L’Europe pivote aussi … vers la Chine

M.K Bhadrakumar

Par M K Bhadrakumar – Le 16 mars 2015 – Source mkbhadrakumar

La décision de la Grande-Bretagne de demander son admission au sein de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures [AIIB] en tant que membre fondateur a apparemment pris Washington par surprise.

Le porte-parole du département d’État a admis qu’il n’y avait eu «pratiquement aucune consultation avec les Etats-Unis» et que c’était «une décision souveraine prise par le Royaume-Uni». Dans les semaines à venir, il va devenir aussi plus difficile pour les États-Unis de se réconcilier avec l’Australie, qui suit les traces de la Grande-Bretagne, depuis que le président Barack Obama est intervenu personnellement auprès du Premier ministre Tony Abbott en octobre dernier pour le dissuader de faire une telle chose. La Corée du Sud et la France sont aussi susceptibles d’adhérer à l’AIIB (Guardian).

Continuer la lecture

L’Otan savait que son intervention en Libye engendrerait le chaos et profiterait à al-Qaida

Par What’s Left – Le 17 mars 2015 – Source ICH

Selon David Pugliese, journaliste à Ottawa Citizen, qui a obtenu des documents des services de renseignements canadiens, ces derniers savaient que l’intervention de l’Otan en Libye en mars 2011 aiderait les islamistes théocratiques militants alliés à al-Qaida et que cela engendrerait un chaos à long terme dans le pays.

A l’époque, le dirigeant militaire de l’Otan, l’amiral US James Stavridis, niait le fait que l’opposition au dirigeant séculier Muhammar Kadhafi était dominée par des islamistes théocratiques, qualifiant la plupart des forces d’opposition d’ hommes et de femmes responsables.

Mais les renseignements canadiens étaient lucides sur la nature de l’opposition libyenne.

Pugliese à révélé qu’«un rapport des services de renseignements canadiens, écrit à la fin de 2009, décrivait la place forte de l’opposition à Kadhafi à l’Est de la Libye, d’où à surgi le soulèvement, comme un épicentre de l’extrémisme Islamique.»

Continuer la lecture

La Turquie et les Kurdes: un accord possible

Immanuel Wallerstein

Immanuel Wallerstein

Par Immanuel Wallerstein – Le 15 mars 2015 – Source binghamton 

Commentaire No. 397

Il semble actuellement y avoir une réelle possibilité d’accord entre le gouvernement turc et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mettrait fin à la lutte acharnée qui remonte au moins à la fondation de la République turque en 1923.

La question a été très claire dès le début. Dans le sillage de l’effondrement de l’Empire ottoman, un groupe de nationalistes turcs emmené par Mustafa Kemal (Ataturk) s’est emparé du pouvoir et a établi une république laïque, dont les limites comprenaient essentiellement les zones connues comme l’Anatolie et la Thrace. Comme la plupart des nationalistes nouvellement parvenus au pouvoir, ce groupe était idéologiquement jacobin. Il avait établi une république des Turcs, et uniquement pour les Turcs.

Continuer la lecture

Israël: Le retour de Bibi Follehaine

Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 18 mars 2015 – Source Facebook

Voici la réaction à chaud de Pepe Escobar à la victoire de Nethanyahou en Israël.

Si un gogo naît chaque seconde, ceux qui se laissent prendre par la politique de la peur naissent à chaque milliseconde.

Bibi bombardons l’Iran, la Palestine, les Arabes et quiconque est contre moi vient de remporter les élections en Israël en enterrant pour de bon la solution à deux États (déjà dans le coma). Il s’agit là de la victoire d’un État irrémédiablement raciste pratiquant l’apartheid qui se fonde sur l’occupation et la construction de colonies ad-nauseam.

C’est la victoire de Bibi, soutenu essentiellement par Israel Hayom, le journal sous la coupe du gangster patron de casinos Sheldon Adelson, contre l’administration d’Obama évitons les conneries; la vieille élite israélienne de gauche; les médias institutionnels d’Israël; et les anciens généraux et chefs des services secrets qui ont prouvé encore et encore sa démence.

