Par Nathan Sperber – Le 8 Septembre 2023 − Source New Left Review
L’économiste Paul Krugman, lauréat du prix Nobel, ne mâche pas ses mots :
Les signes sont désormais indubitables : La Chine est en grande difficulté. Il ne s’agit pas d’un petit accident de parcours, mais de quelque chose de plus fondamental. L’ensemble du mode de fonctionnement du pays, le système économique qui a été le moteur de trois décennies de croissance incroyable, a atteint ses limites. On pourrait dire que le modèle chinois est sur le point de heurter sa grande muraille, et la seule question qui se pose maintenant est de savoir quelle sera l’ampleur de l’effondrement.
C’était à l’été 2013. Le PIB de la Chine a augmenté de 7,8 % cette année-là. Au cours de la décennie qui a suivi, son économie a progressé de 70 % en termes réels, contre 21 % pour les États-Unis. La Chine n’a pas connu de récession au cours de ce siècle – par convention, deux trimestres consécutifs de croissance négative – et encore moins de « krach« . Pourtant, tous les deux ou trois ans, les médias financiers anglophones et leur cortège d’investisseurs, d’analystes et de groupes de réflexion s’emparent de la conviction que l’économie chinoise est sur le point de s’effondrer.



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TOKYO – Bien qu’elle soit une banque centrale dotée d’un appareil de recherche légendaire, la Réserve fédérale américaine passe pourtant à côté de certains indices importants montrant que l’économie américaine est au point mort.
Les stupides sanctions prises contre la Russie ont mis en lumière les problèmes les plus saillants de l’Europe, qui est en train de perdre sa puissance économique à toute vitesse. Le nombre d’entreprises sur le point de déposer le bilan est colossal. Un afflux de migrants en provenance d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Ukraine exige des dotations budgétaires toujours croissantes. On dépense également beaucoup d’argent à soutenir le régime de Kiev. Conséquence de tout cela, les économies d’Europe se dégradent, et le niveau de vie dégringole.