Les sympathies nazies de Kiev et de Washington


Par Jean Perier – Le 21 novembre 2016 – Source New Eastern Outlook

Il a été récemment rapporté que la Troisième Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies a approuvé un projet de résolution contre la glorification du nazisme et du racisme, de la discrimination raciale, de la xénophobie et de l’intolérance. La résolution exprime sa préoccupation devant le fait que dans un certain nombre de pays, de célèbres dirigeants du mouvement nazi et d’anciens membres des SS sont honorés et des monuments honorant des combattants contre le fascisme sont démolis ou profanés. Le document demande aux États d’adopter une loi interdisant le déni de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale.

Continuer la lecture

Mort imminente du Traité Trans-Pacifique (TTP)…


La Chine prend le relais des États-Unis 

Préambule de l'auteur 

La bataille pour la domination du commerce mondial penche en faveur de la Chine. Face aux menaces de Donald Trump d'imposer des barrières tarifaires et de supprimer les accords de libre-échange, dont le TPP, Beijing tisse des liens avec divers partenaires importants de Washington. Lors du XXIVe sommet de l'APEC, il est apparu clairement que la mort imminente du TPP est devenue une excellente occasion pour la Chine qui, étonnamment, avait proposé aux pays qui ont signé le TPP en février de cette année, l'établissement d'une grande zone de libre-échange... mais sans les États-Unis.

Ariel Noyola Rodriguez

Par Noyola Ariel Rodriguez – Le 21 novembre 2016 – Source Russia Today

L’influence des États-Unis dans le commerce mondial se dilue. Quelques heures après la victoire électorale de Donald Trump sur Hillary Clinton, l’équipe du président Barack Obama a surpris ses propres amis en leur demandant d’abandonner, soudainement, la campagne de lobbying intense qu’ils menaient au Congrès pour la ratification de l’Accord trans-pacifique de coopération économique (TPP).

La mort du TPP est imminente. Selon ses dispositions, pour entrer en vigueur, il faut l’approbation législative d’au moins six pays et, en plus, ceux-ci doivent totaliser 85% du produit intérieur brut (PIB) des douze membres. L’économie américaine en représente à elle seule plus de 60%. Par conséquent, une fois que Obama aura laissé la ratification du TPP entre les mains de Trump, il est presque certain qu’il sera enterré par le prochain Congrès des États-Unis.

Michael Froman, représentant au Commerce pour les États-Unis, avait déjà averti en juillet de cette année que si les législateurs de son pays échouaient à ratifier le TPP, les «clés du château» de la globalisation des échanges passeraient entre les mains de la Chine. Ses paroles étaient prophétiques. Les aspirations impériales d’Obama ont capoté. L’Amérique ne dictera plus les règles du jeu.

Actuellement, l’essentiel du commerce est concentré en Asie, avec la Chine en tête. Les dirigeants de Pékin ont travaillé pendant un certain temps sur diverses initiatives de libre-échange de caractère multilatéral en vue de consolider leur influence aux niveaux régional et mondial : le partenariat économique global régional (RCEP) et le libre commerce en Asie-Pacifique (FTAAP).

Lors du XXIVe sommet  de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC), tenu à Lima (Pérou), le Président de la Chine, Xi Jinping, a proposé aux pays signataires du TPP, tant d’Amérique – Chili, Mexique et Pérou – que d’Océanie – Australie et Nouvelle-Zélande – de rejoindre les accords de libre-échange promus par son gouvernement et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). Mais laquelle des deux initiatives de libre-échange promues par la Chine est-elle vraiment de nature à supplanter le TPP ?

Il sera très difficile pour Beijing de faire fonctionner le FTAAP – traité de libre-échange entre les membres de l’APEC, créé en 2014, qui inclut les États-Unis… et la Chine – parce que si Donald Trump, à ce jour, a été catégoriquement opposé au TPP, il est clair qu’il ne soutiendra jamais une initiative de libre-échange menée par la Chine. Rappelez-vous aussi que Trump a promis à ses électeurs d’abandonner ou, dans le meilleur des cas, de renégocier les accords de libre-échange signés par les États-Unis au cours des dernières décennies. À leur avis, les accords tels que l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) sont un désastre.

Selon ce scénario, la Chine cherche à rallier à sa cause les principaux partenaires commerciaux des États-Unis en vertu de l’engagement de continuer à encourager la libre circulation des marchandises. De mon point de vue, le RCEP est l’initiative de libre-échange qui donne à la Chine la possibilité de combler le vide laissé par Washington après son abandon du TPP . «La Chine devrait mettre en place un nouvel accord qui réponde aux attentes de l’industrie et maintienne la dynamique de la mise en place d’une zone de libre-échange», a dit au début de novembre Li Baodong, le vice-ministre des Affaires étrangères de la Chine.

