L’empreinte de la Turquie dans la guerre de l’Occident contre la Chine et la Russie

Par Eric Draitser – Le 2 février 2015 – Source NEO

L’empreinte de la Turquie dans la guerre de l’Occident contre la Chine et la Russie

Alors que l’attention mondiale était focalisée sur la France à la suite des meurtres de Charlie Hebdo, la chasse à l’homme qui en a découlé, et sur les conséquences politiques de l’incident, de nombreuses informations importantes ont été discrètement repoussées dans les pages intérieures des principaux journaux mondiaux et sont passées derrière les premiers titres des programmes d’information des chaînes de télévision de la planète. Au Nigeria, Boko Haram est réapparu plus agressif que jamais, commettant une des pires atrocités de l’histoire récente de la région. En Syrie et en Irak, la guerre contre l’État islamique continue sans faiblir. En Grèce, une élection capitale aura lieu, qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour le futur de l’Union Européenne.

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L’économie russe
Un mort encore bien vivant.

Par M K Bhadrakumar – Le 27 février 2015 – Source Bhadrakumar

Une phase d’intense propagande anti-russe par l’Occident, sans précédent dans l’ère de l’après-guerre froide, touche probablement à sa fin. Les propagandistes devaient nous faire croire que l’économie russe est en lambeaux ou en chute libre ou réduite à un déchet en raison des intelligentes sanctions occidentales ourdies par les Etats-Unis, et que tard ou tard Moscou serait contrainte de s’aligner sur le diktat de l’Occident au sujet l’Ukraine.

Mais rien de tel ne s’est produit. Ou plutôt si, la Russie a affirmé encore plus fort sa volonté de sauvegarder ses intérêts légitimes de sécurité. Sur le terrain, la Russie a manœuvré à partir d’une position de force alors que l’opinion occidentale est fracturée, avec une partie importante de son opinion publique qui se soulève, en Europe, contre des politiques de sanctions qui ne mènent nulle part mais font du tort aux intérêts européens. L’Union européenne est appelée à se prononcer dans les prochains mois sur la poursuite des sanctions ou sur une restauration souhaitable des relations commerciales, compte tenu des tendances encourageantes constatées dernièrement grâce à l’accord de Minsk qui, lentement mais sûrement, gagne du terrain dans l’est de l’Ukraine.

Maintenant que la marée de la propagande commence à refluer, l’opinion rationnelle fait surface. Bloomberg a rédigé un article d’opinion intitulé Non, Obama, l’économie de la Russie n’est pas en ruines, avertissant que les rapports prédisant la disparition imminente de l’économie russe pourraient s’avérer prématurés.

Le magazine d’intérêt national en ligne a publié un rapport, dans une veine quelque peu similaire, concernant un colloque intitulé Le Secteur de l’énergie en  Russie et la chute du prix du pétrole, qui s’est tenu mardi à Washington sous les auspices du Centre pour l’intérêt national. Les opinions exprimées étaient que l’impact des sanctions et la baisse des prix du pétrole sur l’économie russe ne doivent pas être exagérés, même si les opinions divergent pour prévoir que les prix du pétrole seront revenus aux alentours de $80 le baril d’ici la fin de l’année. Le rapport est ici.

En effet, l’avenir de la coopération énergétique de la Russie avec l’Europe devient ici le point central du débat. Sans doute, l’Europe cherche-t-elle à diversifier ses sources d’approvisionnement hors de la Russie, à réduire le niveau élevé de dépendance moyenne actuel de 30% pour l’approvisionnement en gaz. Mais une analyse récente du professeur James Henderson, senior fellow à l’Institut d’Oxford pour les études sur l’énergie, arrive à une conclusion surprenante, je vais le citer longuement:

«Alors que l'idée même d'un partenariat énergétique stratégique entre la Russie et l'UE a disparu, en fait, les relations commerciales resteront solides. La Russie ne veut pas devenir dépendante des exportations vers un seul client puissant, comme la Chine, et utiliser ses options européennes comme un élément d'équilibrage de la même manière que les ventes vers l'Asie sont actuellement utilisées pour faire un contrepoids géopolitique et commercial aux dirigeants européens. En outre, les ventes totales en Europe vont probablement rester la plus grande source de revenus pour Gazprom, car même si la Chine devenait le plus gros client unique, et bien que la relation entre la Russie et ses clients à l'Ouest soit susceptible de rester politiquement houleuse dans un avenir prévisible, les avantages mutuels d'une issue commerciale rationnelle dans le secteur de l'énergie empêcheront probablement toute rupture importante dans le commerce du gaz. En outre, si Gazprom poursuit sa stratégie de croissance par des livraisons aux plate-formes de redistribution [hubs, NdT] plutôt que par la livraison au consommateur final, sa position de négociation puissante, en tant que producteur à faible coût, avec de vastes ressources de gaz proches de l'Europe, pourrait finalement aboutir à une part de marché en pleine expansion sur le long terme plutôt que par un déclin qui semble actuellement être le résultat souhaité par l'UE.»

