Comment se faire des ennemis au Yémen quand on en a déjà suffisamment…


Par Paul R. Pillar – Le 18 avril 2015 – Source consortiumnews

Le tandem israélo-saoudien essaie d’embarquer les USA et d’autres nations dans la guerre civile yéménite, en avançant que les rebelles Houthis seraient des supplétifs préparant l’incursion iranienne. Mais la réalité est beaucoup plus nuancée, et l’intérêt américain pourrait être ailleurs, affirme l’ex-analyste de la CIA Paul R. Pillar.

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La Galicie est prête pour le retour à la maison


Par Analitik – Le 26 avril 2015 – Source Le Saker allemand

L’ouest de l’Ukraine continue de préparer sa sécession. J’ai déjà mentionné les vœux publiquement exprimés par la Pologne pour l’incorporation de l’Ukraine occidentale. Revoici la proposition polonaise de nouvelle répartition de l’Ukraine :

La proposition de la Pologne pour la nouvelle répartition de l’Ukraine

Les préparatifs sont en plein essor.

Actuellement, la Brigade ukraino-polono-lituanienne, dont la fondation a été décidée par les États concernés à la fin de l’année dernière, est en discussion. Officiellement, la brigade sert à faciliter le passage des troupes ukrainiennes aux standards de l’Otan. Mais voyez-en la composition: 545 soldats ukrainiens, 3 500 soldats polonais, 350 soldats lituaniens. Le commandement est en Pologne et compte 100 Polonais, 18 Ukrainiens et 5 Lituaniens. C’est clair qui porte la culotte dans cette force. Ce qui n’est pas clair, c’est pourquoi il faut sept soldats de l’Otan pour arrimer un soldat ukrainien à l’Otan. C’est une proportion tout à fait extraordinaire entre les enseignants et les élèves.

Cette brigade ne sera pas impliquée dans les combats de l’est de l’Ukraine mais opérera dans l’ouest du pays. Les premiers exercices doivent commencer à l’automne de cette année. La Pologne légalise pour elle-même le déploiement d’une force militaire significative dans l’ouest de l’Ukraine. S’il devait y avoir scission, la Pologne veut en contrôler le processus.

Des préparatifs sont en cours aussi sur le front de l’énergie. La centrale thermique de Bourchtyn à l’ouest de l’Ukraine est partiellement retirée du réseau de l’Association des exploitants européens de réseaux de distribution. Depuis 2002 la centrale est débranchée du réseau électrique ukrainien et exporte de l’électricité vers l’Europe. C‘est précisément maintenant que les recettes en devises fortes (dollars, euros) sont plus importantes que jamais pour l’Ukraine qu’une telle source de revenus pour couvrir les déficits de l’intérieur du pays se trouve amputée.

Les déficits intérieurs en énergie sont très aigus depuis l’année dernière déjà. Durant l’hiver 2014-2015, en raison du manque d’électricité et de gaz, l’économie à forte consommation d’énergie devait pratiquement être gelée afin de ne pas interrompre l’approvisionnement des foyers. Des coupures régulières d’électricité et de gaz sur tout le territoire n’ont pas pu être évitées, même avec cette mesure radicale. La centrale thermique de Bourchtyn n’aurait même pas pu aider en hiver parce que le réseau électrique ukrainien n’a tout simplement pas la capacité de relayer du courant supplémentaire de l’ouest vers le centre mal alimenté du pays. Et maintenant, au printemps, on n’observe pas vraiment de pénurie extrême, bien que la situation ne soit pas rose.

Si Bourchtyn n’est pas vraiment en mesure d’améliorer la situation dans d’autres parties du pays, pourquoi prévoit-on sa coupure partielle du réseau électrique européen lucratif? Parce que, si un chaos plus grand survient en Ukraine, alors il est possible que de grandes parties du pays restent totalement sans électricité. Bourchtyn, et une ligne de réserve de la Pologne peuvent alors veiller à ce que la fourniture de courant soit assurée dans l’ouest de l’Ukraine.

