« L’homme est un loup pour l’homme »

Anthropologie du bourgeois effrayé : le Léviathan


«…entre leur liberté et la furie monstrueuse du Léviathan, ils choisissent ce dernier, par peur, une peur exacerbée… Ils dansent alors, sous le regard du Léviathan, la danse de la frayeur, soumis mais rassurés.» José Pablo Feinmann

Note du Saker Francophone

Après les textes de Brandon Smith sur le clivage entre l'individualisme et le collectivisme, prêchant l'état nu, voici les réflexions d'un auteur espagnol José Pablo Feinmann sur les conceptions de Hobbes considérant que le pouvoir absolu d'une entité effrayante est nécessaire à l'existence d'une société civile policée et, in fine, à la reproduction humaine.

Par José Pablo Feinmann – Le 15 novembre 2015 – Source Página 12

https://lh3.googleusercontent.com/ndbbUCdXIuJtCHH7O27eGgm9yXjp7lrlIhICPiimypYvGoTYFeiTYbQWkeh7kAsIqjA=h900

Il est possible que les guerres civiles anglaises soient aux origines du Léviathan [le livre de Hobbes], en le déterminant, en lui donnant un contexte fort, incontournable, mais elles ne l’expliquent pas complètement. Je risque cette hypothèse : ces guerres (parce qu’il n’y a pas eu une seule guerre civile mais au moins trois, bien que maintenant on préfère les nommer ensemble) ont vu l’affrontement des monarchistes et des parlementaires.

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Anthropologie du bourgeois effrayé : le Léviathan

Origine et destinée de la Révolution industrielle et financière

Par Adrian Kuzminski – Le 9 septembre 2015 – Source cluborlov

Mark Bryan

Note du Saker Francophone

Cet article d’Adrian Kuzminski, proposé par Dmitry Orlov est fondamental si vous n’avez pas réfléchi aux enjeux monétaires, au lien avec la production d’énergie et l’économie. C’est plus subversif que toute dénonciation des néocons, de la franc-maçonnerie ou de tel ou tel complot. Je vous retrouve à la fin pour quelques liens et quelques vidéos.

La révolution industrielle a fait le monde moderne. Avant qu’elle ne décolle à la fin du XVIIIe siècle, la plupart des gens en Europe et ailleurs ont vécu de façon durable sur des ressources renouvelables dans les sociétés traditionnelles. Cette énergie limitée était produite par le vent (voiliers, moulins à vent), l’hydraulique (roues à eau), le bois (chauffage, cheminée et poêles de cuisson), et la puissance musculaire (travail humain et animal). Il n’y avait pas d’électricité, peu ou pas de machinerie lourde, pas de médecine moderne, pratiquement pas d’appareils ou d’autres dispositifs d’économie de main-d’œuvre, et pas de télécommunications. Voyager était laborieux et lent. Presque tout devait être fait à la main avec des technologies simples. Les taux de mortalité et de natalité étaient élevés, principalement en raison de la mortalité infantile.
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Clash des civilisations : Russie versus Occident – VOSTFR

«...Dans les domaines de l'ingérence, de la confrontation et du génocide pur et simple, la Russie et l'Occident sont fondamentalement différents.»

Nikolai Stakirov
Staff
Staff

Le 26 juin 2015 – Source Russia Insider

 

Grand intellectuel et homme politique public russe Nikolaï Starikov s’est récemment exprimé à propos des différences fondamentales entre les cultures russe et anglo-saxonne.

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Comment lutter contre la propagande occidentale

«...Lorsqu'une maison est attaquée par des brigands, qu'un village est envahi par des gangsters, que de la fumée, des flammes et des cris sortent de partout, pouvons-nous nous permettre le luxe de prendre le temps de calculer, d'analyser et de rechercher des solutions logiques, éthiques, globales et objectives complètes?» Andre Vltchek

Par Andre Vltchek – Le 15 mai 2015 – Source informationclearinghouse

D’abord, ils commencent par fabriquer des mensonges monstrueux puis nous disent d’être objectifs!

L’amour est-il objectif? La passion est-elle objective?

Les rêves sont-ils défendables, logiquement et philosophiquement?

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De la bataille contre le système épisode IV
L’infestation

«...En d’autres termes, l’expérience israélienne confirme qu’avec les moyens modernes de répression, une minorité de nantis peut survivre et même prospérer au milieu d’un océan de pauvreté et d’hostilité. De quoi rassurer la capitainerie du Système-Titanic donc, banksters et prédateurs en tête.»

«...L’infestation des sociétés par la violence intrinsèque du Système représente ainsi la marque du développement de notre contre-civilisation, mais aussi celle de sa ruine.»

«...En ce sens, jamais le Système n’aura incarné si profondément, si passionnément, si dangereusement, le mal absolu.»

Le 12 novembre 2013 – Source entrefilets

Jérôme Bosch
Jérôme Bosch

Dans le chef d’œuvre d’anticipation qu’est le film de Terry Gilliam, Brazil, les barbouzes qui viennent arrêter par erreur Archibald Buttle font irruption chez lui à travers un trou percé dans son plafond. L’effet est glaçant. C’est l’idée de la violence étatique qui peut surgir de partout ; que même la matière ne peut contenir, qui se dissémine à travers vos murs pour envahir votre intimité. La sécurité du foyer n’est plus qu’une illusion. Il n’y a plus de refuge. Tout est perméable à la force intrusive de l’État.