De toute évidence, la Russie continue de poursuivre une politique de l’énergie très ciblée, sans se laisser décourager par les prévisions apocalyptiques de chute libre de l’économie, politique fondée sur une estimation avisée qui est loin d’impliquer une cessation des relations avec l’Europe. Vue sous cette perspective, l’annulation par Moscou du projet de gazoduc South Stream devient un tournant dans sa stratégie d’exportation de gaz à long terme, provoqué par un concours de circonstances (comme la faiblesse de la demande de gaz, la législation anti-monopole de l’UE dans le secteur de l’énergie et le sentiment que Gazprom est moins bien accueilli que par le passé sur le marché européen), tournant qui invite à travailler sur une nouvelle plate-forme, à la frontière entre la Turquie et la Grèce, pour livrer du gaz dans l’Europe du Sud.

En effet, ceux qui se moquaient de la notion dite de Turkish Stream, d’abord vue comme un simple bluff de la Russie, sont de plus en plus nombreux à se taire et à comprendre que le projet est vital pour la Russie et pourrait être aussi réaliste que le projet Blue Stream existant pour la fourniture du gaz russe à la Turquie. Comme je l’ai laissé entendre dans un blog précédent – la Russie s’invite bruyamment dans la tente de l’UE – à propos de la possibilité d’extension des relations énergétiques entre la Russie et Chypre, la Russie se positionne ainsi intelligemment entre la Turquie et la Grèce comme un ami commun et un nouvel axe de l’énergie entre les trois pays pourrait bien se dessiner, ce qui renforcerait le profil de Moscou dans la région méditerranéenne.

Même une analyse récente par la Fondation Jamestown, un vétéran redoutable de la guerre froide, admet à contrecœur qu’«il est également de plus en plus évident que la coopération centrée sur l’énergie entre la Russie et la Turquie se traduira à Ankara par des mouvement politiques de rapprochement avec Moscou… à partir d’un point de vue stratégique encore plus large, la coopération énergétique de la Turquie et de la Russie apparaît comme un sérieux défi à la communauté euro-atlantique et à ses partenaires régionaux proches».

M K Bhadrakumar

Traduit par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

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En savoir plus:
La nouvelle route de la soie

Le 2 février 2015 – Source sputniknews

La Chine annonce une NOUVELLE Route de la Soie traversant la Russie et l’Inde

Le ministre des Affaires étrangères chinois Wang Yi © Reuters/Wu Hong


La Chine est prête à développer une coopération économique avec la Russie et l’Inde dans le cadre de la stratégie
une Ceinture, une Route, la construction d’une nouvelle route de la soie, a annoncé lundi le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi.

«Nous appelons à des bénéfices mutuels plutôt qu’à un jeu à somme nulle ou à une confrontation. La Chine a créée l’initiative Une Ceinture, une Route. Nous voulons continuer la tradition de la Route de la Soie et lui donner un nouveau sens dans un nouveau siècle», a-t-il dit aux journalistes à l’issue des discussions trilatérales entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de la Chine et de l’Inde.

Selon Yi , la Chine est prête à coopérer avec tous les pays situés le long du corridor économique qui relie la Chine à l’Europe.

«Ce n’est pas un solo de la Chine, c’est une symphonie pour tous nos partenaires», a fait remarquer Yi, déclarant que la Chine allait coopérer avec toutes les parties intéressées, principalement la Russie et l’Inde, afin de parvenir à des bénéfices mutuels au XXIe siècle.

En 2013, le gouvernement Chinois à ratifié la stratégie Une Ceinture, une Route, une ceinture économique qui passe par les pays de la Route de la Soie, qui dans le passé reliait la Chine à l’Europe à travers l’Asie de l’Est et l’Asie centrale.

