L’armée américaine reporte une fois de plus la formation des recrues de Jabhat al-Nusra


Le 31 mars 2015 – Source Moon of Alabama

Les États-Unis avaient prévu de former des insurgés syriens qui doivent ensuite aller se battre contre l’État islamique. Mais la Turquie, où la formation devait avoir lieu, veut que ces combattants attaquent le gouvernement syrien.

Le projet américain, qui était d’ailleurs irréaliste, a été de nouveau reporté :

Un programme dirigé par les États-Unis pour former des rebelles syriens à lutter contre les militants de l'Etat islamique débutera en mai, a dit le ministre de la Défense de la Turquie, Ismet Yilmaz, selon l'agence gouvernementale Anadolu News, mardi.
 [...]
On a eu peu de détails sur la formation qui aurait pourtant dû commencer ce mois-ci en Turquie, en Jordanie, au Qatar et en Arabie saoudite.

Ce nouveau retard a été annoncé après la prise de la ville syrienne d’Idlib par Jabhat al-Nusra, la filiale d’al-Qaïda en Syrie. L’armée syrienne accuse la Turquie de soutenir directement Jabhat al-Nusra :

Faisant écho à plusieurs commentaires plus généraux du président Bachar al-Assad, la source militaire a accusé la Turquie et la Jordanie de soutenir les insurgés dans leur offensive contre Idlib, en disant que ces deux pays «menaient les opérations et les planifiaient». Les insurgés utilisaient du matériel de communication de pointe qui avait été mis à leur disposition via la Turquie, a ajouté la source. Le ministère turc des Affaires étrangères a refusé de faire un commentaire.

Le chroniqueur saoudien, Jamal Khashoggi, qui est proche des centres de pouvoir en Arabie saoudite, confirme les allégations syriennes :

Selon M. Khashoggi, [le rédacteur en chef saoudien], des sponsors turcs et saoudiens soutenaient la coalition des groupes djihadistes qui a récemment pris la ville syrienne d'Idlib, décrochant ainsi leur première grande victoire contre le gouvernement du président Bachar al-Assad depuis des mois.

Parmi les membres de la coalition, il y avait le Front Nusra, la branche syrienne d'al-Qaïda, un groupe terroriste aux yeux de l'Occident. Mais les membres de la coalition djihadiste «sont ceux qui ont capturé Idlib, c’est un développement important, et je pense que cela se renouvellera, a déclaré M. Khashoggi. La coordination entre les services secrets saoudiens et turcs n'a jamais été aussi bonne qu’en ce moment.»

Et il y a aussi cela:

Trita Parsi

Un diplomate occidental me dit que l’Arabie Saoudite a décidé de fournir à al-Nusra (al-Qaïda) en #Syrie tout ce dont il a besoin.

Si l’armée américaine entraînait ces combattants en Turquie, ils se transformeraient probablement en djihadistes rattachés à Jabhat al-Nusra aussitôt revenus en terre syrienne. Le Pentagone n’aime pas être pris en flagrant délit de soutien direct à al-Qaïda.

Mais la CIA, elle, n’a pas ce genre de scrupules

Traduit par Dominique Muselet, relu par jj pour le Saker Francophone

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Combien de temps l’US Navy pourrait-elle survivre dans une vraie guerre?


Par Marc Hopf – Le 1er avril 2015 – Russia Insider

L’US Navy est une force énorme mais largement basée sur des groupes de porte-avions que l’armement moderne a peut-être rendus obsolètes

Un porte-avion est vulnérable aux missiles sol, mer, air.

Les Etats-Unis aiment à se voir comme les maîtres des océans de la planète. Après tout, le pays – qui dépense dix fois plus pour ses forces militaires que les neuf pays suivants réunis – est de loin la plus grande force navale. Et comme depuis la guerre du Vietnam, ils n’ont agressé que des adversaires militairement inférieurs, ils sont extrêmement confiants dans leur conviction qu’ils peuvent vaincre tout le monde tout le temps. Il n’est pas surprenant que certains jeunes Américains portent même des T-shirts avec le logo : United States Navy: la mer est à nous.

