Par Lyle J. Goldstein – Le 28 novembre 2018 – Source The Nation
Les esprits négatifs face au partenariat Chine-Russie voudront peut-être réexaminer la question. Pendant des décennies, il était d’usage d’expliquer que ce lien bilatéral était soit négligeable, soit très problématique. La logique en était la suivante : les deux géants asiatiques font un assez bon spectacle, mais « le roi est nu ». Les relations commerciales ne sont pas très bonnes, les réseaux de transport sont limités, la coopération militaire semble surtout symbolique et les cultures ne pourraient pas être plus éloignées les unes des autres. Ensuite, il y a cette histoire désagréable datant de la fin des années 1960 qu’aucun des deux pays ne veut évoquer, mais qui, au fond, affecte encore la psychologie des deux puissances, les empêchant de développer une véritable « affection fraternelle ». Il y a une part de vérité dans chacun de ces lieux communs, mais ce serait une grave erreur que d’ignorer l’impressionnante croissance dans les relations bilatérales entre la Russie et la Chine.
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Le Saint Empire romain, dit-on souvent, n’était ni saint, ni romain, ni un empire. On pourrait dire la même chose de ce qu’on appelle l’« ordre international libéral » – Il n’est ni libéral, ni international, ni en ordre. C’est peut-être un peu injuste, mais il n’est pas déraisonnable de se demander si le système qui régit les relations internationales est vraiment ce que les partisans de « l’ordre international libéral » imaginent (valeurs démocratiques, libre-échange, institutions internationales, droit international et autres). Quelle que soit la réponse, beaucoup de gens disent que le système actuel est en crise en raison de la résurgence de la Russie, de la montée de la Chine et du populisme d’extrême droite en Europe. Bien sûr, si l’ordre international libéral n’existe pas, il peut difficilement être en crise, mais les discussions à ce sujet sont néanmoins révélatrices car elles nous en disent long sur la façon dont les partisans de ce système le voient vraiment.