Il a pourtant gagné et demeure à la tête d’un État pratiquant l’apartheid armé jusqu’aux dents qui dispose de beaucoup d’armes de destruction massive, qui est déterminé à bombarder tout ce qui bouge, à construire illégalement des habitations, des routes et des centres commerciaux sur une terre volée et à refuser toute inspection par l’ONU de son programme d’armement nucléaire (bien réel), et qui menace de livrer une guerre à l’Iran, qu’un accord sur le nucléaire soit signé ou non avec les pays du P5+1.

L’Otan devrait congédier son général suprême Breedlove/Folamour et le remplacer par Bibi/Follehaine.

Traduit par Daniel, relu par jj pour le Saker Francophone

   Envoyer l'article en PDF   

Ukraine:
Selon une TV US – La terreur règne dans la ville de Marioupol contrôlée par Kiev

Par Damir Marinovich – Le 14 mars 2015 – Source Russia Insider

Cela semble un paradoxe, mais la Voix de l’Amérique, fondée par le gouvernement états-unien, fait un meilleur travail journalistique que les médias russophobes libres et indépendants, comme CNN, NBC et Fox News.

Une chaîne de TV US reconnaît que la terreur de Kiev règne à Marioupol

Une chaîne de TV US reconnaît que la terreur de Kiev règne à Marioupol

«Ma sœur est entrée en courant ici (l’appartement). Elle peut voir que le visage de notre père était plein d’ecchymoses dues à cet objet. Il avait été frappé au visage. Cela avait l’air qu’on lui avait cogné la tête contre la table. L’homme l’a emmené après l’avoir battu.»

C’est le témoignage glaçant d’Anna, qui réside à Marioupol, à propos de l’enlèvement de son père par «des hommes inconnus, sans identification». Ils ont battu son père et menacé de lui tirer dessus. Elle n’a aucune idée où il est maintenant. «Personne n’est protégé et si vous critiquez l’administration locale, vous êtes considéré comme un séparatiste», conclut Anna, désespérée et effrayée.

On estime que plus de 3 000 citoyens ukrainiens sont détenus ou ont mystérieusement disparu lors de leur arrestation par les services secrets ukrainiens, suspectés d’être des séparatistes ou des espions contre l’État ukrainien.

Dans un reportage vidéo étonnamment honnête, la Voix de l’Amérique fondée par le Département d’État US fait la lumière sur la terreur d’état imposée au habitants de Marioupol, en majorité pro-russes.

Résumé de cette vidéo établi par VOA:

«Depuis que le cessez-le-feu du mois dernier est entré en vigueur, les bombardements autour de la cité portuaire de Marioupol ont diminué, mais on pense que les séparatistes pro-russes restent prêts à attaquer.»

Il est très intéressant de noter que le bataillon néonazi Azov a ouvertement affirmé à plusieurs reprises qu’il ne respecterait pas le cessez-le-feu négocié dans Minsk-2 et qu’il continuerait à se battre contre les terroristes russes. C’est bien documenté dans de nombreuses séquences montrant le groupe paramilitaire Azov attaquant une position rebelle à Shirokino, à 20 kilomètres de Marioupol. Il semble donc que ceux qui continuent à combattre autour de Marioupol sont des forces de Kiev et pas tant ceux de Donestsk.

VOA poursuit:

«Pour les autorités de la ville, le plus grand défi et de gagner la confiance des habitants, et simultanément d’éradiquer les informateurs qui transmettent des renseignements sensibles aux rebelles

Selon les autorités pro-Kiev de la ville, Marioupol reste profondément divisée et on estime qu’il n’y a que 30% de la population pour soutenir le gouvernement. Et cela est dit par des sources gouvernementales auxquelles on ne peut pas faire confiance comme nous l’avons expérimenté par le passé.

Même la Voix de l’Amérique fondée par le gouvernement états-unien ne peut ignorer le fait que de nombreux habitants de Marioupol considèrent les forces ukrainiennes, et en particulier le bataillon Azov, comme des maraudeurs, des envahisseurs et des occupants.

Un sentiment identique est partagé par les habitants de Slaviansk.

D’autres médias ont récemment rapporté qu’il y a eu plus d’une centaine d’arrestations dans des tentatives de Kiev d’éliminer les personnes suspectes d’espionnage de Marioupol.