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Coupures d’eau obligatoires en Californie

Par Tyler Durden – Le 1 avril 2015 – Source Zerohedge

Réservoir Boca au plus bas dû à l’hiver sec dans la région du Lac Tahoé – Emily Dettling / moonshineink.com
Préambule du Saker Francophone

Au-delà de la sécheresse en Californie, la question qui se pose est celle de la survie de nos sociétés complexes quand les ressources naturelles et gratuites s'épuisent. Si la situation perdure – et elle est encore pire à Las Vegas – à un moment précis dans un avenir proche, la situation va dépasser le point critique (Conférence de François Roddier sur la thermodynamique «sociale») et provoquer un phénomène de ventes immobilières qui sera la traduction dans la réalité du début de la décolonisation par l'homme des espaces où on ne vit pas en équilibre avec la nature et où la technologie et l'énergie (transport de l'eau) ne suffisent plus à masquer ce déséquilibre structurel.

Dans la situation actuelle d'endettement de nos sociétés occidentales, on va sans doute commencer à voir des gens partir et vendre sur un marché déprimé sans plus d'acheteurs, et donc assister à un effondrement de la bulle immobilière en Californie avec son cortège de faillites de banques, d'assurances et de citoyens. Pour mémoire, la situation financière du monde capitaliste est celle d'une pyramide de dette inversée qui tient sur un doigt, et cette sécheresse sera peut être la goutte d'eau qui fera déborder le vase.

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Au-delà de la fabrication du consentement


Par Paul Street – Le 28 mars 2015 – Source zcomm.org
Origine : teleSUR English

Des lecteurs et d’autres personnes me demandent encore parfois ce que je pense du texte de Edward S. Herman et Noam Chomsky paru en 1988, Manufacturing Consent: The Political Economy of the Mass Media [La fabrication du consentement: de la propagande médiatique en démocratie*]. Ma réponse est toujours la même: c’est une étude indispensable, classique, et célèbre à juste titre, du rôle des médias de masse aux États-Unis en tant qu’organes de propagande pour l’établissement de cette nation impériale.

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Syrie : La chute d’Idlib est-elle liée aux négociations nucléaires avec l’Iran?


Le 28 mars 2015 – Source Moon of Alabama

Il y a une dizaine de jours, il était question d’une attaque djihadiste imminente sur Idlib au nord-ouest de la Syrie. Idlib, une ville du gouvernorat qui comptait autrefois 100 000 habitants, se trouve à seulement quelques kilomètres de la frontière turque et les forces gouvernementales syriennes ne pouvaient plus y accéder que par un étroit couloir.

Il y a trois semaines, le gouvernement turc a fermé au trafic civil tous les postes frontaliers entre la Turquie et la Syrie. Il y a quatre jours, une coalition formée de Jabhat al-Nusra (l’affilié d’al-Qaïda en Syrie), le groupe islamiste Ahrar Al-Shams et quelques plus petits groupes s’est lancée à l’assaut d’Idlib. Au moins 1 500 combattants ont pris part à l’attaque. Quatre énormes attentats suicides motorisés perpétrés aux check points du gouvernement ont brisé ses défenses extérieures.

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Les erreurs de l’État impérial mondial et les erreurs des autres


Richard Falk Original

Par Richard Falk – Le 30 mars 2015 – Source zcomm.org

On m’a fait remarquer que les bizarreries de la réconciliation sans vérité que j’ai rencontrées aux Philippines eu égard à l’importance persistante de la famille Marcos, malgré le discrédit généralisé de la période où elle était aux commandes (1965-1986), n’est pas aussi étrange qu’il y paraît.

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Le Yémen, un enjeu important pour la Chine


M.K. Bhadrakumar
M.K. Bhadrakumar

Par M.K. Bhadrakumar – Le 31 mars 2015  Source blogs.rediff.com/mkbhadrakumar

Le niveau d’intérêt porté par Pékin aux développements dans le Yémen est apparemment très élevé. C’est sans doute tout à fait normal, compte tenu du fait que la Chine dépend des pays du Golfe pour la moitié de ses importations de pétrole brut, en plus d’avoir des relations étroites et approfondies en constante expansion avec les pays de la région. L’initiative Route de la soie ajoute une dimension stratégique dans la mesure où la Route de la soie traverse la mer Rouge.

