flanquée du Chef de patrouille Darryl De Sousa, du président du Conseil municipal Bernard C. « Jack » Young, et du membre du Conseil municipal de Brandon, M. Scott, qui sont tous des noirs, les deux derniers traitant également les manifestants de voyous….

»Dans sa réponse à l’éruption de la violence policière au cours de l’assassinat de Freddie Gray, l’establishment politique noir, dirigé par le premier président afro-américain, s’est montré lui-même exactement pour ce qu’il est : corrompu, égoïste et totalement hostile aux intérêts et aux aspirations des pauvres et des travailleurs, noirs ou blancs. (L’éruption sociale à Baltimore, Maryland , André Damon et Joseph Kishore, World Socialist Web Site).

Sera-t-il un jour rendu justice à Freddie Gray?

Pas question! Les gens qui possèdent ce pays ne le permettront jamais.

Mike Withney vit dans l’État de Washington. Il est contributeur à Hopeless: Barack Obama et la politique de Illusion (AK Press). Hopeless est également disponible dans une édition Kindle. Il peut être atteint à fergiewhitney@msn.com.

Traduit par Pacôme et jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

   Envoyer l'article en PDF   

A propos…


8 – 9 mai 2015
Armistice fusionnel

«Si Obama ne vient pas à Moscou, le défilé ira chez Obama!»

Un groupe de jeunes Russes a publié une vidéo montrant une projection  des images de la Parade du Jour de la  Victoire à Moscou sur les murs de la Maison Blanche à Washington, DC. Le groupe a fustigé le président Obama qui a boycotté les célébrations de la victoire de la Russie sur l'Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale, faisant pression sur tous les membres de l'Otan pour les entraîner dans cette infamie.

Rappelons que Poutine était présent en juin dernier en Normandie, avec Obama et les leaders occidentaux pour commémorer le débarquement allié du 6 juin 1944.

 

https://youtu.be/gqYTaKfMlbU

Traduit par jj pour le Saker Francophone.

Source Russia Today

   Envoyer l'article en PDF