Traduit par Hieronymus, relu par Diane pour le Saker Francophone

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Les alliés de l’UE paient pour le conflit mondial de l’Amérique et ses réfugiés


Finian Cunningham

Finian
Cunningham

Par Finian Cunningham – le 24 avril 2015 – Source Strategic Culture

La crise des réfugiés en Europe n’est que la nouvelle facture américaine héritée du dernier conflit mondial – une facture déposée pour paiement à la porte des alliés européens. Il ne fait aucun doute que les années de guerres menées sous le commandement des États-Unis en Asie centrale, dans tout le Moyen-Orient et en Afrique du Nord sont la cause principale des masses de migrants qui s’efforcent de rejoindre l’Union européenne, tandis qu’ils cherchent à échapper aux conflits qui font rage et à la misère. Les nationalités des réfugiés suivent la piste des pays que l’Amérique a pulvérisés ces dix dernières années.

Il est grand temps que l’Europe développe une politique étrangère indépendante et structurée, et cesse de coller comme une ventouse au bellicisme de Washington. Refuser la belligérance de Washington sera un commencement pour répondre à toute une série de problèmes qui affectent l’Europe.

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Que veut Poutine ?


Par Rostislav Ischenko – Le 11 février 2015 – Source thesaker.is

Il est gratifiant que les «patriotes» n’aient pas instantanément accusé Poutine pour l’échec de la mise en déroute à grande échelle des troupes ukrainiennes au Donbass en janvier et février, ni pour les consultations de Minsk avec Merkel et Hollande.

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Le chat, la souris et les systèmes anti-missiles


Le 19 avril 2015 – Source DEBKAfile

DEBKAfile est un site très proche des renseignements militaires israéliens, basé à Jérusalem. Il est spécialisé dans les commentaires et les analyses sur le terrorisme, l’espionnage, la sécurité nationale, militaire et les relations internationales, avec un accent particulier sur le Moyen-Orient [wikipédia]

Poutine avertit Israël : la vente d’armes à l’Ukraine pourrait déclencher la vente de S-300 russes à la Syrie

Radar du S-300

L’avertissement du président russe Vladimir Poutine adressé à Israël contre la vente d’armes à Kiev – en réponse aux missiles de défense aérienne S-300 fournis à l’Iran par la Russie – ajoute une dimension européenne en plaçant Israël directement au cœur du litige qui oppose Moscou aux États-Unis au sujet de l’Ukraine. La menace implicite du dirigeant russe de répliquer en fournissant le même système de lancement de missiles à la Syrie qu’à l’Iran renvoie à un autre litige entre, d’un côté, la Russie et, de l’autre, les États-Unis et Israël, à savoir, le conflit syrien.

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La Russie, l’Iran et la Chine pour l’Eurasie


Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – le 18 avril 2015 – Source Russia Insider

La Russie, l’Iran et la Chine partagent des intérêts et une vision eurasienne. Les récentes ventes d’armes importantes de la Russie à l’Iran et à la Chine arrivent dans un contexte de renforcement des liens Chine-Iran avec l’intention de Moscou et de Pékin d’arrimer l’Iran à l’Organisation de coopération de Shanghai.

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Pepe Escobar : L’Eurasie de Zbigniew Brzezinski est morte, vive l’Eurasie


Pepe Escobar

Pepe Escobar

Par Pepe Escobar – Le 18 avril 2015 – Source Asia Times

Oubliez la Guerre froide 2.0

La véritable histoire, maintenant et pour l’avenir prévisible, dans ses déclinaisons innombrables, et bien sûr, en espérant pas trop de cahots sur la route, est une nouvelle Eurasie intégrée.