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En Irak, les Etats-Unis sabotent la guerre de l’Iran et de l’Irak contre l’État Islamique


Le 27 mars 2015 –  Source Moon of Alabama

Quelques 4 000 soldats de l’armée irakienne et environ 25 000 miliciens chiites assiègent Tikrit en Irak. Il y a encore quelques civils dans la ville, mais environ 1 000 combattants de l’État islamique se sont barricadés au cœur de la ville, et les en extirper serait une entreprise meurtrière et coûteuse. Jusqu’à ces derniers jours les États-Unis ne s’étaient pas impliqués dans la campagne de Tikrit.

Les conseillers iraniens qui accompagnent la milice ont donc décidé de ne pas prendre la ville d’assaut, mais de revenir à des tactiques de siège en coupant l’électricité, l’eau et en interceptant l’approvisionnement, pour affaiblir leurs adversaires. Ils se servent de l’artillerie contre les positions de l’État islamique et envisagent éventuellement de prendre la ville d’assaut, mais ils ne pensent pas que cela soit urgent.

Mais cette situation, semble-t-il, ne convenait pas à Washington, et les États-Unis ont décidé de prendre les choses en main. Ce qui met en danger toute la campagne militaire contre l’État islamique. Certains se disent que c’est probablement le vrai but de l’entreprise.

Des éléments de l’armée irakienne, formés par les États-Unis, ont instamment réclamé des frappes aériennes américaines sur Tikrit. La milice chiite et ses conseillers ont souligné qu’elles n’étaient absolument pas nécessaires. Sous la pression des États-Unis, le premier ministre irakien, Haider al-Abadi, a rejoint le camp des militaires irakiens formés par les étasuniens et aurait ordonné au grand général iranien Suleiman de partir. Maintenant, les États-Unis bombardent la ville et la grande campagne militaire de Tikrit se disloque.

Voyez vous-mêmes ceci :

Le général Lloyd Austin, chef du Commandement central étasunien, qui supervise les opérations en Irak, a déclaré jeudi au Comité sénatorial des services armés que les États-Unis avaient exigé que les milices et leurs conseillers iraniens, y compris le haut commandant iranien, le général Qassem Suleimani, se retirent de la bataille avant d’accepter de lancer des frappes aériennes. Suleimani, autrefois une figure de l'ombre mais qui jouait un rôle de plus en plus clair en Irak, a quitté la région de Tikrit pendant le week-end et est peut-être retourné en Iran.

et ceci :

Les milices irakiennes qui ont mené la lutte contre les militants de l’État islamique à Tikrit se sont opposées jeudi à l'intervention étasunienne en menaçant de dissuader des milliers de combattants sur qui ils ont de l’influence de se joindre à l’assaut sur la ville.
 ...
Washington a fait pression pour que les milices chiites quittent le champ de bataille, alors même qu’il est obligé de lutter contre leurs ennemis, les militants de l’État islamique. Mais les milices chiites, dont beaucoup sont hostiles aux États-Unis, jouent un rôle prédominant dans les forces irakiennes. Autour de Tikrit, leurs combattants sont plus de six fois plus nombreux que les troupes régulières du gouvernement irakien.
 ...
«Toute la mobilisation populaire refusera de se battre tant que les frappes aériennes étasuniennes se poursuivront, a déclaré al-Kadhimi Moeen, chef du Comité de mobilisation populaire du conseil provincial de Bagdad. Qu’ils se battent donc sans nous et on verra ce que ça donne. Les États-Unis essaient tout simplement de nous voler la victoire

Que le États-Unis veuillent leur voler la victoire n’est pas le plus grave. Une grande partie des volontaires de Hashd et de leurs dirigeants croient que les États-Unis ont créé l’État islamique et qu’ils ont intérêt à le maintenir vivant :

«Nous ne faisons pas confiance à la coalition dirigée par les Étasuniens pour lutter contre ISIS, a déclaré Naeem al-Uboudi, le porte-parole d’Asaib Ahl al-Haq, l’un des trois groupes qui a déclaré qu’il se retirerait de la ligne de front qui encercle Tikrit. Dans le passé, ils ont ciblé nos forces de sécurité et ont largué de l’aide à ISIS par erreur», a-t-il dit.