Le RCEP est composé de tous les pays membres du TPP, à l’exception du Canada, du Chili, du Mexique, du Pérou et, bien sûr, des États-Unis. Avec un total de plus de 3 milliards d’habitants, le RCEP inclut également d’autres pays d’Asie ayant un grand dynamisme économique : Cambodge, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Philippines, Laos, Myanmar et Thaïlande. La question se pose alors de savoir si le RCEP serait une sorte de TPP élargi, avec la Chine remplaçant les États-Unis.

Pas exactement.

L’envergure de la RCEP n’est pas la même que celle du TPP. Jusqu’à présent, les objectifs de la RCEP sont limités à l’élimination des barrières tarifaires. Le TPP, pour sa part, est beaucoup plus qu’un accord de libre-échange, parce que, entre autres choses, il met à la disposition des grandes sociétés des droits à la propriété intellectuelle, menace la protection de l’environnement, viole les droits des travailleurs et, comme si ça ne suffisait pas, laisse aux mains de tribunaux internationaux d’arbitrage [mis en place par les multinationales, NdT] le règlement des différends entre les gouvernements et les entreprises.

Par conséquent, plusieurs dirigeants considèrent favorablement le plan B proposé par les Chinois. Parmi eux, le président du Pérou, Pedro Pablo Kuczynski, qui considère qu’un accord de libre-échange alternatif au TPP est nécessaire. Bien que les pays de l’Alliance du Pacifique – composée des trois membres du TPP d’origine latino-américaine, plus la Colombie – soient intéressés à continuer d’entretenir d’excellentes relations avec les États-Unis, en même temps, plusieurs d’entre eux veulent construire des accords avec la Chine et la Russie.

Sans aucun doute, l’incertitude politique qui afflige les États-Unis depuis les élections du 8 novembre dernier est magistralement exploitée par le dragon chinois. Face à la menace de Trump d’ouvrir une nouvelle ère de protectionnisme, la réponse de Xi est très énergique : la globalisation des échanges menée par Pékin continuera, avec ou sans le soutien de Washington.

Ariel Noyola Rodríguez est économiste, il a fait ses études supérieures à l’Université nationale autonome du Mexique. Contact : noyolara@gmail.com. Twitter :@noyola_ariel.

Traduit et édité par jj, relu par Cat pour le Saker Francophone

   Envoyer l'article en PDF   

Guerre hybride 8. Stratégies de guerre hybride contre l’Afrique (1B)


andrew-korybkoPar Andrew Korybko – Le 18 novembre 2016 – Source OrientalReview

Institutions financières, douanières et économiques

Outre la perspective de division de la sécurité militaire et les prévisions de «scénarios sombres» appliqués jusque-là pour comprendre la géopolitique africaine, il y a aussi l’approche plus unificatrice et positive de l’analyse des institutions financières, économiques et augmentant l’intégration du continent.

Continuer la lecture

L’offensive de charme de Trump : la Russie sur ses gardes


Bhadrakumar

Par MK Bhadrakumar – Le 24 novembre 2016 – Source Indian Punchline

Ironie du sort, c’est maintenant au tour du président russe Vladimir Poutine de reprendre ce que feu Ronald Reagan avait un jour conseillé à propos des relations soviéto-américaines : «Faire confiance, mais vérifier». Poutine pourrait cependant introduire une légère modification : «Faire confiance, mais prudemment». Reagan a prononcé ces mots célèbres après avoir décidé qu’il pouvait faire des affaires avec Mikhaïl Gorbatchev – en fait pour insister spécifiquement auprès de ce dernier sur les procédures étendues de vérification qui permettraient aux deux parties de surveiller la conformité du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire signé le 8 décembre 1987.

Continuer la lecture

Voilà comment la révolution américaine va se dérouler


Par Dan Glazebrook – Le 15 novembre 2016 – Source CounterPunch

© The White House

À la fin de 2012, Peter Turchin, un professeur à l’Université du Connecticut, a fait une déclaration surprenante. Sur la base d’une analyse des bouleversements révolutionnaires à travers l’histoire, il a constaté qu’il y avait trois conditions sociales en place, peu de temps avant toutes les épidémies majeures de violence sociale : une augmentation de la population dans l’élite; une diminution du niveau de vie des masses; et des niveaux énormes d’endettement de l’État. Le modèle statistique que son équipe a développé suggère que sur cette base, une vague majeure de bouleversement social et de violence révolutionnaire est prévue aux États-Unis en 2020. Son modèle n’avait aucun moyen de prédire qui dirigerait le pays. Mais l’élection de cette semaine donne une indication de la façon dont c’est susceptible de se dérouler.

