Le récit orthodoxe que les médias grand public véhiculent sur la Nouvelle Guerre froide et sur le « Russiagate » omet de mentionner certains aspects importants du cours récent des événements.
Par Stephen Cohen – Le 19 juillet 2017 – Source The Nation
Dans le récit sur la Nouvelle Guerre froide et sur le « Russiagate », devenu un élément déterminant dans les relations américano-russes, les médias grand public passent sous silence d’importants événements qui ne cadrent pas avec l’orthodoxie. Selon cette vision des choses, Poutine est seul responsable de la Nouvelle Guerre froide et serait, avec son complice le Président Trump, à l’origine du « Russiagate ». Ce récit est généralement constitué de récits parus dans le New York Times et le Washington Post, souvent basés sur des sources anonymes et immédiatement repris pendant plusieurs heures, voire à longueur de journées, sur CNN et MSNBC. La devise du Times « All the News That’s Fit to Print » (« Toutes les nouvelles qui sont bonnes à publier ») semble s’être transformée en « All the News That Fits » (« Toutes les nouvelles qui sont dans la ligne »). Aucune place n’y est laissée aux opinions dissidentes bien informées. (Pour trouver ce genre d’information et de couverture, on se référera au site www.eastwestaccord.com du Comité américain pour l’entente Est-Ouest).
Voici plusieurs exemples de cette manière de rapporter et de commenter les faits de façon sélective.
Par Paul Craig Roberts – Le 28 juillet 2017 – Source 


Une amie qui vit en Caroline du Sud a été admise dans un hôpital avec une cholécystite (vésicule biliaire enflammée). Son état était assez grave pour que les médecins des urgences aient recommandé une chirurgie immédiate. Les tests lui ont montré qu’elle était anémique, et donc elle a reçu une perfusion avant la chirurgie. Dans le processus, on lui a demandé quelle sorte d’assurance maladie elle avait, et elle a été assez insensée pour répondre réellement à la question plutôt que de dire quelque chose comme « Je me sent trop malade pour gérer la paperasserie ». Elle n’a pas d’assurance maladie parce qu’il n’y a pas d’option disponible dans sa région à un prix abordable pour elle. Elle a été libérée et mise à la rue quelques minutes plus tard avec une prescription pour un médicament contre la douleur qui est disponible sans ordonnance. Elle a eu des douleurs intermittentes depuis. Si sa vésicule biliaire éclate, elle mourra. Si elle meurt, ses trois enfants deviendront des pupilles de l’État, ce qui coûtera à l’État beaucoup plus que ce que sa chirurgie de la vésicule biliaire aurait coûté. Vous pouvez vous sentir libre de conclure que la Caroline du Sud est gérée par des idiots, mais comme nous le verrons, le problème est beaucoup plus important que cela.