 

Traduit par jj relu par Diane pour le Saker Francophone

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Ali Khamenei, Guide Suprême de la Révolution Islamique: l’arme nucléaire est illicite en Islam

Par Sayed7asan

l’Occident craint un Iran développé et indépendant

Vidéo sous-titrée en français

https://www.youtube.com/watch?v=DIa8TfK0yDg

Dans ces extraits, Sayed Ali Khamenei révèle les véritables raisons de l’acharnement occidental contre l’Iran sur le dossier nucléaire. Il est utile de les rappeler au moment où un accord semblerait plus proche que jamais, ce d’autant plus que la voix iranienne n’est que rarement entendue. L’hostilité suscitée par l’Iran est en réalité due au fait qu’il s’agit d’un pays souverain qui, depuis la Révolution Islamique de l’Imam Khomeini en 1979, refuse de se soumettre à l’hégémonie politique, économique et culturelle des États-Unis et a atteint un très haut niveau de développement de manière indépendante. La question nucléaire n’est qu’un prétexte, car une fatwa de l’Imam Khomeini interdit catégoriquement les armes nucléaires, ce que personne ne pourrait remettre en cause en Iran. L’Imam Khomeini, et à sa suite l’Imam Khamenei, ont ouvertement déclaré la superpuissance impériale américaine et son cheval de Troie qu’est Israël comme des ennemis irréductibles, et ont œuvré de manière cruciale contre leur influence au Moyen-Orient. Tels sont leurs crimes impardonnables.

Version anglaise : khamenei.ir

Traduction française : http://www.sayed7asan.blogspot.fr

 

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L’augmentation des stocks de pétrole est-elle annonciatrice d’une guerre mondiale?

Par JC Collins – Le 16 Février 2015 – Source philosophyofmetrics

Dans l’intérêt d’une analyse globale bien pesée, nous devrions considérer la possibilité de stratégies de guerre en constatant l’accumulation mondiale des réserves de pétrole. Dans les années qui ont précédé l’invasion allemande de la Pologne, le monde a connu une baisse spectaculaire du prix du pétrole ainsi que l’augmentation massive des stocks, d’autant plus que les champs du Texas avaient commencé à produire.

Ces changements dans les marchés mondiaux du pétrole ont été accompagnés de la déflation qui avait commencé en octobre 1929 et, à ce titre, nous pouvons voir le même motif se répéter aujourd’hui avec l’effondrement des prix du pétrole, des stocks en croissance et le monde entier subissant une déflation qui s’aggrave.

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Méchant Assad, méchant Kadhafi et maintenant méchant Poutine: Comment l’Ouest vend ses guerres (et commet ses massacres)

Par Ghada Chehade – Le 21 février 2015 – Source Russia Insider

Politiques de distraction et variables économiques en Ukraine
Parallèle avec la Syrie, la Libye et l’Irak.

L’ennemi N°1

Alors que le conflit en Ukraine persiste et que les pourparlers de paix entre Poutine et les dirigeants d’Europe occidentale (Merkel et Hollande) continuent, il est important de s’intéresser aux acteurs et aux intérêts économiques qui bénéficient du conflit et du changement de régime en Ukraine, et de faire la comparaison avec la situation de pays comme la Syrie, la Libye et l’Irak.

Il y a des aspects de ces conflits, et des intérêts qui les sous-tendent, qui échappent au public parce que les médias subventionnés occidentaux les passent sous silence et que les gens, submergés par les difficultés humaines et politiques, ne pensent pas à les rechercher. Par exemple, les médias subventionnés passent tout leur temps à diaboliser un ennemi après l’autre, que ce soit Poutine du fait de la situation en Ukraine, Assad en Syrie, Kadhafi en Libye ou Saddam Hussein en Irak, etc., au lieu d’enquêter sur la manière dont des acteurs externes exploitent ou renforcent ces conflits et ces situations pour en tirer des profits politico-économiques, comme l’accès au pétrole, l’obtention de prêts du FMI aux conditions d‘octroi destructrices ou l’interruption de politiques nationales qui nuisent aux intérêts économiques et à l’influence de puissances étrangères.

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L’Ukraine va fermer un tiers des mines de charbon et mettre à pied la moitié des mineurs

Le 20 février 2015 – Source Fort Russ

Le ministère de l’Energie va fermer douze mines et licencier un grand nombre de mineurs.

Le ministre de l’énergie Demchishin prévoit de licencier 20% des mineurs au cours de l’année.

Dans une interview à la revue Focus, il a déclaré que le ministère de l’Énergie et de l’industrie du charbon avait l’intention de fermer cinq mines d’État et d’en mettre sept en sommeil.

«Sur les 35 mines que nous contrôlons, nous allons en fermer 5, et 7 seront seulement mises en sommeil.»

Il a souligné que la main-d’œuvre des mines de charbon sera réduite de 20%. «Ce qui représente 10 000 mineurs sur 52 000», a précisé Demchishin. Les mineurs qui seront mis à pied seront principalement des retraités. «Il devrait rester environ 25 000 mineurs dans deux à trois ans», a ajouté le ministre.

