Réveil brutal : Les perspectives d’intégration de l’Ukraine à l’UE disparaissent de l’horizon


Par Dmitry Minin – Le 2 avril 2015 – Source Strategic-culture

La révolution du Maïdan a impliqué une participation populaire dans le processus du changement de pouvoir. L’intégration à l’Union européenne était promue comme un de ses principaux objectifs. L’accord d’association était une étape sur cette voie. Il avait été signé le 21 mars 2014. Une année a passé, mais il n’y a pas de résultat concret. Les perspectives d’intégration sont même devenues plus sombres qu’elles ne l’étaient alors.

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Jeu géostratégique : une alliance russo-grecque


Par Phil Butler – le 1er avril 2015 – Source Russia Insider

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras est à la veille de rencontrer le président Poutine, le 8 avril prochain. Avec l’émergence de la Russie et de la Chine comme alternative économique à la Banque mondiale des États-Unis, un pont russo-grec pourrait être une bonne affaire.

Poutine avec le Directeur Général d’Aéroflot Vitaly Savelyev, bon signe pour le tourisme grec ? (Photo Kremlin)

Le ministre grec de la Réforme industrielle Panagiotis Lafazanis et le député de Syriza Petrakos étaient à Moscou ces jours derniers pour poser les bases de la rencontre du Premier ministre Alexis Tsipras avec Vladimir Poutine. Le nœud de vipères des banquiers fiévreux, des politiciens corrompus, et des généraux hystériques à l’Ouest du Bosphore sent que la Russie et la Chine ont là une occasion unique.

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Les crimes contre l’humanité en Ukraine, le bombardement d’une école

Par Olga Luzanova – Le 1er avril 2015 – Source globalresearch.ca

Le président ukrainien Porochenko a tenu parole : «Nos enfants iront à l’école, et les enfants du Donbass croupiront dans les caves.»

Cet article de la journaliste d’investigation Olga Luzanova fournit des preuves photo et vidéo des impacts des bombardements du régime de Kiev, dirigés directement contre des zones d’habitation et des écoles dans le Donbass.

Les civils ont été délibérément visés.

Ces crimes de guerre ont été ignorés par les grands médias. Ils n’ont pas été reconnus par la Commission des droits de l’homme de l’ONU.

Les droits fondamentaux des enfants ont été violés de manière flagrante par le régime de Kiev soutenu par les Etats-Unis, en dérogation au droit international.

M. Ch. GR Editeur

Photos et images vidéo par Olga Luzanova

Nous rappelons qu’en octobre dernier, le président Petro Porochenko a mis en évidence les contrastes entre les perspectives des Ukrainiens et celles de la population dans le Donbass lors d’un discours tenu à Odessa. Le président a promis, en particulier:

«Nos enfants iront à l’école et au jardin d’enfants, tandis que les leurs se terreront dans des caves!»

Jusqu’à présent, le gouvernement ukrainien a fait de son mieux pour tenir sa parole. Voici un des enfants vivant dans un sous-sol, conformément à la volonté du président de l’Ukraine.

Le commandant par intérim du commandement de Perevalsk m’a proposé de faire une brève visite dans une petite ville qui venait de se retrouver à proximité immédiate de la ligne de front. Les forces ukrainiennes avaient tiré sur le quartier d’habitation de la ville jusqu’au jour où la milice a pris Debaltsevo. Nous avons emprunté la route que je connaissais très bien. Nous avons roulé à travers la ville, où je pouvais voir partout les conséquences du bombardement. Nous nous sommes approchés de l’école par l’arrière et nous avons vu un terrain de football avec un énorme cratère au milieu. Ensuite, nous avons vu un autre cratère dû à un missile Ouragan à proximité de l’école.

Nous avons trouvé un très grand morceau de missile, qui ressemblait à un seau d’aluminium écrabouillé, à l’intérieur du bâtiment, mais le nombre de traces distinctes prouve qu’il faisait partie d’une batterie de missiles Ouragan.

 

L’école n’avait plus une seule fenêtre intacte sur sa façade donnant sur Debaltsevo. A l’évidence les tirs n’avaient pas été dirigés au hasard – nous avons vu que toutes les attaques sur l’école étaient des coups directs.

 

Nous avons fait le tour de l’école – sa façade orientée vers le territoire contrôlé par la milice est restée à peu près intacte. Accessoirement, cette école était l’une des plus belles de la région de Perevalsk : elle avait obtenu une subvention pour sa rénovation il y a deux ans et était donc complètement remise à neuf.

Et maintenant, le gros plan sur le livre avec le marteau et la faucille, et la phrase «Paix dans le monde», qui ajoute encore plus de tristesse à toute la scène.