Selon les médias locaux, plus d’une centaine de personnes ont été arrêtées en quelques jours. Sur les réseaux sociaux, il y a des messages affirmant qu’«ils attrapent tout le monde qui leur paraît louche ou dit quelque chose de mal: on voit les rats sur les marchés et dans les bus, qui écoutent ce que disent les passagers.»

Les médias font l’hypothèse que ces arrestations sont liées aux échanges de prisonniers de guerre entre l’Ukraine et la Novorussie et au souhait du côté ukrainien de rendre, métaphoriquement parlant, ces bébés idiots – les gens attrapés accidentellement dans les rues de la ville, à la place des prisonniers politiques.

Il semble que tout résident qui ne soutient pas les autorités de Kiev est traité comme un suspect potentiel et un espion russe.

En outre, la plupart des habitants de Marioupol croient que l’attaque de roquettes de janvier, qui a tué plus de 30 personnes, est un coup monté par les forces ukrainiennes dans le but de l’imputer aux rebelles. Un habitant qui a peur de parler ouvertement a fait cette estimation: «75% des gens ici sont sûrs que c’était une provocation du gouvernement ukrainien.»

C’est particulièrement hypocrite que la Voix de l’Amérique, si dédiée à la promotion de la liberté et des droits humains, décrive en s’excusant le terrorisme d’État comme une élimination d’informateurs. Il est évident que l’arrestation de citoyens qui disparaissent sans laisser de traces est une pratique anticonstitutionnelle et une violation flagrante des droits humains.

Le non-droit total continue à dominer l’Ukraine. Malheureusement, même l’Occident qui-aime-les-droits-de-l’homme a détourné le regard des violations flagrantes des droits humains de Kiev et méprisé le principe fondamental de tout état civilisé moderne – l’état de droit.

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

   Envoyer l'article en PDF   

Le déplacement des plaques tectoniques géopolitiques éloigne les États-Unis du centre de l’action

Wayne Madsen

Wayne Madsen

Par Wayne Madsen – Le 16 mars 2015 – Source strategic-culture

L’échec de l’administration Obama à purger ses rangs des néoconservateurs nostalgiques intégrés dans l’administration précédente, celle de Bush, a conduit à des changements géopolitiques éloignant les grandes nations et les alliances régionales des États-Unis.

La présence et les politiques adoptées par des néoconservateurs comme la secrétaire d’État adjointe aux affaires européennes et asiatiques, Victoria Nuland, et son homologue pour l’hémisphère occidental, Roberta Jacobson, ont beaucoup éloigné des États-Unis l’Amérique latine, des nations européennes comme l’Allemagne et la France, provoquant un réalignement international majeur dans le monde entier.

Tom Cotton, le sénateur US à l’initiative de la lettre des 47 néocons opposés à l’accord avec l’Iran

Et ce n’est pas seulement au sein de l’administration Obama que les néoconservateurs ont causé des dommages à l’image des États-Unis. Il est inhabituel que les dirigeants iraniens et allemands s’accordent pour critiquer la politique étrangère états-unienne. Pourtant, c’est exactement ce qui s’est passé lorsque, peu après que l’ayatollah iranien Ali Khamenei a accusé les États-Unis de sabotage après avoir transmis à l’Iran une lettre signée par 47 sénateurs républicains néocons. La lettre garantissait l’abrogation immédiate par les États-Unis de tout accord P5+1 sur le programme nucléaire iranien dès la fin du mandat d’Obama. Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a rejoint Khamenei en reprochant aux sénateurs états-uniens d’avoir envoyé cette lettre. Les remarques de Steinmeier ont été reprises à Paris par des responsables importants du gouvernement français.

L’irritation de Berlin et de Paris à l’égard de Washington ne se limite pas seulement à l’initiative envers l’Iran. Les Allemands et les Français, tout comme les Italiens, sont de plus en plus alarmés par l’attitude américaine envers la Russie à propos de l’Ukraine et d’autres questions. Peut-être que la vieille Europe (les premiers membres de l’Otan en Europe de l’Ouest) désignée ainsi par l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld est en train de décider que son avenir ne se trouve pas dans un partenariat transatlantique hautain exclusivement à sens unique, avec Washington qui dicte les conditions des alliances, mais dans des ententes multilatérales de nature eurasienne [respectueuse des souverainetés, NdT].