Le ministère avait d’abord prévu de privatiser 35 mines et d’en fermer 32, dans les cinq années à venir.

Commentaire de J. Hawk ,traducteur du russe à l’anglais

Cela ne va pas se faire sans mal. Il s’agit là d’emplois pénibles mais bien rémunérés, et les mineurs sont une force de travail bien organisée qui, de plus, est concentrée dans quelques régions du pays. La fermeture des mines de charbon obligera l’Ukraine à se procurer du charbon à l’étranger. Chaque fois qu’elle a essayé de le faire, elle a dû payer très cher du charbon de mauvaise qualité. Ce qui laisse penser que la fermeture des mines de charbon a probablement moins à voir avec la politique énergétique de l’Ukraine qu’avec la nécessité de se plier aux directives strictes du FMI de réduire les dépenses publiques et la masse salariale.

Traduit par Dominique, relu par jj pour le Saker Francophone

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La «guerre du gaz» entre la Russie et l’Ukraine menace l’approvisionnement des Républiques de Donetsk et de Lougansk

Le 20 février 2015 – Source Fort Russ

Medvedev , Premier Ministre russe

Medvedev: Si l’Ukraine ne paie pas le gaz, nous devrons prendre une décision difficile 

Vladimir Poutine a tenu une réunion d’urgence avec les membres permanents du Conseil de Sécurité de la Russie. Le président a donné à son gouvernement l’ordre d’appliquer strictement les termes du contrat signé avec l’Ukraine sur les livraisons de gaz.

« Je demande au gouvernement de la Fédération de Russie d’observer strictement les obligations contractuelles, et de les remplir à la lettre, » a souligné le président.
Dmitri Medvedev, à son tour, a déclaré que Kiev devrait payer pour toutes les livraisons de gaz à l’Ukraine, y compris les livraisons qui prennent le chemin du Donbass. Si l’Ukraine ne paie pas pour l’intégralité du gaz, la Russie sera obligée de prendre une décision difficile.

« Soit nos partenaires ukrainiens paient tout le gaz que nous livrons, soit nous serons obligés de prendre, à nouveau, une décision difficile« , a déclaré le Premier ministre.

Il y a quelques jours l’Ukraine a arrêté les livraisons de gaz aux républiques de Donetsk et de Lougansk. Cela a provoqué une situation d’urgence. La Russie disposait encore sur son territoire de réserves de gaz payées par l’ukrainien Naftogaz et donc le gouvernement russe a ordonné à Gazprom de rediriger une partie de ce carburant vers la RPD et la RPL.

Commentaire de J. Hawk, traducteur du russe

Après avoir perdu la guerre sur le champ de bataille, la junte la poursuit par d’autres moyens. Ils ont pris plusieurs mesures, dont l’arrêt de l’alimentation en gaz de la RPD et de la RPL, qui semble destiné à couper les deux républiques du reste de l’Ukraine et à forcer la Russie à les intégrer davantage dans ses propres systèmes énergétiques.

La réaction de la Russie est tout à fait appropriée – la Russie va simplement soustraire le gaz qu’elle envoie directement au Donbass du volume que l’Ukraine à déjà payé. Si l’Ukraine ne parvient pas à effectuer un prépaiement total, la Russie cessera de livrer du gaz à l’Ukraine. C’est cela la décision complexe ou compliquée ou difficile (le mot est particulièrement difficile à traduire parce que sa signification dépend du contexte) dont Medvedev a parlé.

Traduit de l’anglais par Dominique, relu par jj pour le Saker Francophone

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2014: Le front Chine – Russie
Nouvel ADN pour l’humanité?
Première partie: La Chine et la nouvelle donne en Ukraine

Février 2015 – UN LIVRE BLANC de Vineyard of the Saker

Note du Saker Francophone

Compte tenu de l’importance de ce document, de par son intérêt et son ampleur, j’ai décidé de le fractionner en plusieurs articles:

1. Le contexte – La Chine et la nouvelle donne en Ukraine
2. Les hélices – Ressources de base, technologies militaires
3. Les hélices – Ressources Financières, autres technologies
4. Politique et alliances
5. L’avenir et les états voisins

Préambule 

Chers amis,
Aujourd’hui, je partage avec vous un document qui est à mon sens absolument crucial : une analyse en profondeur de l’Alliance stratégique Chine–Russie (ASCR) rédigée par quelqu’un qui examine la question du point de vue chinois. Aussi, je souhaite vous dire quelques mots sur la façon dont ce document a vu le jour.