 

L’état de l’intérieur du bâtiment n’était pas moins terrible : meubles renversés, cadres de fenêtre brisés, éclats de verre et débris de plâtre sur le sol, fragments de bois et de briques partout, tout est cassé et percé de trous.

 

 

Dans un couloir à demi en ruines, des panneaux avec les portraits des héros de la Grande guerre patriotique, tués encore une fois par les balles ukrainiennes.  Personne n’a été oublié, rien n’a été oublié.

 

J’aimerais souligner que le respect des valeurs de la mémoire a toujours été une partie importante de notre éducation scolaire. A la lumière du conflit en Ukraine, l’un des instruments les plus importants actuellement utilisés dans les écoles ukrainiennes est la déformation de l’Histoire – en particulier par le remplacement des noms des héros soviétiques par les noms de Banderistes. Pourtant, les gens du Donbass se souviennent de leur véritable histoire: nous ne l’avons pas apprise seulement à l’école, mais aussi de nos grands-parents, qui ont vu cette histoire de leurs propres yeux et nous l’ont racontée encore et encore, et nous ne l’oublierons jamais.

Vidéo 1 min, sous-titres anglais

https://youtu.be/v5usuJ8ifDQ

J’ai entendu une voix d’enfant dehors – une petite fille s’approchait avec quelques adultes, elle a pointé du doigt en direction de la partie la plus endommagée de l’école, en disant: «Ma classe était là.» Vika, cinq ans, était très triste pour son école; presque tous ses amis ont quitté la ville, et maintenant, elle et sa famille doivent partir aussi.

Je suis entrée dans la salle de classe où Vika et les autres élèves de première année suivaient les cours. De nouveau, la même scène: des éclats de verre partout, des fenêtres détruites, des meubles brisés, des parois percées de trous… Des livres abandonnés sur une étagère…

Quelqu’un a écrit au tableau :«Mort aux envahisseurs fascistes»

Les enfants du Donbass ne vont plus à l’école…

Traduit par Diane, relu par jj, pour le Saker Francophone

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Le Donbass peine à se relever, l’Europe fait honte


Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 31 mars 2015 – Source : Sputnik

Me voici sur une terre sacrée au Donbass, qui était aussi une terre sacrée à l’époque de l’Union soviétique. Du haut de cette colline se trouvant à peu près à mi-chemin entre Donetsk et Lougansk, s’érigeait un monument à la mémoire des héros de la Deuxième Guerre mondiale qui ont défait le nazisme et le fascisme.

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Les rebelles ukrainiens pourraient passer à l’offensive en mai


Par Yurasumy – Le 27 mars 2015 – Source: Russia Insider

En ce moment-ci, aucune des parties à la guerre civile en Ukraine ne possède la force nécessaire pour lancer une offensive à grande échelle. Mais d’ici la fin avril, les rebelles auront formé et mis en place de nouvelles unités.

Kiev peine à remplacer les pertes subies cet hiver

L’auteur de cet article est Yurasumy, un des blogueurs russes les mieux connus qui suivent la guerre au Donbass. Ses sympathies vont aux rebelles, mais il est capable d’analyses intéressantes non partisanes.

Quand des opérations offensives dans le Donbass seront-elles menées? Par qui? Quelle en sera l’ampleur ? Les interrogations et les supputations ne manquent pas à ce sujet et il y en aura encore plus à l’approche du déclenchement de ces opérations.

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Pepe Escobar dans l’est de l’Ukraine : de quoi hurler à Donetsk

Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 31 mars 2015 – Source : Asia Times

Pepe Escobar, l’œil itinérant de Asia Times, revient d’un voyage de presse dans la République populaire de Donetsk, l’enclave pro-russe de l’oblast de Donetsk dans l’est de l’Ukraine. Le secteur a été le théâtre d’intenses combats entre les rebelles pro-russes et l’armée ukrainienne.

À peine revenu de la République populaire de Donetsk en lutte, je me retrouve de nouveau devant l’arrogance et l’insolence de l’Otanistan dans toute sa splendeur.

Plusieurs personnes au Donbass, à Moscou et maintenant en Europe, m’ont demandé ce qui m’a le plus frappé au cours de cette visite.

Je vais commencer par paraphraser Allen Ginsberg dans son poème Howl : J’ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie.

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La politique du FMI en Ukraine est irresponsable et ne sert que les intérêts des États-Unis


Par Ron Paul – Le 31 mars 2015 – Source RT

Le FMI veut encore prolonger le sauvetage financier de Kiev qui ne sert que le calendrier de politique étrangère des États-Unis et ne préservera pas l’Ukraine de la crise économique, selon l’ancien candidat à la présidence états-unienne Ron Paul, qui affirme que le système ne peut pas être stabilisé, il ne peut qu’être supprimé.