L’ambitieux projet de la Nouvelle route de la soie en Chine va côtoyer l’Union économique eurasienne (CEE), emmenée par la Russie. Et ce sera le jour où l’UE se réveillera pour découvrir un axe commercial en plein essor qui s’étend de Saint-Pétersbourg à Shanghai. Il n’est pas mauvais de se souvenir que Vladimir Poutine a essayé de vendre à l’Allemagne, il y a quelques années, un projet semblable, et même plus global, la vision s’étendant de Lisbonne à Vladivostok.

Il faudra du temps – et des temps troublés. Mais un lifting radical de l’Eurasie est inexorable. Cela implique, juste sous nos yeux, la dissolution rapide d’un rêve exceptionnaliste – les États-Unis comme puissance hégémonique dominant l’Eurasie, quelque chose qui semblait encore possible au tournant du millénaire.

La Russie pivote vers l’Est, la Chine vers l’Ouest

Quelques bons esprits aux États-Unis restent essentiels, car ils déconstruisent pleinement les points négatifs qui soulignent les dangers de la guerre froide 2.0. Dmitri Trenin du Moscou Carnegie Center, quant à lui, est plus préoccupé par les points positifs, en proposant une feuille de route pour la convergence eurasienne.

Le partenariat stratégique entre la Russie et la Chine – du commerce de l’énergie au développement de la défense et des infrastructures – ne peut que se renforcer, par le pivotement de la Russie vers l’Orient et de la Chine vers l’Occident. D’un point de vue géopolitique, cela ne signifie pas une subordination de Moscou à Pékin, mais une relation symbiotique en hausse, minutieusement développée en plusieurs étapes.

Les BRICS – ce gros mot à Washington – ont déjà aujourd’hui beaucoup plus d’attrait, et autant d’influence que le G7 démodé. La nouvelle Banque de développement des BRICS, qui entrera en action avant la fin de 2015, est une alternative clé aux mécanismes contrôlés par le G7 et au FMI .

L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) s’est engagée à inclure l’Inde et le Pakistan lors de leur sommet à venir cet été en Russie, et l’inclusion de l’Iran post-sanctions comme membre officiel sera un fait accompli en 2016. Finalement, l’OCS s’épanouit comme le forum privilégié du développement de la coopération politique, économique et sécuritaire à travers l’Asie.

La Grande Europe de Poutine, de Lisbonne à Vladivostok – ce qui signifierait la CEE + UE – pourrait bien rester en rade pendant que la Chine met le turbo sur sa Nouvelle route de la soie à la fois terrestre et maritime. Pendant ce temps, le Kremlin se concentrera sur une stratégie parallèle – utiliser le capital de l’Asie de l’Est et sa technologie pour développer la Sibérie et l’Extrême-Orient russe. Le yuan est appelé à devenir une monnaie de réserve en Eurasie dans un très proche avenir, car le rouble et le yuan sont sur le point de s’échanger dans le commerce bilatéral.

Le facteur allemand

La Grande Europe de Lisbonne à Vladivostok dépend inévitablement d’une solution à trouver à propos de l’énigme allemande. Les industriels allemands voient clairement les merveilles que peut leur procurer la Russie en fournissant à l’Allemagne – beaucoup plus que l’UE dans son ensemble – un canal géopolitique et stratégique privilégié vers l’Asie-Pacifique. Cependant, la classe politique allemande ne raisonne pas encore de cette façon. La chancelière Angela Merkel, quoi qu’elle en dise, marche au pas de Washington.

La stratégie Pipelinistan russe était déjà en place – via Nord Stream et South Stream – quand les circonvolutions interminables de l’UE ont conduit Moscou à annuler South Stream et à lancer Turk Stream (qui, à terme, augmentera les coûts de l’énergie pour l’UE). L’UE, en échange, aurait eu un accès pratiquement libre à la richesse de la Russie: ses ressources, et son marché intérieur. La catastrophe en Ukraine a signé la fin de toutes les plans élaborés.