Bien que l’administration Obama accorde beaucoup d’importance à son pivot vers l’Asie, c’est l’Asie qui pivote vers l’Europe et, par conséquent, neutralise Washington dans une de ses sphères d’influence historiques. L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), considérée comme une rivale de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Otan), a officiellement entériné l’initiative économique de la Route de la soie, qui promeut le développement de nouvelles routes commerciales, par terre, par rail et par mer, de l’Asie vers l’Europe.

La Russie a reçu la garantie de la Chine que Beijing soutiendrait la pleine adhésion de l’Inde dans l’OCS. Pour équilibrer l’entrée de Dehli, il y a aussi un soutien pour étendre la pleine adhésion dans l’OCS au Pakistan, allié de longue date de la Chine. Si l’adhésion à l’OCS de l’Inde et du Pakistan peut servir à quelque chose, c’est de facteur modérateur dans leurs relations mutuelles, d’autant que le leadership de l’Otan a souvent pesé sur les tensions entre ses membres, la Grèce et la Turquie. Une OCS élargie, avec la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, l’Inde et le Pakistan, peut faire beaucoup pour stopper la poussée de l’Otan vers l’Est, ainsi que de futurs plans de changement de régimes par des révolutions de couleur à l’est de l’Oural.

La promesse du Premier ministre indien de rejoindre l’OCS est renforcée par son désir de mettre sur pied une Association régionale pour l’océan Indien [Indian Ocean Regional Association (IORA)] qui inclurait l’Inde, l’île Maurice, les Maldives, le Sri Lanka, les Seychelles et d’autres pays de cette région maritime. Modi a émis ce désir lors d’une récente visite à l’île Maurice. La création d’une mini-OCS dans l’océan Indien sous l’acronyme SAGAR – Security and Growth for All in the Region [Sécurité et croissance pour tous dans la région, NdT] sera un défi direct à Washington et à l’Otan, qui voient l’océan Indien comme un terrain de jeu pour leurs activités militaires, celles-ci principalement ancrées sur la base militaire états-unienne de Diego Garcia et des bases plus petites à Oman et Djibouti, ainsi qu’une future base aérienne sur les îles australiennes Cocos (anciennement îles Keeling).

L’Asie constitue aussi un défi pour les États-Unis sur le front financier international. La décision du Royaume-Uni d’être le premier pays du G7 à rejoindre la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB) d’initiative chinoise, une concurrente de la Banque asiatique de développement dirigée par les États-Unis et le Japon sous l’égide de la Banque mondiale basée à Washington, a eu pour résultat un échange hostile entre Londres et Washington. Il était reproché que la décision britannique menaçait la relation spéciale anglo-américaine. L’Allemagne [et la France, NdT] pourraient suivre la Grande-Bretagne et rejoindre l’AIIB.

La Chine n’a pas caché le fait que l’AIIB, qui compte actuellement 21 membres, allait travailler aux côtés de la Banque de développement des BRICS, un effort conjoint entre le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud pour créer une alternative à la Banque mondiale et au Fond monétaire international (FMI) de Washington, sous la coupe des États-Unis.

Le différend entre l’Occident et la Russie à propos de l’Ukraine a débouché sur les sanctions des faucons de Washington dont la finalité est d’expulser la Russie du réseau international de transactions financières électroniques SWIFT [Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunications]. Couper les liens entre ROSSWIFT, le sous-réseau SWIFT russe, et SWIFT aurait des conséquences graves pour les économies européennes, qui dépendent du commerce avec la Russie. Par conséquent, cela n’a pas été une surprise quand SWIFT a annoncé qu’un Russe pourrait siéger dans son conseil d’administration. La décision était un autre signe du malaise croissant des Européens à propos des sanctions du trio à Washington, composé du directeur du Service de contrôle des actifs étrangers du Trésor (OFAC), Adam Szubin; par Jennifer Shasky Clavery, directrice du Réseau de lutte contre la criminalité financière [Financial Crimes Enforcement Network (FinCEN)]; et, jusqu’à sa nomination comme directeur de l’Agence centrale de renseignements [Central Intelligence Agency (CIA)], David S. Cohen, le secrétaire adjoint du Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier [Secretary for Terrorism and Financial Intelligence].