«Une institution financière responsable n’apporterait pas un nouveau prêt entre 17 et 40 milliards de dollars à un emprunteur qui lutte déjà pour rembourser un prêt existant de plusieurs milliards», a écrit Paul dans un billet pour le Ron Paul Institute.

En savoir plus : «Que l’Otan et les autres pays sortent de l’Ukraine pour mettre fin à la guerre civile» – Ron Paul

L’ancien accord du FMI, prolongé de quatre ans, est destiné à soutenir la stabilisation économique et de vastes réformes en Ukraine. Pourtant, argumente Paul, le nouveau modèle de prêt ne fait rien pour le gouvernement de Kiev allié de Washington, principal bailleur de fonds du FMI.

«Ce nouveau prêt n’a pas beaucoup de sens économique, mais appuyer l’actuel gouvernement ukrainien sert le calendrier de politique étrangère des Etats-Unis», écrit Ron Paul.

Le politicien états-unien continue à accuser le FMI de tailler sur mesure ses actions pour faire progresser les objectifs de politique étrangère du gouvernement américain.

«Le FMI a aussi une longue histoire dans l’utilisation des fonds fournis par les contribuables américains pour soutenir des régimes dictatoriaux et des politiques économiques bancales», écrit-il.

Bien que le président ukrainien Petro Porochenko ait signé les mesures législatives pour réduire drastiquement les dépenses et approuvé les changements en matière de fiscalité, les prêts échouent toujours à promouvoir un marché libre, dit encore Ron Paul.

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

 

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Une commission d’audit de la dette en Grèce, maintenant
Et demain où ?


Par Eric Toussaint , Yannick Bovy – Le 25 mars 2015 – Source CADTM

Retranscription de l’interview donnée par Eric Toussaint, économiste, porte-parole du CADTM, et coordonnateur de la Commission d’audit de la dette grecque, le 24 mars 2015 à la RTBF.

Yannick Bovy : Vous étiez à Athènes la semaine dernière car c’est vous qui allez coordonner les travaux de la commission que le Parlement grec est en train de mettre sur pied. Cette commission va servir à analyser, ausculter, disséquer la dette de la Grèce, dont on sait qu’elle constitue un sacré problème pour le nouveau gouvernement grec et bien sûr pour la population en général. Alors expliquez-nous ce que vous allez faire concrètement, et quels sont vos objectifs ?

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Réchauffement à Bruxelles après les dernières propositions de Tsipras ?


Par Phil Butler – Le 28 mars 2015 – Source Russia Insider

Alexis Tsipras – PhotoBlömke/Kosinsky/Tschöpe

Le Premier ministre grec semble jouer toutes les cartes susceptibles d’influer sur le meilleur scénario possible pour le pays en vue de son sauvetage financier. Il a soumis de nouveaux documents qui semblent être reçus avec un peu plus de chaleur par Bruxelles. Reste à savoir combien le potentiel russo-grec peut être alléchant.

Dans la course aux rencontres entre le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le président russe Vladimir Poutine au début du mois prochain, l’Union européenne et les dirigeants du FMI semblent assouplir leur position à l’égard de la nécessité impérieuse pour la Grèce d’obtenir des fonds. Ce qu’on appelle le groupe de Bruxelles, formé pour examiner les réformes promises par la Grèce, analyse aujourd’hui les documents qui lui ont été soumis. Dans une perspective plus large, il reste à voir ce que sera le jeu géostratégique et économique du Kremlin à l’égard de la Grèce.

La semaine dernière, la Grèce a envoyé aux créanciers du pays une longue liste de réformes, avec la promesse de dégager un excédent budgétaire primaire [avant paiement des intérêts de la dette, NdT] cette année. L’approbation du groupe de Bruxelles sera nécessaire pour que Tsipras obtienne que soient dégelés les fonds indispensables, et pour prévenir un défaut de paiement. Le hic, pour la Grèce, est maintenant de créer l’atmosphère économique propre à satisfaire Bruxelles, tout en maintenant les promesses anti-austérité faites au peuple grec. Pour le moment, on ne sait pas si Tsipras s’est assis sur ses promesses électorales afin d’obtenir le financement permettant à la Grèce de rester solvable.