Continuer la lecture

Le triangle stratégique Russie–Chine–Iran


Par F. William Engdahl – le 21 novembre 2016 – Source New Eastern Outlook

Les liens économiques, politiques et militaires se développement entre l’Iran, la Chine et la Russie, formant ce que je considère un triangle d’or émergeant en Eurasie et cherchant à pénétrer des régions isolées. Cela, alors qu’il semble que la stratégie géopolitique des États-Unis, dans la perspective d’une administration Trump, soit d’éloigner Washington de l’Iran et de la Chine, tout en faisant miroiter un possible relâchement de la confrontation entre Washington et Moscou.

324131231

Géopolitique classique, à la Halford Mackinder ou à la Kissinger, qui cherche à éviter la guerre sur deux fronts, qui était en train de se retourner contre un Washington arcbouté sur sa tentative de modifier l’équilibre des puissances. Pour le moment, la dynamique d’une coopération plus étroite, engagée ces dernières années, entre les trois États pivots du Heartland eurasien, entre dans une phase d’approfondissement stratégique. Le dernier signe en est la visite du ministre chinois de la défense et de hauts responsables russes à Téhéran.

Continuer la lecture

« Fidel » para siempre


En hommage à Fidel Castro, et à l’occasion de sa disparition, nous republions un article de Eduardo Galeano paru en 2008


Résultats de recherche d'images pour « fidel castro »

Crédit lemonde.fr


Par Eduardo Galeano – Le 27 novembre 2016 – Source El Correo

Ses ennemis disent qu’il a été un roi sans couronne et qu’il confondait l’unité avec l’unanimité.

Et en cela ses ennemis ont raison.

Ses ennemis disent que si Napoléon avait eu un quotidien comme le Granmma, aucun Français n’aurait appris la débâcle de Waterloo.

Et en cela ses ennemis ont raison.

Ses ennemis disent qu’il a exercé le pouvoir en parlant beaucoup et en écoutant peu, parce qu’il était plus habitué aux échos qu’aux voix.

Et en cela ses ennemis ont raison.

Mais ses ennemis ne disent pas que ce ne fut pas pour poser pour l’Histoire qu’il a offert son poitrail aux balles quand est survenue l’invasion, qu’il a affronté les ouragans d’égal à égal, d’ouragan à ouragan, qu’il a survécu à 637 attentats, que son énergie contagieuse a été décisive pour transformer une colonie en patrie, et que cela ne fut pas par la sorcellerie de Mandinga ni par un miracle de Dieu que cette nouvelle patrie a pu survivre à dix présidents des États-Unis, dont le couvert était mis pour le déjeuner.

Et ses ennemis ne disent pas que Cuba est un des rares pays qui ne participe pas à la coupe mondiale du paillasson.

Et voilà qu’ils ne disent pas que cette révolution, qui a grandi dans le châtiment, est ce qu’elle a pu être et non ce qu’elle a voulu être. Ni ne disent qu’en grande partie le mur entre le désir et la réalité est devenu plus haut et plus large à cause du blocus impérial, qui a noyé le développement d’une démocratie à la cubaine, qui a obligé à la militarisation de la société et a octroyé à la bureaucratie, qui pour chaque solution a un problème, l’alibi dont elle a besoin pour se justifier et pour se perpétuer.

Et voilà qu’ils ne disent pas que malgré tous les chagrins, malgré les agressions venant de dehors et les décisions arbitraires de dedans, cette île en souffrance mais obstinément joyeuse a généré la société latino-américaine la moins injuste.

Et ses ennemis ne disent pas que cet exploit fut l’œuvre du sacrifice de son peuple, mais aussi l’œuvre de la volonté têtue et de l’antique sens de l’honneur de ce caballero qui s’est toujours battu pour les perdants, comme son fameux collègue des champs de Castilla.

Eduardo Galeaneo

   Envoyer l'article en PDF   

Le Saker : A leur globalisation, nous opposons une résistance globale!


Par Slobodan Despot − le 26 novembre 2016 − Source Antipresse

saker_ico

On l’appelle simplement le «Saker» (faucon sacre). C’est un Suisse d’origine russe, polyglotte et cultivé, et son nom de plume se confond avec celui de son site. Il est le fondateur d’un des blogs les plus influents de ces dernières années : Vineyard of the Saker (http://thesaker.is). Lancé à l’origine aux États-Unis comme le journal de bord d’un Européen expatrié, exaspéré par la propagande anti-russe, le Saker a acquis un lectorat fidèle et passionné depuis les événements d’Ukraine et de Syrie qui ont marqué une intensification des opérations de l’«Empire» contre les intérêts de la Russie.

