Par Moon of Alabama – Le 16 janvier 2019
Le président Trump, veut que les troupes américaines quittent le nord-est de la Syrie. Son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, et le secrétaire d’État Mike Pompeo ont tenté de saboter ce mouvement. Trump avait l’idée de laisser le nord-est de la Syrie à la Turquie, mais on lui a rapidement dit que la Turquie combattrait le YPK/PKK kurde, un groupe de combattants que les États-Unis avaient armé et utilisé comme force de substitution contre État islamique.
La Turquie n’a aucun intérêt à combattre État islamique ou à occuper Raqqa et d’autres villes ethniquement arabes le long de l’Euphrate. Son seul intérêt est d’empêcher la formation d’une entité kurde armée qui pourrait menacer son ventre mou au sud. C’est ainsi qu’est née l’idée d’une « zone de sécurité » en Syrie que la Turquie occuperait pour tenir les Kurdes à l’écart de ses frontières.
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Le président Trump a tort d’affirmer que les États-Unis ont détruit État islamique dans la grande zone du nord-est syrien qu’il tenait – c’est la Russie et ses alliés qui l’ont fait – mais il a raison de proposer de retirer les 2 000 militaires étasuniens stationnés dans ce pays ravagé par la guerre. Ce petit contingent américain n’a aucune utilité pour un combat ou un objectif stratégique positif à moins qu’il ne serve à contrecarrer les négociations de paix actuellement en cours sous la direction de la Russie ou à servir de tête de pont pour une guerre américaine contre l’Iran. Pire encore, sa présence représente un risque constant que des militaires étasuniens soient tués par des forces russes opérant également dans cette zone relativement restreinte, risquant ainsi de transformer la nouvelle guerre froide en un conflit très chaud, même par inadvertance. Que Trump comprenne ou non ce danger, sa décision, si elle est réellement mise en œuvre – on y résiste farouchement à Washington – rendra les relations américano-russes, et donc le monde, un peu plus sûres.


Certains pensent que les États-Unis sont une superpuissance. Ils citent les chiffres du PIB, les dépenses militaires, la capacité de contraindre divers vassaux américains à accéder aux demandes américaines/israéliennes aux Nations Unies. Ils soulignent également sa capacité à forcer d’autres nations à respecter ses sanctions unilatérales, même si elles sont au mieux inefficaces, généralement contre-productives et tendent à nuire aux alliés des États-Unis. Ne s’agit-il pas là des signes distinctifs d’une véritable superpuissance ?