L’atmosphère entre la Grèce et ses bailleurs de fonds s’est améliorée de façon assez spectaculaire à la nouvelle que Tsipras avait avancé la date d’une rencontre avec Poutine à Moscou, par peur évidente d’une alliance gréco-russe quelle qu’elle soit. La France, notamment, tente maintenant de jouer les médiateurs entre le groupe de Tsipras et la ligne dure des banquiers allemands émanant de Merkel. Sur cette opposition de Merkel, Thomas Oppermann, le chef de file du parti social-démocrate au Bundestag, a déclaré que l’éventuel défaut de la Grèce provoquerait une catastrophe. Il a déclaré à Bloomberg et à d’autres médias :

Une sortie de la Grèce de la zone euro serait un désastre politique, pas seulement pour celle-ci mais pour toute l’idée de l’Europe.

La preuve que l’Allemagne et la Grèce déconnectent a refait surface dans les informations contestées parues dans journal Bild, affirmant que le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, très contesté, envisageait de démissionner. Quant au ministre, il a fait profil bas depuis les dernières négociations. Ce pourrait être un signe que la Grèce préfère un accord avec l’UE plutôt qu’un déplacement plus extrême dans le sens d’un alignement sur Poutine et la Russie. Le célèbre ou infâme (suivant à qui vous parlez) Tyler Durden, dans Zero Hedge, résume ainsi la position médiane:

Comme Syriza fait face à la proposition peu enviable de renoncer à ses promesses de campagne ou de plonger l’économie et le système bancaire grecs dans la spirale mortelle de la drachme, il semble qu’Athènes joue la seule carte qu’il lui reste, qui est de menacer de se rendre au Kremlin.

D’autres indicateurs plus subtils de l’état des finances grecques se reflètent dans la vente de biens de l’État, y compris de la Banque nationale grecque, qui s’est séparée de 5,849 Souverains-or en janvier. Avec la Russie qui investit davantage dans l’or que tout autre pays, ce n’est pas de la spéculation d’imaginer que cet or peut servir de garantie collatérale à un prêt direct de Moscou. Poutine a développé une stratégie de couverture financière de la Russie sur l’étalon-or, un mouvement dont certains disent qu’il serait plus qu’une petite épine dans le cœur de la Réserve fédérale américaine. La Russie détient actuellement plus de 1200 tonnes du précieux métal en réserve.

Poutine, la semaine dernière, lors d’une rencontre avec des entrepreneurs internet, dont les projets sont soutenus par le Fonds pour le développement d’initiatives internet (Kremlin)

Pendant ce temps, Fitch a abaissé la note de crédit de la Grèce vendredi, de crainte que le pays fasse faillite en raison son endettement, selon EUBusiness. Un article de Gold Seek décrit quelque chose qui ressemble une négociation de la dernière chance, du style «ça passe ou ça casse», ce week-end. Le total des dépôts bancaires en Grèce est tombé à 152.4 milliards d’euros en février, en dessous des 160.3 milliards de janvier, soit le niveau de dépôt le plus bas depuis juin 2005.

Il semble que le calendrier soit crucial pour les parties concernées. Si le sauvetage de la Grèce par l’UE fait fiasco avant la visite de Tsipras à Moscou, alors Poutine aura toutes les cartes en main. Le FMI, l’UE et les parties intéressées à l’Ouest le savent certainement. Je serais vraiment surpris si le Groupe de Bruxelles échouait à donner le feu vert au moins au report de la sortie de la Grèce. La seule carte qui reste à jouer est sous le dôme du Kremlin.

Traduit par Diane, relu par jj pour le Saker Francophone

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La lutte de Syriza :
Une alternative pour la Grèce


Par Geoffrey McDonald – Le 27 mars 2015 – Source CounterPunch

Depuis la victoire électorale de Syriza, les couteaux s’affûtent autour de la question du renflouement de la Grèce. Tout tourne autour de la question de savoir quel est le meilleur moyen d’assainir les finances publiques. Faut-il en passer par un assainissement budgétaire impliquant des coupes encore plus claires dans des dépenses gouvernementales considérées comme superflues, en particulier celles qui visent à aider la population ? Ou s’agit-il plutôt de mesures d’incitation au développement financées par le crédit, autrement dit d’une politique de croissance au service de la population ?

Les politiciens des deux bords clament haut et fort que les petites gens sont leur première préoccupation. Le gouvernement grec invoque les travailleurs, les retraités, les chômeurs, les malades, etc., qui ont déjà consenti tant de sacrifices qu’ils sont au bout du rouleau. Le ministre des Finances allemand, Schäuble, se plaît à rappeler constamment que les laborieux contribuables allemands ont subi il y a de nombreuses années déjà les réductions budgétaires auxquelles les Grecs doivent s’attendre aujourd’hui.

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