Ce trio, avec les néoconservateurs dans la hiérarchie du département d’État, a aussi irrité l’Amérique latine avec ses tactiques agressives de guerre économique contre le Venezuela. Le 12 mars 2015, l’administration Obama a imposé le même type de sanctions au Venezuela, qui comprennent l’interdiction d’entrée aux État-Unis d’officiels vénézuéliens et le gel de leurs actifs, comme celles qu’il avait imposées aux responsables de la République russe autonome de Crimée, des Républiques ukrainiennes orientales de Lugansk et de Donetsk, et de la Russie elle-même.

Obama a aussi déclaré que le Venezuela était  une menace extraordinaire pour la sécurité nationale des États-Unis. Toutes les organisations d’Amérique latine, de la Communauté d’États latino-américains et caraïbes (CELAC) et de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR), jusqu’à l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) ainsi que le secrétaire général de l’Organisation des États américains José Miguel Insulza ont immédiatement condamné les actes de Washington. Non seulement Washington est resté sourd à leurs protestations, mais il a aggravé la situation en révoquant le visa états-unien du Premier ministre de Saint-Christophe-et-Niévès, Denzil Douglas, comme avertissement de ce qui pourrait arriver à tout dirigeant caribéen qui, comme Douglas, pousserait leur nation à adhérer au bloc de l’ALBA, une création de l’ancien président du Venezuela Hugo Chavez.

Le souci de Washington à l’égard des petites nations n’a pas cessé avec Saint-Christophe-et-Niévès. Les sanctions des faucons à Washington choisissent aussi de prendre des mesures contre la Banque privée d’Andorre [Banca Privada d’Andorra (BPA)], une banque privée dans la petite principauté d’Andorre, nichée dans les Pyrénées. La banque a été accusée de blanchir de l’argent pour la société Petróleos de Venezuela (Pdvsa), la compagnie pétrolière propriété de l’État du Venezuela.

Les nations autour du globe deviennent aussi plus méfiantes à l’égard des efforts de l’administration Obama pour favoriser et soutenir les prétendues révolutions à thème ou colorées partout dans le monde. L’échec des opérations de George Soros/Victoria Nuland pour faire quitter le pouvoir au Premier ministre Nikola Gruevski à Skopje par un coup d’État anti-constitutionnel dirigé par l’Union européenne et le remplacer par un militant pro-US, Zoran Zaev, membre du parti social-démocrate financé par Soros, a été un échec cuisant pour les ingénieurs de la démocratie du Département d’État, de la CIA et de l’Institut pour une société ouverte [Open Society Institute (OSI)] de Soros, ce dernier étant une CIA virtuelle privatisée.

La persistance au pouvoir du président Nicolas Maduro au Venezuela a provoqué la colère d’un officiel du Secrétariat d’État, Jacobson, un diplomate indélicat pétri dans le moule de la vulgaire Nuland. Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Delcy Rodriguez a récemment dit que Jacobson était irritable et mal élevé, comme en témoigne sa manière de marcher et de mâchouiller. Rodriguez a dit qu’on doit avoir des bonnes manières lorsqu’on discute avec des peuples et des pays. Le manque de correction de Jacobson va bien avec Nuland, dont on se souvient qu’elle a dit à l’ambassadeur états-unien à Kiev «Fuck the EU» et qu’elle a traité la réticence allemande à renforcer les sanctions contre la Russie comme «les conneries de Moscou». L’administration Obama a vu les relations des États-Unis avec l’Amérique latine et l’Europe plonger largement comme un résultat des manières de harengères grossières des deux diplomates féminines importantes qui ont été placées à ces hauts postes par Hillary Clinton quand elle était Secrétaire d’État.

Pendant ce temps, les changements géopolitiques des nations et des alliances continuent à bénéficier à ceux qui décident de limiter le trafic d’influence de Washington. Ce message devient clair pour les nations qui voient une amélioration de leur sort à coopérer à des projets non états-uniens, depuis l’oléoduc Balkans Stream et l’initiative de la Route de la Soie jusqu’à l’ALBA et à la IORA [Indian Ocean Rim Association]. La marque Amérique a perdu de sa superbe sur la scène mondiale.