Le bombardement de Tikrit par les États-Unis a commencé hier. En voici déjà deux résultats. Comment pensez-vous que la milice volontaire qui lutte contre l’État islamique va les interpréter ?

Elie J. Magnier@EjmAlrai:

#Dernières nouvelles: 6 tués et 13 blessés chez Kataëb Hezbollah #Irak et police fédérale du fait de la #coalition menée par USA, au sud de #Tikrit (dommages) 

12h02 - 26 mars 2015
Elie J. Magnier@

# Hashd al-Sha'bi Irakien # Brigade de Tikrit apparemment touchés par frappe aérienne aujourd’hui. Nombreuses victimes. Confiance entre #USA et Hashd au plus bas.

03h05 - 27 mars 2015

Les forces aériennes étasuniennes, aux impressionnants moyens de reconnaissance et aux armes de haute précision hors de prix, ont réussi à larguer des bombes en plein sur les forces amies qui assiègent Tikrit. Et deux fois en moins de 24 heures?

Qui va croire que ces frappes sont la conséquence d’une erreur et ne sont que des dommages collatéraux ?

Pourquoi les États-Unis insistent-ils pour jouer un rôle dans les affaires de Tikrit alors que, faute de soldats sur le terrain, l’entreprise ne peut que se solder par un échec retentissant ?

Traduit par Dominique Muselet, relu par jj pour le Saker Francophone

 

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Le droit du plus fort? Les USA sont autorisés à sauver des présidents en fuite, mais pas la Russie

Par Eric Draitser – le 30 mars 2015 – Source:  NEO

Le Yémen, l’Ukraine et l’hypocrisie de l’agression

L’intervention militaire menée au Yémen par une coalition d’États arabes soutenue par les USA va sans aucun doute envenimer le conflit tant au Yémen que dans le reste de la région. Il s’agira vraisemblablement d’une guerre prolongée impliquant de nombreux acteurs, tous soucieux de favoriser leurs propres intérêts politiques et géopolitiques.

Toutefois, c’est la réaction internationale à cette nouvelle guerre régionale qui présente un intérêt particulier; notamment la façon dont les États‑Unis réagissent à cette indéniable agression de la part de ses alliés du Golfe. Après n’avoir ménagé aucun effort pour présenter comme une agression la réunification de la Russie avec la Crimée et son soutien limité aux rebelles anti‑Kiev de l’est de l’Ukraine, Washington veille à ce que ce terme lourd de sens ne soit aucunement utilisé pour parler de la nouvelle guerre en cours au Yémen.

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La mort lente de la grande presse américaine

Tim Adams

Par Tim Adams – Le 21 mars 2015 – Source The Guardian

‘Philadelphia’ has becomes ‘delhi’   in the elevator lobby on the Inquirer’s last day at the Tower o
«Philadelphie» devient «Delhi» dans la cage d’ascenseur le dernier jour de l’Inquirer à la Tour de la Vérité, avant son déménagement en 2012. Photo: Will Steacy

L’industrie de la presse aux États-Unis est en chute libre et le passage au numérique l’accélère. Un photojournaliste a passé cinq ans à déplorer ce déclin et à tracer ce qui a été perdu.

Dans la dernière décennie, en pourcentage, plus de journalistes de presse écrite ont perdu leurs emplois que les travailleurs dans toute autre industrie américaine importante. (Les mauvaises nouvelles se font sentir aussi, et vivement, en Grande-Bretagne, où un tiers des emplois de rédaction dans les journaux ont été perdus depuis 2001.) Les pires des coupes, des deux côtés de l’Atlantique, sont tombées sur les plus grands quotidiens locaux, ce que les Américains appellent les titres métro. Une douzaine de journaux historiques ont entièrement disparu aux États-Unis depuis 2007, et beaucoup d’autres ne sont plus que des versions fantômes de ce qu’ils étaient, en format hebdomadaire plutôt que quotidien, gratuit plutôt que payant, sans les ressources nécessaires pour tenir le pavé ou donner aux citoyens une vision avantageuse de leur communauté et du monde.

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