Aujourd’hui, le Saker a essaimé dans le monde entier. En France avec le Saker Francophone, en Amérique du Sud (http://sakerlatam.es), en Russie (http://thesaker.ru), en Italie (http://sakeritalia.it), en Serbie (http://stepskisoko.com) et même en Océanie (http://www.vineyardsaker.co.nz), des adeptes venus de tous les horizons idéologiques — du marxisme au royalisme — ont commencé par traduire ses articles, puis ont développé leurs propres déclinaisons du «Vignoble du Faucon». A la chronique de la guerre menée contre la Russie et de sa farandole de partis pris et de mensonges, ils ajoutent leur propre regard sur les désastres de la globalisation et leurs répercussions dans leurs propres  zones géographiques.

Par-delà le contrepoint très utile qu’il fournit au matraquage anti-russe des médias de grand chemin, le réseau global-antiglobaliste du Saker témoigne aussi des nouvelles alliances en train de se former grâce aux nouveaux outils de communication. Sa constitution fait référence à la fois à la communauté du logiciel libre, aux résistances transversales, et, au bout du compte, à une conscience nouvelle, globale et locale à la fois, des dangers d’esclavage et d’annihilation qui menacent l’humanité sous tous les cieux et en toutes les langues… Comme à l’époque soviétique, on y découvre des journalistes «officiels» écrivant sous des identités d’emprunt, des stratégies développées pour contourner la censure, des sacrifices personnels consentis pour faire vivre la parole de vérité.

Ce grand entretien téléphonique avec le Saker fait partie des incursions les plus passionnantes d’Antipresse dans le bruit du temps présent. Il constitue, entre autres choses, un témoignage de première main sur la réalité du système d’écrasement de l’humain où nous vivons, et dont les USA étaient jusqu’ici l’épicentre.

Entretien audio par Slobodan Despot – 50′

https://soundcloud.com/despotica/antipresse-52-le-saker-nous-parle

 

Note du Saker Francophone

C'est un plaisir non dissimulé de relayer cette interview du Saker US par Slobodan Despot que beaucoup connaissent sans doute déjà au travers des éditions Xenia ou de son site antipresse qui vient de fêter son 1er anniversaire et que nous ne pouvons que vous recommander.

Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur Slobodan, vous pouvez commencez par relire son analyse du rôle de traducteur que nous avions publié en avril 2015.

Pour le Saker US, c'est l'occasion pour vous de le découvrir puisqu'il se présente sous le feu des questions.
   Envoyer l'article en PDF   

Mur de la Honte


Par Sam Smith − Le 18 novembre 2016 − Source  prorevnews

Résultats de recherche d'images pour « Hall of Shame »

Temple de la renommée Honte

Nous avons besoin d’un procès pour juger tous ceux qui portent une responsabilité notable pour le siècle passé, le plus meurtrier et écologiquement destructif de l’histoire de l’humanité. Nous pourrions l’appeler le tribunal des crimes de guerre, de la pollution aérienne et des malversations financières, et nous pourrions mettre dans le box des accusés des politiques, des dirigeants d’entreprises et de grands propriétaires de média, avec des écouteurs, comme Eichmann, et les obliger à écouter les preuves qu’ils ont tué, et comment ils l’on fait, des millions de gens et presque assassiné la planète et rendu la plupart d’entre nous plus misérables que nécessaire.

Bien sûr, nous n’aurions pas le temps de nous occuper d’eux un par un. Il faudrait regrouper les banquiers d’investissement de Wall Street en un paquet, les membres du Council on Foreign Relations en un autre, et tout le reste de la Harvard Business School et diplômés en Droit de Yale dans un troisième. Nous n’avons pas besoin de châtiments, uniquement dans un but pédagogique. Il n’y aurait pas de peine capitale, mais plutôt un bannissement vers une usine Nike outre-mer avec le vœu d’un silence perpétuel.

Traduit par le site les-crises.fr

Note du Saker Francophone

C'est probablement le meilleur angle d'attaque anti-système. Répéter encore et encore l'une des finalités du combat. Faire prendre conscience à ces gens et à leurs successeurs de la façon dont tout cela va se terminer. L'auteur aurait pu ajouter la création d'un Hall of Shame pour que l'histoire retienne bien qui ils étaient et ce qui se passe lorsque  les citoyens renoncent à leurs pouvoirs.

On vous laisse faire la correspondance avec les groupes à juger pour la France, la Belgique, la Suisse, le Canada et ailleurs. Il faut déconstruire ce Système inique pour ce qu'il est mais les principaux acteurs de ce Système n'ont jamais été forcés de prendre part aux abominations faites en son nom.
   Envoyer l'article en PDF