Wayne Madsen

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

   Envoyer l'article en PDF   

Poutine: «Il faut construire le pont Caucase–Crimée le plus vite possible»

 G. Veremeenko – Le 16 mars 2015 – Source Fort Russ

Vladimir Poutine insiste sur la nécessité de construire le pont de Kertch dans les plus brefs délais et de favoriser le développement du secteur de l’énergie en Crimée

«Nous devons construire un pont pour relier la Crimée avec le Caucase, avec le territoire de la Fédération de Russie. Cela peut et doit être fait dans les plus brefs délais

Le président a souligné la nécessité de favoriser le développement du secteur de l’énergie en Crimée.

«Nous devons redonner toute sa gloire au potentiel créatif de la Crimée pour encourager les citoyens russes à tirer le meilleur parti des caractéristiques naturelles et climatiques uniques de la péninsule et, ce qui à mon avis est tout aussi important, nous devons recommencer à considérer la composante humaine de la Crimée comme une partie inaliénable de notre culture et de notre patrimoine culturel», a ajouté le président.

Commentaire de J. Hawk (traducteur du russe à l’anglais)

Le pont Kertch–Crimée sera une entreprise d’ingénierie majeure, et on peut déduire les choses suivantes de l’accent porté sur l’urgence de sa construction:

1. La Russie n’envisage pas de s’emparer d’un pont terrestre reliant la Russie continentale à la Crimée via Marioupol et le littoral de la mer d’Azov.

2. La Russie s’attend néanmoins, et se prépare sans doute, à affronter un scénario pire encore qu’aujourd’hui, comme une Ukraine banderiste à la haine inaltérable ou un État ukrainien en faillite qui ne voudrait pas ou ne pourrait pas fournir la Crimée en l’électricité et autres choses nécessaires. L’accent est clairement mis sur la nécessité de rendre la Crimée indépendante de l’Ukraine aussi vite que possible. Moscou ne semble pas considérer Kiev comme un sérieux partenaire pour la paix dans l’avenir immédiat.

Il n’est pas clair à quel genre de ressources énergétiques Poutine faisait allusion. Parlait-il simplement de la capacité de la Crimée à suffire à ses propres besoins électriques (ce qui ne sera pas vraiment nécessaire, une fois que le pont sera construit), ou faisait-il référence à l’exploitation des gisements de gaz naturel considérables qui se trouvent au fond de la mer Noire dans les eaux territoriales de Crimée?

Traduit de l’anglais par Dominique Muselet, relu par jj pour la Saker Francophone

   Envoyer l'article en PDF   

Qui profite de la richesse aux États-Unis ?

Par Paul Buchheit – Le 16 mars 2015 – Source ICH

Il y quelque chose de profondément pervers dans une société qui tout en créant trente mille milliards de dollars de nouvelles richesses, nourrit dans le même temps six millions d’enfants supplémentaires avec des coupons alimentaires.

Les médias de masse ne publient que rarement de tels faits. Les super-riches continuent à augmenter leur richesse, aussi tranquillement que possible, et nos membres dirigeants du Congrès ne s’intéressent pas beaucoup aux chiffres, sauf quand il s’agit de coupes budgétaires pour les plus démunis, de subventions aux multinationales ou de fonds pour les contributions à leurs campagnes électorales.

Mais les chiffres ont le pouvoir de révéler la chute dramatique de la classe moyenne durant les trente-cinq dernières années.

1. 138 000 enfants étaient sans abri alors que 115 000 foyers gagnaient chacun $10 millions de plus par an.

Les données récentes ont montré que les 1% les plus riches (115 000 foyers) ont chacun vu leur richesse augmenter chaque année de la somme astronomique de $10 millions par an. Alors qu’ils faisaient le compte de l’argent qu’il possèdent, par une nuit glaciale de janvier, 138 000 enfants, selon le Département du Logement US, n’avaient pas de foyer.