L’Allemagne est déjà le dirigeant de facto de l’UE pour ce train express économique. En tant que puissance exportatrice, sa seule direction possible n’est pas l’Ouest ou le Sud, mais l’Est. D’où le spectacle prodigieux d’un parterre d’industriels allemands salivant lorsque Xi Jinping est allé à Berlin au printemps de 2014. Xi a proposé pas moins qu’une ligne ferroviaire à grande vitesse pour la Nouvelle route de la soie reliant Shanghai à Duisburg via Berlin.

Un point essentiel ne doit jamais être oublié à propos des Allemands: une branche essentielle de la Nouvelle route de la soie est la mouture moderne du Trans-Sibérien à grande vitesse. Donc, l’une des routes jaunes du BRICS vers Beijing et Shanghai valorise Moscou comme une étape stratégique.

L’Empire du Chaos

La stratégie terrestre Go West de Pékin est, par bonheur, totalement libre des ingérences de l’hyperpuissance – du Trans-Sibérien relooké aux routes à travers les pays Stans d’Asie centrale, jusqu’aux voies vers l’Iran et la Turquie. En plus, la Russie considère comme une symbiose, un enjeu gagnant-gagnant, la venue des pays Stans d’Asie centrale simultanément à bord de l’EEU et de ce que Pékin qualifie de ceinture économique de la Route de la soie.

Sur d’autres fronts, en attendant, Pékin fait très attention à ne pas s’opposer aux États-Unis, l’hyperpuissance régnante. Voir par exemple cette interview, tout à fait franche, mais également assez diplomatique du Premier ministre chinois, Li Keqiang, au Financial Times.

Un aspect clé du partenariat stratégique sino-russe est que tous les deux identifient la politique étrangère, massivement incohérente, de Washington comme la première cause du chaos global – exactement comme je le montre dans mon livre l’Empire du Chaos.

En ce qui concerne spécifiquement la Chine et la Russie, ce chaos est essentiellement orchestré selon la devise diviser pour régner. Pékin voit Washington essayant de déstabiliser la périphérie de la Chine (Hong Kong, le Tibet, le Xinjiang), et s’ingérant activement dans les litiges en mer de Chine méridionale. Moscou voit Washington obsédé par l’expansion infinie de l’Otan et par sa guerre sans merci pour briser les efforts de la Russie dans l’intégration eurasienne.

D’où la mort certifiée de l’ancienne stratégie géopolitique de la Russie: plus de tentative d’inclusion dans le club des élites de l’Ouest, tels que le G8, plus de partenariat stratégique avec l’Otan.

Toujours expert à planifier bien à l’avance, Pékin voit comment l’implacable diabolisation par Washington, non seulement de Poutine, mais de la Russie dans son ensemble (vassal ou mort), constitue un galop d’essai pour ce qui risque d’arriver contre la Chine dans un proche avenir.

Rencontrer les impondérables

Tous les paris sont ouverts sur la façon dont le fatidique triangle États-Unis–Chine–Russie va évoluer. Sans doute, il peut prendre le schéma suivant: les Américains parlent haut et brandissent un tas de menaces et de bâtons; les Russes ne sont pas intimidés pour répondre, tout en se préparant en silence pour un long et difficile parcours stratégique; les Chinois suivent une doctrine du Petit Timonier Deng Xiaoping modifiée – parler très diplomatiquement tout en gardant un profil bas.

Pékin est déjà averti de ce que Moscou lui a murmuré: l’exceptionnalisme de Washington – en déclin ou non – ne traitera jamais Pékin comme un égal ni ne respectera les intérêts nationaux chinois.

Dans le grand chapitre des impondérables, les paris sont toujours ouverts de savoir si Moscou utilisera la menace de cette grave et triple crise  – sanctions, guerre des prix du pétrole, dévaluation du rouble – pour appliquer des changements structurels radicaux et lancer une nouvelle stratégie de développement économique. La récente séance télévisée de Poutine à Question-Réponses au public, bien que truffée de réponses intrigantes, n’a pas éclairci le sujet.

