Alastair Crooke – Le 26 avril 2021 – Source Strategic Culture
La politique étrangère des États-Unis est devenue une sorte de Rubik’s cube global. À un moment donné, le cube est tout rouge, « l’équipe » semblant prête à désamorcer les tensions avec la Russie ou la Chine ; pourtant, l’instant d’après, le cube montre une autre facette, Washington se déchaînant à coups de sanctions, d’agressivité et de démonstrations de force militaires. Ce qui rend cela particulièrement déroutant est que ce cube d’un bleu si agressif aujourd’hui, montrait sa face d’un rouge apaisant hier, ou sinon le lendemain.
Il est clair que les États-Unis ont l’intention de maintenir leur primauté par le biais d’un ordre mondial qu’ils ont eux-mêmes défini, mais l’impression donnée est que « l’équipe » veut à la fois mener une guerre de 5ème génération et, en même temps, exiger – et attendre – la coopération de ses « adversaires » sur quelques points particuliers qui intéressent les États-Unis (comme le changement climatique, qui est le fondement sur lequel ils espèrent relancer leur hégémonie économique). Il n’est pas étonnant que le reste du monde se gratte la tête, pensant que ces contradictions n’ont absolument aucun sens et qu’elles empêchent toute réussite.

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Peu de gens, hormis les spécialistes, ont entendu parler de la Commission mixte du JCPOA. Il s’agit du groupe chargé d’une tâche sisyphéenne : la tentative de relancer l’accord nucléaire iranien de 2015 par une série de négociations à Vienne.
Voici quelques chiffres, nous allons commencer par deux d’entre eux, 447 millions et 4,67 milliards. Ces deux chiffres en disent long, et sont à la base du déclin de l’Amérique et de son comportement de plus en plus irrationnel qui pourrait, en citant le célèbre tube de Bachman Turner, Overdrive, nous amener au proverbial « ain’t seen nothing yet / Vous n’avez encore rien vu ». Le premier chiffre correspond à la population de l’Union européenne, tandis que le second correspond à la population de l’Asie. La population de l’Asie représente