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L’infestation

De la bataille contre le système épisode III
Pourquoi notre hyper-Titanic va couler


Le 27 septembre 2013 – Source entrefilets

Jérôme Bosch
Jérôme Bosch

Rien ni personne ne pourra infléchir la trajectoire implacable de notre hyper-Titanic. Le paquebot est trop lourd, trop grand, impossible à manœuvrer sur une courte distance et glisse trop vite sur l’arête d’un iceberg écologique qui déchire déjà son flanc. De surcroît, aveuglée par les prouesses du monstre qu’elle croit encore contrôler, sa capitainerie n’en finit plus de pousser les moteurs à fond en hurlant si fort «Progrès ! Progrès !», qu’elle parvient à couvrir le vacarme de l’eau s’engouffrant dans les brèches béantes. Seule une panne totale des moteurs pourrait encore éviter le naufrage.

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Pourquoi notre hyper-Titanic va couler

De la bataille contre le système épisode II


Le 3 novembre 2011 – Source entrefilets

Jérôme Bosch
Jérôme Bosch

Une étude suisse permet de mieux comprendre la mécanique du Système et d’identifier les prédateurs qui prétendent le contrôler. Cette étude a été mise en perspective par l’écrivain Jean-Paul Baquiast dans un texte très éclairant qui démontre notamment que l’attitude très critiquée des Indignés se refusant à proposer des solutions toutes faites en remplacement du Système dont ils réclament l’abolition, est pourtant parfaitement cohérente. Étrangement, il apporte une forme de caution scientifique à un mouvement largement gouverné par l’intuition. L’ensemble de ce texte, dont nous avons surligné les passages les plus importants, offre une suite particulièrement utile à notre essai «De la bataille contre le Système».

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De la bataille contre le Système épisode I

Jérôme Bosch
Jérôme Bosch

Le 23 juillet 2013 – Source entrefilets

19/04/2010 – Récemment, un ami ulcéré par une situation dont j’ignore encore aujourd’hui le détail, s’était plongé dans La Guerre de guérilla du Che avec une énergie combattante. Je lui avais alors humblement fait remarquer que l’hyper-puissance technologique et communicationnelle du Système rendait désormais impossible toute révolution par des moyens classiques, fussent-ils aussi honorablement inspirés que ceux du Che, et qu’il fallait plutôt réfléchir à la rédaction d’un nouveau manuel de guérilla qui viserait non plus à l’affrontement armé, mais à un travail de termites en quelque sorte, avec pour objectif l’effondrement du Système sur lui-même, sa dissolution. Pragmatique, il me demanda de lui donner l’ABC de ce nouveau manuel, ce dont je fus bien incapable. Mais cela devait amorcer le texte ci-dessous, où figurent quelques pistes.  

Le narratif 

 

1.Les démocraties libérales représentent le degré le plus élevé et indépassable des formes possibles d’organisation sociale. Il n’y a pas d’alternative.

2. Les valeurs occidentales sont le fruit d’un héritage historique obtenu de haute lutte après des siècles de barbarie. Ces valeurs sont les plus élevées qui soient, les plus respectueuses et bénéfiques pour les collectivités et les individus.

3. L’Occident est soucieux de permettre à tous les peuples de la terre de sortir de la pauvreté et d’accéder à la liberté grâce à la promotion de son modèle démocratique.

4. L’Occident œuvre pour la paix dans le monde.

5. L’évolution de notre civilisation tend toujours vers le mieux.

6. Le capitalisme et son économie de marché ne sont pas parfait, mais ils sont perfectibles et sont de toute façon le seul modèle viable, il n’y a pas d’alternative.  

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Guerre civile en hausse, humanisme en baisse


Pepe Escobar
Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 10 avril 2015 – Source Asia Times

“…the backward half-look
Over the shoulder, towards the primitive terror”

T.S.Eliot, The Dry Salvages

[« … le coup d’œil vers l’arrière
Par dessus l’épaule, vers la terreur primitive »]

Nous vivons des temps tristes – et dangereux. Nous sommes impuissants face aux souffrances continuelles du Moyen-Orient ou à la préparation de la guerre froide 2.0 ; face aux ramifications innombrables de la guerre permanente du Pentagone ou la paupérisation des classes moyennes du monde occidental. Le sentiment d’une guerre civile mondiale ne fait aucun doute. Au moins, dans quelques obscurs recoins de l’Otanistan, quelques-uns des meilleurs et des plus brillants esprits pensent, en silence.

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Il reste quelque chose dans la boîte de Pandora


Fred Vargas

par Fred Vargas

Fred Vargas est romancière et archéozoologue médiéviste française, chercheuse au CNRS. Elle est connue pour ses romans policiers mettant en scène, pour la plupart, le commissaire Adamsberg. Ses livres ont eu beaucoup de succès, ils ont été adaptés au cinéma et à la télévision. Elle a obtenu de nombreuses récompenses.

Nous y voilà, nous y sommes.

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes.

Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal.

Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance.
Nous avons chanté, dansé…
Quand je dis «nous», entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine.

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