2. Le foyer US moyen paie $400 pour nourrir et habiller les salariés de Walmart, Mc Donald et d’autres travailleurs à bas revenus

L’Institut de Politique Économique rapporte que $45 milliards sont versés annuellement en aide sociale fédérale ou au niveau des États, à des travailleurs gagnant moins de $10,10 de l’heure. Ainsi, le foyer US moyen paye près de $400 à des employés à faible revenus, travaillant dans des industries comme la restauration, le commerce et le soin aux personnes.

L’augmentation de 1 dollar par heure faite par Walmart à grand renfort de publicité, coûtera à la société près de $1 milliard annuellement. Ses profits pour l’an dernier ont avoisiné 25 milliards.

Mais cette sordide histoire est encore pire que cela, car selon ce qu’affirme un rapport de PBS, Walmart a dépensé 6,5 milliards par an en rachat d’actions pour enrichir ses actionnaires, soit approximativement la même somme que celle demandée aux contribuables pour payer les coupons alimentaires, les soins de base (Medicaid), le logement et d’autres programmes d’aide sociale destinés aux employés sous-payés de la société.

3. Alors que $30 trillions de nouvelles richesses ont été créés, le nombre des enfants vivant sur des ticket de rationnement alimentaire s’est accru de 70%.

Avant la récession de 2008, 12 enfants états-uniens sur 100 bénéficiaient de coupons alimentaires. Après la récession, 20 enfants étasuniens sur 100 y ont droit.

Cela fait un accroissement de près de 70 %, de 9,5 millions d’enfants en 2007 à 16 millions en 2014, alors que dans le même temps, la richesse aux États-unis, s’accroissait de $30 trillions. Même avec cet accroissement incroyable de richesse, notre nation n’a pas été capable de garantir la sécurité alimentaire à des millions de ses citoyens les plus vulnérables.

4. En dépit du déclin de la sécurité alimentaire, le programme de coupons alimentaires à été amputé de 8,6 milliards et l’argent à été donné à l’agriculture industrielle.

Alors que de plus en plus d’enfants ont faim, les plus grandes firmes agro-industrielles ont continué à recevoir de l’argent des contribuables pour accroître leurs profits se chiffrant déjà en milliards. La loi sur l’agriculture de 2014 ampute de $8,6 milliards (sur les dix années à venir) le programme de coupons alimentaires, dont la moitié des bénéficiaires sont des enfants. Dans le même temps, $14 milliards sont versés annuellement à 10% des propriétaires des plus grandes fermes.

Désespérés, brisés

Les médias de masse soulignent le rebond de l’économie, la Bourse en folie et la chute du chômage. Mais la Bourse n’a enrichi que 10% des États-uniens, leur donnant des millions de dollars depuis le début de la récession, alors que les nouveaux emplois disponibles sont bien en dessous du niveau de qualification des adultes diplômés et n’offrent bien souvent pas de couverture médicale ni de droit à la retraite. Trop d’États-uniens, autrefois prospères, sont abattus, brisés et attendent vainement que nos dirigeants élus arrêtent de redistribuer notre richesse nationale de cette façon.

Paul Buchheit

Paul Buchheit enseigne les inégalités économiques à la DePaul University. Il est le fondateur et le développeur des sites internet :UsAgainstGreed.org, PayUpNow.org and RappingHistory.org, ainsi que l’écrivain et l’éditeur du livre American Wars: Illusions and Realities (NdT : Les guerres étasuniennes : Illusions et réalités). Il peut être contacté à l’adresse : paul@UsAgainstGreed.org.

   Envoyer l'article en PDF   

L’histoire de la Russie met en évidence les mensonges des médias

Par Eric Walberg – Le 17 mars 2015 – Source ericwalberg

La Russie m’a toujours fasciné – les valeureux héros qui ont défendu la Moscovie contre la Horde d’Or, la fastueuse et mystérieuse foi orthodoxe, les vastes espaces, la philosophie et la culture remarquables, la révolution bolchevique contre l’impérialisme… Il est clair que l’Occident a toujours été jaloux de ce génie exceptionnel.

Le dangereux affrontement actuel est un nouveau combat épique digne du glorieux passé de la Russie, mais qui a malheureusement lieu dans un monde cauchemardesque de drones et de bombes nucléaires. Beaucoup plus tragique que ce que décrivent les contes qui relatent la façon dont Boris Godounov a chassé les Polonais de Moscou, conduisant finalement à l’essor de la ville.