Un autre grand impondérable est de savoir si Xi, armé de son soft power, de son charisme et de beaucoup d’argent, sera en mesure de diriger, simultanément, le peaufinage de son modèle économique et une ruée Go West qui ne se termine pas par la perte de plusieurs partenaires potentiels dans la construction des Nouvelles routes de la soie.

Pour finir, un super-impondérable est de savoir si (quand… ou jamais) Bruxelles décidera d’entreprendre un rapprochement mutuellement convenu avec la Russie. Ceci, à contrario de sa position actuelle d’antagonisme total, qui s’étend au-delà des questions géopolitiques. L’Allemagne de Merkel semble avoir fait le choix de rester soumise à l’Otan, et donc de rester un nain stratégique.

Donc, ce que nous voyons émerger ici, est l’étoffe d’une Grande Asie de Shanghai à Saint-Pétersbourg – incluant, et c’est crucial, Téhéran – au lieu d’une Eurasie totale qui s’étendrait de Lisbonne à Vladivostok. L’Eurasie totale est peut-être une chimère, au moins pour l’instant. Mais la Grande Asie est un début. Il y aura un tsunami d’efforts déployé par les suspects habituels, pour tenter de la briser aussi.

Tout cela sera fascinant à observer. Comment Moscou et Pékin feront-ils baisser les yeux à l’Occident – politiquement, commercialement et idéologiquement – sans risquer une guerre? Comment vont-ils faire face à tant de pressions? Comment vont-ils vendre leur stratégie à des pans entiers de l’hémisphère Sud, à travers de multiples latitudes asiatiques?

Une bataille, cependant, est déjà gagnée. Bye, bye Zbigniew Brzezinski. Votre rêve de Grand Échiquier hégémonique est terminé.

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

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Le nouveau désordre mondial


Par Tariq Ali – Le 16 avril 2015 – Source Counterpunch

Ils savaient exactement ce qu’ils faisaient

Il y a trois décennies, avec la fin de la guerre froide et le démantèlement des dictatures sud-américaines, beaucoup ont espéré que les dividendes de la paix si souvent évoqués, promis par Bush senior et Thatcher, se matérialiseraient effectivement. Pas de chance. En lieu et place, nous avons connu des guerres continuelles, des bouleversements, de l’intolérance et des fondamentalismes de toute sorte – religieux, ethniques et impériaux. L’exposition des réseaux occidentaux de surveillance mondiale a accru le sentiment que les institutions démocratiques ne fonctionnaient pas comme elles le devraient; que cela plaise ou non, nous vivons dans la période crépusculaire de la démocratie elle-même.

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Est-ce que Washington nous tuera tous?


Par Paul Craig Roberts – Le 16 avril 2015 – Source Global Research

Saviez-vous que Washington maintient 450 ICBM [missiles balistiques intercontinentaux] nucléaires en alerte instantanée?  Washington pense que cela nous met en sécurité. Le raisonnement, si on peut appeler cela de la raison, est qu’en étant capables de tirer en quelques minutes, personne n’essaiera d’attaquer les États-Unis avec des armes nucléaires. Les missiles états-uniens sont en mesure de faire ce qu’ils doivent avant que les missiles de l’ennemi puissent atteindre les États-Unis pour détruire les nôtres.

 

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RUSSIE-USA:
Le masque tombe, le voile se lève


Par Le Saker Francophone – le 17 avril 2015

GUERRE – le masque tombe

Discours de Georges Friedman géopoliticien américain pour Stratfor devant le Chicago Council, le 4 février 2015 – Vidéo vocalisée en français

