Aout 2023 – Source Nicolas Bonnal

J’ai plusieurs fois évoqué la russophobie dans mon livre sur Dostoïevski ou dans mes textes publiés dans les médias russes (voir liens) ; elle est européenne cette russophobie, elle n’a pas attendu les américains et elle est solidement enracinée. On peut dire qu’elle s’exprime une première fois dans la conquête de la Russie par Napoléon qui est ainsi décrit par Tolstoï dans Guerre et paix : c’est l’Europe et non la France (40% de la soldatesque) qui se jette à la gorge de la Russie. Chateaubriand (voyez mon texte) est totalement isolé quinze ans plus tard quand il demande à la diplomatie française de se rapprocher de la Russie et d’éviter les ombrageuses Autriche et Angleterre qui déclencheront les conflits qui en terminèrent avec notre civilisation (elle est morte notre civilisation à l’époque de Zweig ou Valéry, c’est son cadavre qui pue en ce moment).

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Pour être franc, les États-Unis et l’Europe ont foncé effrontément dans des pièges qu’ils ont eux-mêmes créés. Pris dans les mensonges et les tromperies tissés autour du prétendu héritage d’un ADN culturel supérieur (garantissant, dit-on, une victoire presque certaine), l’Occident s’éveille à un désastre qui se rapproche rapidement et auquel il n’y a pas de solution facile. L’exceptionnalisme culturel, ainsi que la perspective d’une « victoire » évidente sur la Russie, se dissipent rapidement – mais la sortie de l’illusion est à la fois lente et humiliante. 
Aung San Suu Kyi, figure emblématique de la politique du Myanmar, est passée de la prison à l’assignation à résidence. Cela peut sembler un petit pas, mais vous le savez, un trajet de mille pas commence par un premier pas, comme le disait l’ancien philosophe chinois Lao Tzu.
Nous avons souvent entendu décrire la Seconde Guerre mondiale comme « la guerre qui devait mettre fin à toutes les guerres » .