Continuer la lecture

Alerte:
Les Loups sont encore dans Paris.

Le Saker Francophone – Le 17 mars 2015

Ceci

2015-03-17_14h04_06Les ventes de Libération

2015-03-17_13h57_02

2015-03-17_14h11_242015-03-17_14h12_58

explique-t-il cela?

L’INFÂME LISTE NOIRE 

La semaine dernière, une personne faisant profession de journaliste et émargeant au quotidien Libération, a cru bon de diffuser une liste noire de sites internet et d’individus indépendants qui n’ont pas l’heur de lui plaire.

Le motif: ce sont des sites prétendument pro-russes ou plus exactement des sites qui révèlent une face des événements qui se déroulent en Ukraine que cette personne souhaiterait ne pas voir, et surtout ne pas voir divulguer.

Le Saker Francophone a l’honneur d’apparaître sur cette liste.

Je répondrai simplement cela: si les journalistes travaillant (?) pour cet organe de presse glorieux que fut Libération, in illo tempore, fondé par Jean-Paul Sartre (rien que ça!)  est devenu aujourd’hui, malgré les subventions copieuses des contribuables, dix millions d’euros en 2013, un opuscule quasi confidentiel, ils ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes.

S’ils avaient fait leur métier correctement nous n’aurions aucune raison d’être.

Je comprends leur angoisse à voir venir le jour où leurs maîtres devront se passer de leurs services, les obligeant à vivre, comme tout un chacun, la dure réalité matérielle du moment. Les mauvaises habitudes ça se prend vite.

Je comprends que dans la guerre psychologique qui fait rage, la communication soit une arme capitale. Et cette guerre, comme toutes les guerres, engendre son lot de mercenaires d’opérette et de trafiquants de vérité, prêts à se vendre au plus offrant.

Je ne vous reproche rien, tout ceci est malheureusement dans l’ordre des choses, les temps sont durs, surtout lorsque l’on a été choyé trop longtemps.

En revanche, ce que je n’arrive pas à vous pardonner, c’est le procédé; là, vous avez fait fort, très fort.

La dénonciation, comme au meilleur temps de l’occupation nazie en France, vraiment Sartre nous manque.

La dénonciation, comme au temps du sénateur Joseph McCarthy aux États-Unis dans les années 1950, là c’est Charlot qui nous manque.

La dénonciation, comme à l’époque des purges staliniennes, paix à tes cendres Solzhenitsyn, tu nous manques aussi.

Et, cerise sur le gâteau, la dénonciation doit être portée à la maréchaussée.

Le sens de l’honneur a plus souvent inspiré les voyous que les bourgeois. Jamais un voyou, un vrai, n’aurait fait ça, se plaindre dans les jupons des pandores, rigole d’où tu es Brassens. Finalement vos vilenies ne font même pas de vous des voyous. Vous resterez les bourgeois que vous êtes, petits, très petits, encombrés d’une névrose sexuelle, typiquement Libé, que vous peinez à dissimuler: «Je procède de la même façon que pour dénoncer les pages de pédophilie…»

Vous ne me faites pas rire, charmante Elvire, pas du tout.

Et pour finir une adresse à nos lecteurs et à tous les lecteurs des sites stigmatisés.

Si vous ne voulez pas voir bientôt cet écran s’afficher en vous connectant chez nous.

Connectez-vous, faites connecter vos amis et connaissances aux sites qui pensent que la vérité n’est pas un monopole des puissants.

Nous sommes tous des bénévoles, votre action sera pure et libre de tout lien à caractère mercantile, financiers ou publicitaire.

Pour parfaire vos connaissances

2015-03-17_14h05_55

2015-03-17_14h08_03

2015-03-17_13h57_02

Source http://www.ojd.com/Support/liberation

2015-03-17_13h48_02

La diffusion payée en France de Libération. Sources : OJD. Wikipédia

2015-03-17_13h53_14

Source http://www.ojd.com/Support/liberation

Le Saker Francophone

Rappel: La liste infâme

 

 

 

 

 

   Envoyer l'article en PDF