Au cours d’une discussion avec Larchmonter 445 sur l’évolution de la situation en Russie, je me suis rendu compte que bon nombre de ses arguments étaient centrés sur les relations entre la Chine et la Russie. En le questionnant davantage sur ces relations, j’ai compris qu’il en savait beaucoup sur le sujet. De plus, il en était arrivé exactement aux mêmes conclusions que moi à propos de l’ASCR, mais à partir de l’autre point de vue, celui de la Chine. Je lui ai alors demandé de produire une brève analyse de la question, et Larchmonter 445 a accepté. Mais comme en plus d’être un vrai bourreau de travail il est aussi perfectionniste, sa brève analyse s’est transformée en un document de 25 pages comportant 39 notes de fin! En définitive, je peux maintenant partager avec vous une vue d’ensemble complète de tous les volets officiellement connus de l’ASCR (vous pouvez être assurés qu’il en existe bien d’autres encore que je garde secrets!).

Je trouve l’image de la double hélice de Larchmonter 445 particulièrement appropriée. En effet, ce dont nous sommes témoins ici est en quelque sorte la naissance d’une nouvelle forme de vie géopolitique, une alliance informelle entre deux pays beaucoup plus profonde que ne le sont la plupart des alliances habituelles: ce que nous voyons, c’est une entente mutuelle en vue d’une symbiose géostratégique intégrale entre deux espaces civilisationnels. La Russie comme la Chine ont été dans le passé ce qu’il était convenu d’appeler des empires, mais sont aujourd’hui ce que j’appelle des espaces civilisationnels: d’anciens empires multiethniques, multinationaux, aux traditions religieuses diverses, dont l’influence s’étend au-delà de leurs frontières nationales actuelles et dont le poids stratégique sur la scène internationale en fait plus des continents que des pays.

Ne vous y trompez pas, ce à quoi nous assistons est quelque chose de sans précédent dans l’histoire et va bien au-delà d’une simple alliance. Après tout, une alliance peut être facilement rompue, un pays A décidant de ne plus faire alliance avec un pays B pour conclure une alliance avec un pays C. En ce qui concerne l’ASCR, ce que nous voyons est quelque chose qui ressemble beaucoup plus à la naissance de frères siamois: dans ce qui s’apparente à un mouvement tectonique géopolitique, la Russie et la Chine ont décidé de ne pas seulement s’unir à la taille, mais de partager aussi de nombreux organes et appareils vitaux, dont les secteurs énergétique et de la défense, bien sûr, mais aussi leur économie et leur politique de développement à long terme. Chacun des deux symbiotes conservera sa propre tête et son propre cerveau, mais ils auront en commun le tronc.

Il s’agit selon moi de l’évolution politique la plus importante, et de loin, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, et sans doute de la plus importante du siècle actuel : il est difficile d’en exagérer toutes les implications. Quant au fameux pivot vers l’Asie d’Obama, il s’en trouve réduit à quelque chose de parfaitement dérisoire et de totalement dépourvu d’intérêt en comparaison de cette nouvelle réalité: en règle générale, pendant que l’administration Obama rugit et aboie, Poutine et Xi Jinping s’affairent sans bruit à modifier en profondeur l’équilibre planétaire. Je me demande si quelqu’un osera en informer la Maison Blanche.

Je vous enjoins tous de lire attentivement le Livre blanc de Larchmonter 445 et de le conserver aux fins de consultations ultérieures (en particulier, tous les développements récents qu’il énumère). Comme le document était trop volumineux pour être publié ici, je l’ai placé sur Mediafire pour que vous puissiez le télécharger en format ZIP, ODT, DOCX ou PDF. Vous trouverez le lien vers le répertoire Mediafire juste sous l’introduction de Larchmonter 445 qui suit.

Un très gros MERCI à Larchmonter 445!

J’espère que cet excellent article vous plaira.

Amitiés,
The Saker

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2014: Le front Chine – Russie
Nouvel ADN pour l’humanité?
Deuxième partie: Ressources de base, technologies militaires

Février 2015 – UN LIVRE BLANC de Vineyard of the Saker

Note du Saker Francophone

Compte tenu de l’importance de ce document, de par son intérêt et son ampleur, j’ai décidé de le fractionner en plusieurs articles:

1. Le contexte – La Chine et la nouvelle donne en Ukraine
2. Les hélices – Ressources de base, technologies militaires
3. Les hélices – Ressources Financières, autres technologies
4. Politique et alliances
5. L’avenir et les états voisins

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