1 – L’Europe n’existe pas
2 – Seule une union Allemagne-Russie pourrait nous menacer, ça n’arrivera jamais
3 – L’armée ukrainienne est une armée US, nous donnons nos médailles à leurs soldats méritants
4 – Nous livrons des armes dans tous les pays de l’est européen, même en Ukraine
5 – Notre but est d’installer un cordon sanitaire autour de la Russie
6 – Nous intervenons militairement dans le monde entier, nous dominons les océans et toute la terre
7 – Nous faisons battre nos ennemis entre eux, c’est cynique mais ça marche
8 – Les attaques préventives déstabilisent les ennemis, nous faisons ça dans toutes les guerres
9 – Nous installons des régimes favorables à nos intérêts
10 – Nous sommes un empire, nous ne pouvons pas nous relâcher
11 – L’Otan doit occuper tout l’espace terrestre entre la mer Baltique et la mer Noire
12 – Nous ne savons pas ce que va faire l’Allemagne, elle est dans une situation très difficile
13 – Nous ne voulons pas d’une coopération entre le capital financier et technologique allemand et les ressources de matières premières russes, les USA essaient d’empêcher ça depuis un siècle. Le destin de l’Europe dépendra de la décision des Allemands, où vont-ils diriger leurs exportations?


PAIX – le voile de l’espoir se lève

Conférence de presse de Poutine à Moscou, le 6 avril 2015 – Vidéo vocalisée en français

1 – La Russie n’attaque pas l’Occident, elle n’agresse personne, elle défend ses intérêts
2 – En 1990, la Russie a arrêté les vols de ses bombardiers stratégiques, mais les avions US continuaient à voler avec des armes nucléaires à bord. Pourquoi? Contre qui? Nous avons recommencé depuis trois ans, alors qui provoque?
3 – Nous avons deux base militaires hors de Russie
, à la frontière afghane, c’est même l’intérêt des USA. Eux ont plus de mille bases partout dans le monde, et nous sommes des agresseurs? Où est le bon sens? Que font les armes nucléaires américaines en Europe?
4 – Le budget militaire du Pentagone est dix fois plus élevé que le nôtre et nous menons une politique agressive? Il faut garder son bon sens. Avons-nous des bases aux frontières des USA?
5 – Pourquoi veut-on nous interdire de nous défendre? Qui a résilié le traité sur les missiles? Qui installe ses missiles aux frontières de l’autre? Et nous sommes agressifs?
6 – Nous voulons des relations d’égalité avec l’Occident, en accord avec nos intérêts nationaux
7 – Nous avons attendu 20 ans avant d’être acceptés à l’OMC, avec beaucoup de concessions, les règles solides sont violées, celles de l’OMC, de l’ONU, du droit international avec les sanctions contre nous
8 – Nous voulons collaborer sur les problèmes de l’humanité, sécurité, désarmement, terrorisme, santé, drogue, crime organisé
9 – Après la chute du mur de Berlin, on nous avait promis un gel de l’Otan, et aujourd’hui elle est partout à nos frontières, c’est un nouveau mur. Les Occidentaux ont décidé qu’ils étaient vainqueurs.
10 – Il faut arrêter de construire de nouveaux murs et faire un monde commun humain, prospère et en sécurité.
11 – Les sanctions économiques ne sont pas le prix que nous payons pour la Crimée, mais pour notre volonté d’exister en tant que nation et civilisation libre
12 – Quoi que nous fassions pour la détente, nous rencontrons toujours des refus et des résistances de l’Occident. Les derniers jeux Olympiques d’hiver de Sotchi ont été calomniés et discrédités avant, pendant et après, pourquoi ?
13 – L’Occident veut enchaîner l’ours russe, même s’il reste dans sa tanière, il veut arracher les dents et les griffes de l’ours, ses armes nucléaires. Ensuite il empaillera l’ours et s’appropriera sa taïga, son territoire. Les USA trouvent injuste que la Russie soit si grande, elle en veut un morceau, comme elle avait volé le Texas au Mexique en 1848 [plus la moitié de ses terres, du Texas à la Californie, NdT]
14 – Nous utilisons les sanctions économiques comme tremplin pour améliorer notre économie, nous serons plus indépendants
15 – Nous ne voulons pas que la peau de l’ours soit accrochée au mur, cela n’a rien à voir avec la Crimée.

 

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